Éthique de Spinoza - Encyclopaedia Universalis - ebook

Éthique de Spinoza ebook

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Rédigée entre 1661 et 1675, publiée de façon posthume et quasi anonymement, en 1677, l’année de la mort de son auteur, interdite avec le reste des écrits du philosophe en 1678, l’ Éthique ( Ethica ordine geometrico demonstrata) est une des œuvres majeures de la philosophie occidentale.

Une fiche de lecture spécialement conçue pour le numérique, pour tout savoir sur Éthique de Spinoza

Chaque fiche de lecture présente une œuvre clé de la littérature ou de la pensée. Cette présentation est couplée avec un article de synthèse sur l’auteur de l’œuvre.

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ISBN : 9782852298446

© Encyclopædia Universalis France, 2019. Tous droits réservés.

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Bienvenue dans la collection Les Fiches de lecture d’Encyclopædia Universalis.

Ce volume présente des notices sur des œuvres clés de la littérature ou de la pensée autour d’un thème, ici Éthique, Spinoza (Les Fiches de lecture d'Universalis).

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ÉTHIQUE, Spinoza (Fiche de lecture)

Rédigée entre 1661 et 1675, publiée de façon posthume et quasi anonymement, en 1677, l’année de la mort de son auteur, interdite avec le reste des écrits du philosophe en 1678, l’Éthique (Ethica ordine geometrico demonstrata) est une des œuvres majeures de la philosophie occidentale. Contrairement à Descartes, Spinoza (1623-1677) ne s’attarde pas sur les problèmes de méthode : il fait sienne d’emblée celle des « géomètres ». Chacune des cinq parties du livre part de définitions, d’axiomes, de propositions suivies de démonstrations, scolies et lemmes qui en rendent l’évidence difficile au lieu d’en faciliter l’accès. Car démontrer, ce n’est pas seulement se convaincre ou convaincre autrui, c’est inventer l’intelligibilité elle-même. De Dieu à la liberté humaine, l’Éthique se déploie selon un plan déductif. Liberté et puissance de connaître sont identiques. Qu’un des plus grands traités touchant les questions de métaphysique s’intitule « éthique » ne doit pas tromper : le but de la connaissance est la béatitude. Celle-ci repose sur la connaissance que nous pouvons prendre de l’être et de la place que nous occupons en lui.

Baruch Spinoza. «Nous ne désirons pas une chose parce qu'elle est bonne, mais au contraire c'est parce que nous la désirons que nous la disons bonne.» Ouvrage scandaleux à plus d'un titre, l'Éthique de Spinoza (1632-1677) redéfinit le rapport de l'homme à la vérité et au désir. Portrait de Spinoza par Jean-Charles François, d'après Delhay. (AKG)

• Dieu, substance active

C’est ainsi que le premier livre de l’Éthique s’intitule « De Dieu ». Source unique du monde ou ensemble des réalités qui le composent, le Dieu dont part Spinoza est l’unique substance, « cause d’elle-même », éternelle et infinie, qui n’admet aucune extériorité et n’est extérieure à rien. C’est en elle qu’il faut chercher les modes, eux-mêmes éternels et infinis, qui l’expriment. Ses attributs, qui sont « ce que l’entendement perçoit d’une substance comme constituant son essence » sont, pour nous, au nombre de deux : l’étendue et la pensée. Distincts les uns des autres, les attributs n’expriment cependant pas le point de vue du sujet percevant ou connaissant. Ils sont bien les attributs d’une même substance : Spinoza insiste sur cette parfaite corrélation entre l’étendue et la pensée, – l’un des points les plus controversés de son traité, dans la mesure où il mène tout droit au matérialisme, voire à l’athéisme, auquel certains réduiront la pensée du philosophe.

