Rémanences - Jonathan Gillot - ebook

Rémanences ebook

Jonathan Gillot

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Opis

Un petit garçon pas comme les autres.Parfois, un don est un fardeau et quand on a un rapport particulier avec les projections, cela peut vite devenir dangereux.Après le funeste sort d’Héloïse, Lana de Bel-Air obéit aux menaces de l’Ordre et fait le choix de se retirer du jeu. Hélas, les projections ne dorment jamais. Alors, peu à peu, des phénomènes étranges se multiplient dans la région. Certains sont le fruit du malfaisant Professeur Wilfried Orsey, et Lana ne peut plus les ignorer. En effet, la particularité du jeune garçon concentre toute l’attention du Professeur. Pour ses recherches, ce dernier n’hésite pas à pervertir le but premier de l’Ordre : protéger les vivants.Une vie est un kaléidoscope d’existences rencontrées au fil des jours, et il faut apprendre à distinguer les projections, des vivants. Pour se libérer de leur éternel cycle de souffrance, chacune d’elle veut décharger ses tourments sur une victime, en prélevant son tribut de vie humaine. Nul n’est vraiment préparé à la rencontre de projections et un enfant en fera l’amère expérience.Découvrez sans plus attendre le deuxième volet de la saga fantastique Rémanences et suivez les péripéties d'un petit garçon devenu victime de projections.EXTRAITLes rayons des roues battaient les herbes folles. Le champ n’avait pas été fauché l’an dernier, l’herbe grasse faisait sa loi. Sébastien possédait une avance confortable d’au moins trente mètres sur Eliott. Fouettées par les pédales, les perles d’eau logées au creux des brins s’envolaient pour mouiller les pattes du pantalon. Mais cela valait mieux qu’une ronce prise dans la chaîne. Eliott peinait comme une âme perdue, Sébastien semblait voler sur son vélo. Si Eliott avait eu la même coupe au bol que son ami, son bloc de cheveux dansant à chaque secousse aurait achevé sa dernière once de dignité.— Allez, attends-moi !En réponse aux complaintes de son copain, Sébastien tourna la tête pour lui jeter un sourire de sale gosse.— Le dernier arrivé est un nul. C’est moi qui allumerai la clope.Le faux-plat céda la place à une vraie pente, qu’il fallait gravir dans un dernier effort surhumain, en danseuse sur les pédales, à serrer les dents, pour ne pas terminer à pied. Quelques mètres plus haut, la maison de la famille de Sébastien apparaîtrait, à deux cents mètres de là.Ce devait être un grand corps de ferme, rénové il y a déjà trop longtemps. Sous la grisaille, son enduit gris ne donnait envie de rien. Tout autour, un vaste jardin qui ressemblait plus à un pré à vaches qu’à une pelouse digne de ce nom. À PROPOS DE L'AUTEURRémanences est une saga de Jonathan Gillot, auteur Haut-Marnais. Après Désordres, un roman aux accents politiques et militaires primé et salué par la critique, Jonathan Gillot crée un univers fantastique. Qui d’autre qu’un scientifique aurait pu aborder le thème des revenants de façon si cartésienne ?

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Table des matières

Résumé

Quelques musiques écoutées pendant la rédaction de cette œuvre

Chapitre I : Deux garçons

Chapitre II : Arachnida

Chapitre III : Bis repetita

Chapitre IV : Le Barrage

Chapitre V : Savannah

Chapitre VI : L’heure des choix

Chapitre VII : Intricatus

Chapitre VIII : Choc frontal

Chapitre IX : Révélations

Chapitre X : Le puits

Chapitre XI : Le piège d’Orsey

Chapitre XII : Sine die

Épilogue

Du même auteur

Dans la même collection

Résumé

Un petit garçon pas comme les autres.

Parfois, un don est un fardeau et quand on a un rapport particulier avec les projections, cela peut vite devenir dangereux.

