Un homme dans l'ombre - Fabrice Balester - ebook

Un homme dans l'ombre ebook

Fabrice Balester

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Opis

Un homme dans l’ombre est un thriller qui aborde plusieurs thèmes aussi divers que : la famille, les souvenirs, la danse, la politique, le sexe et la mort. Tous ces thèmes se court-circuitent et se fracassent de concert les uns contre les autres à travers une histoire construite façon puzzle, avec des pièces qui, par la volonté de son auteur, ne s’emboîtent pas toujours… Sandro, le beau héros de ce roman noir, doit délivrer la fille du Premier ministre d’un réseau d’escort-girls pendant que dans l’ombre, un mystérieux personnage observe et semble attendre son heure…EXTRAITEn ce temps-là, Sandro était sans doute le plus « sexy », le plus stylé et le plus efficace des détectives privés de France.Cependant, il avait bien compris que pour « grandir » il lui faudrait sacrifier les rayons bienveillants du soleil pour le petit crachin parisien.Aujourd’hui, quinze ans après, ses enfants ont grandi, ils ont moins besoin de lui au quotidien. C’est le bon moment pour rejoindre Paris de manière plus marquée et accepter une nouvelle mission au nom de l’État. Redevenir — à quarante-huit ans — un « homme dans l’ombre » reconnu comme l’un des meilleurs par ceux qui l’emploient ».À PROPOS DE L'AUTEURFabrice Balester a publié son premier « policier » il y a dix ans. Il a été sélectionné pour le Prix Polar de Cognac en 2009 et a consacré plusieurs billets sur le roman noir américain via le site d’information Mediapart. Il vit à Marseille. Un homme dans l’ombre est son cinquième roman.

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Table des matières

Résumé

Un homme dans l’ombre

Résumé

Un homme dans l’ombre est un thriller qui aborde plusieurs thèmes aussi divers que : la famille, les souvenirs, la danse, la politique, le sexe et la mort. Tous ces thèmes se court-circuitent et se fracassent de concert les uns contre les autres à travers une histoire construite façon puzzle, avec des pièces qui, par la volonté de son auteur, ne s’emboîtent pas toujours… Sandro, le beau héros de ce roman noir, doit délivrer la fille du Premier ministre d’un réseau d’escort-girls pendant que dans l’ombre, un mystérieux personnage observe et semble attendre son heure…

Fabrice Balester a publié son premier « policier » il y a dix ans. Il a été sélectionné pour le Prix Polar de Cognac en 2009 et a consacré plusieurs billets sur le roman noir américain via le site d’information Mediapart. Il vit à Marseille. Un homme dans l’ombre est son cinquième roman.

Fabrice Balester

Un homme dans l’ombre

Thriller

ISBN : 978-2-35962-892-0

Collection Rouge : 2108-6273

Dépôt légal Décembre 2016

© couverture Ex Aequo

© 2016 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de

traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.

Toute modification interdite.

Éditions Ex Aequo

6 rue des Sybilles

88370 Plombières les bains

www.editions-exaequo.fr

« J’aime l’autorité du noir. C’est une couleur qui ne transige pas. Une couleur violente, mais qui incite pourtant à l’intériorisation. À la fois couleur et non-couleur. Quand la lumière s’y reflète, il la transforme, la transmute. Il ouvre un champ mental qui lui est propre. »

AVANT-PROPOS

Sa voix raisonne aux tympans. Et, au plus épais de l’obscurité menaçante du siècle, il a toujours cherché à trouver et à communiquer une force, un équilibre face aux épreuves de l’existence.

Ainsi, aurait-il aimé vous annoncer quelques heureuses prophéties. Je dis bien prophéties. Pouvoir vous affirmer que la paix vaincra. Que chacun sur cette planète aura de quoi manger et pourra continuer à faire les gestes de la vie. Les pauvres, les Maliens, les migrants, les sentimentaux, les lycéens, les sidéens, les camionneurs, les artistes… Qu’ils oublieront leurs caries, leurs fermentations intimes, qu’ils mettront du fluor entre les dents pour un sourire ultra bright. Mais, en haut, c’est fou ce qu’ils nous tiennent…

La vie est telle qu’elle est. La vie est telle qu’elle va. La vie est comme la mer : éternelle et toujours recommencée. Un grand fleuve d’actualités qui charrie ses tumultes, ses passions, ses exaspérations, ses espoirs, ses déceptions et ses boues. Qui pourrait souhaiter que cette vie, comme les feuilles mortes qui ne se ramassent qu’à la pelle, ne soit faite que d’une nostalgie embuée qui fait couler les larmes.

Non, à ses yeux, le présent et l’avenir se nourrissent du passé et doivent y puiser, tel Antée au contact de la Terre, des forces toujours renouvelées. Le monde bouge. Le monde change et il faut s’adapter. Parfois il nous blesse et en même temps il nous enrichit, mais on l’aime. Enfin, il veut le croire.

Même s’il est bardé de bonnes intentions, il doit aussi avouer qu’il n’est pas un utopiste. C’est pourquoi il a décidé de se ranger du côté des plus forts. L’État français est venu le chercher pour incarner l’un de ses hommes de l’ombre. C’est ainsi qu’il est devenu une sorte de « nettoyeur », il ne cherche pas l’homme avec une lanterne, mais avec un Beretta 92 à la main, son principal outil de travail.

