Pantagruel de François Rabelais - Encyclopaedia Universalis - ebook

Pantagruel de François Rabelais ebook

Encyclopaedia Universalis

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C’est probablement à l’occasion de la foire de Lyon, en novembre 1532, que paraît chez l’imprimeur Claude Nourry le premier roman de François Rabelais (1483 env.-1553), Pantagruel, avec pour sous-titre complet : Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel, roi des Dipsodes, fils du grand géant Gargantua, composé nouvellement par maître Alcofribas Nasier. Rares sont alors ceux qui savent que, derrière ce pseudonyme en forme d’anagramme, se cache un ancien moine bénédictin défroqué devenu médecin et récemment nommé à l’Hôtel-Dieu de Lyon, éditeur et commentateur très sérieux d’Hippocrate et de Galien, proche des cercles humanistes et défenseur de la réforme évangélique, qui prône une lecture personnelle de la Bible et prend ses distances avec l’Église.


Une fiche de lecture spécialement conçue pour le numérique, pour tout savoir sur Pantagruel de François Rabelais.


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Universalis, une gamme complète de resssources numériques pour la recherche documentaire et l’enseignement.

ISBN : 9782341011921

© Encyclopædia Universalis France, 2022. Tous droits réservés.

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Ce volume présente des notices sur des œuvres clés de la littérature ou de la pensée autour d’un thème, ici Pantagruel, François Rabelais (Les Fiches de lecture d'Universalis).

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PANTAGRUEL, François Rabelais (Fiche de lecture)

C’est probablement à l’occasion de la foire de Lyon, en novembre 1532, que paraît chez l’imprimeur Claude Nourry le premier roman de François Rabelais (1483 env.-1553), Pantagruel, avec pour sous-titre complet : Les horribles et épouvantables faits et prouesses du très renommé Pantagruel, roi des Dipsodes, fils du grand géant Gargantua, composé nouvellement par maître AlcofribasNasier. Rares sont alors ceux qui savent que, derrière ce pseudonyme en forme d’anagramme, se cache un ancien moine bénédictin défroqué devenu médecin et récemment nommé à l’Hôtel-Dieu de Lyon, éditeur et commentateur très sérieux d’Hippocrate et de Galien, proche des cercles humanistes et défenseur de la réforme évangélique, qui prône une lecture personnelle de la Bible et prend ses distances avec l’Église.

Le succès de Pantagruel, malgré ou peut-être grâce à sa condamnation l’année suivante pour obscénité, conduira l’auteur à exploiter la veine avec la Pantagrueline Pronostication (1533), parodie d’ouvrage astrologique en vogue à l’époque, et, bien sûr, Gargantua (La Vie inestimable du grand géant Gargantua, père de Pantagruel, 1534 ou 1535). Suivront, une dizaine d’années plus tard, le Tiers Livre (1546), le Quart Livre (1548) et enfin le Cinquième Livre, rédigé en partie seulement par Rabelais et publié en 1564, onze ans après sa mort.

1. « Horribles faits et prouesses » d’un jeune géant

Le livre s’ouvre sur un prologue dans lequel le narrateur dit d’abord sa dette envers le livret populaire dont il s’est inspiré, les Grandes et Inestimables Chroniques de l’énorme géant Gargantua. Il prétend néanmoins, facétieusement, s’en distinguer par la véracité des faits qu’il s’apprête à rapporter et dont il affirme avoir été le témoin en tant que serviteur du héros.

Après l’évocation de l’origine des géants et de la généalogie de Pantagruel vient le récit de la naissance de ce dernier, en pleine période de sécheresse (d’où son nom, Pantagruel, qui signifie « tout altéré »). Sa mère, Badebec, meurt durant l’accouchement, laissant Gargantua, son père, partagé entre chagrin et joie. L’enfance de Pantagruel est une succession d’exploits bien dignes d’un géant. Devenu adulte, il est envoyé à Poitiers pour étudier. Il en profite pour faire un tour de France des universités, et s’emporte, en chemin, contre un Limousin qui écorche la langue française. Puis il se rend à Paris, où il visite la bibliothèque de l’abbaye Saint-Victor, et dresse une liste comique des ouvrages, réels ou imaginaires, qu’elle contient. Son père lui envoie une lettre – véritable programme humaniste – dans laquelle il le rappelle à ses devoirs, intellectuels et moraux.