Après le funeste sort d’Héloïse, Lana de Bel-Air obéit aux menaces de l’Ordre et fait le choix de se retirer du jeu. Hélas, les projections ne dorment jamais. Alors, peu à peu, des phénomènes étranges se multiplient dans la région. Certains sont le fruit du malfaisant Professeur Wilfried Orsey, et Lana ne peut plus les ignorer. En effet, la particularité du jeune garçon concentre toute l’attention du Professeur. Pour ses recherches, ce dernier n’hésite pas à pervertir le but premier de l’Ordre : protéger les vivants.

Une vie est un kaléidoscope d’existences rencontrées au fil des jours, et il faut apprendre à distinguer les projections, des vivants. Pour se libérer de leur éternel cycle de souffrance, chacune d’elle veut décharger ses tourments sur une victime, en prélevant son tribut de vie humaine. Nul n’est vraiment préparé à la rencontre de projections et un enfant en fera l’amère expérience.

Rémanences est une saga de Jonathan Gillot, auteur Haut-Marnais. Après Désordres, un roman aux accents politiques et militaires primé et salué par la critique, Jonathan Gillot crée un univers fantastique. Qui d’autre qu’un scientifique aurait pu aborder le thème des revenants de façon si cartésienne ?

Jonathan Gillot

Rémanences

Épisode 2 – L’abîme

Thriller fantastique

ISBN : 9782378735906

Collection Atlantéïs

ISSN : 2265-2728

Dépôt légal : février 2019

© Couverture Ex Æquo

© 2019 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays

Toute modification interdite

Éditions Ex Æquo

6 rue des Sybilles

Quelques musiques écoutéespendant la rédaction de cette œuvre

Daso – Meine

Depeche Mode – Only when I loose myself

(Lexicon Avenue remix)

Hooverphonic – Badaboum

Hooverphonic – Eden

Interstellar – No time for caution

Jonathan Bree – You’re so cool

Klangkarussell – Time

Lana del Rey – Love

London Grammar – If you wait

Lorn – Acid Rain

Lorn – Anvil

Lorn – Ghosst(s)

Lorn – Sega sunset

Moderat – A new error

Nuage – Dreams

N’to – Trauma (Worakls remix)

Still Corners – The trip

Trentemoller – November

Trentemoller – Redefine

Zack Hemsey – The way

Chapitre I : Deux garçons

18 novembre, 13 h 31

— Qu’est-ce que tu fais ?

Cueilli par une voix dans son dos, Eliott se retourna. Il ne savait pas qu’on l’observait. C’était un autre gosse, qui devait avoir le même âge que lui.

— Je… je construis un barrage sur la rivière.

« Rivière » était un bien grand mot. Il s’agissait plutôt d’un ruisseau qui faisait quelques méandres par-ci par-là. Il s’était amusé à y construire un petit barrage. Quelques pierres, des branchages et même deux ou trois détritus. Juste de quoi ralentir le cours d’eau et fabriquer un gué, qui avec l’imagination du gosse prenait l’ampleur des chutes Victoria.

— Il est assez solide pour marcher dessus ?

— Oui. Je ne suis tombé à la flotte qu’une seule fois, expliqua Eliott.

L’autre gosse sourit. L’envie d’essayer cognait dans sa tête, ça se voyait.

— Je peux ?

— Vas-y. Marche bien sur les pierres.

Eliott regarda le gamin s’avancer vers le barrage. Il mit le pied sur la première pierre et commença la traversée du ruisseau. Dans l’eau paresseuse, des poissons fins ondulaient dans la vase. Le pied glissa. Eliott retint son souffle. L’autre gosse regagna son équilibre in extremis.

— Étends tes bras. Tu seras plus stable.

Il suivit le conseil du concepteur de l’ouvrage d’art. Après tout, connaître les points forts et les écueils du barrage était le minimum qu’on pouvait attendre de lui. Le gosse réussit à atteindre l’autre rive sans finir dans le ruisseau. Il avait les chaussures pleines d’eau, mais choisit de ne pas le dire à Eliott par politesse. Pas la peine de vexer celui qui pourrait devenir son nouvel ami.

— Il est cool ton barrage.

L’orgueil d’Eliott enfla aussitôt. Sans faire cas de la modestie de l’ouvrage, il se sentit pousser les ailes d’un ingénieur en hydraulique.

— Merci. Je l’ai conçu tout seul, mais j’ai galéré.

