Crash test - Alexandra Bitouzet - ebook

Crash test ebook

Alexandra Bitouzet

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Opis

Histoire d'un amour kamikaze...Dans un style spontané et tenace, Alexandra Bitouzet, dont Crash test est le premier livre publié, nous propose une vision du couple comme autant de collisions, frontales ou latérales, qui en laissera plus d'un sous le choc !À travers cinq récits brefs et incisifs, Alexandra Bitouzet dissèque habilement la violence des relations amoureuses.EXTRAITJe suis désespérée. Désespérément désespérée. Et amoureuse. Et je m’accroche. Je me suis fait tatouer ton prénom sur mon cœur . Au plus près de ma douleur. Le tatoueur n’y tenait pas trop alors je lui ai dit que c’était le prénom de mon défunt frère. Ah ça, j’ai souffert en le faisant faire. Mais quel bonheur !Tu le mérites bien. Souffrir pour toi n’est pas vraiment souffrir. Comme je suis heureuse d’avoir rencontré un homme comme toi ! Je n’oublierai jamais le jour où nos routes se sont croisées. En même temps, passer outre aurait été difficile. Cette nuit de novembre, il pleuvait tant. Maladroite invétérée aux pneus lisses. Sous cette pluie battante, tu m’as percutée.À PROPOS DE L'AUTEUR« Je suis née en 1980. Ce qui me paraît important, dans la vie, ce sont mes enfants, Léopold et Élisa. C'est sans doute pour eux que j'écris parce que je pense que c'est ce que l'on peut laisser de plus important à un enfant, plus qu'une baraque ou une forêt de chênes. Des mots qui resteront. Je travaille souvent avec ma sœur jumelle, Lili. Elle peint et j'écris des petits textes pour ses toiles. L'avoir est une chance pour moi. J'écris et je lis depuis toujours, mais ça c'est bateau. Le souci, c'est que ce qu'il faudrait dire de moi, j'ai pas vraiment envie que ça se sache... »Alexandra Bitouzet vit dans l’Yonne et écrit aux côtés de sa sœur jumelle Lili, artiste peintre.

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Crash test
Alexandra Bitouzet
Dédicace
Le premier est pour vous, mes petits, parce qu'une promesse est une promesse…
Face à face
Je suis désespérée. Désespérément désespérée. Et amoureuse. Et je m'accroche. Je me suis fait tatouer ton prénom sur mon cœur. Au plus près de ma douleur. Le tatoueur n'y tenait pas trop alors je lui ai dit que c'était le prénom de mon défunt frère. Ah ça, j'ai souffert en le faisant faire. Mais quel bonheur ! Tu le mérites bien. Souffrir pour toi n'est pas vraiment souffrir. Comme je suis heureuse d'avoir rencontré un homme comme toi ! Je n'oublierai jamais le jour où nos routes se sont croisées. En même temps, passer outre aurait été difficile. Cette nuit de novembre, il pleuvait tant. Maladroite invétérée aux pneus lisses. Sous cette pluie battante, tu m'as percutée. Par cette plaie béante, nous nous sommes rencontrés. Je brûlais d'impatience pendant que les secours tentaient de me désincarcérer. C'est que je n'en pouvais plus de tenir cette posture. Mes jambes n'étaient plus tout à fait à leur place mais je m'inquiétais surtout pour toi.Tu semblais si blême en me regardant. Pourtant, je ne souffrais pas, enfin, pas encore. Tu étais mouillé comme un petit chien esseulé sur le bord de l'autoroute. Tu n'arrêtais pas de te prendre la tête dans les mains en la secouant. J'aurais voulu te rassurer mais la mienne était coincée dans une minerve et m'empêchait d'effectuer le moindre mouvement.Ce merveilleux moment, ce divin face à face a duré bien longtemps. Je pense ne pas m'être montrée sous mon meilleur profil. De plus, j'ai dû passer pour une folle, à hurler comme je le faisais. Et tous ces cris. Et tout ce sang. Ces éclats de verre. Dure épreuve pour une rencontre.Tu as tenu à m'accompagner jusqu'à l'hôpital. Tu as tenu ma main tout le trajet. Ta main si douce et forte. Ta main que je découvrais en même temps que ta calvitie. Et tes dents si blanches. Et tes yeux si rouges. Je ne m'inquiétais pas. Je me sentais en sécurité près de toi. Le temps s'était arrêté. La pluie avait cessé. L'ambulance chantait son onomatopée.Toutes ces fleurs, ces chocolats que tu me fais livrer. C'est trop pour moi. Il ne faut pas. Je ne peux ni me pencher pour les sentir, ni m'asseoir pour les manger. Les infirmières sont ravies. Tu passes une fois par jour me rendre une petite visite. Parfois je dors. Parfois je pleure. Souvent je souffre. Te voir me met du baume au cœur. Car depuis toi, le passé n'existe plus.Maman est venue me voir hier. Elle pleurait beaucoup. J'ai eu du mal à la reconnaître tant ses yeux étaient bouffis de chagrin. Papa travaillait, il n'a pas pu se libérer. Ils ont tous l'air si anéantis. Le médecin parle de traumatismes crâniens avec perte de connaissance. J'ai juste l'impression d'avoir été assommée par la foudre, un gros coup de foudre. Je me sens heureuse. Cette nuit, j'ai rêvé d'un enfant. Je tapais de mes poings nus sur sa sépulture de terre. Je pleurais sans savoir pourquoi. Il n'y avait ni fleur, ni couronne. Juste de la terre. Et un nom sur une petite croix de bois. Théophile. Je me suis réveillée en sueur. J'ai ouvert les yeux. Et j'ai crié en silence. Conséquence de la trachéotomie.Marc, j'ai fini par apprendre son nom, est venu me voir. Nous avons longtemps discuté. Surtout lui. Moi, j'ai écouté. Il était derrière la porte. Il parlait avec le professeur. Mon sauveur, comme dit maman. J'ai compris, aux bribes de conversation qui me parvenaient, que j'allais passer beaucoup de temps ici. Sur ce lit au confort réduit. Fort heureusement privée de sensations, mon linceul ne démange que mon cou.