Pantagruel fait alors la rencontre de Panurge, sorte de vagabond génial qui s’exprime en pas moins de quatorze langues : ils deviennent aussitôt amis et ne se quitteront plus. Les connaissances encyclopédiques acquises par le jeune géant lui valent une certaine renommée, et on fait appel à lui pour juger dans un procès qui s’éternise. Après avoir écouté les arguments inintelligibles des deux plaignants, il rend lui-même un verdict incompréhensible, dans une parodie de jargon judiciaire qui satisfait tout le monde. Les dix chapitres suivants sont consacrés à Panurge, ses aventures rocambolesques, ses idées extravagantes, son art de la rhétorique, ses mœurs dissolues, ses déboires sentimentaux, ses manœuvres douteuses...

Pantagruel apprend que son père « a été transporté au pays des fées » et que les Dipsodes en ont profité pour envahir son royaume d’Utopie. Aussitôt, il décide de retourner dans sa terre natale, accompagné de Panurge et de quelques compagnons. Parvenus à destination au terme d’un long périple, ils doivent affronter six cent soixante chevaliers que Panurge défait à lui seul par un habile stratagème. Après avoir érigé un trophée en l’honneur de leur victoire, Pantagruel et ses compagnons se dirigent vers la capitale, occupée par Anarche, le roi des Dipsodes. Grâce à une nouvelle ruse, ils ravagent le camp ennemi et Pantagruel noie les soldats en urinant. Il lui faut encore affronter et vaincre Loup-Garou et ses trois cents géants.

De son côté, Panurge parvient à ressusciter Épistémon, l’un de leurs compagnons qui a eu la tête tranchée au cours du combat, et celui-ci peut alors raconter ce qu’il a vu au royaume des morts. Les vainqueurs entrent triomphalement dans la ville. Pour punir Anarche, Panurge fait de lui un crieur de sauce verte et le marie à une vieille lanternière. Finalement, Pantagruel et son armée décident de s’emparer de tout le pays des Dipsodes. En chemin, ils sont pris sous une grosse averse : Pantagruel couvre son armée avec sa langue. Le narrateur, qui n’a pas trouvé de place pour s’abriter, pénètre dans la bouche du géant et y découvre tout un monde. Il y passe plusieurs mois, et, en sortant, reçoit en cadeau une seigneurie. Plus tard, Pantagruel tombe malade. Les médicaments étant sans effet, on fait entrer dans son corps une troupe d’hommes chargés de nettoyer son estomac. Ainsi s’achève « l’histoire horrifique » de Pantagruel, à laquelle le narrateur promet de donner une suite.

2. Le rire, force vitale

Écrit dans une langue qui, par sa richesse et sa « modernité », constitue, dix-sept ans avant le texte fameux de Du Bellay, une véritable « défense et illustration de la langue française », Pantagruel ne vient pas de nulle part. Rabelais s’inspire, tout en s’en moquant, des « chroniques gargantuines », reprises populaires plus ou moins parodiques des romans de chevalerie narrant les exploits du géant Gargantua. À la littérature chevaleresque, héritière de la légende arthurienne, l’écrivain emprunte en les forçant de nombreux traits : prétention à la véracité (pour des faits évidemment invraisemblables), précision des descriptions (ici caricaturée sous forme d’accumulations et de listes interminables), formules diverses (comme les adresses au lecteur pris à témoin), et, bien sûr, « prouesses » guerrières d’un héros lui-même hyperbolique.

À ce premier récit, d’une fantaisie débridée, troué de digressions, empruntant sans cesse des voies de traverse, nourri d’une imagination débordante et d’une extraordinaire inventivité verbale, succédera deux ans plus tard avec Gargantua