Vivre centenaire et bien portant - Dr. Dominique Georget-Tessier - ebook

Vivre centenaire et bien portant ebook

Dr. Dominique Georget-Tessier

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Opis

« J’espère qu’autant que nous vivrons vieux, nous mourrons jeune. » – Henri MatisseVaste chantier que de réussir sa longévité, enjeu important à l’heure où, si l’espérance de vie augmente, celle de vivre en bonne santé diminue. Vaste réflexion, car si réfléchir à la sa longévité implique d’être attentif à son corps, cela implique aussi de s’occuper de l’esprit. L’auteur dresse ici les conditions nécessaires pour vivre centenaire bien portant : une diététique attentive, des exercices physiques adaptés bien sûr, mais aussi un engagement social actif, une spiritualité ouverte, une sexualité épanouie et assumée…Dominique Georget-Tessier présente également les apports des médecines traditionnelles grecque, chinoise, indienne dans cette recherche d’équilibre. Et incite aussi à s’inspirer du mode de vie des centenaires de l’île d’Okinawa, au Japon.L’auteur nous offre un guide complet avec des exemples argumentés et des conseils d’hygiène de vie adaptables à chacun.A PROPOS DES ÉDITIONSCréées en 1971, dans le sillon de mai 68, par Jean-Marc Carité et qui les anime depuis 1974 avec Marie Fougère, les Éditions d’Utovie, dès leurs premiers livres, ont privilégié les alternatives écologiques, sociales, politiques, littéraires… Elles sont pionnières dans un domaine qui semble banalisé aujourd’hui : l’écologie, mais qui requiert encore beaucoup d’attention. Les collections, au fil des années, illustrent bien cette démarche d’ensemble : une cohérence globale de vie et d’action, un plaisir et une gourmandise de chaque jour.A PROPOS DE L’AUTEURDominique Georget-Tessier est médecin généraliste, elle exerce depuis 30 ans près de Pau. Elle pratique une médecine intégrative articulant le savoir biomédical à l’homéopathie, l’acupuncture, la micronutrition, la phytoaromathérapie, la médecine psychosomatique. Elle est l’une des animatrices de l’association BASE (Béarn Alimentation Santé Environnement). Elle a déjà publié dans la même collection Cancer et alimentation.

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Remerciements

Au docteur Balasque, médecin nutritionniste à Mourenx, à Sylvie Vanjak, pharmacienne, nutritionniste et naturopathe à Pau, mes collègues de l’Association « Béarn Alimentation Santé Environnement » pour la préparation de la conférence et la rédaction des chapitres « glucides », « perméabilité intestinale », « défenses anti-radicalaires ».

À Virginie Gasc, psychologue, sexologue à Pau et Tarbes, auteur d’un mémoire sur la sexualité en institution et à Claude Roux Deslandes, sexologue à Pau pour leur collaboration.

À Jean-Marc Carité et Marie Fougère, qui nous ont permis de réaliser cette conférence pour le salon Asphodèle.

Enfin, à Jacques Mussel, centenaire, dont l’humour, la joie rayonnante et le témoignage ont contribué au succès de la conférence dont est issu ce livre.

« J’espère qu’autant que nous vivrons vieux, nous mourrons jeune »

écrit Matisse à 85 ans au moment où il peint « La gerbe »

À nos patients, ce livre leur est destiné

Avant-propos

Notre association « Béarn Alimentation Santé Environnement » est composée de médecins, pharmaciens, formés à la biomédecine, mais qui ont, dans leur parcours, développé une approche intégrative de la médecine : le malade est considéré avant tout comme une globalité, une unité psychocorporelle, relié à son environnement au sens large, social, familial, et au-delà, à la vie, au monde. Dans notre pratique, nous incitons le patient à être acteur et responsable de sa santé. Ce petit livre a pour objectif de donner des informations, mais également les moyens de formuler des questions.

Vaste chantier que de réussir sa longévité, enjeu important à l’heure où, si l’espérance de vie augmente, celle de vivre en bonne santé diminue.

Vaste réflexion, car si réfléchir à sa longévité implique d’être attentif à son corps, cela implique aussi de s’occuper de l’esprit.

Comme le dit Cicéron « Il faut résister à la vieillesse et combattre ses inconvénients à force de soins : entretenir sa santé, pratiquer les exercices appropriés, manger et boire pour refaire ses forces sans les ruiner. Mais il ne suffit pas d’être attentif à son corps : il faut davantage encore s’occuper de l’esprit et de l’âme. L’un et l’autre, en effet, risquent d’être éteints par la vieillesse comme la flamme d’une lampe privée d’huile ».1

Cela implique également de réfléchir à sa mort, ce qui au fond est un programme philosophique qui demande bien toute une vie !

