Girodet (Paris - 2005) - Encyclopaedia Universalis - ebook

Girodet (Paris - 2005) ebook

Encyclopaedia Universalis

0,0
8,89 zł

Opis

La magistrale rétrospective Girodet, 1767-1824, tenue au musée du Louvre du 22 septembre 2005 au 2 janvier 2006, avant de gagner, légèrement modifiée, l'Art Institute de Chicago, le Metropolitan Museum de New York, puis le musée des Beaux-Arts de Montréal, a remporté à Paris un succès...

À PROPOS DE L’Encyclopaedia Universalis

Reconnue mondialement pour la qualité et la fiabilité incomparable de ses publications, Encyclopaedia Universalis met la connaissance à la portée de tous. Écrite par plus de 7 200 auteurs spécialistes et riche de près de 30 000 médias (vidéos, photos, cartes, dessins…), l’Encyclopaedia Universalis est la plus fiable collection de référence disponible en français. Elle aborde tous les domaines du savoir.

Ebooka przeczytasz w aplikacjach Legimi lub dowolnej aplikacji obsługującej format:

EPUB
MOBI

Liczba stron: 56




Universalis, une gamme complète de resssources numériques pour la recherche documentaire et l’enseignement.

ISBN : 9782341009768

© Encyclopædia Universalis France, 2019. Tous droits réservés.

Photo de couverture : © Bluraz/Shutterstock

Retrouvez notre catalogue sur www.boutique.universalis.fr

Pour tout problème relatif aux ebooks Universalis, merci de nous contacter directement sur notre site internet :http://www.universalis.fr/assistance/espace-contact/contact

Les grandes expositions sont l’occasion de faire le point sur l’œuvre d’un artiste, sur une démarche esthétique ou sur un moment-clé de l’histoire des cultures. Elles attirent un large public et marquent de leur empreinte l’histoire de la réception des œuvres d’art.

Sur le modèle des fiches de lecture, les fiches exposition d’Encyclopaedia Universalis associent un compte rendu de l’événement avec un article de fond sur le thème central de chaque exposition retenue : - pour connaître et comprendre les œuvres et leur contexte, les apprécier plus finement et pouvoir en parler en connaissance de cause ; - pour se faire son propre jugement sous la conduite de guides à la compétence incontestée.

Afin de consulter dans les meilleures conditions cet ouvrage, nous vous conseillons d'utiliser, parmi les polices de caractères que propose votre tablette ou votre liseuse, une fonte adaptée aux ouvrages de référence. À défaut, vous risquez de voir certains caractères spéciaux remplacés par des carrés vides (□).

Girodet (Paris - 2005)

La magistrale rétrospective Girodet, 1767-1824, tenue au musée du Louvre du 22 septembre 2005 au 2 janvier 2006, avant de gagner, légèrement modifiée, l’Art Institute de Chicago, le Metropolitan Museum de New York, puis le musée des Beaux-Arts de Montréal, a remporté à Paris un succès public mérité mais inattendu, l’artiste n’étant vraiment connu que des spécialistes. Elle a permis de le replacer parmi les peintres les plus inventifs et singuliers d’une époque riche en mutations : celle où, de la fin de l’Ancien Régime à la Restauration, est née la France du XIXe siècle.