1

C’est un petit immeuble calme, situé à Brétigny-sur-Orge dans l’Essonne et occupé par une majorité de retraités, installés tôt chez eux pour retrouver le silence d’un conjoint ou la voix d’un écran plat qui recycle les mêmes infos et propose les mêmes séries.

« Si vous cherchez la vengeance, commencez par creuser deux tombes. » Elle ne savait plus qui avait dit ça, Confucius, sans doute ? Elle préférait fabriquer un dossier, La cible en quelque sorte. Ça sonnait bien. Elle aurait tout aussi bien pu écrire sur la page de garde : « ce salaud », « cette ordure » ou « cet assassin ». On a les titres qu’on peut.

Trois pages écrites à coups de recherches, de déplacements, de rapprochements, de déductions et d’informations, de photographies rapportées dans des enveloppes par des amis bien informés... Elle le connaissait presque par cœur, du moins une courte tranche de sa vie. Plus tard, peut-être, en ferait-elle un roman, recyclé dans une fiction télé, enfin si tout se passait bien. La cible aurait pu jouer son propre rôle, il en avait le physique, mais ce n’était pas prévu dans son scénario.

« Un homme en chemise noire, pantalon blanc, pieds nus dans des chaussures en daim, le tout siglé de la même marque, Sandro Bicchi a trente-trois ans, l’âge du Christ et il rayonne. Il semble au faîte de la félicité.

Un mètre 85 pour 83 kilos, bellâtre made in sud physiquement entretenu par la musculation, buste droit, port de roi, il a pour lui cette jolie gueule de défileur de podiums, cette belle tronche tous publics, c’est ainsi, c’est la vie !

Un mariage heureux, une enfance radieuse dans le Var, avec des parents qui ont tout fait pour leurs enfants (lui et son frère). Il a poussé dans un monde pacifié, sans tourment.

Père fonctionnaire, mère danseuse puis chorégraphe. La pêche aux oursins, le loup grillé à l’huile d’olive, la pétanque du bon temps de vivre, les promenades dans les pinèdes avoisinantes, le pastis de la galéjade. Tel fut son quotidien.

Sereine, son épouse Anna, trente-deux ans, sourire radioactif, est sexy, drôle, brillante. On le ressent sur chacun des clichés où elle apparaît. Elle est une sorte de Cendrillon qui a trouvé en lui son prince charmant.

Plus tard, Sandro fera d’elle la mère de ses deux enfants.

Si l’homme a toujours fièrement revendiqué ses origines sudistes, à chaque occasion qui se présentait, c’est parce que ses racines s’y trouvent, que son épouse vient de là, que ses enfants y sont nés. »

En ce temps-là, Sandro était sans doute le plus « sexy », le plus stylé et le plus efficace des détectives privés de France.

Cependant, il avait bien compris que pour « grandir » il lui faudrait sacrifier les rayons bienveillants du soleil pour le petit crachin parisien.

Aujourd’hui, quinze ans après, ses enfants ont grandi, ils ont moins besoin de lui au quotidien. C’est le bon moment pour rejoindre Paris de manière plus marquée et accepter une nouvelle mission au nom de l’État. Redevenir — à quarante-huit ans — un « homme dans l’ombre » reconnu comme l’un des meilleurs par ceux qui l’emploient ».

2

Une berline aux vitres fumées l’attend Gare de Lyon à Paris. Rapidement, deux hommes en costume sombre sortent de la voiture et l’invitent à prendre place sur la banquette arrière.

Il s’y installe rapidement, échappant à cette pluie qui crépite sur les toits des bâtisses environnantes.

La voiture démarre. Sandro regarde depuis la vitre les paysages qui défilent. La pluie semble redoubler de violence et il prête attention, par hasard, à un chauffeur de taxi qui est sorti avec précipitation de son véhicule, parapluie à la main, pour protéger le manteau en fourrure de sa cliente.

Puis son esprit vagabonde et il repense à son voyage en train. 

À ce TGV qui est à l’image de son temps. Celui de la vitesse. Sans pour autant se soustraire aux beautés de la nature. Au contraire, ce train possède la faculté de vous y plonger d’une autre manière, ouvre un passage, une coulée vertigineuse où tout se referme derrière vous avec l’élégance naturelle du mouvement, à la manière des flots écartés.

Sandro affectionne ce moyen de transport feutré. Dans le réseau silencieux des rails, se tisse peu à peu une étrange complicité avec son environnement. La relation est double. D’abord celle du compartiment, rassurante et reposante (à condition d’éviter les pièges des conversations ou les ennuyeux tête-à-tête avec un voisin bavard comme une pie…) ; l’autre relation se nourrit de beautés extérieures, de sensations.

L’impression de glisser, de découvrir le monde en mouvement, des gestuelles ignorées : celles des arbres, des oiseaux, des flottilles de feuilles qui se dressent par instant pour improviser un rideau ou des ballets ignorés, gracieux et aussitôt disparus.

Pour capter tout cela, il est nécessaire de prendre une attitude d’isolement, de retrait, se fermer, afin de préserver son intimité. La tâche n’est pas aisée et demande un certain effort de concentration.

Dans un calme assuré, il peut méditer sur son voyage, sur les trains. Un brusque changement de paysage, un aperçu fugitif de façades colorées, tranchant sur le vert, comme une mosaïque et l’Orient Express s’installe dans ses pensées, zébrant l’Europe jusqu’à Istanbul.