Les amants d'Henriette - Éva Giraud - ebook

Les amants d'Henriette ebook

Eva Giraud

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Opis

Dans une luxueuse maison de retraite, une vieille femme se raconte pour tromper l'ennui...Lorsque l’on approche le crépuscule de sa vie, celle-ci peut parfois sembler longue et monotone, mais pas aux « Bleuets » : le Capitaine chapardeur de chocolat, Chantal fumeuse de mentholées au look extravagant, Léon l’amoureux des romans, Hortense la créative, sans oublier Armand le dévoué concierge toujours accompagné de sa fidèle Doliprane font de cet endroit une bulle à part.Un coffret sculpté aux souvenirs. Une vie remplie de rencontres surprenantes. C’est ce que raconte Henriette à longueur de journée à ses colocataires de la maison de retraite cossue.Mais les histoires d’Henriette sont-elles vraies ou sont-elles le fruit de son esprit délirant ?Les amants d’Henriette est un voyage au fil des vies passées, une petite bulle de fraîcheur douce-amère.EXTRAITOn avait baptisé le domaine d’un nom de fleur pour enfouir les odeurs de formol sous une image plus légère. Depuis quatre ans qu’il travaillait aux Bleuets, Armand voyait sa vie comme une pièce de théâtre à laquelle il assistait chaque jour. Être concierge dans l’une des plus riches maisons de retraite du pays apportait son lot de personnages aussi absurdes que réels. La vieillesse avait pour lui quelque chose de touchant. Une comédie qui nous échappe alors que nous n’y échapperons certainement pas.CE QU'EN PENSE LA CRITIQUEEt plus qu'une simple galerie de personnages, tous plus attachants les uns que les autres, ce roman, bien écrit, nous ouvre les yeux. - Croc1706, BabelioUne tranche de vie très agréable, sur un thème particulier, peu abordé en littérature, et sans doute difficile à traiter. Un pari réussi pour cette jeune auteure, qui met en plus fin à cette histoire de façon drôle et pleine d'espoir. - Mllemalenia, BabelioL'auteure nous dresse en toute simplicité et avec un regard amusé une galerie de portraits comme j'aime les voir. - Blog Le Bloc-notes de CarmenÀ PROPOS DE L'AUTEURÉva Giraud, née en France en 1988, a grandi à Rouen, où elle est revenue vivre après quelques années à Toulouse. Après avoir été danseuse de feu, pigiste et bien d’autres choses, à 26 ans, elle décide de créer avec une amie une association de promotion artistique et culturelle dans laquelle elle anime des ateliers d’écriture, dont la marraine n’est autre qu’Amélie Nothomb. C’est à la Belgique qu’elle a décidé de confier son cinquième roman : Nos folies ordinaires paru en 2016.

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À Giedré,dont la chanson Henriette est l’une de mes préférées etqui m’a donné envie d’en écrire plus

À Zouzou,et à toutes ces personnes qui travaillent avec des vieuxenfants et dont j’admire la douceur et l’humanité

TOUTE RESSEMBLANCE AVEC DESPERSONNES EXISTANTES OU AYANT EXISTÉEST TOTALEMENT FORTUITE

1

On avait baptisé le domaine d’un nom de fleur pour enfouir les odeurs de formol sous une image plus légère. Depuis quatre ans qu’il travaillait aux Bleuets, Armand voyait sa vie comme une pièce de théâtre à laquelle il assistait chaque jour. Être concierge dans l’une des plus riches maisons de retraite du pays apportait son lot de personnages aussi absurdes que réels. La vieillesse avait pour lui quelque chose de touchant. Une comédie qui nous échappe alors que nous n’y échapperons certainement pas.

La charmante dépendance qui lui servait de logement de fonction donnait sur l’entrée du château. Chaque matin, il ouvrait ses rideaux pour découvrir de nouvelles pantomimes dans un décor embourgeoisé.

Comme des centaines de matins, Doliprane, nommée ainsi à cause de sa fourrure blanche, s’en donnait à cœur joie dans un coin du salon, ronflant assez fort pour n’entendre rien d’autre que son insupportable sommeil. En principe, Armand n’était pas autorisé à avoir un chat au domaine. Mais son statut de hors-la-loi n’était rien comparé à Doliprane, compagne fidèle et réconfort indétrônable depuis plus de sept ans. Elle l’écoutait, lui répondait parfois d’un miaulement inexpressif, se frottait à ses jambes, mangeait avec lui et lui tenait bien chaud l’hiver.