L’autre hocha la tête.

— Moi, c’est Eliott. Et toi ?

— Je m’appelle Sébastien.

Chapitre II : Arachnida

6 janvier, 14 h 12

Les rayons des roues battaient les herbes folles. Le champ n’avait pas été fauché l’an dernier, l’herbe grasse faisait sa loi. Sébastien possédait une avance confortable d’au moins trente mètres sur Eliott. Fouettées par les pédales, les perles d’eau logées au creux des brins s’envolaient pour mouiller les pattes du pantalon. Mais cela valait mieux qu’une ronce prise dans la chaîne. Eliott peinait comme une âme perdue, Sébastien semblait voler sur son vélo. Si Eliott avait eu la même coupe au bol que son ami, son bloc de cheveux dansant à chaque secousse aurait achevé sa dernière once de dignité.

— Allez, attends-moi !

En réponse aux complaintes de son copain, Sébastien tourna la tête pour lui jeter un sourire de sale gosse.

— Le dernier arrivé est un nul. C’est moi qui allumerai la clope.

Le faux-plat céda la place à une vraie pente, qu’il fallait gravir dans un dernier effort surhumain, en danseuse sur les pédales, à serrer les dents, pour ne pas terminer à pied. Quelques mètres plus haut, la maison de la famille de Sébastien apparaîtrait, à deux cents mètres de là.

Ce devait être un grand corps de ferme, rénové il y a déjà trop longtemps. Sous la grisaille, son enduit gris ne donnait envie de rien. Tout autour, un vaste jardin qui ressemblait plus à un pré à vaches qu’à une pelouse digne de ce nom. De la butte, les vélos descendirent à toute vitesse. Plus bas, un puits pittoresque, fait de gros moellons de pierre calcaire et surmonté d’un auvent. Il avait l’air complètement perdu au milieu de cette immense plaine, ceinte par la forêt sur tout l’horizon.

Évidemment, Sébastien fut le premier à atteindre le bas de la butte. Triomphal, il se permit de faire le tour du puits avant de reprendre sa course vers la maison. Son vélo était pourtant moins bien taillé pour ce genre de terrain que celui d’Eliott. C’était un bolide flashy au guidon haut et à la selle rabaissée, un genre de crossbike façon années 80. Eliott, lui, chevauchait un VTT dernier cri, mais sa pratique toute récente ne lui offrait pas l’endurance nécessaire. Du sommet de la butte, Eliott marqua une courte pause pour reprendre son souffle. La transpiration perlait sur son front, mais l’hiver ne pouvait rien contre la chaleur de l’effort. Sébastien le trouva pitoyable, avec son visage rougi par la lutte et son souffle court.

— T’es un gros nullos.

— Mais c’est normal, t’as un an de plus que moi, geignit Eliott.

— Même ta petite sœur de 6 mois irait plus vite. Femmelette.

Comme tous les garçons de 12 ans, Eliott ne pouvait pas tolérer une telle pique au goût acide du défi. Il se dressa sur les pédales, tirant sur le guidon, et fit tout pour cabrer la bête à roues.

6 janvier, 14 h 29

« Coupez deux avocats en dés, les mettre dans le blender. Coupez un melon en dés, ajoutez. Complétez avec quelques feuilles de menthe. Mixez. »

Cindy Bouyer regardait les fruits tourner dans le blender. Les morceaux colorés entraînèrent ses pensées dans leur ronde hypnotique. Partant du bord, ils se rapprochaient inexorablement du centre de la cruche, là où un vortex les entraînait dans une mortelle descente. Comme un réacteur d’avion, le blender cherchait à tourner sur lui-même. L’hélice aiguisée était sans pitié pour le melon. L’avocat, lui, résista un peu plus longtemps.

« Mixez jusqu’à obtenir une boisson fluide. »

Qu’est-ce que ça peut faire s’il reste des morceaux ? objecta son esprit critique.

« Cocktail minceur », prétendait le titre de la recette. Dans un coin de la page, une femme au sourire aguicheur sirotait une boisson orange dans un verre à mojito. Elle regarda le liquide à la teinte verdâtre qui s’épaississait dans le blender.

