Architecture contemporaine - Encyclopaedia Universalis - ebook

Architecture contemporaine ebook

Encyclopaedia Universalis

0,0
8,89 zł

Opis

Jamais peut-être, depuis la fin du XVIe siècle en Italie, l'architecture ne s'était trouvée au seuil d'une pareille crise, soumise à une discussion d'une si grande virulence. D'après la variété actuelle des approches en architecture, on se rend compte qu'est désormais à bout de course, sinon totalement discréditée, ...

Ebooka przeczytasz w aplikacjach Legimi lub dowolnej aplikacji obsługującej format:

EPUB
MOBI

Liczba stron: 52




Universalis, une gamme complète de resssources numériques pour la recherche documentaire et l’enseignement.

ISBN : 9782341002639

© Encyclopædia Universalis France, 2019. Tous droits réservés.

Photo de couverture : © Kaspars Grinvalds/Shutterstock

Retrouvez notre catalogue sur www.boutique.universalis.fr

Pour tout problème relatif aux ebooks Universalis, merci de nous contacter directement sur notre site internet :http://www.universalis.fr/assistance/espace-contact/contact

Bienvenue dans ce Grand Article publié par Encyclopædia Universalis.

La collection des Grands Articles rassemble, dans tous les domaines du savoir, des articles :   ·  écrits par des spécialistes reconnus ;   ·  édités selon les critères professionnels les plus exigeants.

Afin de consulter dans les meilleures conditions cet ouvrage, nous vous conseillons d'utiliser, parmi les polices de caractères que propose votre tablette ou votre liseuse, une fonte adaptée aux ouvrages de référence. À défaut, vous risquez de voir certains caractères spéciaux remplacés par des carrés vides (□).

Architecture contemporaine

Introduction

Jamais peut-être, depuis la fin du XVIe siècle en Italie, l’architecture ne s’était trouvée au seuil d’une pareille crise, soumise à une discussion d’une si grande virulence. D’après la variété actuelle des approches en architecture, on se rend compte qu’est désormais à bout de course, sinon totalement discréditée, l’architecture moderne telle qu’on la concevait jusqu’ici, c’est-à-dire la syntaxe architectonique du XXe siècle, avec ses formes blanches, rectangulaires et abstraites, ses toits plats et ses vastes surfaces vitrées. Le style dit « international », pour entériner le nom donné en 1932 par Philip Johnson et Henry Russell Hitchcock à cette tendance alors universelle, semble-t-il, s’efface maintenant devant un pluralisme sans précédent de modes d’expression et d’attitudes. Si le deuxième quart du XXe siècle fut dominé par l’œuvre des maîtres « modernes », Frank Lloyd Wright, Le Corbusier, Mies van der Rohe, Walter Gropius et Alvar Aalto, le troisième quart a subi largement l’influence de ceux que Philip Drew a désignés comme la « troisième génération des architectes modernes », c’est-à-dire ceux qui sont nés dans les trois premières décennies du siècle, personnalités aussi diverses par l’âge et par les réalisations que Jørn Utzon (Danemark), Moshe Safdie (Israël), Arata Isozaki (Japon), James Stirling (Angleterre), Frei Otto (Allemagne), John Andrews (Canada) et Robert Venturi (États-Unis). Une décennie plus tôt environ, la liste aurait été différente ; elle aurait certainement inclus des artistes comme Eero Saarinen (États-Unis), Kenzo Tange (Japon), Oscar Niemeyer (Brésil) et Aldo Van Eyck (Pays-Bas). Que l’une et l’autre liste soit incomplète jusqu’à l’iniquité, c’est ce que souligne l’omission de deux figures marginales mais omniprésentes : Richard Buckminster Fuller et Louis I. Kahn, dont les contributions personnelles exercent encore aujourd’hui une influence indirecte sur le cours de l’architecture.