Armand passa sa journée à s’occuper du demi-hectare de jardin, rabattant les haies, s’assurant qu’aucune branche tombée à terre ne venait ternir le paysage et accessoirement, se mettre sur le chemin des pensionnaires. Certains n’y voyaient plus très clair, et rien que les marches de pierre qui descendaient au jardin constituaient déjà une aventure pour quelques-uns de ces charmants petits vieux. Il passa un coup de chiffon sur la rambarde de la terrasse, récupéra le courrier quand le facteur vint sonner, replanta quelques fleurs dans l’allée. Il vérifia aussi que celles qu’il avait déjà plantées restaient bien droites et prétentieuses, comme le lui avait conseillé son prédécesseur. Un homme charmant, au demeurant, qui n’avait pour objectif que de pester contre cet établissement pullulant de nonagénaires désagréables et beaucoup trop fortunés. En somme, il détestait l’ostentation ambiante et avait fini par postuler dans un endroit plus « dans son genre ». Certainement une maison de retraite « pour les prolos », beaucoup plus simples selon lui, et conscients des vraies valeurs de la vie.

Après ses journées bien chargées, Armand profitait du couvre-feu à vingt-et-une heures tapantes pour s’enfermer dans son salon, seul, au calme et sous un plaid. Ce soir-là, le fond musical irlandais le plongea illico dans l’ambiance. Au milieu de dizaines de livres et magazines spécialisés, il soufflait sur son bol de soupe en feuilletant machinalement son ouvrage. Histoire, voyages, art, littérature, anthropologie, tout était empilé dans un bordel organisé tout à fait rassurant. En arrivant au domaine, l’ancien concierge lui avait dit de ne pas faire attention aux regards hautains et supérieurs de certains pensionnaires, tellement occupés à leur suffisance qu’ils ne prenaient pas la peine de se demander si leur interlocuteur était intéressant. Selon lui, le simple fait d’être au service des Bleuets valait preuve. Une personne au service des autres ne pouvait être qu’insignifiante et complètement inculte. Sinon pourquoi servirait-il au lieu de se faire servir ?

Enclin à croire ces considérations peu reluisantes, Armand développa pendant quelques jours un complexe d’infériorité, qui lui fit commander des dizaines d’ouvrages de toutes sortes, et dont il s’aperçut très vite qu’il était infondé curieux et désireux de développer l’infime culture qu’il avait acquise, il aurait trouvé dommage de s’être abonné à tout cela pour rien. Ainsi, bien qu’il eut compris que richesse ne rimait pas toujours avec intelligence, il ne rougit bientôt plus devant les pensionnaires. Soir après soir, il continuait d’élargir ses horizons. Passionné par ces mondes aussi nouveaux que divers, il se laissait absorber en oubliant les regards dédaigneux, savourant chacun de ces petits moments précieux : ceux où l’on sait très bien que la dame en face nous prend au mieux pour un idiot, mais qu’on n’y prête pas la moindre attention. Sa mère avait tort : le niveau social ne justifie pas du niveau de culture.

Il partit donc à la découverte des terres irlandaises, Doliprane à ses pieds, en boule sur son magazine spécial hors série sur la Conquête de l’Ouest. Le concierge ignorait foutrement pourquoi cette chatte l’appréciait. Toujours est-il qu’elle se l’était approprié, faisant du hors-série de l’hiver 2009 son lieu de sieste préféré.

Après réflexion, le discours de l’ancien concierge lui inspirait beaucoup de méfiance. Mépriser les riches sous prétexte qu’ils le sont est tout aussi stupide que de ne jurer que par la pauvreté, sous prétexte qu’elle est la preuve irréfutable d’une intelligence incomprise. Les pauvres ne sont pas tous gentils, les riches ne sont pas tous méchants. Une révélation tardive dont Armand ne s’étonnait pas, et qui le poussait à prendre beaucoup de recul sur les conseils qu’on lui avait prodigués avant de travailler aux Bleuets. Mieux vaut tard que jamais.

Chaque fois que le blues venait ternir ses heures, Armand n’avait qu’à jeter un œil sur la chatte blanche lovée à ses pieds. Il était alors sûr d’au moins une chose : il n’était pas seul. Même quand il la voyait miauler en silence, il entendait toute l’affection qu’elle ne lui disait pas. Quand elle faisait ses griffes sur le fauteuil, c’était pour lui montrer qu’elle était là, toujours avec lui. C’est dire si peu de gens pouvaient se vanter de tant de bonheur.

2

Même dans un décor époustouflant de raffinement, une maison de retraite reste un endroit spécial. Une sorte de mélange entre un mouroir et une cour de récréation. Quel que soit l’âge des pensionnaires, un pensionnat recèle toujours sa part de petits trésors cachés, de franche camaraderie et de disputes en tout genre. Et même, parfois, d’histoires d’amour.

