Notre-Dame de Paris de Victor Hugo - Encyclopaedia Universalis - ebook

Notre-Dame de Paris de Victor Hugo ebook

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À la mi-mars 1831, lorsque paraît, sous son titre complet, Notre-Dame de Paris, 1482, Victor Hugo (1802-1885) n'a que vingt-huit ans. [...] Le manuscrit se divise en onze livres et cinquante-neuf chapitres, dont trois, supprimés dans la première édition de 1831, seront réintégrés dans l'édition complète de 1832. Le livre connaît dès sa sortie un grand succès malgré quelques critiques négatives (un « déluge de mauvais goût » selon Balzac). Il fera très vite l'objet de rééditions, presque toutes illustrées, et, par la suite, d'un nombre considérable d'adaptations.


Une fiche de lecture spécialement conçue pour le numérique, pour tout savoir sur Notre-Dame de Paris de Victor Hugo.


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ISBN : 9782341003827

© Encyclopædia Universalis France, 2022. Tous droits réservés.

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Ce volume présente des notices sur des œuvres clés de la littérature ou de la pensée autour d’un thème, ici Notre-Dame de Paris, Victor Hugo (Les Fiches de lecture d'Universalis).

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NOTRE-DAME DE PARIS, Victor Hugo (Fiche de lecture)

À la mi-mars 1831, lorsque paraît, sous son titre complet, Notre-Dame de Paris, 1482, Victor Hugo (1802-1885) n’a que vingt-huit ans. Il s’est déjà rendu célèbre par ses poèmes ‒ Odes et ballades (1822-1828), Les Orientales (1829)‒ et ses pièces de théâtre ‒ Cromwell (1827)etsurtout Hernani(1830) ‒, qui en ont fait le chef de file du mouvement romantique. Il a également écrit deux romans, Han d’Islande (1823) et Bug-Jargal (1826). S’ils sont passés relativement inaperçus, ils ont pourtant convaincu l’éditeur Charles Gosselin de lui commander un roman « à la Walter Scott », l’écrivain écossais qui connaît dans l’Europe entière, avec Ivanhoé (1819) et Quentin Durward(1823), un immense succès. Le contrat est signé en novembre 1828. Occupé à la rédaction du Dernier Jour d’un condamné puis d’Hernani, Hugo délaisse la commande jusqu’à l’été de 1830 où, menacé de poursuites financières, il s’enferme et compose en six mois son roman. Le manuscrit se divise en onze livres et cinquante-neuf chapitres, dont trois, supprimés dans la première édition de 1831, seront réintégrés dans l’édition complète de 1832. Le livre connaît dès sa sortie un grand succès malgré quelques critiques négatives (un « déluge de mauvais goût » selon Balzac). Il fera très vite l’objet de rééditions, presque toutes illustrées, et, par la suite, d’un nombre considérable d’adaptations.

1. Passions individuelles et fièvres collectives

Le 6 janvier 1482, la représentation d’un mystère du poète Pierre Gringoire est interrompue par l’élection du pape des fous : c’est Quasimodo, le sonneur de cloches de Notre-Dame, borgne, bossu et boiteux, qui est élu. Plus tard, sur la place de Grève, Esmeralda, une jeune bohémienne surnommée l’Égyptienne, danse au milieu de la foule. Dans la nuit, deux hommes, dont Quasimodo, tentent d’enlever Esmeralda, mais cette dernière est secourue par le capitaine de la garde Phœbus de Châteaupers. Quasimodo est arrêté, tandis que son compagnon réussit à s’enfuir. Gringoire, qui avait suivi la bohémienne et assisté à toute la scène, se retrouve au milieu de la cour des Miracles, le quartier des mendiants et des truands. Fait prisonnier et sur le point d’être pendu, il ne doit son salut qu’à l’intervention d’Esmeralda.

Seize ans plus tôt, un bébé infirme et contrefait abandonné sur le parvis de la cathédrale a été recueilli par un jeune prêtre, Claude Frollo. À la fois théologien, savant et alchimiste, celui-ci est à présent l’archidiacre de la cathédrale où l’enfant, surnommé Quasimodo, a grandi.

Accusé de la tentative de rapt d’Esmeralda et condamné à être exposé au pilori en place de Grève, il doit subir les moqueries et les violences de la foule hostile. Esmeralda, prise de pitié, lui donne à boire. Plusieurs semaines après, Frollo apprend qu’Esmeralda est amoureuse de Phœbus, lui-même fiancé et sur le point de se marier à Fleur-de-Lys. Le prêtre, qui a fait vœu de chasteté et affiche une austère vertu, désire en secret la belle bohémienne. Il suit Phœbus, qui a donné rendez-vous à la jeune fille, le poignarde puis s’enfuit. Accusée du meurtre du capitaine (qui, en réalité, a survécu) et de sorcellerie, Esmeralda est condamnée à la pendaison. Dans son cachot, elle reçoit la visite de Frollo, qui lui promet de la sauver si elle l’aime en retour. Mais persuadée que Phœbus est mort, elle préfère renoncer à la vie. Au moment où on va lui passer la corde au cou, Quasimodo surgit et l’enlève. Ils se réfugient dans la cathédrale, protégés par le droit d’asile.

