Entertainment - Droit, Médias, Art, Culture 2017/2 -  - ebook

Entertainment - Droit, Médias, Art, Culture 2017/2 ebook

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Découvrez le sommaire de ce numéro et l'article "Le Jihadisme au cinéma".
Discover the table of contents and the article "Jihad in the Movies".

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© Groupe Larcier s.a., 2017

Éditions Bruylant

Rue Haute, 139 – Loft 6 – 1000 Bruxelles

Tous droits réservés pour tous pays.

Il est interdit, sauf accord préalable et écrit de l’éditeur, de reproduire (notamment par photocopie) partiellement ou totalement le présent ouvrage, de le stocker dans une banque de données ou de le communiquer au public, sous quelque forme et de quelque manière que ce soit.

ISBN : 978-2-8027-5950-8.

Sommaire

Table of contents

Éditorial | Editorial

Eric CANAL FORGUES ALTER

Instantané | Snapshot

Un soupçon de couleur | A Splash of Colour

Portrait of Booker T. Washington by Henry Ossawa Tanner

Pascale PRIVEY

Analyses | Analysis

Copyright, droit d’auteur

Breaking Down the Barrier Separating Copyright From droit d’auteur (Part 2)

David NIMMER

Mesures anti-piratage sur internet

Quelles obligations pour les fournisseurs d’accès à internet et moteurs de recherche ?

Laurence TELLIER-LONIEWSKI

Séquences | Clips

Collectionner l’ivoire aujourd’hui | Collecting Ivory Today

Alexis FOURNOL

Le Jihadisme au cinéma | Jihad in the Movies

Yves TROTIGNON

Publicité, communication d’intérêt général et soft law

Conseil d’État, 10 novembre 2016, Mme Marcilhacy et autres, Collectif les amis d’Éléonore et Fondation Jérôme Lejeune

Jean-David DREYFUS

Comptes rendus | Review

Veille | Watch

Éditorial | Editorial

Eric CANAL FORGUES ALTER

Rédacteur en chef / Editor-in-Chief

Éditorial

Écoutons Vincent Descombes : « Nous vivons dans un monde, celui où nous voyons et disons que le soleil se lève, et nous pensons dans un autre monde, celui où nous savons que la terre tourne autour du soleil » 1. Le monde « spectaculaire » que nous vivons n’est pas le monde que nous connaissons. Dans celui de l’art globalisé, les modes de circulation et de diffusion comptent désormais plus que les questions d’identité et de représentation. En ouvrant le contenu du livre à la culture numérique, l’écriture se transforme. De nouvelles formes de transmission augmentent les passages et les liens tout en accommodant la complexité des sources et des échanges. Le transculturel, l’hybride et le multiple sont au cœur des évolutions des pratiques artistiques et culturelles. C’est ce que met notamment en lumière la dernière livraison de l’excellente revue Critique d’art sur l’actualité internationale de la littérature critique sur l’art contemporain dans son numéro d’Automne/Hiver 2016 2.

Si les artistes entendent désormais échapper aux catégories communautaires, ethniques ou raciales, n’y aurait-il pas un contretemps historique dans l’inauguration du musée national de l’histoire et des cultures africaines américaines en septembre 2016 à Washington D.C. ? Et une tentative vaine dans la mise en perspective d’une histoire africaine-américaine telle que vient de la montrer le Musée des arts premiers du Quai Branly avec The Color Line : les artistes africains-américains et la ségrégation ? Ce serait oublier que l’histoire est à la fois communautaire et nationale et qu’elle appartient à tous les Américains, ainsi que l’a souligné le Président Obama lors de l’inauguration du musée de Washington 3.