Ce n’est même pas la bonne couleur.

« Versez dans un grand verre. Dégustez ! » ordonnait l’étape finale. La préparation fut versée dans un verre Coca-Cola, celui-là même qui était offert avec la commande d’un menu XL dans le fast-food du coin. Cindy sourit devant l’évidence du paradoxe. Une boisson amincissante, versée dans un récipient offert pour l’achat d’un menu hypercalorique. Ainsi donc, la boucle était bouclée. Elle sentait bien que quelqu’un y gagnait beaucoup à ce petit jeu. Mais elle savait aussi que ce n’était pas elle.

— Pouah ! C’est la chose la plus dégueulasse que j’aie bue.

On était en janvier. Il restait six mois avant l’été. Six mois pour se mentir, six mois pour rêver d’un prince charmeur. Pas comme le sale enfoiré qui avait mis les voiles un mois avant la naissance de la petite.

Te débarrasser de ton énorme cul ne le fera pas revenir.

Zoé allait bientôt se réveiller de sa sieste. Il lui faudrait son biberon. Eliott était parti depuis une heure, sans doute jouait-il à la console chez les Corneux. Après tout, on était mercredi après-midi, on verrait ce soir pour les devoirs. Au moins, lui, il était heureux. Quand on élève deux gosses seule, avec un salaire de femme de ménage, c’est franchement pas si mal comme résultat.

Et moi, j’attends comme une conne dans ma cuisine.

Le smartphone posé sur le plateau de bar attira son regard. Elle le saisit en jetant un coup d’œil coupable autour d’elle. Son index caressa l’écran fêlé jusqu’à s’arrêter sur un petit carré mauve. Deux jours. Elle avait réussi à tenir tout ce temps sans Badoo. L’application était sagement rangée avec ses congénères, à attendre qu’un index curieux l’effleure pour s’éveiller. Ensuite, elle proposerait une liste de profils, classés par distance et filtrés selon des critères. Mais la région n’était pas très peuplée, il y aurait des heures de frustration en perspective. Elle releva la tête, avec une envie piquante à l’esprit.

Le pochon d’herbe dans le tiroir de la table de nuit. Eliott n’est pas là. Pas de ménages aujourd’hui. Zoé dort.

Avec la tentation de démissionner de son rôle de mère isolée pour une demi-heure d’insouciance, elle chercha les feuilles à rouler. Un petit joint pour se détendre et avoir le « smile ».

Ça fait bien longtemps que l’herbe qui fait rire ne te fait plus rire. D’ailleurs, tout le monde te prend pour la camée du village, objecta son moi intérieur.

Elle passa une main nerveuse dans ses cheveux.

Je pense trop. Je suis complètement perchée.

Quelque chose détourna son attention, à la périphérie de son champ de vision. C’était derrière le bar, dans le couloir qui menait aux chambres. Un petit truc noir avait bougé sur le carrelage blanc.

Elle approcha à pas de loups. Elle aurait juré que la chose était partie sous la porte de la chambre de la petite. Zoé dormait. Cindy prit toutes ses précautions pour ouvrir la porte sans un bruit. L’objet de sa curiosité courut sur le parquet clair. C’était une araignée. Noire et velue à souhait. Sans aller jusqu’à la phobie, ces bêtes-là la répugnaient. Elle se contorsionna pour saisir son chausson et le projeter sur le monstre. Zoé fut réveillée par le claquement sec et chouina aussitôt. Il faudrait bien trouver d’où l’araignée venait. La maison était infestée depuis deux semaines et, aujourd’hui, c’était la huitième qu’elle tuait.

Chapitre III : Bis repetita

12 janvier, 9 h 37

Ça recommence.

L’aiguille du voltmètre modifié oscillait avec la rigueur d’un métronome. Lana de Bel-Air n’était pas d’accord avec ça. Elle posa ses coudes sur la table et enfouit son visage dans ses paumes. Le récapitulatif des derniers évènements lui donnait le tournis.

