L'éternel mari - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky - ebook
Kategoria: Obyczajowe i romanse Język: francuski Rok wydania: 1870

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Opinie o ebooku L'éternel mari - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky

Fragment ebooka L'éternel mari - Fyodor Mikhailovich Dostoyevsky

A Propos
Chapitre 1 - Veltchaninov
A Propos Dostoyevsky:

Fyodor Mikhailovich Dostoevsky (November 11 [O.S. October 30] 1821 – February 9 [O.S. January 28] 1881) is considered one of two greatest prose writers of Russian literature, alongside close contemporary Leo Tolstoy. Dostoevsky's works have had a profound and lasting effect on twentieth-century thought and world literature. Dostoevsky's chief ouevre, mainly novels, explore the human psychology in the disturbing political, social and spiritual context of his 19th-century Russian society. Considered by many as a founder or precursor of 20th-century existentialism, his Notes from Underground (1864), written in the anonymous, embittered voice of the Underground Man, is considered by Walter Kaufmann as the "best overture for existentialism ever written." Source: Wikipedia

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Chapitre 1 Veltchaninov

L'été commençait, et Veltchaninov, contre son attente, se trouvait retenu a Pétersbourg. Son voyage dans le Sud de la Russie ne s'était pas arrangé ; puis son proces traînait, il n'en voyait pas la fin. Cette affaire — un litige au sujet d'une propriété — prenait mauvaise tournure. Trois mois auparavant, elle paraissait toute simple, pas meme douteuse ; et, brusquement, tout avait changé. « Au reste, c'est ainsi pour toutes choses, tout se gâte », se répétait-il sans cesse a lui-meme, avec mauvaise humeur. Il avait pris un avocat habile, cher et connu, il n'avait pas ménagé l'argent ; mais, par impatience et par défiance, il s'était occupé lui-meme de son affaire : il s'était mis a écrire des papiers, que l'avocat s'empressait de faire disparaître ; il courait les tribunaux, faisait faire des enquetes, et, en réalité, retardait tout ; a la fin, l'avocat s'était plaint, et l'avait engagé a partir pour la campagne. Mais il ne pouvait se résoudre a s'en aller. La poussiere, la chaleur étouffante, les nuits blanches de Pétersbourg, qui surexcitent et énervent, de tout cela il jouissait bien a la ville. Il habitait, quelque part dans le voisinage du Grand-Théâtre, un appartement qu'il avait loué depuis peu, et qui n'était pas suivant son gré. « Rien n'était suivant son gré ! » Son hypocondrie croissait de jour en jour ; mais depuis longtemps il en avait le principe.

C'était un homme qui avait vécu beaucoup et largement ; avec ses trente-huit ou trente-neuf ans, il était loin d'etre encore jeune, et toute cette « vieillesse », comme il disait, lui était venue « presque absolument a l'improviste » ; il comprenait lui-meme que ce qui l'avait si vite vieilli, c'était non pas la quantité, mais, pour ainsi dire, la qualité des années, et que, s'il se sentait faiblir avant l'âge, c'était par le dedans plus vite que par le dehors. A le voir, on eut encore dit un jeune homme. C'était un grand garçon, fort et blond, avec une chevelure épaisse, sans un fil blanc sur la tete, et une grande barbe blonde, qui lui tombait presque au milieu de la poitrine. D'abord, on lui trouvait l'air inculte et négligé ; mais, en y regardant de plus pres, on découvrait tout de suite un homme fort bien élevé, et façonné aux manieres du meilleur monde. Il avait conservé des allures aisées, fieres et meme élégantes, en dépit de la gaucherie brusque qu'il avait acquise. Et il avait encore cette assurance hautaine et aristocratique, dont lui-meme peut-etre il ne soupçonnait pas le degré, bien qu'il eut l'esprit non seulement ouvert, mais subtil, et qu'il fut incontestablement doué.

