L'Homme sans bras - Paul Féval (père) - ebook
Kategoria: Fantastyka i sci-fi Język: francuski Rok wydania: 1881

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Paul Féval (père)

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Opis ebooka L'Homme sans bras - Paul Féval (père)

La suite de Une histoire de revenants.

Opinie o ebooku L'Homme sans bras - Paul Féval (père)

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A Propos
Chapitre 1 - QUINZE AOUT — ALLÉE DES VEUVES

A Propos Féval (pere):

Paul Henry Corentin Féval, né le 29 septembre 1816 a Rennes, mort le 7 mars 1887 a Paris 7e, 19, rue Oudinot, est un écrivain français, dont l'ouvre composée de romans populaires édités en feuilletons, eut un succes considérable de son vivant. Au xixe siecle, sa notoriété égalait celle d’Honoré de Balzac et d’Alexandre Dumas.

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Chapitre 1 QUINZE AOUT — ALLÉE DES VEUVES

 

Tanneguy ne savait pas trop au juste si la vieille métayere de Château-le-Brec, seche et raide sous sa coiffe, était bien son aieule. Au bourg d'Orlan, les bonnes gens l'appelaient tantôt Tanneguy Le Brec, tantôt le petit Monsieur. Pourquoi ce dernier nom, s'il était le fils d'une fermiere ? Quant a cela, il ne s'était point fait faute de questionner a tort et a travers : mais les bonnes gens du bourg n'en savaient pas beaucoup plus long que lui.

Douairiere Le Brec n'était pas, d'ailleurs, une fermiere a la douzaine ; elle portait des habits de paysanne en étoffe de soie. Tanneguy n'avait jamais été vetu comme ses compagnons d'enfance. Certes, au milieu du Palais-Royal, tout plein de vainqueurs a breloques, les doigts passés dans la double fente de leurs pantalons de nankin a petit pont, les cheveux frisottés, les favoris roulés, le binocle énorme au creux de l'estomac, Tanneguy ne pouvait point passer pour un mirliflor ; mais il avait un pantalon flottant de toile écrue sur sa guetre pareille et bien lacée ; une jaquette de velours nantais dessinait sa taille gracieuse et déja robuste ; un ruban de laine réunissait, en façon de cravate, les revers rabattus de sa chemise blanche, brodée d'un fin liséré bleu. Pour coiffure, il avait un large chapeau de paille posé de côté sur les grosses boucles de ses cheveux. Et je vous affirme que ce costume-la, porté par Tanneguy, valait bien la toilette des nigauds a breloques.

Le plus grand miroir de Château-le-Brec n'avait guere plus d'un demi-pied carré. Tanneguy s'arreta devant une des glaces qui décoraient la devanture du café de Valois et fut tout aise de se voir comme cela du haut en bas. Il se trouva de bonne taille, bien pris sur ses hanches, et un petit mouvement d'orgueil lui redressa la tete, quand, pour la premiere fois, il s'appliqua les paroles souvent saisies a la volée :

— Quel beau garçon !

Sans la glace hospitaliere qui lui faisait faire inopinément connaissance avec lui-meme, il n'eut jamais songé a prendre pour lui cette exclamation trop flatteuse. Des qu'il l'eut prise pour lui, sa modestie s'éveilla brusquement, et dans un naif embarras, il n'osa plus regarder ni la glace qui le faisait si beau, ni les dames qui allaient et venaient. Il pensait : « Que diraient-elles donc si elles voyaient mon frere Stéphane ! »

Il reprit sa marche, les yeux baissés et tout pensif. Ce nom de Stéphane changeait le courant de sa reverie ; c'était son meilleur et son plus cher souvenir. Quand Tanneguy tournait son regard vers son enfance triste et toute pleine de bizarres terreurs, il ne voyait rien sourire, sinon deux visages rosés, couronnés de cheveux blonds bouclés : le visage franc et ami de Stéphane, qui lui avait dit adieu un jour en l'appelant son frere, et la douce figure de Marcelle, la fillette patiente comme un ange qui soignait douairiere Le Brec et supportait ses durs caprices.

Hélas ! Marcelle ! devait-il jamais la revoir ?

Stéphane était, comme Tanneguy, orphelin de pere et de mere. Il avait été élevé au moulin de Guillaume Féru. Tout le monde l'aimait au village. Il y a une attraction mystérieuse qui attire vers Paris ceux qui n'ont point de famille. Stéphane recevait parfois un peu d'argent d'une main inconnue. Un beau matin, il partit pour Paris.

— Si je fais fortune, dit-il a son frere Tanneguy, tu seras riche.