Transmission encore lorsqu’on envisage l’avenir des publications artistiques entre livre et numérique. Si la multiplication quasi exponentielle des sources disponibles sur Internet a facilité la diversification des contenus, elle a aussi modifié les usages. Les artistes, qui aspirent à de nouvelles fluidités, s’essayent avec plus ou moins de bonheur à de nouvelles formes d’association entre le numérique et l’imprimé. La place institutionnelle est d’ores et déjà prise à New York par la Serving Library, inspirée de Dot Dot Dot, un magazine artistique expérimental ayant eu son heure de gloire au début du XXIe siècle (2000-2010). Cette librairie dispose d’un site internet propre 4 alimenté par des textes en ligne qui donnent lieu à des objets imprimés à intervalles réguliers. Pour en savoir plus, il faut lire le manifeste d’intention de l’institution 5 et notamment son principe fondateur : Hospitium ad infinitum. Et se dire qu’au fond il n’y a pas toujours conflit du monde connu et du monde vécu…

Editorial

To quote Vincent Descombes: “We live in one world, the one where we see and say that the sun rises, and we think in another world, one where we know that the earth rotates around the sun”. 6 The “spectacular” world of our experience is not the world that we know. In the world of globalised art, methods of circulation and dissemination now count more than questions of identity and representation. By opening the content of the book to digital culture, writing is transformed. New forms of transmission are increasing movements and links while accommodating the complexity of sources and exchanges. One of the main points made by the Autumn/Winter 2016 edition of the excellent magazine Critique d’art7 on the latest developments in international literary criticism of contemporary art is that artistic and cultural practices are becoming more and more transcultural, hybrid and many-faceted.

Does the fact that artists are now seeking to escape categorisation on community, ethnic or racial grounds not make the opening of the National Museum of African American History and Culture in Washington DC in September 2016 a historical infelicity? And a vain bid to put African American history into perspective, as has been recently shown by the Musée des arts premiers on Quai Branly with The Color Line: les artistes africains-américains et la ségrégation ? To argue this would be to forget that history stems simultaneously from a community and a nation, and that it belongs to all Americans, as President Obama stressed at the inauguration of the museum in Washington. 8

Transmission is also involved when we look to the future of artistic publications between books and digital. While the almost exponential explosion of available sources on the internet has helped content to become more diverse, it has also changed the way we use it. Artists, who dream of new forms of fluidity, are experimenting, with varying degrees of success, with new forms of association between digital and printed works. The institutional place is now occupied in New York by Serving Library, inspired by Dot Dot Dot, an experimental artistic magazine whose heyday was in the early years of the 21st century (2000-2010). This library has its own internet site 9 complete with on-line texts giving rise to printed objects at regular intervals. To find out more, you need to read the institution’s statement of intent 10 and in particular its founding principle: Hospitium ad infinitum. And you will realise that at the end of the day, there is not always a conflict between the world we know and the world we experience…

1. V. DESCOMBES, Le même et l’autre, Paris, Minuit, 1979.

2. https://critiquedart.revues.org/.

3. Cité par M. MURPHY, « Voyager pour mieux voir : l’art africain-américain, l’art black et la diaspora », Critique d’art, n° 47, 2016, p. 64.

4. www.servinglibrary.org.

5. www.dextersinister.org/MEDIA/PDF/Statementofintent.pdf.

6. V. DESCOMBES (1979), Le même et l’autre, Paris: Minuit.

7. https://critiquedart.revues.org/.

8. Quoted by M. MURPHY, “Voyager pour mieux voir : l’art africain-américain, l’art black et la diaspora”, Critique d’art, No. 47, 2016, p. 64.

9. www.servinglibrary.org.

10. www.dextersinister.org/MEDIA/PDF/Statementofintent.pdf.

Instantané | Snapshot

Instantané

Un soupçon de couleur

Pascale PRIVEY*

* Journaliste indépendante

L’homme est massif, puissant, extrêmement présent malgré son regard lointain, d’un gris de nuage. Vêtu d’une veste gris perle, un nœud de satin noir sur sa chemise immaculée, il a quelque chose d’un héros de Fitzgerald. Les coups de pinceau sont visibles, les plis des vêtements exacerbés, le modèle décentré : rien de figé dans ce portrait, dont la facture rappelle Gauguin malgré l’économie des couleurs. Remarquable en effet, ce camaïeu de gris colorés, à peine tachés d’un jaune insistant par endroits – mais n’est-ce pas la marque du temps, le blanc des tubes de peinture à l’huile ayant tendance à virer au jaune bien plus vite que celui qu’utilisaient les peintres classiques ? La toile date de 1917. Elle a été peinte par Henri Ossawa Tanner, peintre américain installé en Bretagne. Qui est donc l’homme qu’il représente ainsi ? Ce léger hâle, seule couleur dans un portrait gris, signale-t-il, malgré la tenue d’homme du monde, des origines rurales, un goût pour le sport ? C’est un méridional peut-être ? Pas du tout. Le modèle est Booker T. Washington, célèbre militant afro-américain, infatigable promoteur de l’égalité des droits. Né esclave, il est considéré comme le premier Noir à avoir été invité à la Maison Blanche.