La carnation de son visage clair et rosé avait eu jadis une délicatesse toute féminine et avait attiré sur lui l'attention des femmes ; maintenant encore, on disait en le regardant : « La belle santé ! du sang et du lait. » Seulement, cette « belle santé » était cruellement infectée d'hypocondrie. Ses grands yeux bleus, il y a dix ans, avaient fait bien des conquetes : c'étaient des yeux si clairs, si gais, si insouciants, qu'ils retenaient malgré lui le regard qui les rencontrait. Aujourd'hui, a l'approche de la quarantaine, la clarté et la bonté s'étaient presque éteintes dans ces yeux déja cernés de rides légeres ; ce qu'ils exprimaient a présent, c'était, au contraire, le cynisme d'un homme aux mours relâchées et d'un blasé, l'astuce, le plus souvent le sarcasme, ou encore une nuance nouvelle, qu'on ne leur connaissait pas jadis, une nuance de tristesse et de souffrance, d'une tristesse distraite et comme sans objet, mais profonde. Cette tristesse se manifestait surtout quand il était seul. Et l'étrange, c'est que cet homme qui, il y avait a peine deux ans, était jovial, gai et dissipé, qui racontait si parfaitement des histoires si plaisantes, en fut venu a présent a préférer a toutes choses la complete solitude. Il avait rompu de propos délibéré avec ses nombreux amis, dont peut-etre il aurait pu ne pas se séparer, meme apres la ruine complete de sa fortune. A vrai dire, l'orgueil y avait aidé : son orgueil soupçonneux lui rendait intolérable la fréquentation de ses anciens amis ; et, peu a peu, il en était arrivé a l'isolement. Ses souffrances d'orgueil ne s'en trouverent pas atténuées, bien au contraire ; mais, en s'exaspérant, elles prirent une forme particuliere, toute nouvelle : il en vint a souffrir parfois, pour des motifs inattendus, qui jadis n'existaient pas pour lui, auxquels jadis il n'avait meme jamais songé, pour des motifs « supérieurs » a ceux dont il avait tenu compte jusqu'alors — « a supposer qu'il soit exact de s'exprimer ainsi, et qu'il y ait véritablement des motifs supérieurs et des motifs inférieurs », ajoutait-il lui-meme.

C'était vrai, il en était venu a etre obsédé par des motifs supérieurs, auxquels jadis il n'aurait pas songé. Ce qu'il entendait, au fond de lui-meme, par des motifs supérieurs, ce sont les motifs dont (a son grand étonnement) personne ne peut véritablement rire a part soi ; — a part soi, s'entend, car, devant les autres, c'est une autre affaire ! Il savait fort bien qu'a la premiere occasion, et des demain, il planterait la les secretes et pieuses injonctions de sa conscience, qu'il enverrait promener bien tranquillement tous ces « motifs supérieurs », qu'il serait le premier a en rire. Et c'est ainsi que les choses se passaient, sauf qu'il avait conquis une assez notable indépendance d'esprit a l'égard des « motifs inférieurs », qui l'avaient jusque-la entierement gouverné. Il arrivait meme parfois qu'en se levant, le matin, il eut honte des pensées et des sentiments qu'il avait eus durant son insomnie de la nuit. (Et il souffrait, dans les derniers temps, de fréquentes insomnies.) Il avait remarqué, de longue date, qu'il était extremement porté au scrupule, qu'il s'agît de choses importantes ou de futilités : aussi était-il résolu a se fier le moins possible a lui-meme. Pourtant il survenait quelquefois des faits dont il n'était pas possible de contester la réalité. Dans les derniers temps, quelquefois, durant la nuit, ses pensées et ses sentiments se modifiaient jusqu'a devenir presque l'opposé de ce qui est normal, et tres souvent ils ne ressemblaient plus en rien a ceux qu'il avait eus pendant le jour. Il en fut tres frappé : il alla consulter un médecin célebre, qu'il connaissait fort bien ; naturellement, il lui parla sur le ton de la plaisanterie. Le médecin répondit que le fait de l'altération et meme du dédoublement des pensées et des sensations la nuit, en état d'insomnie, est un cas tres commun chez les hommes « qui pensent fortement et qui sentent fortement » ; que parfois les convictions de toute une vie changent subitement, du tout au tout, sous l'action déprimante de la nuit et de l'insomnie ; qu'on voit prendre parfois, sans rime ni raison, des résolutions tout a fait fatales ; que tout cela du reste comporte bien des degrés ; — qu'enfin, s'il arrive que le sujet ressente tres vivement le dédoublement de sa personne, et en souffre, c'est signe d'une véritable maladie, et qu'il faut, en ce cas, agir sans retard : le mieux, c'est de modifier radicalement son genre de vie, de changer de régime, ou meme de voyager ; une purge, sans aucun doute, ferait bon effet.

Veltchaninov ne voulut pas en entendre davantage ; son affaire était parfaitement claire : il était malade. « C’est donc tout ce qu'il y avait dans cette obsession que j'attribuais a quelque chose de supérieur : une maladie, et rien de plus ! » s'écriait-il avec amertume. Il ne se résignait pas a se l'avouer.