Le parcours de l’exposition avait été mûrement réfléchi par son commissaire, Sylvain Bellenger. La rotonde à l’entrée mettait en valeur un des tableaux majeurs de l’artiste, La Révolte du Caire (1810), peu visible habituellement car conservé au musée de l’Histoire de France à Versailles, et constituant donc un choc esthétique pour la majorité des visiteurs. Il s’agissait là d’une entorse spectaculaire au principe d’un itinéraire fondé sur la chronologie, des débuts de Girodet dans l’atelier de Jacques Louis David, en 1785, jusqu’à l’ultime chef-d’œuvre, Pygmalion et Galatée (1819), récemment acquis par le Louvre. Il était ainsi possible de mesurer l’impact de l’enseignement du maître, aboutissant, après plusieurs essais infructueux, au prix de Rome remporté par Girodet en 1789, avant d’être confronté à ses deux premiers grands formats, le célébrissime Sommeil d’Endymion (1791, Louvre) et, beaucoup moins connu, Le Christ mort soutenu par la Vierge (1789, église Saint-Victor, Montesquieu-Volvestre). Comme Une scène de déluge et Les Funérailles d’Atala (1806 et 1808, Louvre), ces deux tableaux bénéficiaient d’une salle à part, présentés seuls, avec une esquisse ou deux dessins préparatoires, ce qui permettait à la fois de souligner l’importance de ces œuvres et de provoquer la réflexion du spectateur. Les années de Girodet à l’Académie de France à Rome, puis à Naples, avant son retour en France en 1795, étaient illustrées par quelques paysages et par Hippocrate refusant les présents d’Artaxerxès (1792, musée d’Histoire de la médecine, faculté de médecine, Paris), « modèle de vertu » néo-classique offert par le peintre à son tuteur, le docteur Trioson. Un ensemble de dessins sur le thème d’Ossian introduisait ensuite à l’un des tableaux qui ont établi Girodet comme l’artiste du bizarre : L’Apothéose des guerriers français morts pour la patrie pendant la guerre de la Liberté (1801, Malmaison), peinte pour Bonaparte. D’autres commandes décoratives lui permirent d’imposer son talent dans le Paris du Directoire et du Consulat, où il était célèbre, y compris pour le scandale provoqué par Mademoiselle Lange en Danaé (1799, Minneapolis Institute of Art).

Après les grands tableaux de l’Empire, l’exposition prenait un tour thématique avec trois salles consacrées au portrait. Portrait « politique » avec le Chateaubriand (musée de Saint-Malo) que Napoléon, au Salon de 1810, aurait qualifié de « conspirateur qui descend par la cheminée ». Portrait de famille avec les représentations du fils du docteur Trioson, Benoît Agnès, de l’enfance à l’adolescence. Portrait de commande enfin, débouchant naturellement sur les Turcs, Indiens et autres odalisques qui font de Girodet un des tout premiers orientalistes. Enfin venaient plusieurs salles consacrées à l’un des dessinateurs les plus remarquables de son temps, qu’il ait travaillé à l’illustration de recueils de Racine, Virgile, Anacréon, Sapho ou Ossian, qu’il ait eu en vue tel ou tel tableau (réalisé ou non), ou pour le dessin en tant que tel. La sélection rigoureuse présentait ainsi toutes les facettes de son activité, alliant œuvres célèbres et tableaux réapparus il y a peu.

Le musée des Beaux-Arts de Dijon abordait par ailleurs la question des paysages, discutés quant à leur attribution ; le palais de Compiègne, celle des décors peints par Girodet et son atelier pour les appartements impériaux. Quant au musée Girodet de Montargis, dégarni d’une partie de ses fonds, il évoquait, dans une stimulante présentation, les élèves de David. À l’occasion de l’exposition, la correspondance de l’artiste a été rassemblée, dont on attend la publication – et pourquoi pas celle de ses autres œuvres littéraires ? De plus, un essai (Girodet, Biro éditeur-Réunion des musées nationaux, Paris, 2005) a été confié à une jeune spécialiste, Anne Lafont, qui voit dans les réactions de l’artiste à l’autre le principe unificateur de sa création. L’altérité est ici entendue, à la suite d’études anglo-saxonnes, dans une très large acception : sexuelle, sociale et familiale, mais aussi politique, dans une époque particulièrement complexe de ce point de vue, enfin raciale, le portrait du député de Saint-Domingue Jean-Baptiste Belley (avant 1797, château de Versailles), jouant un rôle essentiel. Les conclusions de l’auteur, partielles ou d’ensemble, appellent toujours une discussion féconde, même si on peut regretter une interprétation quelquefois historiquement discutable, trop cursive ou très systématique.

C’est néanmoins le catalogue du Louvre (Gallimard-Musée du Louvre, Paris, 2005) qui est appelé désormais à faire référence. Outre une analyse détaillée de chacune des œuvres exposées, on y trouve nombre d’essais interprétatifs sur les différents aspects de la vie, de l’œuvre et de la carrière de l’artiste. Il ressort de l’ensemble cette donnée majeure : on ne saurait réduire à une seule explication une personnalité aussi riche, complexe et, en définitive, attachante, que celle de Girodet.

Barthélémy JOBERT

ORIENTALISME

Introduction

Par sa longévité et son ampleur, l’orientalisme apparaît aujourd’hui comme l’une des tendances importantes de l’art du XIXe