Hep, taxi ! - Armand Valenzi - ebook

Hep, taxi ! ebook

Armand Valenzi

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Opis

Une carrière au service des autres.« À travers ce livre, j’ai voulu partager ma vie professionnelle et mon expérience de chauffeur de taxi. J’ai voulu montrer que ce métier ne consiste pas seulement à transporter des personnes d’un point à un autre, mais également à les écouter et à devenir, au fil des kilomètres, leur confident, leur conseiller, voire même, leur ami. » Chauffeur de taxi pendant près de 40 ans, l’auteur nous livre ici ses meilleures anecdotes. Entre clients célèbres, délirants ou encore amnésiques, propositions incongrues et concurrence grandissante, il dépeint le quotidien d’une profession parfois critiquée mais pourtant au service de chacun.Cette autobiographie vous entraînera au coeur du métier de taximan et vous permettra d'en discerner les nombreux aspects !EXTRAITLes jours s’écoulaient sans qu’il n’y ait rien d’insolite, des journées en fait très tranquilles. Mais toujours le mystère sur le ou la prochain(e) client(e), quelle approche pour entamer une conversation, sera-t-il ou elle de bonne humeur ? De leur humeur dépendait notre journée de travail, il fallait que quelqu’un supporte leur mauvaise humeur et quelquefois c’était nous, un anonyme qu’ils ne reverront pas, et des sujets de plaintes, il y en avait. Pourquoi avez-vous pris ce chemin, cela n’avance pas, on ne trouve jamais de taxis quand on en a besoin. Il fallait garder son calme, respirer un bon coup et être diplomate dans la conversation.En fait j’étais comme un « psy » ou un « prêtre ».Dans notre profession nous rencontrons des personnalités, là aussi il faut avoir la même attitude qu’avec un client ordinaire, courtois, aimable etc. Rester à sa place, discret et surtout ne pas faire de « vague ». Le « boulot toujours le boulot ». Après tout, ces personnes cherchaient un peu de calme et si elles souhaitaient entamer une conversation je m’en rendais compte.

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INTRODUCTION

VENDREDI 7 FEVRIER 2014 – il est 5 heures 30 du matin, je sors de la maison, comme d’habitude, toujours à la même heure pour aller travailler. Je monte dans mon taxi, et c’est tous les jours le même cérémonial. Avant de démarrer je vérifie que tout fonctionne : compteur, horodateur, la mise à jour et enfin… partir.

Je m’informe dans le quart d’heure qui suit des réservations et je me dirige vers le lieu indiqué sur mon écran, je rentre ma position, et quelques instants plus tard l’écran m’informe des détails de la course que je vais devoir effectuer.

Je mets le véhicule en route, le clignotant, et jette un coup d’œil sur le rétro. Je démarre, lorsque d’un seul coup je tourne ma tête vers la gauche et vois arriver directement sur moi un camion ; il me percute de plein fouet du côté conducteur, donc où je me trouve. Je l’ai vu arriver doucement comme dans un ralenti. Bizarrement, je ne suis pris d’aucune panique, je fais un tour sur moi-même et la voiture stoppe quelques mètres plus loin. Je reste figé et le choc a été tel que mon siège a été littéralement déchiqueté. L’airbag a amorti l’impact et je n’ai pas été pas propulsé en avant. Maintenant, je suis coincé à l’intérieur, ma porte est défoncée, je suis très choqué, mais en vie… Les gens se précipitent vers moi, appellent les secours. Je reviens de loin, sans aucune égratignure.

Quelques jours plus tard après réflexion je décide de tout arrêter. JE VIENS D’ÉCHAPPER À LA MORT.

La fin de ma carrière de chauffeur de taxis est brutale, mais je prends le temps de faire le tour de la question et de penser à tout avant de prendre cette décision.

Quelques semaines plus tard, je me mets à l’écriture de ce livre.

Avertissement au lecteur

Ceci n’est ni un roman ni une autobiographie, mais voilà une partie des trente-neuf ans de ma vie de chauffeur de taxi.

Des anecdotes, des moments passés pendant une course, des échanges de conversation entre mes clients et moi-même.

Chapitre I

10 juillet 1975

C’était mon premier jour de travail, j’avais rendez-vous à 7 heures du matin, afin de prendre possession de mon taxi. Je devais me rendre dans le 19e arrondissement de Paris. J’avoue que j’étais à la fois très excité et tremblant de peur à l’idée de me retrouver dans un véhicule, un si petit espace, avec des personnes inconnues qui allaient me demander de les conduire ici ou là.