Bientôt, ce qu'il n'avait encore ressenti que la nuit se produisit également le jour, mais avec une acuité plus pénétrante ; et maintenant il y prenait une joie malicieuse et sarcastique, au lieu de l'attendrissement plein de regrets qu'il en ressentait jadis. Il voyait surgir dans sa mémoire, de plus en plus fréquemment, « soudainement et Dieu sait pourquoi », certains événements de sa vie antérieure, des époques anciennes de sa vie, et ces événements se présentaient a lui d'une maniere étrange. Depuis longtemps il se plaignait d'avoir perdu la mémoire : il avait oublié les visages de gens qu'il avait fort bien connus, et qui, lorsqu'ils le rencontraient, s'en montraient froissés ; il lui arrivait d'oublier entierement un livre qu'il avait lu six mois auparavant. Et voici que, malgré cette perte évidente de la mémoire, des faits d'une période tres ancienne, des faits oubliés depuis dix ou quinze ans, se présentaient brusquement a son imagination, avec une aussi grande précision de chaque détail, avec une aussi grande vivacité d'impression que s'il les revivait. Quelques-unes de ces choses qui lui remontaient a la conscience avaient été jusque-la si implicitement abolies que le fait meme de les voir reparaître lui semblait bizarre. Tout cela n'était encore rien : les résurrections de ce genre se produisent chez tout homme ayant beaucoup vécu. Mais l'important, c'est que ces événements lui revenaient a la mémoire sous un aspect modifié, entierement nouveau, inattendu, et lui apparaissaient sous un angle auquel jamais il n'avait songé. Pourquoi tel ou tel acte de sa vie passée lui faisait-il aujourd'hui l'effet d'un crime ? Il n'en eut pas pris grand souci, a la vérité, si ç'avait été la simplement une sentence abstraite rendue par son esprit : car il connaissait trop bien la nature sombre, singuliere et maladive de son esprit pour attacher a ses décisions quelque importance. Mais ses réprobations avaient un retentissement plus profond, il en venait a se maudire, presque a éclater en larmes intérieures. Qu'eut-il dit, il n'y a pas deux ans, si on lui avait prédit qu'un jour il pleurerait ?

Ce qui lui revint d'abord en mémoire, c'était non des états de sensibilité, mais des choses qui jadis l'avaient froissé ; il se rappelait certains insucces mondains, certaines humiliations : il se rappelait, par exemple, les « calomnies d'un intrigant » a la suite desquelles il avait cessé d'etre reçu dans une maison — ou encore comment, il n'y avait pas si longtemps, il avait subi une offense préméditée et publique, sans en demander raison — ; comment, un jour, dans une société de femmes du meilleur monde, il avait été atteint par une épigramme fort aiguisée, a laquelle il n'avait rien trouvé a répondre. Il se rappelait encore deux ou trois dettes qu'il n'avait pas éteintes, dettes insignifiantes, c'est vrai, mais dettes d'honneur, contractées envers des gens qu'il ne voyait plus et dont il lui arrivait de dire du mal. Il souffrait aussi, mais seulement a ses pires moments, a l'idée qu'il avait gaspillé de la plus sotte façon deux fortunes, l'une et l'autre importantes. Mais bientôt ce fut le tour des souvenirs et des regrets d'ordre « supérieur ».

Tout a coup, par exemple, « sans rime ni raison », surgissait, du fond d'un oubli absolu, la figure d'un bon vieux petit fonctionnaire, grisonnant et comique, qu'un jour, il y avait longtemps, longtemps, il avait offensé, impunément, par pure fanfaronnade : il l'avait fait uniquement pour placer un mot drôle qui lui avait fait honneur, et qui ensuite avait couru. Il avait si bien oublié toute cette histoire qu'il n'arrivait pas a retrouver le nom du petit vieux ; et pourtant il revoyait tous les détails de la scene avec une netteté extraordinaire. Il se rappelait fort bien que le vieux avait défendu la réputation de sa fille, une fille déja âgée et qui vivait avec lui, et sur laquelle on avait répandu en ville des bruits malveillants. Le petit vieux avait tenu tete et s'était fâché, puis soudain il avait fondu en larmes devant toute la société, ce qui fit une certaine impression. On avait fini par le gorger de champagne et par s'amuser de lui. Et lorsqu'a présent, « sans rime ni raison », Veltchaninov revoyait le pauvre petit vieux sanglotant, le visage dans ses mains, comme un enfant, il lui semblait qu'il ne se pouvait pas qu'il l'eut jamais oublié. Et, chose étrange, cette histoire, que jadis il avait trouvée tres comique, lui faisait a présent l'impression opposée ; surtout certains détails, surtout le visage caché dans les mains.

Il se rappelait aussi comment, pour s'amuser, il avait diffamé la tres honnete femme d’un maître d'école, et comment la diffamation était venue jusqu'aux oreilles du mari. Veltchaninov avait bientôt quitté cette petite ville, et n'avait pas su quelles suites avait eues sa diffamation ; mais tout a coup, maintenant, il se demanda comment tout cela pouvait avoir fini, et Dieu sait jusqu'ou ses conjectures l'auraient mené, si un souvenir beaucoup plus récent ne lui était brusquement revenu a l'esprit : celui d'une jeune fille de petite famille bourgeoise, qui ne lui avait jamais plu, dont meme il rougissait, et de laquelle, sans trop savoir comment, il avait eu un enfant ; il avait abandonné la mere et l'enfant, sans meme un adieu (faute de temps, il est vrai), lorsqu'il avait quitté Pétersbourg. Plus tard, pendant une année entiere, il avait cherché a retrouver cette jeune fille, sans y parvenir. Les souvenirs de ce genre se présentaient a lui par centaines, chacun en faisant revivre des dizaines d'autres.