Henry Ossawa Tanner (1859-1937)

Portrait of Booker T. Washington

Peinture sur toile

31 ¾ x 25 ⅝ in

Peint en 1917

State Historical Society of Iowa, Des Moines, IA

© Wikimedia Commons

Voilà qui est déstabilisant : ce Blanc est donc noir ? Ou ce Noir américain était blanc ? Pas plus que le métis Tanner, à vrai dire. Pas plus que nombre d’Afro-américains, que nombre d’esclaves. Le noir des ségrégationnistes n’était pas une couleur, ni même un éventail de teintes sur l’échelle qui va du blanc de lait au café fort. Était noir tout individu ayant du « sang noir », mystérieuse entité dont il était impossible de se défaire, nuage de gènes épars sournoisement mêlés, s’inquiétait-on, à d’autres gènes qui pouvaient induire en erreur. Nous avons, c’est heureux, perdu la capacité à discerner, sous un épiderme clair, un nez fin, une barbiche en pointe telle que la portait Tanner, ce que Philip Roth a appelé « the human stain » 1, à la fois tache et teinte. L’Américain raciste était entraîné à repérer les plus légers indices d’une ascendance africaine. Être noir, ce n’était pas une couleur de peau, mais plutôt une fatalité honteuse, une sorte de péché originel au carré, suffisant à justifier, en l’absence de tout autre critère, une mise au ban définitive. Il est troublant de constater à quel point la Color Line qui a été cet hiver le sujet d’une exposition très médiatisée au Musée du Quai Branly est avant tout une ligne de fracture mentale.

Troublant aussi, le succès des Minstrel Shows, ces spectacles populaires donnant à voir LE Noir dans tout son ridicule supposé : grimés en nègres, façon publicité Banania, certains artistes blancs ont connu un succès comique durable. Mais ce qui est troublant, c’est que certains des comédiens qui se déguisaient ainsi étaient Afro-américains. Un Noir déguisé en Noir afin de se moquer des Noirs, voilà une configuration qui interroge… quel maelström extraordinaire a donc secoué la population américaine pour que l’autodérision malsaine encore fréquente au début du XXe siècle se mue en Black Power ? Booker T. Washington, à qui on a parfois reproché de ne pas pouvoir se défaire d’un sentiment d’infériorité, est cependant l’un des artisans de l’égalité raciale américaine. Laquelle, a-t-on affirmé, a été définitivement assise par l’élection de Barack Obama à la Présidence des États-Unis.

Sauf que. Sauf à partager la vieille croyance que le « sang noir » contamine le blanc, il faut bien admettre que l’ancien président des États-Unis n’est pas plus Noir que Blanc. Ajoutons que, fils d’un chercheur kenyan, il n’est pas non plus idéalement placé pour représenter les anciens esclaves enfin vengés, à moins d’un raccourci idéologiquement douteux. Tout ce que l’élection de ce brillant et charismatique juriste a véhiculé de symboles ne serait-il pas, au contraire, la preuve que les vieilles représentations sont toujours en place ? En 2015 déjà, Ta-Nehisi Coates, dans le très remarqué Between the World and Me2, affirmait que les États-Unis étaient fondés sur la notion de suprématie blanche et que l’exclusion des Afro-américains, quelque forme qu’elle prenne, était partie intégrante du système américain. Amertume…

Et voilà qu’à Obama, Donald Trump a fait place. Dans le sillage de son élection, les incidents se sont multipliés – clients blancs de magasins qui se disent discriminés par la caissière noire qui ne les sert pas avec la soumission attendue, employés noirs qui se plaignent qu’on leur a explicitement demandé de faire un travail de noir, étudiante attaquant en justice l’université qui l’a recalée au motif que l’institution a accepté des noirs plutôt qu’elle... Et tout cela est relayé, amplifié, commenté sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs sur ceux-ci qu’une certaine Mrs Taylor, se félicitant des résultats de l’élection, a traité Michelle Obama de « singe en talons »… Bien sûr chaque dérapage est dénoncé, condamné, les coupables montrés du doigt. Mais il faudrait être bien naïf pour ne pas réaliser que les tensions n’ont pas disparu, que les systèmes de quotas ne font qu’atténuer une injustice sociale persistante. En 2010, The New Jim Crow, de Michelle Alexander 3, s’attachait à démontrer que la ségrégation perdurait d’une façon fort convaincante.