1. Après les avant-gardes

Étant donné la disparition générale de l’avant-garde – c’est-à-dire l’absence manifeste de cette large polémique et de cette clarté d’intention qui définissaient l’œuvre utopique des années vingt –, il n’est pas tout à fait juste de présenter le développement actuel de l’architecture en termes d’ismes, et cependant une grande part des entreprises intéressantes paraissent susceptibles d’être groupées sous l’une des quatre rubriques suivantes : néo-productivisme, néo-rationalisme, structuralisme et populisme. Toutefois, les architectes à qui nous appliquons ici ces vocables ne les emploient eux-mêmes que rarement, et, comme catégories critiques, ils sont utiles uniquement pour indiquer la coloration idéologique d’un ensemble d’œuvres déterminé. En outre, les catégories doivent recevoir dans chaque cas une définition spécifique, car les termes ont été employés dans des contextes divers et à des fins variées. L’œuvre des architectes rangés dans ces catégories est régie en gros par quatre principes distincts, qu’on peut caractériser respectivement technique (productivisme), formel (rationalisme), anthropologique (structuralisme) et contexturel (populisme).

Les catégories et caractéristiques ici proposées sont des repères commodes pour l’identification de quatre courants dans l’architecture contemporaine. Si ces tendances ne se limitent pas forcément à un groupe particulier ou à une culture nationale, on peut toutefois discerner les grandes lignes de certains groupements nationaux. Ainsi le néo-productivisme trouve-t-il ses principaux représentants en Angleterre, en Italie, en Allemagne, en Amérique et au Japon, tandis que les adeptes du néo-rationalisme sont en Italie, en Suisse, en Belgique, au Luxembourg, en Allemagne, en Espagne, en Amérique et au Japon encore. Le développement actuel de l’approche populiste est en bonne partie d’origine américaine, tandis que l’attitude structuraliste a connu un grand essor aux Pays-Bas. Mais on ne saurait ignorer un grand nombre d’œuvres de haute qualité, d’un régionalisme « éclectique », qui, nées souvent d’une des tendances définies ci-dessus, ne suivent pas une ligne de développement unique. Des exemples récents et variés en Catalogne, en Argentine et en Suisse semblent caractéristiques de ce type d’éclectisme.

Il faut aussi prendre garde qu’une œuvre rangée dans telle catégorie peut éventuellement présenter des traits qui justifieraient son inclusion dans une autre. Le bloc Habitat de Safdie est exemplaire à cet égard : alors que nous le classons ici sous la rubrique productivisme, il peut aussi bien être considéré comme un reflet de l’attitude « reçue » du structuralisme hollandais vis-à-vis de l’organisation spatiale.

• Le néo-productivisme

Le néo-productivisme, qu’il ne faut confondre ni avec le fonctionnalisme « blanc » du style international, ni avec le productivisme du mouvement constructiviste russe, est né, après la Seconde Guerre mondiale, essentiellement de l’œuvre de trois hommes : Ludwig Mies van der Rohe avec son culte ascétique du beinahe nichts, c’est-à-dire du « presque rien », R. Buckminster Fuller et son principe, nommé dymaxion, d’obtenir l’effet maximal avec le minimum de moyens, et Konrad Wachsmann, dont l’intérêt pour les procédés modernes de production des machines-outils (General Panel System House préfabriquée, 1956, en collaboration avec W. Gropius) fait un pionnier de l’école néo-productiviste. Parmi les premiers partisans de l’approche néo-productiviste, il y eut aussi le Suisse Max Bill, architecte et designer, dont le pavillon d’exposition démontable pour la Landesausstellung suisse de 1963 correspondait à une notion de Produktform, selon laquelle toute la structure et tout l’ordre architectonique dérivent directement des processus de production et d’assemblage (tel le Crystal Palace de Joseph Paxton, 1851). La priorité accordée à la production dans l’école de design fondée par Bill à Ulm en 1955, comme prolongement du Bauhaus d’avant-guerre, provoqua la création, à l’intérieur de la Hochschule für Gestaltung, d’un département de construction industrialisée, dans lequel la forme préfabriquée était d’abord réduite aux problèmes de sa production effective et de son assemblage, comme on peut en juger d’après les projets de cette société et de ses chercheurs qualifiés, en particulier Herbert Ohl et Willi Ramstein.