Un Belge sur Mars - Pierre-Emmanuel Paulis - ebook

Un Belge sur Mars ebook

Pierre-Emmanuel Paulis

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Opis

Une fois la construction de la Station Spatiale Internationale (ISS) terminée, l'Homme se lancera un nouveau défi spatial : retourner sur la Lune et ensuite se lancer dans la grande aventure martienneEn 2002, Pierre-Emmanuel Paulis, enseignant détaché à l'Euro Space Society de Dirk Frimout, et passionné par la conquête de l'espace, a participé à une mission de simulation de séjour sur la planète rouge. L'objectif ? Préparer les procédures de débarquement de l'Homme sur Mars... Dans ce récit, Paul-Emmanuel Paulis nous relate cette odyssée hors du commun à bord de la Mars Desert Research Station du désert de l'Utah.EXTRAITDepuis de nombreuses années, une amitié indéfectible me lie à Vladimir Pletser, responsable des vols paraboliques à l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et candidat astronaute belge. Vladimir fait partie des 5 candidats astronautes sélectionnés par la Belgique en 1991 mais malheureusement, son rêve d’aller dans l’espace ne s’est pas encore concrétisé.Nous avons déjà vécu pas mal d’aventures ensemble, comme voler en impesanteur, ou encore assister à un lancement de la navette spatiale emmenant notre ami commun Jean-François Clervoy. Vladimir m’a également conseillé lors de la rédaction du scénario de mes bandes dessinées Tania.Sur l’Île de Devon, dans le Grand Nord Canadien, en juillet 2001, Vladimir a participé à une mission de simulation de séjour sur la planète Mars, à bord de la « Flashline Mars Artic Research Station ».Là-bas, dans un cratère météoritique, la Mars Society américaine a installé un Module Spatial, un habitat martien dans lequel se relayent des équipages d’« astronautes » qui simulent un travail à la surface de la planète rouge. L’isolement est total et les sorties se déroulent en scaphandre spatial.Cette aventure exceptionnelle, Vladimir me l’a fait vivre jour après jour grâce aux courriels qu’il me faisait le plaisir de m’envoyer. Il la partage encore régulièrement avec son public lors de ses passionnantes conférences.À PROPOS DE L'AUTEURAprès des études à l'Institut Supérieur des Beaux-Arts Saint-Luc de liège, section Illustration-Bande Dessinée et un Certificat d'aptitude Pédagogique de l'Institut Saint-Laurent à Liège, Pierre-Emmanuel Paulis est actuellement Enseignant détaché (Space Teacher) auprès de l'Euro Space Society de l'astronaute belge Dirk Frimout.

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À Céline, Paul, Claire, Pierre-Loup et Marie.Vous faites certainement partie de la génération qui connaîtra l’arrivée de l’Homme sur Mars.

Préfaces

Depuis juillet 2001, des équipes de chercheurs et d’étudiants bénévoles séjournent dans des stations de « simulation martienne », gérées par la Mars Society. Ces expéditions sur des sites évocateurs ont pour but de préparer le prochain défi de notre aventure cosmique : l’Homme sur Mars.

Bien sûr, il ne s’agit pas, avec nos modestes moyens, d’aborder des grands problèmes technologiques d’une telle aventure, ni d’effectuer les tests d’endurance que seules les grandes agences spatiales seront à même d’accomplir, le temps venu. Mais en attente de ces programmes officiels, nos simulations ont le mérite de réunir les volontés, venues de tous les horizons, au sein d’un programme d’immersion totale.

À la fois « université d’été des martiens », banc d’essai technologique et vitrine éducative et médiatique, ces séjours font avancer la cause de l’exploration spatiale.

Après un premier séjour en 2001 dans la base F-MARS de devon Island (Arctique), ce fut pour moi un honneur et un plaisir de commander la première mission de la saison 2002-2003, du 9 au 24 novembre 2002, dans la station MDRS (Mars Desert Research Station) de l’Utah. Il s’agissait à la fois de remettre en marche la station, inoccupée depuis plusieurs mois, en étrennant notamment un nouveau circuit de recyclage de l’eau, et de conduire un programme géologique (test d’un radar mobile, et d’un robot « descendeur de falaises »), biologique, astronomique et pédagogique.

Première mission bi-culturelle, avec trois équipiers anglophones et trois équipiers francophones, « MDRS-7 » a été fidèle à la tradition, mêlant motivation, débrouillardise et bonne humeur. ce sont les qualités qu’a notamment apportées Pierre-Emmanuel Paulis, digne représentant de la Belgique. Il s’est pleinement investi dans l’exploration de la science, tout en nous faisant profiter de son sens de l’humour et de son coup de crayon : ses croquis de nos aventures ont fait le tour de la Terre sur Internet !