Mais qui pense à s’inquiéter du sort des Afro-américains ces derniers temps ? Depuis son intronisation le 20 janvier, les premières décisions du nouveau président ont frappé de plein fouet les Mexicains, les Musulmans… La partition Noir/Blanc ne serait-elle plus à l’ordre du jour ? Ou ne faut-il pas voir au contraire dans les derniers événements la confirmation que les États-Unis restent dominés par une logique d’exclusion et de violence ?

Pour The Color Line, le musée Branly a choisi d’adopter une perspective historique et de mettre l’accent sur certains aspects particulièrement frappants des relations entre Noirs et Blancs aux États-Unis : le sport, ferment d’union et de reconnaissance, par exemple. Mais aussi les lynchages, la publicité faite avant ces derniers pour qu’un nombreux public puisse y assister, les photos de badauds hilares, femmes et enfants compris, sous les arbres alourdis de pendus – ces Strange Fruit[s] chantés par Billie Holiday en 1939. On pouvait contempler, face à ces photos, un tableau représentant un lyncheur ravi brandissant le sexe de l’homme encore vivant qu’il venait de castrer. Tant de violence et tant de haine relèvent-ils de l’Histoire ? À lire la presse quotidienne américaine ces derniers mois, il est permis d’en douter.

Le dandy gris de Tanner, ce Washington au nom si symbolique, est à l’image de son pays aujourd’hui : en surface, nœud papillon hollywoodien, léger débraillé, teint consensuel, regard clair ; mais l’initié lit, dans ce visage impassible, des revendications et des humiliations sans nombre, tandis que derrière les épaules massives, on devine un ciel d’ouragan.

1. Ph. ROTH, The Human Stain, Boston, Houghton Mifflin, 2010.

2. T.-N. COATES, Between the World and Me, New York, Spiegel and Grau, 2015.

3. M. ALEXANDER, The New Jim Crow: Mass Incarceration in the Age of Colorblindness, New York, The New Press, 2010.

A Splash of Colour

He is a thick-set, powerful figure of a man, with an intense presence despite his distant grey expression. He wears a pearl grey jacket over a black satin bow tie with a snowy white shirt, and there is something of the Fitzgerald hero about him. The brush-strokes are visible, the folds of his clothing stand out and the model is off-centre: there is nothing wooden about this portrait, whose technique is reminiscent of Gauguin despite the narrow colour palette. It is indeed remarkable, this camaïeu of coloured greys, tinged in places with very faint traces of a strident yellow – but surely this is the mark of time, because the white from tubes of oil paint does tend to yellow more quickly than those used by traditional painters? The canvas dates back to 1917. It was painted by Henri Ossawa Tanner, an American painter who settled in Brittany. So who is the man that he portrays here? Perhaps, despite the garb of a man of the world, that slight tan, the only colour in a grey portrait, might indicate rural origins and a taste for sport? Maybe he is a southerner? Not at all. The model is Booker T. Washington, the famous African American militant and tireless advocate of equal rights. Born a slave, he is considered to be the first Black to have been invited to the White House.

Henry Ossawa Tanner (1859-1937)

Portrait of Booker T. Washington

Painting on canvas

31 ¾ x 25 ⅝ in

Painted in 1917

State Historical Society of Iowa, Des Moines, IA

© Wikimedia Commons

This is what is so unsettling: so this white man is actually black? Or was this American Black white? In fact he was no more white than the mixed-race Tanner, truth be told. Or than many African Americans, or than many slaves. Black, to the segregationists, was not a colour or even a range of skin tones on the scale running from milky-white to the colour of strong coffee. “Black” was applied to any individual with any “black blood”, that mysterious entity which was impossible to get rid of, the cloud of genes which people worried were surreptitiously mingling with other genes which might be misleading. Luckily we have lost the ability to see under a light skin, a finely chiselled nose and a pointed beard like that worn by Tanner, what Philip Roth has called “the human stain”, 1 both a stain and a tint. American racists were trained to spot the slightest hints of African ancestry. Being black was not about the colour of your skin, it was more about a shameful fate, a sort of original sin squared, sufficient in the absence of any other criterion to warrant being condemned to definitive outsider status. It is disquieting to think how much the Color Line, which was the subject of the exhibition that attracted so much media hype this winter at the Musée du Quai Branly, is first and foremost a mental fault line.