Tournons notre regard vers des médecines traditionnelles, médecine grecque, médecine chinoise, médecine indienne : ce qui les différencie de la biomédecine moderne, c’est la croyance profonde à un état normal de l’homme (conçu comme une entité corps, âme, esprit) qui est la santé, lié à l’harmonie avec sa propre nature, elle-même reliée à quelque chose de sacré.

Ainsi atteindre la longévité est un des fondements de la médecine traditionnelle chinoise : il s’agit de nourrir la vitalité « Yang Sheng »2, de prendre soin et de déployer le potentiel vital dont nous sommes les dépositaires, ce qui constitue un art à part entière : l’art de la vie.

En médecine chinoise, l’art de nourrir la vie est une discipline à part entière, étroitement liée à la théorie médicale traditionnelle. Elle regroupe l’ensemble des pratiques qui permettent d’entretenir le corps et l’esprit, fortifier l’organisme, prévenir les maladies et prolonger la vie, associant des pratiques alimentaires, gymniques respiratoires ou sexuelles destinées à s’ajuster aux rythmes universels.3

Yang Sheng entretenir la vie en soi, résonne avec cette phrase extraite du livre des mutations, du Yi King, rédigé mille ans avant notre ère et que les Chinois se transmettent de génération en génération : « Sheng Sheng bu xi » ce qui signifie « la vie engendre la vie, il n’y aura pas de fin ».

Quant à la médecine traditionnelle indienne, elle invite le patient à s’engager quant à son état d’être et sa santé : dans l’interrogatoire, le médecin ayurvédique demande au patient s’il a une spiritualité, s’il a un but dans la vie, quelle est la qualité de son entourage, personnel, familial, conjugal, professionnel ; s’il a des stress dans sa vie… Cet interrogatoire vise à recadrer la plainte du malade dans un plan plus vaste, celui de la globalité de sa vie, corps, esprit, relation.

« Nous pensons que la force de vie, se trouve dans l’intelligence du vivant », dit le médecin ayurvédique4.

Que nous signifient toutes ces médecines ? Tout simplement qu’on ne peut réduire l’homme à une approche mécaniste ou biologique : pour être en santé, et pour vieillir en santé il est important de prendre en compte aussi le désir singulier de chacun, ainsi que les dimensions spirituelle, psychologique, relationnelle et sociale de l’être humain !

1. Cicéron. De senectute

2. « Sheng », en chinois veut dire vitalité, subsistance, accroissement, développer, faire vivre (l’idéogramme Sheng représente une plante qui sort de terre). 2500 ans avant JC, les Chinois de la tradition savaient qu’il fallait prendre soin de la vie !

3. Voir Annexe 1 le premier chapitre du Neijing Suwen

4. Le Panchakarma est un des soins ayurvédiques les plus importants : son objectif est de purifier le corps et l’esprit en provoquant l’élimination des éléments toxiques de l’organisme. Permettant ainsi le rajeunissement. Les centres ayurvédiques se développent de plus en plus en Europe associant, dans des cures de 20 jours, diététique, massages, exercices physiques et respiratoires, bains de vapeur et panchakarma

Introduction

A. Importance du grand vieillissement dans toutes les sociétés industrielles

Si on constate une augmentation de l’espérance de vie globale, depuis le début du XXème siècle, dans le même temps, on assiste à une augmentation de la durée de la dépendance. Cette année pour la première fois, on annonce une diminution de l’espérance de vie en bonne santé.

La qualité de vie diminue : on constate une transformation des maladies létales en maladies chroniques (cancer, affections respiratoires chroniques, diabète, obésité, insuffisance cardiaque et maladie d’Alzheimer) qui sont sources d’incapacité.

Les différentes projections démographiques évoquent une augmentation de 50 % des personnes âgées dépendantes entre 2000 et 2040 en France, dont la durée de vie est estimée à 4 ans et demi en moyenne.

85 % des personnes de 75 ans ont au moins une pathologie et 57 % sont en affection de longue durée (ALD). Ceci s’accompagne d’une polymédication, et souvent d’une vulnérabilité physique, psychique et sociale.

« Le vieillissement en santé » (Programme Européen, « Healthy Againg », 2012) a pour objectif l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées tout au long de leur vie, leur permettant de demeurer actives socialement sans discrimination.