Est-ce que j’allais connaître l’itinéraire le plus approprié pour satisfaire les clients, est-ce que j’allais seulement connaître l’adresse ? Il faut savoir qu’il existe dans Paris plus de 7000 rues, boulevards, faubourgs, avenues, etc.

Mon responsable m’avait prévenu : « C’est ton premier jour, si tu ne connais pas l’adresse que l’on t’indique, demande à ton client l’itinéraire en lui expliquant que tu débutes, et que tu es prêt à suivre ses directives. Il comprendra que tu ne le balades pas et tu pourras ensuite engager la conversation. Huit fois sur dix, il te demandera pourquoi est-ce que tu fais ce métier. »

Voilà, c’était tout, et ça y était, il fallait bien se lancer.

Me voilà donc dans la voiture que j’avais louée, une Peugeot 504, sortant du garage, et je me lançai dans la rue du Général-Brunet vers la rue Manin.

Un flux incessant de voitures se déversait sur les artères ; à vrai dire, j’étais plus préoccupé par la circulation que par d’éventuels clients. Pire, je passais devant les stations de taxis sans oser m’arrêter et ne voyant même pas si l’on attendait un véhicule.

Je devais m’arrêter et respirer un bon coup pour me détendre, en me disant que je faisais « n’importe quoi ». Il fallait bien me lancer, sinon à quoi auraient servi les cours du soir, l’examen… ? Tout cela pour rien. Je pris donc mon courage à deux mains. Il fallait que je prenne un client et que je commence.

Je roulais à vide et perdais de l’essence et de l’argent. Courage ! Je m’étais retrouvé boulevard Saint-Denis, et là, devant la statue, des personnes attendaient un taxi.

Enfin, ces personnes montèrent dans la voiture en me disant « bonjour », je répondis timidement en répétant « bonjour » plusieurs fois. J’étais intimidé. Ouf !

Ils me demandèrent de les accompagner à la Porte de la Villette. J’habitais dans la banlieue nord et je connaissais très bien cette destination. Comme il faisait beau, la conversation se développa sur le temps (par la suite je m’aperçus que le plus souvent la discussion dans un taxi était la météo). Je n’avais donc pas besoin de demander mon itinéraire. J’arrivai à destination, ils réglèrent la course avec un pourboire, ils avaient l’air satisfait. J’étais content de moi et me rendis compte que ce n’était pas si difficile.

11 juillet 1975

Et voilà, je venais juste de terminer ma deuxième journée de chauffeur de taxi. Rentré au garage, le patron n’avait pas l’air trop satisfait de la recette du week-end. Je lui fis alors remarquer que ce n’étaient que mes deux premiers jours, qu’il fallait bien « essuyer les plâtres ». Je réussis à le convaincre, et il me donna rendez-vous pour le samedi suivant. Je repartis satisfait. J’espérais alors que la semaine passe vite. Le lundi, je retournai à mon quotidien (j’étais toute la semaine monteur de meubles de réfrigération). Ce travail n’était pas génial, mais il me permettait de faire vivre ma famille en attendant des jours meilleurs.

J’avoue que mon niveau d’études s’arrêtait à mon certificat d’études et à un CAP de tôlier. J’étais rentré dans la vie active à l’âge de 17 ans. J’avais enchaîné plusieurs emplois : tôlier, employé de bureau, représentant en encyclopédie et monteur de meubles frigorifiques.

Entre-temps, je m’étais marié en 1970 avec une charmante jeune fille que j’avais rencontrée dans une discothèque. Elle m’avait beaucoup plu, jolie et simple. Nous nous fréquentâmes pendant deux ans, ensuite nous décidâmes de nous marier.

La vie à l’époque était insouciante, malgré les difficultés financières. Cela ne nous faisait pas peur. L’arrivée de nos premiers enfants, nos deux fils, resserra notre amour. Maintenant l’heure de décision pour mon avenir professionnel se dessinait, quitter un emploi tranquille mais sans grand avenir et avec un salaire moyen pour me lancer dans le taxi.

Nous étions conscients ma femme et moi que le métier de chauffeur de taxi n’était pas de tout repos. Dix heures de travail par jour, six jours par semaine, pas de dimanches, pas de jours fériés. Je devenais une sorte de service public et me devais d’être présent. Je voyais moins mes enfants, je ne m’occupais pas de leur éducation et laissais cette lourde charge à ma femme. Le prix à payer était là pour améliorer notre train de vie et donner aux enfants ce dont ils avaient besoin.

En décembre 1975, je passai donc la deuxième partie de mon examen de taxi avec succès, je quittai mon emploi de monteur de meubles et me lançai définitivement dans la profession. En janvier 1976, je rentrai dans le plus grand groupe de Taxis de Paris.

Chapitre II