Il y avait eu la mort d’Héloïse, il y a un an. Passe encore. Il y a des projections plus malignes que d’autres. Mais à ce moment-là, Lana avait déjà été très étonnée de l’absence de réaction de l’Ordre. Après cela, face aux menaces de Wilfried, elle avait sagement réduit son utilisation du voltmètre. Quelle ne fut pas sa surprise de voir qu’une nouvelle synchronisation s’entamait dans les environs, plusieurs mois après. La fréquence du champ sentimental ne laissait aucun doute : il s’agissait de celui qui avait tué Héloïse, 227 hertz. C’était un peu comme le jeu du loup. Lorsque le loup touche un autre joueur, ce dernier devient le loup à son tour. Cette très chère Marlène, en délestant son horreur sur sa victime, l’avait changée en champ sentimental. Résultat des courses, la projection d’Héloïse s’en était prise à quelqu’un d’autre. Elle avait suivi en direct la synchronisation du champ avec sa nouvelle victime, la colère de ne pas pouvoir intervenir chevillée au corps. Puis, tout était redevenu parfaitement calme, et ça non plus, ça n’était pas normal. C’était comme si le champ s’était volatilisé, alors qu’il aurait dû tourmenter un autre vivant. Elle secoua la tête. Quelque chose clochait.

Et maintenant, il y a ceci. Un second champ qui n’a rien voir avec celui qui a flingué Héloïse.

L’aiguille du cadran des ondes alpha bougeait, mais la synchronisation de ces ondes-là était presque achevée. Il devait s’agir d’un gros classe 2, voire 3 au maximum. Bientôt, il y aurait les ondes bêta et les chairs lésées. Lana scruta le cadran avec minutie. Basse amplitude, mais mouvement de l’aiguille aléatoire. Autrement dit, impossible de déterminer la fréquence du champ sentimental. La sorcière n’avait jamais été confrontée à un tel cas de figure. Le problème venait de sa fréquence. Sur la table de la cuisine s’étalaient une vingtaine de manuels en tout genre sur la physique des champs sentimentaux.

Quelques pages tournèrent sous ses doigts. Elle se concentra, car, comme tous les livres de l’Ordre sur le sujet, ils étaient écrits en latin ou en italien. Mais Lana ne trouva rien sur les champs à fréquence indéterminée.

Et si le voltmètre était en train de détecter plusieurs champs en même temps ?

Le manuel de l’appareil disait qu’il était toujours possible de départager les fréquences des différents champs, en plaçant un sélecteur sur Transformée de Fourier. Dans ce cas, les fréquences majeures devaient ressortir. Là, rien. Elle expira avec un air contrit.

Je n’y arriverai pas seule.

Il y avait bien quelqu’un qui pouvait la renseigner. Une ancienne collègue. Cependant, Lana n’était pas sûre de parvenir à la convaincre. Sa réputation sulfureuse jouerait contre elle.

La fortune sourit aux audacieux. Il faut foncer, ma cocotte.

La Section locale de l’Ordre ne faisait plus son travail et au train où allaient les choses, plus grand monde n’allait trouver le sommeil dans ce département. Tant pis pour les menaces de Wilfried, Lana avait décidé de revenir dans le jeu. Elle referma le manuel du voltmètre d’un coup sec.

— Qu’ils aillent tous se faire foutre.

Chapitre IV : Le Barrage

13 janvier, 3 h 37

Zoé était grande. Pas comme un adulte, mais grande pour une enfant. Elle devait bien avoir six ans. Eliott était étonné de la voir comme ça, en robe blanche, à jouer au bord de la rivière avec Sébastien. Hier, sa sœur était encore un bébé. Et maintenant elle était presque aussi haute que lui, avec des cheveux blonds qui tombaient sur ses épaules. Bizarrement, Sébastien n’avait pas grandi. Eliott regarda ses mains et son vélo, lui non plus n’avait pas changé.

Comme souvent, le but était de traverser le gué artificiel sans tomber dans l’eau ni se mouiller les chaussures. Si le premier cas de figure était rarissime, le deuxième était quasi-systématique, au grand dam de leurs parents respectifs. Eliott vit Zoé glisser sur une pierre et se rattraper à une branche in extremis.

— Si tu tombes dans la flotte, Maman va nous tuer !