Soirées chez Mme de Stael ou les Cercles de Paris - Jean-Nicolas Bouilly - ebook

Soirées chez Mme de Stael ou les Cercles de Paris ebook

Jean-Nicolas Bouilly

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Opis

Extrait : "J'étais bien jeune encore lorsque j'offris mon premier ouvrage sur notre scène lyrique. C'était ce fait historique de Pierre-le-Grand, de ce fameux czar des Russies, qui, sous les vêtements d'un simple ouvrier, et le nom le plus obscur, construisait de ses mains le premier vaisseau qui fut lancé sur les mers de son vaste empire."À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARANLes éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes. LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants : • Livres rares• Livres libertins• Livres d'Histoire• Poésies• Première guerre mondiale• Jeunesse• Policier

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Note de l’éditeur

Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».

Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.

Soirées chez Mme de Staël, ou les cercles de Paris

En 1789 et 1790.

J’étais bien jeune encore lorsque j’offris mon premier ouvrage sur notre scène lyrique. C’était ce fait historique de Pierre-le-Grand, de ce fameux czar des Russies, qui, sous les vêtements d’un simple ouvrier, et le nom le plus obscur, construisit de ses mains le premier vaisseau qui fut lancé sur les mers de son vaste empire.

Grétry s’était chargé de faire la musique de cet ouvrage ; et mon heureuse association avec ce compositeur célèbre me valut un succès qui passa mon espérance. À la fin de la pièce, au moment où le simple charpentier de vaisseau se fait reconnaître pour l’empereur, et qu’il excite l’admiration de tout ce qui l’entoure, par son audacieuse et noble entreprise, le monarque, désignant Le Fort, son confident et son ministre, qui l’avait secondé dans ses travaux, dit qu’un souverain veut en vain civiliser ses états, et faire le bonheur de son peuple, s’il ne trouve un sage, un ami pour l’éclairer, pour le conduire. Cette allusion frappante à M. Necker, alors si cher à la nation française, fut saisie avec transport ; tous les regards se portèrent vers la loge du ministre, qui s’y trouvait entouré de sa famille. Madame de Staël ne put se défendre d’une ivresse filiale qui la saisit au point que, dès le lendemain, elle se fit un devoir d’aller remercier Grétry de l’hommage public et si touchant qu’il avait fait rendre à son père. Elle lui demanda l’adresse de son jeune collaborateur, et je reçus la visite du baron de Staël, ambassadeur de Suède, qui m’invita, de la part de la famille Necker, à un grand dîner donné le jeudi suivant au contrôle général, où devait assister l’élite des littérateurs français.

Je me rendis donc, accompagné de Grétry devenu mon égide tutélaire, à l’hôtel du ministre, qui nous accueillit avec une cordialité toute particulière. En abordant M. Necker, je fus frappé de la sérénité qui régnait sur sa figure ouverte, expressive ; et, dès les premiers mots qu’il m’adressa, je reconnus l’homme d’État, ami du peuple, et s’occupant des-lors de soutenir ses droits.

Madame Necker, dont l’indulgence et la bonté, répandues sur toute sa personne, inspiraient une grande vénération, me parut digne du glorieux surnom de l’hospitalière des mansardes, qu’on lui donnait parmi le peuple. Elle me produisit l’effet d’une vertu chrétienne personnifiée, qui descendait sur la terre pour offrir aux femmes un modèle parfait de douceur, de patience et de charité.