Another source of unease is the success of the minstrel shows, those popular entertainments showing THE Black in all his supposed absurdity: with their blackface applied, like characters in an advert for Banania chocolate drink powder, some white artists gained lasting comic success. But what is disturbing is that some of the actors who were disguising themselves in this way were African Americans. A Black dressed up as a Black, poking fun at Blacks, is indeed a thought-provoking spectacle … so what extraordinary upheaval shook up the American population to get it to a place where the unwholesome self-derision that was still current at the beginning of the 20th century should have morphed into Black Power? Yet Booker T. Washington, who has sometimes been reproached for having been unable to shake off a feeling of inferiority, was one of the architects of American racial equality. And this, it has been stated, was definitively enshrined with the election of Barack Obama to the US Presidency.

Except. Without buying into the old belief that “black blood” contaminates white, it does still have to be admitted that the former US President is no more Black than White. Neither does being the son of a Kenyan researcher make him ideally placed to represent former slaves who have finally been avenged, unless via an ideologically dubious shortcut. On the contrary, does the whole symbolic weight of the election of this brilliant, charismatic lawyer not actually go to prove that the old representations are still in place? As long ago as 2015, Ta-Nehisi Coates, in the highly regarded work Between the World and Me, 2 affirmed that the United States was founded on the notion of white supremacy and that the exclusion of African Americans, whatever form it took, was an integral part of the American system. A bitter interpretation …

And now we see Obama making way for Donald Trump. In the wake of his election, there have been more and more incidents – white customers in stores who say they have been discriminated against by black cashiers not serving them with the expected submissiveness, black workers complaining that they have been explicitly asked to carry out black jobs, a female student suing the university which rejected her on the grounds that the institution admitted black people instead of her, and so on. And all this is being repeated, amplified and commented on across social platforms. This is where a certain Mrs Taylor, welcoming the election results, called Michelle Obama “an ape in heels”. Of course, every slippage is denounced and condemned, and fingers are pointed at the culprits. But you would have to be very naïve not to realise that the tensions have not disappeared, that quota systems are serving only to increase persistent social injustice. In 2010, The New Jim Crow, by Michelle Alexander, 3 sought to demonstrate that segregation survived in a highly convincing manner.

But who spares a thought for the fate of the African Americans these days? Since his enthronement on 20 January, the new president’s first decisions have hit out hard at Mexicans, Muslims and more. Does this mean that the Black/White split is off the agenda? Or should we on the contrary see the latest events as confirmation that the United States continues to be dominated by a mind-set of exclusion and violence?

For The Color Line, the Branly museum has chosen to adopt a historical perspective and to focus on certain particularly striking aspects of relations between Blacks and Whites in the United States: for example sport, a ferment of unity and recognition. But there are also lynchings, the advertising leading up to them to allow as many people as possible to attend, photographs of laughing onlookers, including women and children, under trees weighed down with hanged men – those Strange Fruit that Billie Holiday sang about in 1939. Looking at these photos, we could see a picture showing a delighted member of a lynch mob holding the genitals of the man he has just castrated, who is still alive. Is so much violence and so much hatred part of History? The stories being reported by the American daily press over recent months would suggest not.

Tanner’s grey dandy, this Washington whose name is freighted with such symbolism, is an image of his country as it is today: on the surface, with its Hollywood-style bow tie, slightly scruffy, with a consensual skin tone and a clear-eyed gaze: but to the initiate, this impassive face tells a tale of countless demands and humiliations, and behind those sturdy shoulders, a gathering hurricane looms.