• Du désir à la joie

Cette « ontologie » a des conséquences quant à la conception de l’homme, que le second livre (« Nature et origine de l’esprit ») va déployer. L’homme est défini non par la raison mais par le désir : « Le désir est l’essence même de l’homme. » Ce que l’homme désire est bon, et ce n’est pas le bien qu’il désire qui définit le bien. Persévérer dans son être (conatus) est son essence : tout ce qui accroît sa puissance d’être sera donc bon. La morale, ici, n’est en rien définie à partir d’un ordre transcendant à notre nature. Quant à la liberté, elle n’est qu’une illusion issue d’une fausse conception de l’acte volontaire : c’est l’ignorance des causes qui nous déterminent qui engendre cette méconnaissance (livre III, « Nature et origine des sentiments »). La vraie liberté, objet des deux derniers livres (« La servitude humaine ou les forces des sentiments » et « La puissance de l’entendement ou la liberté humaine »), repose sur la « connaissance du troisième genre » – différente de la connaissance par imagination (l’opinion), ou de la connaissance par les causes (la science). « Joie exempte de toute tristesse », « amour intellectuel de Dieu », elle nous permet de saisir tout dans son éternelle nécessité. Philosophie de l’affirmation du pouvoir d’être, libre de tout ressentiment, la pensée de Spinoza débouche sur une pensée de l’être-ensemble substantiellement anti-autoritaire instaurant la liberté, finalité de l’État, dans la paix. Parti du cartésianisme et de ses exigences de rationalité issues des sciences physiques, Spinoza débouche sur une sagesse dégrisée de toute illusion qui n’est pas sans annoncer Nietzsche, qui l’admirait.

Peu d’ouvrages auront eu autant de retentissements et suscité autant de lectures contradictoires : athéisme, panthéisme, déisme. On a également souligné la proximité de la philosophie de Spinoza avec la pensée hébraïque, ainsi qu’avec le panthéisme d’un Giordano Bruno. Les philosophes du romantisme allemand (Herder, Jacobi, Lessing...) débattent à leur tour de l’Éthique. La singularité de l’œuvre demeure intacte, et les lecteurs savants (Guéroult, Alquié, Deleuze...) ou anonymes n’ont pas fini d’interroger l’une des plus étonnantes productions que l’esprit humain ait pu engendrer.

Francis WYBRANDS

Bibliographie
B. SPINOZA, Éthique, édition et traduction C. Appuhn, Garnier, Paris 1904 (traduction, Garnier-Flammarion, Paris, 1965) ; Éthique, édition et traduction B. Pautrat, Seuil, Paris, 1988.
Études
F. ALQUIÉ, Le Rationalisme de Spinoza, P.U.F., Paris, 1981G. DELEUZE, Spinoza et le problème de l’expression, Minuit, Paris, 1978M. GUÉROULT, Spinoza, « Éthique », 2 vol., Aubier, Paris, 1968 et 1974P. MACHEREY, Introduction à l’« Éthique », 5 vol., P.U.F., Paris, 1994-1998.

SPINOZA (1632-1677)

Introduction

Le spinozisme passe ordinairement pour être la philosophie même de la totalité, de la nécessité et de l’éternité. Mais comme ces concepts, destinés à définir l’être de la Substance, ou Nature, sont saisis et posés par la seule raison, en même temps que leurs implications sont déployées selon la plus rigoureuse, la plus « mathématique » et la plus abstraite des nécessités, le spinozisme se donne à la limite comme le plus parfait modèle du « système philosophique », sinon même comme le système.

Cette approche n’est pas sans danger : dans le temps même, en effet, qu’on pose le système, on en pose la caducité puisqu’en général on rapporte uniquement le spinozisme à l’effort de la philosophie rationnelle et dogmatique pour constituer, au XVIIe siècle, un système du monde et de Dieu, effort simplement daté et n’ayant abouti qu’à des idéologies illusoires ou mensongères dont seuls le kantisme et le marxisme sauraient effectuer la critique. La conscience moderne étant, croit-elle, avertie qu’il n’existe ni être en soi ni totalité, mais seulement la contingence singulière de l’individu ou la nécessité de l’histoire, on conçoit que le spinozisme puisse en fin de compte n’être regardé que comme l’un de ces systèmes « mathématiques » ou « romantiques » que le temps a emportés.

Indépendamment de ces considérations historicistes, l’examen de la cohérence même de la doctrine contribuerait, croit-on, à rejeter celle-ci hors du champ de la réflexion utilisable aujourd’hui. N’y a-t-il pas, en effet, une contradiction insurmontable entre l’établissement du système comme imbrication d’essences intemporelles et nécessaires, et la recherche de la sagesse comme mouvement et itinéraire, d’une part, comme expérience philosophique de la liberté et de la joie, d’autre part ? N’y a-t-il pas contradiction entre le tout et l’homme singulier, entre l’éternité et le temps, entre la nécessité et la libération, entre la rigueur démonstrative et l’expérience de la béatitude ? En un mot, n’y a-t-il pas contradiction flagrante entre le Dieu du livre Ier de L’Éthique