Or, quelques mois apres, Tanneguy reçut une lettre de Stéphane, une lettre qui portait :

« Me voila riche ! viens avec moi : je ne veux pas etre heureux tout seul. »

Et voyez ! au reçu de cette lettre, Tanneguy était justement en train de faire son petit paquet pour quitter Château-le-Brec, parce que je ne sais quelle folie l'avait pris au cerveau. Il voulait aller par le monde pour retrouver celle qu'il avait entendue, agenouillée dans la vieille église et disant a Dieu : « C'est Tanneguy qui est mon frere ! »

Quand Tanneguy fit son paquet, douairiere Le Brec lui dit : « Si tu veux rester, reste ; si tu veux partir, pars. » Depuis vingt ans qu'il vivait, Tanneguy n'avait jamais vu sourire le visage immobile de la vieille métayere.

Il l'appelait grand-mere, et cependant, quand il cherchait au fond de son cour, il n'y trouvait point l'amour filial. Lui si bon, si jeune, si ardent a aimer ! A l'heure du départ, quand les gens de la ferme vinrent pour lui dire l'adieu, douairiere Le Brec les éloigna durement. Comme Marcelle pleurait, douairiere Le Brec la menaça de son bâton blanc a crosse.

— Pourquoi donc l'aime-t-on, celui-la ? s'écria-t-elle ; qui de vous pleurera quand je m'en irai ?

On la laissa seule avec Tanneguy. Elle lui mit dans la main dix pieces d'or et une lettre cachetée qui portait l'adresse de madame la marquise Marianne du Castellat, Allée des Veuves, a Paris.

— Si tu reviens, je ne te chasserai pas, dit-elle en lui montrant la porte ; si tu ne reviens pas, tant mieux !

Ce fut tout. Tanneguy partit avec son petit paquet au bout de son bâton. Il ne se retourna qu'une fois, au milieu de la lande, pour voir encore la Tour-de-Kervoz lever les dents inégales de ses créneaux au-dessus des grands saules. Son cour se serra ; des larmes vinrent a ses yeux, puis il foula le sol d'un pas déterminé, donnant au vent les boucles de ses longs cheveux comme pour saluer la route sans bornes et l'avenir inconnu. Adieu, Marcelle !

Or, depuis quatre jours qu'il était parti de Château-le-Brec, les aventures semblaient se presser sur ses pas. Il avait déja revu deux fois celle qui était peut-etre sa sour, puisqu'elle parlait de lui a Dieu dans sa priere. Elle était a Paris ! Paris a beau etre grand, Tanneguy ne ressentait plus la tristesse de la solitude.

Tout en songeant ainsi, il avait traversé le jardin et se trouvait devant les arcades Montpensier. Il entendit dans la foule une voix qui le fit tressaillir ; la voix avait dit : « Regardez ! le voila ! »

Tanneguy poussa un cri de joie et se retourna, car il était bien sur d'avoir reconnu la voix de Stéphane ; il chercha devant, a droite, a gauche, et ne vit que des figures étrangeres. Trois de ces figures, immobiles et groupées sous l'arcade qui lui faisait face, semblaient le considérer avec attention. Tanneguy les voyait a contre-jour et ne pouvait distinguer leurs traits, parce que la lumiere qui était derriere eux éblouissait sa vue, et cependant un frisson courut par ses veines.

— Les trois Freux, murmura-t-il, ont-ils donc quitté la Tour-de-Kervoz !

Malgré lui, son regard se baissa. Quand il releva les yeux vers l'arcade, dont le cintre encadrait les silhouettes des trois inconnus, l'arcade était vide. Tanneguy s'élança vers la galerie, car il avait honte du mouvement de frayeur qui laissait encore du froid dans ses veines. Les terreurs superstitieuses ont tort dans un lieu comme le Palais-Royal, tout plein de mouvement, de bruit et de clarté. Tanneguy s'attendait a trouver derriere les piliers de l'arcade les trois hommes qui ne pouvaient etre bien loin ; il ne savait pas trop ce qu'il voulait leur dire ou leur faire, mais l'occasion était bonne et son instinct lui commandait de la saisir.

Il paraîtrait que les fantômes de Bretagne qui font le voyage de Paris ne perdent point la faculté de rentrer sous terre, suivant leur bon plaisir. Dans la galerie, Tanneguy n'aperçut que la foule remuante et pimpante.

Ce fut au point que Tanneguy gourmanda son imagination et crut avoir revé. En ce cas, le reve continuait, car au moment ou il haussait déja les épaules, tant il se prenait lui-meme en pitié, il put ouir distinctement a son oreille les trois syllabes de son nom.

Il s'arreta comme si une main l'eut saisi au collet. Les gens qui passaient durent s'étonner de voir ce beau garçon planté au milieu de la galerie, l'oil fixe, la joue pâle et la tete rentrée entre les épaules comme s'il eut attendu un coup de foudre.