Les observations qu’il a accumulées aideront sans nul doute l’Euro Space Center à monter une expérience similaire en Belgique pour les enfants et les adolescents, à vocation éducative.

C’est tout à fait l’esprit de notre entreprise, qui consiste à acquérir une expérience de l’exploration planétaire, mais surtout à la faire partager au plus grand nombre.

Le présent livre de Pierre-Emmanuel Paulis en est la preuve : qu’il en soit vivement remercié, ainsi que les Éditions Dricot.

Je suis certain que ceux qui le liront éprouveront ce même désir d’explorer la planète rouge, et de nous rejoindre dans cette aventure, ouverte à tous.

Charles Frankel,Commandant de Bord, MDRS-7,Association Planète-Mars

Mars.

Mars n’est pas loin. À peine quelques centaines de millions de kilomètres, une paille à l’échelle astronomique de l’univers. Pourtant, cette planète, sœur de la Terre, reste difficile d’accès, bien que proche dans beaucoup de cœur d’hommes et de femmes de la Terre, comme étant l’étape suivante de l’Humanité dans sa conquête de nouveaux territoires. Les voyages d’exploration de Mars dans vingt ou trente ans se préparent déjà aujourd’hui sur Terre, dans des endroits difficiles d’accès, près du pôle Nord ou dans des déserts, et qui par certains égards ressemblent à ce qu’on pourrait trouver un jour sur la Planète Rouge. Pierre-Emmanuel Paulis, cet extra-terrestre de naissance de par ses connaissances encyclopédiques de la conquête et l’exploration spatiale que j’ai eu la chance de rencontrer il y a une quinzaine d’années, a participé à une de ces campagnes de simulation de mission martienne. Il nous livre ici ses plus beaux souvenirs et ses plus belles photos.

Rêvez jeunes gens, car bientôt vous aussi, vous pourriez aller sur Mars. En avant, Mars !

Vladimir Pletser,Candidat Astronaute Belge,Membre de deux équipages de simulation martienne.

Alors que l’Agence Spatiale Européenne met sur pied un projet ambitieux d’exploration du système solaire, avec pour but une mission habitée vers Mars d’ici 2030, il devient de plus en plus évident que nous devons encore récolter beaucoup de connaissances et de capacités. Ce sont les buts mêmes du programme Aurora.

Les photos envoyées par les robots actuellement sur Mars font le tour du monde, mais ils ne remplaceront cependant jamais les êtres humains. Ils ne pourront jamais revenir sur Terre raconter leurs impressions. Cela, seuls des êtres humains peuvent le faire.

C’est pourquoi il est si important de préparer des mission habitées vers Mars. Les simulations effectuées actuellement sur la surface terrestre fournissent à la communauté internationale des informations inestimables sur la façon de vivre et de travailler sur la surface martienne. Le dévouement des personnes qui prennent part à ces simulations est remarquable et il est formidable de pouvoir lire leurs expériences et leurs rêves, en attendant de découvrir les récits des explorateurs de Mars !

Appréciez ce livre qui vous emmène en voyage pas si loin de chez vous en distance, mais loin dans le futur de l’exploration spatiale en esprit.

Frank De Winne,Astronaute ESA, mission Odissea – Soyouz TMA-1.

Depuis de nombreuses années, je suis témoin de l’enthousiasme que Pierre-Emmanuel Paulis porte à l’histoire de la conquête spatiale. Nos chemins se sont croisés en 1992 à Cap Kennedy au moment où j’allais m’embarquer sur Atlantis.

Depuis, il a vécu de nombreuses aventures, dont cette mission de simulation de séjour sur la planète Mars, qu’il vous relate ici.

Son ultime rêve spatial, en effet : vivre encore l’arrivée de l’Homme sur Mars car c’est plus qu’une nécessité pour l’humanité.

Merci, Pierre-Emmanuel, pour tout ce que vous faites pour les jeunes en tant qu’enseignant détaché à l’Euro Space Society, pour cet amour du métier dont vous faites preuve, et pour votre gentillesse. Les jeunes sont marqués par votre empreinte, votre passion et de ce que vous leur transmettez avec tant de patience. Bravo.

Dirk Frimout,Président de l’Euro Space Society,Astronaute, STS-45 Atlantis.

Introduction

Depuis de nombreuses années, une amitié indéfectible me lie à Vladimir Pletser, responsable des vols paraboliques à l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et candidat astronaute belge. Vladimir fait partie des 5 candidats astronautes sélectionnés par la Belgique en 1991 mais malheureusement, son rêve d’aller dans l’espace ne s’est pas encore concrétisé.