1. P. ROTH (2010), The Human Stain, Boston: Houghton Mifflin.

2. T.-N. COATES (2015), Between the World and Me, New York: Spiegel and Grau.

3. M. ALEXANDER (2010), The New Jim Crow: Mass Incarceration in the Age of Colorblindness, New York: The New Press.

Analyses | Analysis

Analysis

Copyright, droit d’auteur

Breaking Down the Barrier Separating Copyright From droit d’auteur (Part 2)

David NIMMER* **

* © 2016 by David Nimmer. ** Professor from Practice at UCLA School of Law and Distinguished Scholar at the Berkeley Center for Law and Technology.

Part 1 of this article1 introduced the supposed difference between the “purely economic legislation” comprising the U.S. copyright system as compared with the far broader reach of the French droit d’auteur system. But initial investigation debunked that dichotomy, revealing a path in which parallel considerations animate both systems. We continue the examination in this final part.

6. – Pressures on Accepted Wisdom

Traditional theory holds that copyright finances the creation of works by charging users – the more popular a composition, the more revenue it generates for its author. 2 But just because copyright law is designed to incentivize the creation of works of authorship does not mean that strengthening copyright leads to more production. 3 Many copyrighted works are exploited by corporations, which require transfer of copyright ownership. 4 Because of individual creators’ low bargaining power, “it is not hard to conclude that copyright in practice has a limited impact on creativity by individual creators and is more valuable to creative industries.” 5 Thus, these institutional arrangements exert an intrinsic effect on creativity. 6

All over the world, copyright “has become almost synonymous with the creative industries” with some national policy documents claiming that “copyright is essential for creativity itself.” 7 Because of that state of affairs, it has become routine to posit “a causal relation between the two and that copyright is the driver of the creative industries and hence of the creative economy.” 8 Nonetheless, there is no economic evidence for “the responsiveness of cultural production to changes in copyright, for instance that strengthening copyright increases creative output, a claim that is frequently made by creative industry lobbyists.” 9 Moreover, even the economic effects of piracy on production have proven difficult to evaluate. 10

Copyright has costs and benefits, however, and overly strong copyright protection of one generation of authors and publishers imposes higher costs on the next due to search and information costs. The economics of copyright tells us that costs and benefits must be balanced in order to find the optimal strength of copyright, meaning its term, scope and degree of enforcement, but they are very difficult to calculate, especially as technological development is altering them all the time. The law always lags behind technical change and risks being out of date; new rights have had to be introduced to deal with digital material and satellite dissemination, for instance. Markets adapt more quickly and that leads to the view that the law should be technologically neutral so as not to impede technological progress. 11

Much of that difficulty stems from inherent challenges in the methodology of data-gathering. “The very nature of IPR infringement – secretive and illicit – makes it difficult to track production and trade in counterfeit and pirated goods.” 12 To the extent that the pertinent figures rely on an assumption that current infringers would pay list price rather than cease using the pirated product, then they represent the very high end among a spectrum of possibilities. 13

Much of the problem in evaluating the right approach to copyright is that the object of protection, as is oft-noted, is non-rival and non-excludable. 14 Kenneth Arrow noted back in 1962 the paradox of information as an economic good.

[A]s it is an experiential good (meaning the buyer does not know the value of the information before having acquired it), giving it a value and setting a market price become difficult. Likewise it is difficult for a seller wishing to sell a piece of information to take full advantage of its associated value as the information – costly to produce but relatively inexpensive to reproduce and distribute – can easily be passed on for little to no cost once known by another seller. 15

Given its non-rivalrous and non-excludabable nature, along with a marginal cost of zero, business pressures in a competitive market can push the price of copyrightable works towards their marginal cost – which “theoretically be zero.” 16

7. – Broadening the Perspective

Strictly within the realm of economics, different conclusions follow from the adoption of neoclassicist principles 17 than from their rejection, 18 for instance by adopting a Marxist economic perspective. 19 A bewildering array of voices compete for our attention, ranging from those who deploy numerous formulae to prove that “tastes neither change capriciously nor differ importantly between people 20 to those that challenge “copyright’s fundamental premise by arguing that copyright law’s prohibition of unauthorized copying may not be necessary or even actually helpful to inducing socially optimal levels of new creations from both creators and ‘publishers’ in all media.” 21

Speaking of that competition for our attention, one humanist reframes the field entirely. Treating economics as the allocation of scarce resources, he posits that our current world of information overload makes works subject to copyright more than abundant, whereas the ability to attend to them is what imparts value. Thus emerges