Une douce voix avait prononcé son nom. Valérie était la, Tanneguy le savait, et quand il tourna la tete, ce fut avec la certitude d'apercevoir sa blanche vision de l'église d'Orlan.

Il ne se trompa pas tout a fait ; néanmoins, il faut bien dire que les visions perdent quelque chose de leur poésie dans la capitale du monde civilisé. Au lieu de cette ondine blanche que Tanneguy avait vue prosternée au tombeau de Treguern, il entrevit, a travers la foule, une mantille noire qui cachait a demi la taille de la sylphide, dont le visage disparaissait entierement derriere les ailes de son chapeau. Elle marchait aupres d'un jeune homme de haute taille, qui avait une tete fine et charmante, coiffée de grands cheveux blonds.

— Stéphane ! cria Tanneguy en étendant les mains vers eux, Valérie ! mon frere et ma sour !

Le jeune couple venait de s'engager dans un de ces passages étroits qui conduisent de la galerie a la rue de Montpensier. Tanneguy s'y précipita comme un fou. Le passage était déja vide, mais Tanneguy put encore entendre comme l'écho des derniers mots prononcés au détour de la rue. Ces derniers mots étaient : Quinze aout, Allée des Veuves.

Tanneguy traversa la rue de Montpensier en courant, monta quatre a quatre l'escalier de la rue Richelieu et arriva sur le trottoir juste a temps pour voir partir au galop une élégante voiture fermée. Tanneguy avait de bonnes jambes ; comme il était convaincu que la voiture emportait ceux qu'il cherchait, il prit sa course.

La voiture brulait le pavé de la rue Saint-Honoré ; tout ce que pouvait faire Tanneguy, c'était de ne la point perdre de vue. Apres trois quarts de lieue de marche, la voiture s'arreta quelque part, dans le quartier de la Pépiniere, devant un hôtel de bonne apparence ; Tanneguy fit un dernier effort et s'approcha tout essoufflé de la portiere au moment ou un laquais en livrée abaissait le marchepied ; son âme était dans ses yeux. Il vit descendre une grosse dame qui portait un chien mouton entre ses bras.

Tanneguy faillit tomber a la renverse ; la premiere pensée qui lui vint fut qu'il y avait la quelque diabolique transformation : la vieille dame était peut-etre Stéphane et le chien mouton la mystérieuse jeune fille des saules. Pendant qu'il essuyait son front baigné de sueur, la grosse dame dit a son laquais :

— Allée des Veuves ! Mr de Feuillans me ramenera.

La porte de l'hôtel se referma sur le chien mouton et sa maîtresse ; la voiture s'en alla au petit trot.

— Allée des Veuves ! répétait notre Breton qui cherchait a mettre de l’ordre dans ses pensées.

Puis, il ajouta :

— C'est la que je dois porter la lettre de douairiere Le Brec.

Machinalement, son regard se fixait sur les murailles de l'hôtel ; sur les murailles de l'hôtel, il y avait un nid d'affiches de théâtre. Tanneguy n'y vit rien d'abord, mais ses yeux, qui restaient cloués a son insu sur les dix ou douze carrés de papier, assemblerent enfin les lettres, et soudain la meme date, inscrite en tete de toutes les affiches, frappa dix ou douze fois son regard :

— Quinze aout ! Quinze aout ! Quinze aout ! Chaque théâtre avait fait une belle affiche pour le jour de l'Assomption, mais Tanneguy ne connaissait point les habitudes des théâtres, et cette date qui papillotait de toutes parts autour de ses yeux, lui donna comme un vertige. Il demanda le chemin de l'Allée des Veuves a un passant et continua sa route.

Une demi-heure apres, il errait sous les arbres des Champs-Élysées. Il avait dépassé sans le savoir l'entrée de l'Allée des Veuves, et se trouvait maintenant dans les bosquets qui avoisinent le Cours-la-Reine. C'était alors, une fois la nuit tombée, un véritable désert. Il n'y avait rien la de ce qui existe aujourd'hui : ni les jardins anglais, ni les cafés chantants, ni le Panorama, ni les maisons du quartier François Ier. L'allée d'Antin elle-meme n'était guere qu'une avenue plantée d'arbres, bordée de jardins et de villas. Le long du Cours-la-Reine et dans l'avenue de l'Étoile, des réverberes fumeux pendaient de place en place et semblaient augmenter l'obscurité profonde qui régnait a l'intérieur des massifs.

Tanneguy marchait a grands pas, et la fievre le tenait déja, car les ténebres agissaient sur lui d'une façon singuliere. Au milieu meme de ce grand Paris, ou respiraient alors déja huit cent mille poitrines, un frisson courait dans ses chairs comme aux heures ou l'écho de son propre pas l'effrayait jadis sur la lande solitaire, comme aux heures ou la sueur froide le baignait dans sa couche, lorsqu'il entendait, a travers l'épaisse muraille de Château-le-Brec, ces trois voix surhumaines qui semblaient monter des profondeurs de la Tour-de-Kervoz, parlant de meurtre passé, de vengeance future. Tout a coup, il s'arreta, frappé de stupeur.