Nous avons déjà vécu pas mal d’aventures ensemble, comme voler en impesanteur, ou encore assister à un lancement de la navette spatiale emmenant notre ami commun Jean-François Clervoy. Vladimir m’a également conseillé lors de la rédaction du scénario de mes bandes dessinées Tania.

Sur l’Île de Devon, dans le Grand Nord Canadien, en juillet 2001, Vladimir a participé à une mission de simulation de séjour sur la planète Mars, à bord de la « Flashline Mars Artic Research Station ».

Là-bas, dans un cratère météoritique, la Mars Society américaine a installé un Module Spatial, un habitat martien dans lequel se relayent des équipages d’« astronautes » qui simulent un travail à la surface de la planète rouge. L’isolement est total et les sorties se déroulent en scaphandre spatial.

Cette aventure exceptionnelle, Vladimir me l’a fait vivre jour après jour grâce aux courriels qu’il me faisait le plaisir de m’envoyer. Il la partage encore régulièrement avec son public lors de ses passionnantes conférences.

Quelques mois plus tard, Robert Zubrin, le président de la Mars Society, le sollicite pour participer à une seconde expérience, similaire, cette fois à bord d’un module, le Mars Desert Research Station, installé au beau milieu du désert de l’Utah, dans l’Ouest américain. C’est ainsi que Vladimir fait partie d’une seconde mission de simulation en avril 2002.

Petit à petit germe l’idée : « Moi aussi j’aimerais participer à une telle aventure. Ne serait-ce pas là l’occasion d’apporter ma modeste pierre à la conquête spatiale ? » Mais dans quel équipage pourrais-je être sélectionné ? Les missions de simulation sont avant tout scientifiques, moi je ne le suis guère.

Enseignant détaché à l’Euro Space Society de l’astronaute belge Dirk Frimout, je suis chargé d’encadrer les Classes de l’Espace à l’Euro Space Center de Redu, dans les Ardennes belges. Ne serait-il pas intéressant de développer une telle idée de simulation martienne dans ce formidable outil pédagogique qu’est l’Euro Space Center ? En plus de nos traditionnels stages d’astronautes, nous avons développé parallèlement d’autres types d’activités telles que le « Rocket Camp » (fabrication de micro-fusées) et l’« Astro Camp » (stage d’astronomie), pourquoi ne pas mettre sur pied un « Mars Camp » : à l’image des missions de simulation organisées par la Mars Society, des jeunes s’enfermeraient quelques jours dans un module spatial et vivraient comme s’ils venaient de débarquer sur Mars.

Le Directeur de l’Euro Space Center, Jean-Marcel Thomas, séduit par le projet, entame avec l’aide précieuse de Vladimir Pletser les démarches auprès de Robert Zubrin.

Pour préparer au mieux ces futurs « Mars Camp », l’idéal serait qu’un membre de l’équipe pédagogique de l’ESC puisse participer à une mission à bord de la station arctique ou désertique de l’Utah.

L’idée se concrétisera en septembre 2001, à l’occasion d’un congrès international de la Mars Society à Rotterdam (Pays-Bas). Je m’y rends en compagnie de Jean-Marcel Thomas et d’un autre membre de l’équipe pédagogique. Vladimir, qui habite en Hollande, vu qu’il travail au centre de l’ESA à Noordwijk, nous rejoint.

Là, je prends vraiment conscience que l’aventure martienne est en route et que de vrais passionnés de Mars existent.

Robert Zubrin nous accorde quelques minutes d’entretien et se montre très intéressé par nos projets, et à notre question de savoir si des membres de l’équipe pédagogique pourraient faire partie d’un équipage à bord de l’une des deux stations de la Mars Society, Zubrin nous répond par l’affirmative. Trois places pourraient nous être accordées, mais dans trois équipages différents.

Pour des raisons pratiques, nous irons dans la MDRS de l’Utah. Nous venons de gagner notre ticket pour Mars !

Zubrin s’inquiète cependant de connaître notre bagage scientifique, de notre connaissance de l’anglais et de notre condition physique. Trois conditions sine qua none. Nous lui promettons de mettre au point une expérience scientifique, géologique.

Quinze jours plus tard, lors de mon arrivée matinale à l’Euro Space Center, le Directeur m’annonce qu’il vient d’être averti qu’une place sera libre au sein de l’équipage MDRS-7, déjà au mois de novembre ! « Es-tu prêt à relever le défi ? », me demande-t-il.

Une occasion pareille ne se représentera sans doute pas de sitôt. Je serai le deuxième Belge sur Mars.

Qu’est-ce que la Mars Society ?