Frollo demande à Gringoire de tenter de délivrer Esmeralda. Celui-ci fait appel aux truands de la cour des Miracles, mais comme ils s’apprêtent à investir la cathédrale, Quasimodo déverse sur eux du plomb fondu jusqu’à l’arrivée des soldats du roi, qui mettent en fuite les assaillants.

Profitant de la confusion, Frollo entraîne Esmeralda hors de la cathédrale, puis, comme elle persiste à se refuser à lui, il la livre aux autorités. Du haut des tours, Quasimodo et Frollo assistent tous deux à son exécution. Entendant le rire vengeur du prêtre, Quasimodo le précipite dans le vide. Il disparaît ensuite dans la cave de Montfaucon, le charnier où s’entassent les restes des condamnés, se laisse mourir en veillant sur le corps d’Esmeralda qui vient d’y être déposé.

2. Vers le « roman dramatique »

Commune au mouvement romantique européen, la référence au Moyen Âge répond à un double enjeu, politique et esthétique : d’une part, l’écriture d’un « roman national » et postrévolutionnaire, dont l’acteur serait le peuple lui-même ; d’autre part, l’affranchissement des règles du classicisme héritées de l’Antiquité et de la Renaissance.

En situant le début de son livre « un jour dont l’histoire [n’a pas] gardé le souvenir » (livre premier, chap. 1), Hugo choisit de faire revivre un Moyen Âge vivant et populaire, incarné tantôt par un défilé de silhouettes aux noms et aux parlers pittoresques, tantôt par de grandes scènes de foules qui ne sont pas sans évoquer les émeutes dont Hugo a été le témoin au cours de la « révolution de juillet », les 27, 28 et 29 juillet 1830. De même, la distance historique n’empêche pas les attaques transparentes contre les pouvoirs religieux (fanatisme et hypocrisie de Frollo), judiciaires (iniquité des procès de Quasimodo et d’Esmeralda) et politiques (machiavélisme de Louis XI).

Plus largement, l’année 1482 s’inscrit dans une période de transition, entre le Moyen Âge et la Renaissance. La cathédrale, achevée près de deux cents ans plus tôt, apparaît déjà vieillie et presque obsolète : l’imprimerie s’apprête à supplanter le « livre de pierre » dans l’éducation du peuple (livre cinquième, chap. 2, « Ceci tuera cela »). Une période qui fait écho aux années 1830, cet « entre deux » ressenti par la jeunesse romantique comme « quelque chose de semblable à l’océan qui sépare le vieux monde de la jeune Amérique » (Alfred de Musset, La Confession d’un enfant du siècle, 1836).

Au cœur de cette vaste fresque historique et politique, que représente la cathédrale pour Hugo ? D’abord, un élément essentiel de son décor familier, le Paris encore en grande partie médiéval d’avant les travaux d’Haussmann, et un enjeu concret des débats autour de la préservation du patrimoine, auxquels Hugo a déjà pris part (« Guerre aux démolisseurs », 1825).

Mais Notre-Dame peut aussi être vue comme une matérialisation de l’art poétique hugolien. On peut même parler ici de personnification, tant la cathédrale est constamment humanisée, avec ses « rides » et ses « cicatrices ». Foisonnement et variété d’une « vaste symphonie », monumentalité sublime d’une « œuvre colossale », fourmillement de détails peuplant une « construction hybride » : Notre-Dame est à l’image du livre auquel elle donne son titre, son sujet et sa forme. – récit traversé de digressions, œuvre « bizarre » alternant les registres et multipliant les références génériques. À l’image aussi de celui qui l’habite et l’incarne, Quasimodo, créature hybride, mélange de laid et de sublime, d’humain et d’animal, comme le veut le romantisme, et premier des « monstres » hugoliens, avant Gwynplaine (L’Homme qui rit) et Gilliatt (Les Travailleurs de la mer).... On retrouve cette alliance des contraires chez Frollo, vertueux et concupiscent, double inversé de Quasimodo, chez Phœbus, autre antithèse de Quasimodo, le beau capitaine à l’âme médiocre, et bien sûr Esmeralda, vierge et sorcière, modèle de sensualité et de pureté.

Il y a dans cette ambivalence généralisée, dans ce combat universel entre le corps et l’esprit, une fatalité (anankè en grec, comme l’inscription trouvée sur une colonne de la cathédrale au début du roman) qui pèse sur les destinées individuelles et collectives, infléchissant le roman à la fois vers la tragédie et vers le mythe, ou peut-être vers ce « roman dramatique » que Hugo appelait de ses vœux dès 1825 dans un article consacré à Walter Scott : « C’est le roman à la fois drame et épopée, pittoresque mais poétique, réel mais idéal, vrai mais grand, qui enchâssera Walter Scott dans Homère. »

Guy BELZANE

HUGO VICTOR (1802-1885)

Introduction