— Nous sommes au quinze aout, dit une voix dans le noir.

— Et la journée n'a plus que deux heures, ajouta une autre voix.

Une troisieme voix reprit :

— Il faut qu'avant minuit l'argent soit chez l'Anglais.

Tanneguy connaissait toutes ces voix, pour les avoir ouies au bourg d'Orlan. C'étaient les terreurs nocturnes de son enfance qui s'attachaient a ses pas. Son regard essaya en vain de percer les ténebres.

— L'Anglais aura la somme, reprit la premiere voix, car il faut que l'enfant soit riche comme un prince !

— Il aura la somme au prix d'un meurtre ! continua la seconde voix.

— Comme toujours ! acheva sourdement la troisieme.

Tanneguy crut voir entre les arbres un mouvement confus. Et presque au meme instant, ce mot d'ordre mystérieux, qui semblait venir du ciel pour annoncer la présence d'un ange, résonna doucement a son oreille ; il entendit son nom prononcé comme en un murmure : « Tanneguy ! Tanneguy ! Tanneguy ! »

Une femme passa en courant dans l'allée voisine ; elle avait la tete nue, et ses cheveux bouclés flottaient au vent. Elle dit encore :

— Venez !

Il y avait des larmes dans sa voix. Tanneguy fit effort pour la suivre ; mais ses jambes chancelaient sous le poids de son corps.

La jeune fille disparut dans une sorte de ruelle obscure qui s'ouvrait sur le plan de l'avenue d'Antin, un peu au-dessus de l'embouchure actuelle de la rue Jean-Goujon. Tanneguy la perdit de vue. Il s'engagea néanmoins a son tour dans la ruelle, qui était tortueuse et bordée par des jardins. Il lui semblait toujours entendre comme un écho qui répétait : « Venez ! venez ! Tanneguy ! Tanneguy ! »

En meme temps une harmonie vive et douce chantait au loin derriere les massifs de lilas. La ruelle tournait. A mesure que Tanneguy avançait, une lueur se faisait au-devant de lui, et entre les branches des arbres, il apercevait comme un grand éclat. Et l'harmonie se rapprochait.

A un coude de la ruelle, ses yeux furent éblouis tout a coup par une sorte de rampe lumineuse ; la musique était la, tout pres, derriere un mur, et jouait une valse. On entendait comme un concert d'entretiens joyeux et d'éclats de rire.

L'endroit ou se trouvait Tanneguy était une sorte de petite place triangulaire ou finissait la ruelle. Un des côtés du triangle, sans issue apparente, était formé par un jardin couvert de pots-a-feu et de lampions ; ce mur soutenait une terrasse qui était déserte en ce moment parce que la danse occupait tous les couples de la fete. Le second côté du triangle était l'entrée de la ruelle. Le troisieme côté, fermé par une grille, munie de persiennes, avait a son milieu une porte a deux battants, qui était fermée.

Derriere cette clôture, on apercevait a la lueur des lampions une gentille maison de plaisance, qui n'était point celle ou la fete se donnait. Mais c'est a peine si Tanneguy se rendait raison de tout cela. Ou donc était Valérie ? Il n'y avait la aucune issue. Par ou Valérie avait-elle passé ?

Tanneguy interrogea de l'oil tour a tour le mur illuminé du grand jardin et la clôture en persiennes de la blanche villa. Comme il avait les yeux tournés de ce dernier côté, il vit la porte s'entr'ouvrir avec lenteur ; un homme parut debout sur le seuil. Il se présentait a reculons. Était-ce encore un reve ? Il y avait une main robuste et noire qui tenait cet homme par le cou ; la main lâcha prise et se retira brusquement ; la porte fut fermée, l'homme tomba comme une masse a la renverse.

Dans sa chute, le manteau qu'on avait disposé de maniere a cacher ses traits se dérangea ; la lumiere de la rampe vint frapper en plein sa figure inondée de cheveux blonds. C'était un beau jeune homme qui semblait avoir dépassé depuis bien peu de jours la vingtieme année.

— Stéphane ! mon frere Stéphane ! balbutia Tanneguy, dont les genoux fléchirent.

Il voulut mettre la main sur le cour de son ami et la retira rouge de sang. Un cri d'horreur s'étouffa dans sa poitrine. Dans le jardin voisin, les mille bruits de la fete éclataient en gerbes : voix joyeuses, rires fous, suaves harmonies.

Tanneguy fit un effort supreme pour retenir sa raison qui s'en allait ; ses yeux se voilerent. Il tomba privé de sentiment aupres du corps inanimé de Stéphane.