Cela fait 35 ans que l’Homme ne s’est plus aventuré plus loin que la banlieue terrestre ! Le programme lunaire Apollo s’est clôturé avec Apollo 17 en décembre 1972. La Station Spatiale Internationale (ISS) est en construction.

Quel grand défi attendra l’Homme dans son avide désir d’élargir ses connaissances ?

Mars nous fascine depuis toujours. Ne représente-telle pas l’avenir de l’Humanité ? Elle est la planète du système solaire qui ressemble le plus à la Terre. Elle est là, toute proche ; 6 mois de voyage. Ne nous tend-elle pas la main ?

C’est dans ce contexte qu’est née la « Mars Society » aux Etats-Unis, sous la direction de l’ingénieur Robert Zubrin. Son objectif est donc de promouvoir l’idée de missions habitées sur Mars.

Pour ce faire, elle mène trois types d’actions :

La sensibilisation du grand public (par des conférences, des expositions, …) ;

Des actions de lobbying auprès des gouvernements et des agences spatiales ;

Des actions plus techniques et spectaculaires pour démontrer la faisabilité de ce types de missions.

Ainsi donc, la Mars Society a installé deux « bases martiennes » sur Terre, dans des endroits analogues à ce qu’on trouvera sur Mars ; l’une dans le Grand Nord canadien et l’autre dans l’Utah. Les habitats martiens répondent aux critères d’isolement (ils sont difficiles d’accès), de géologie, de météorologie et de biologie ; impératifs pour les missions de simulation.

La planète Mars

Géologie

Le sol de Mars est principalement constitué de roches volcaniques. La couleur rouge qui le caractérise est due à la présence de fer à sa surface.

De nombreuses différences existent entre l’hémisphère sud et l’hémisphère nord de la planète rouge.

Au sud :

De nombreux cratères ;

La calotte polaire constituée de gaz carbonique est plus importante et permanente (toute l’année) ;

La croûte martienne est épaisse de 60 kilomètres.

Au nord :

De nombreuses grandes plaines (anciens océans) ; De nombreux volcans éteints ;

La croûte martienne est épaisse de 35 kilomètres ;

La calotte polaire est petite et disparaît au printemps martien.

L’eau

Le sol martien témoigne de la présence d’un élément liquide dans le passé : fissures, chenaux, vallées d’inondations, … Cet élément a-t-il été de l’eau ?

Celle-ci a pu se retrouver sous forme liquide lors d’augmentations locales de pression ou de températures dues à des éruptions volcaniques. La glace contenue dans le sous-sol a ainsi pu fondre et se répandre via des fissures et des chenaux. Elle s’est collectée dans la vallée Marineris pour se déverser dans l’hémisphère nord.

Aujourd’hui, compte tenu d’une pression atmosphérique réduite et de températures polaires, Mars est aussi sèche et aride qu’un désert. L’eau ne peut subsister à la surface sous ses 3 états (liquide, solide et gazeux), inutile d’y chercher de l’eau liquide, la pression est trop faible pour lui permettre de se former.

Néanmoins, les scientifiques espèrent en trouver en sous-sol. C’est un des objectifs de la mission Mars Express.

Les volcans :

Par le passé, la planète Mars a connu une forte activité volcanique. Ces volcans semblent aujourd’hui éteints.

Il n’y a pas de tectonique des plaques sur Mars : rien ne vient donc déplacer les volcans qui peuvent dès lors grandir sans cesse au-dessus de ce que l’on appelle, sur Terre, « un point chaud » (lieu d’activité volcanique permanente en sous-sol).

Il en résulte de grands volcans solitaires plutôt qu’une chaîne de petits volcans comme nous les observons sur Terre.

C’est donc sans surprises qu’on trouve sur Mars le plus haut volcan de notre système solaire : le Mont Olympe, qui culmine à 21,3 kilomètres et s’étend sur un territoire grand comme 3 fois la Belgique.

L’atmosphère :

Mars a une atmosphère très peu dense : la pression atmosphérique est environ 150 fois plus faible qu’à la surface de la Terre.

L’atmosphère de la planète rouge est composée de gaz carbonique et d’azote. La concentration à 95% de gaz carbonique (CO2) est due non seulement à l’incapacité de celui-ci de se fixer dans les roches carbonées, à l’inverse du mécanisme connu sur Terre, mais aussi parce que les autres gaz se sont échappés dans l’espace interplanétaire.

Pas de tectonique des plaques.

Pas d’effet de serre significatif maintenu.

Pas de couche d’ozone.

De ce fait, aucune vie ne peut subsister aujourd’hui à la surface de Mars …

Adieu les petits hommes verts !

La météorologie :

Elle se décline selon 4 cycles principaux :

Le cycle du gaz carbonique (CO2) :