L’OMS (Organisme Mondial de la Santé) déclare, dans son rapport de 2011 à l’ONU, que « les maladies chroniques sont le principal challenge du développement durable en ce début du vingt et unième siècle. Si l’espérance de vie progresse, celle de vivre en bonne santé diminue depuis 5 ans » souligne André Cicolella dans son livre Toxique planète, le scandale invisible des maladies chroniques.

Quelles en sont les causes ? Il ne s’agit pas d’une mutation génétique, mais de changements environnementaux importants :

Alimentation de type industriel : trop grasse, trop salée, trop sucrée

Surabondance alimentaire

Présence de toxiques : dans nos assiettes (pesticides sur fruits et légumes, conservateurs, colorants), dans l’air (rejets industriels, chauffage, automobile, agriculture intensive), dans l’eau (nitrates, contaminants plastiques…).

Des preuves scientifiques récentes valident le rôle des interventions diététiques pour assurer un vieillissement en bonne santé.

B. Dans le même temps, on constate un déni du vieillissement

Dans notre société on valorise tout ce qui peut masquer les stigmates de l’âge (antirides, chirurgie esthétique, marché de l’anti-âge et des produits promoteurs de longévité, puces sous la peau qui contiendront un dossier médical miniature, pose des implants pour pallier les défaillances des organes usés, reconstitution à partir de cellules souches d’embryons humains…) donnant l’illusion d’une éternelle jeunesse possible, et surtout, ne contribuant pas à valoriser la vieillesse (sourire, sagesse…)

Or le « jeunisme » de notre société entraîne des croyances négatives sur l’âge dont l’impact met en danger le développement de l’identité du senior, de sa créativité et de sa vitalité pouvant l’affecter psychologiquement : cet aspect sera également développé ici.

Chapitre ILes théories du vieillissement

Le vieillissement se traduit par le déclin des diverses fonctions organiques, sous l’influence de la génétique et de l’environnement, Plusieurs processus biologiques l’expliquent.

A. La théorie génétique

Il existe une « horloge biologique, un vieillissement programmé » : les télomères, ce fragment d’ADN situé à l’extrémité de nos chromosomes, se raccourcissent chaque fois qu’une cellule se divise. Lorsque la longueur du télomère diminue au-dessous d’un seuil critique, la cellule cesse de se diviser et entre en sénescence. Les télomères sont protégés par une enzyme, la télomérase qui assure la synthèse et la croissance des télomères5.

On sait que le stress et la détresse psychologique diminuent l’activité de la télomérase, accélérant le vieillissement6 et que, à l’inverse la méditation peut ralentir le vieillissement de nos cellules en activant l’action de la télomérase7.

B. L’épigénétique

L’environnement permet ou non l’expression des gènes. Pour qu’un gène s’exprime, il, faut qu’il soit « transcrit » sous la forme d’une protéine spécifique agissant sur l’organisme porteur de ce gène. Si le gène ne s’exprime pas, il reste silencieux, c’est comme s’il était absent. Les avancées récentes de la génétique ont montré que l’environnement peut modifier l’expression de gènes. C’est ce qu’on appelle l’épigénétique. Cette expression peut être activée ou désactivée par l’influence des conditions extérieures (mais aussi par nos états mentaux)8.

Plus récemment, on s’est aperçu que l’expression des gènes ou la non-expression est susceptible de se transmettre d’une génération à l’autre.

Les événements qui surviennent dans notre vie laissent dans nos cellules des éléments transmissibles d’une génération à l’autre, ce qui prouve que les gènes ne sont pas les seuls porteurs de l’hérédité. On peut modifier l’expression de nos gènes en optimisant notre capital méthyle par l’alimentation (protéines riches en bétaine et méthionine, vitamines B9, B12, B6, B2 et zinc).

C. La théorie des radicaux libres

Nous vieillissons parce que l’oxygène occasionne des dégâts. L’organisme produit des radicaux libres alors que les capacités de réparation cellulaire diminuent. Ces phénomènes conduisent à un état de stress oxydatif : l’organisme rouille.

« Avoir une santé de fer ça n’empêche pas de rouiller » disait Jacques Prévert. L’oxydation de ces membranes produit un déchet qui s’accumule dans l’organisme et apparaît sous la peau sous forme de « taches de vieillesse », de rides (c’est l’attaque du collagène de la peau et de l’élastine par les radicaux libres). L’exposition aux UV, le stress, le tabac, la pollution, les métaux toxiques, le surmenage, une alimentation trop carnée et acidifiante, l’âge, entraînent un stress oxydatif responsable du vieillissement accéléré de nos cellules (par une atteinte