Nous avons déja dit que son orgueil avait pris une forme singuliere. Il y avait des moments, rares, il est vrai, ou il oubliait son amour-propre au point qu'il lui était indifférent de n'avoir plus sa voiture a lui, de courir les tribunaux a pied, dans une tenue négligée ; s'il arrivait que l'un ou l'autre de ses anciens amis le toisât dans la rue d'un oil moqueur, ou fît mine de ne pas le reconnaître, son orgueil était tel qu'il ne s'en offusquait plus. Et c'est tres sincerement qu'il ne s'en offusquait plus. C'était, a vrai dire, fort rare : c'était la des moments passagers ou il s'oubliait lui-meme ; mais, d'une maniere générale, il est certain que sa vanité se désintéressait peu a peu des objets qui l'affectaient autrefois, et se concentrait sur un seul objet, toujours présent a son esprit.

« Oui, songeait-il avec sarcasme (il était presque toujours sarcastique lorsqu'il songeait a lui-meme), il y a quelqu'un, sans doute, qui s'occupe de me rendre meilleur, et qui me suggere tous ces souvenirs maudits, et toutes ces larmes de repentir. Soit. Et puis apres ? Tout cela, c'est de la poudre aux moineaux. C'est tres bien, les larmes de repentir, mais ne suis-je pas certain qu'avec mes quarante ans, mes quarante ans d'une existence stupide, je n'ai pas une miette de libre arbitre ? Que demain la meme tentation se représente, que, par exemple, j'ai de nouveau un intéret quelconque a répandre le bruit que la femme du maître d'école acceptait avec plaisir ce que je lui offrais, et je recommencerai, je le sais bien, sans la moindre hésitation, et je serai d'autant plus vil et plus perfide que je le ferai pour la seconde fois, et non plus pour la premiere. Que demain ce petit prince, a qui, il y a onze ans, j'ai cassé une jambe d'un coup de pistolet, vienne a m'offenser de nouveau, je m'empresserai de le provoquer, et il lui en coutera une seconde jambe de bois. Tous ces retours sur le passé, c'est de la poudre perdue, et il n'y pas un seul coup qui porte. A quoi bon ces souvenirs, quand je ne sais meme pas m'affranchir suffisamment de moi dans le présent ! »

Il ne se trouva pas de maîtresse d'école a diffamer, ni de jambe a casser, mais la seule idée que ces faits pouvaient se renouveler, a l'occasion, l'écrasait presque… parfois. — On ne peut pas toujours etre en proie aux souvenirs ; il faut bien qu'il y ait des entractes, ou l'on puisse respirer et se distraire.

C'est ce que faisait Veltchaninov : il était tout disposé a profiter des entractes pour se distraire ; mais, plus le temps marchait, plus l'existence lui devenait pénible a Pétersbourg. Juillet approchait. Il lui venait souvent une envie subite de tout planter la, son proces et le reste, de s'en aller quelque part, n'importe ou, tout de suite, quelque part en Crimée, par exemple. Une heure apres, généralement, il riait de son projet : « Toutes ces maudites pensées, il n'y a pas de climat, pas de midi qui en puisse venir a bout ; maintenant qu'elles sont la, moi qui suis un homme réglé, il n'y a plus moyen que j'y échappe ; et puis, il n'y a pas de raison… »

« Pourquoi m'en irais-je ? — continuait-il a philosopher avec amertume. — Il fait ici tant de poussiere, et une chaleur si étouffante ; cette maison est si sale ; il y a dans ces tribunaux ou je passe mon temps, chez tous ces hommes d'affaires, tant de préoccupations énervantes, tant de soucis écrasants ; il y a dans tous ces gens qui emplissent la ville, sur ces figures qui passent du matin au soir, un égoisme si naivement et si sincerement étalé, une audace si grossiere, une lâcheté si mesquine, une poltronnerie si basse, qu'a parler tres sérieusement, c'est ici le paradis pour un hypocondriaque. Tout est franc, tout s'étale, rien ne se donne la peine de dissimuler, comme font nos dames partout, a la campagne, aux eaux ou a l'étranger ; oui, vraiment, tout mérite ici la plus entiere estime, rien que pour sa franchise et pour sa simplicité… Je ne partirai pas ! Je creverai ici, mais je ne partirai pas ! »