Si en voyant les jardins bien rangés du château on pouvait se dire que le domaine manquait d’une âme malgré sa joliesse, l’intérieur, en revanche, avait sa touche de caractère. Comme au-dehors, pas un pétale ne dépassait du rang. Tout était calculé, bien rangé, comme figé, mais l’impression de chaleur et de vie faisait penser à une maison de poupée. Papiers peints à fleurs, couleurs pastel, rideaux brodés et fauteuils Louis XVI conspiraient pour donner au lieu un semblant de gaieté. Un standing aussi tape-à-l’œil que les blouses bleu turquoise du personnel soignant.

Les Bleuets comptaient une vingtaine de petits vieux, parmi lesquels quelques-unes des personnalités les plus influentes de leur génération. Artistes célèbres, hommes d’affaires, descendants d’illustres familles, chacun y finissait ses vieux jours dans la plus immuable distinction. Autant dire qu’au domaine, le vouvoiement s’imposait pour tout le monde, balayant d’un revers de politesse incontinence et sénilité.

Un tailleur Chanel rose et gris sur le dos, Mrs Banks marchait, canne à la main, dans les allées du jardin. Ses deux jambes la portaient sans problème, mais une canne en bois sculpté ajoutait une certaine classe à son âge avancé. Quatre — vingt-quatre printemps, la tête bien droite sur ses épaules, Camélia cachait derrière ses rides et son fond de teint des airs de pimbêche. Seule et heureuse de l’être, débarrassée de son statut de femme mariée, elle portait son veuvage avec plus de fierté qu’il n’en aurait fallu.

Klauss l’avait trompée pendant des années sans qu’elle n’en sache rien, jusqu’à ce qu’une rupture d’anévrisme l’emporte et qu’elle découvre la supercherie : son testament restait sans appel, il léguait tout à sa maîtresse. Camélia n’avait que faire de l’argent de feu son époux. En revanche, l’idée qu’une petite institutrice camerounaise ait compté plus qu’elle pour ce gougnafier avait ruiné son ego. C’est ainsi que Camélia Banks, qui n’avait déjà que très peu d’amis, avait échoué aux Bleuets où elle ne supportait évidemment personne. Surtout pas Léonie, l’infirmière de jour et aussi noire de peau que sa plus grande honte.

Mrs Banks salua le concierge d’un signe de tête sans prendre la peine de s’arrêter. Elle le trouvait un peu trop simplet, le pensant simplement courtois de rester à sa place de concierge-jardinier. Armand la salua à son tour avec un sourire sincère, se demandant pourquoi cette femme se maquillait encore comme une voiture volée. Il est un âge où le fond de teint ne peut être que disgracieux, surtout entre les plis d’une peau qui a bien trop vécu. D’autant plus que la dame en question semblait issue d’une famille bien rangée, où l’éducation privilégie intellect et discrétion. Éducation qui aurait trouvé vulgaire une aussi grosse tartine de maquillage.

La cloche sonna l’heure du repas. Chaque jour à midi pile, on annonçait l’imminence du déjeuner. Camélia fit demi — tour, mâchoire serrée et yeux plissés, pestant que ce n’était pas une façon convenable d’inviter des personnes respectables à passer à table.

Qu’est-ce qu’il y a au menu ? demanda-t-elle à Henriette.

Coquilles Saint-Jacques et fondue de poireaux !

Ne vous réjouissez pas trop vite, encore faut-il qu’elles soient fraîches. Pour peu qu’ils cherchent à nous intoxiquer…

— Alors Mrs Banks, toujours en train de râler ? dit Léonie en lui versant de l’eau. Personne n’essaie de vous tuer, rassurez-vous.

J’espère que vous vous êtes lavé les mains, avant de me servir ?

— Camélia ! s’emporta sa voisine de table.

— N’allez pas trop loin, Mrs Banks… Si vous me parlez encore de bananes et de ouistitis, je vous confisque vos précieux vêtements. On verra bien si ça vous plaît de déambuler en robe de chambre.

Camélia haussa les épaules avant de tourner le dos à l’infirmière, sans honte ni retenue, plissant le nez d’un air dégoûté :

Oh, Henriette… vous vous êtes encore aspergée de cet horrible parfum ! Une goutte suffit, vous savez !

J’ai peut-être eu la main un peu lourde. Mais c’était le préféré de Paul, c’est pour lui rendre hommage.

Paul qui ?

McKidney !

Encore vos histoires à dormir debout.

Ne me croyez pas, libre à vous ! Il n’empêche que sans moi il n’aurait certainement pas fait partie des Beatles. Il était encore meilleur amant que musicien…

Autour de la table, une tripotée d’yeux se levèrent au ciel dans un ensemble

parfait. Léonie s’amusait beaucoup des extravagances de cette pauvre Henriette. La pauvre n’avait plus toute sa tête. Parmi les pensionnaires en revanche, certains s’en trouvaient vite exaspérés. Mais Henriette ne remarquait rien : elle restait là, bien assise sur sa chaise, à soupirer d’un air rêveur et complètement imperturbable.

3

William était heureux d’avoir décroché un poste aux Bleuets. La maison de retraite dans laquelle il avait fait son stage n’avait pas autant de moyens. Le manque de personnel qualifié, les heures supplémentaires et la désertion médicale rendaient le travail périlleux. On n’avait pas le temps de prendre le temps : quelques minutes avec un patient et il fallait déjà s’occuper des autres. Au moins ici, les chambres étaient correctes, le décor un peu trop fleuri, mais confortable et accueillant, et discuter avec les résidents ne vous valait pas de vous faire houspiller par un directeur persuadé que vous lambiniez. Prendre en compte l’aspect humain était un luxe qu’on ne pouvait pas se permettre dans tous les établissements.

Second avantage des Bleuets : aucun résident ne s’exprimait de manière incompréhensible. Tous avaient encore assez de tête pour tenir une conversation à peu près cohérente, et aucun n’avait d’accent indéchiffrable. Ce pauvre Monsieur Montag, originaire du Tarn, promenait son accent du Midi dans chaque mot qu’il prononçait. L’accent mélangé à ses problèmes de dentier rendait tout échange irrémédiablement laborieux, soldé la plupart du temps par une mimique polie qui voulait dire : « Je fais mine de vous comprendre, mais je m’arrache les cheveux ».

Le seul inconvénient pour William, c’était l’insistance démesurée de Chantal à lui lancer des piques provocatrices et pas toujours très catholiques. Des réflexions que la morale n’approuverait pas et qui rendaient le jeune homme tout à fait mal à l’aise. Mais en dehors de cette petite grand-mère au look positivement improbable, et du temps qu’il lui faudrait pour trouver sa place, William appréciait son travail.

4

Les fêtes de fin d’année s’achevaient. Ce jeudi 2 janvier, Henriette s’acharnait encore sur d’innocents chants de Noël, que sa voix chevrotante ne rendait pas justement. Si le personnel soignant patientait de bon cœur, l’accompagnant même de temps à autre, en fin de journée les autres vieux n’en pouvaient plus. Camélia Banks la trouvait tellement pénible qu’elle s’était enfermée dans sa chambre dès la fin du déjeuner. Il faut dire qu’elle ne tolérait pas grand-chose, et encore moins Henriette dont la joie de vivre l’irritait prodigieusement.

Le temps était froid et sec et le soleil semblait vouloir percer le brouillard. Hector, qu’on surnommait Le Capitaine à cause de sa carrière dans la marine, frappa d’un poing solide la roue de son fauteuil :

— J’irais bien me dégourdir les pattes ! Quelqu’un m’accompagne ?

— Moi ! cria Chantal. Mais je vous préviens, je ne vous pousse pas.

— Je vous accompagne, suivit Léonie.

— Mon petit, c’est inutile. Cette merveille est électrique et la rampe me permet de rouler tout seul dans les allées du jardin.

— Hum… grogna l’infirmière en blouse bleue. Couvrez-vous bien. Et vous, dit-elle en se tournant vers Chantal, faites-moi voir vos poches.

— Vous m’avez obligée à jeter toutes mes cigarettes, où voulez-vous que j’en trouve ?

— Dois-je vous rappeler que vous avez tenté de soudoyer William pour qu’il vous en apporte ?

Chantal plissa les yeux d’un air provocateur et laissa Léonie vérifier qu’elle n’en avait effectivement plus.

— Vous en faites pas, mon petit, je l’ai à l’œil. Discipline, il n’y a que ça de vrai !

— Ta-ta-ta, je vous pique d’abord.

Avec une moue boudeuse, Le Capitaine tendit son doigt, dans lequel l’infirmière planta une petite aiguille. La goutte de sang ne perla qu’une seconde avant d’atterrir dans l’appareil qui indiquait un taux de glycémie tout à fait convenable.

Chantal trottinait à côté d’Hector, ses cheveux rouge vif jurant avec d’épaisses lunettes rondes, roses fuchsia à pois mauves. Un look propre à elle-même que ses quatre-vingt-deux ans ne freinaient aucunement.

— Alors Capitaine, des nouvelles du front ?

— Rien à l’horizon, moussaillon !

— Pas à moi ! Vous avez les oreilles partout. Ne me dites pas que le petit nouveau n’a rien à raconter ? Comment c’est, déjà ?

— William. Pas vraiment, si ce n’est qu’il est aide-soignant depuis à peine deux ans.

— Oh, c’est mignon.

— Il est assez timide, ne parle pas beaucoup et surtout pas de lui.

— Dommage, j’essaierais bien de le faire parler, moi. En tout cas, il est vraiment bel homme. Vous voyez, c’est la seule raison pour laquelle j’aimerais parfois avoir soixante ans de moins.

— Laissez-le tranquille, ce pauvre petit ! N’allez pas nous le traumatiser.