Les Diaboliques - Jules Amédée Barbey d'Aurevilly - ebook
Kategoria: Humanistyka Język: francuski Rok wydania: 1874

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Opis ebooka Les Diaboliques - Jules Amédée Barbey d'Aurevilly

Les Diaboliques est un recueil de six nouvelles de Jules Barbey d'Aurevilly, paru en novembre 1874 a Paris chez l'éditeur Dentu. Le projet de ce recueil de nouvelles devait s'intituler a l'origine Ricochets de conversation. Il fallut cependant pres de vingt-cinq ans a Barbey pour le voir paraître puisqu'il y travaillait déja en 1850 lorsqu'il fit paraître Le dessous de cartes d'une partie de whist dans le journal La Mode dans un feuilleton en trois parties, La Revue des Deux Mondes l'ayant refusé. Barbey revint en Normandie a la faveur des événements de la Commune et l'acheva en 1873.

Opinie o ebooku Les Diaboliques - Jules Amédée Barbey d'Aurevilly

Fragment ebooka Les Diaboliques - Jules Amédée Barbey d'Aurevilly

A Propos
Premiere préface aux Diaboliques
Préface de la premiere édition
Partie 1 - Le rideau cramoisi
A Propos Barbey d'Aurevilly:

Issu d'une famille anoblie au XVIIIe siecle, et l’aîné de quatre freres, il est élevé dans un milieu austere, monarchiste, ou le salon de sa grand-mere et les contes normands de la servante Jeanne Roussel frappent son imagination ; le romancier s’en souviendra plus tard. Il étudie au college Stanislas a Paris - ou il se lie avec Maurice de Guérin -, puis a la faculté de droit de Caen. Il rédige sa premiere nouvelle Le Cachet d’onyx en 1831. En 1833, apres avoir obtenu une licence de droit, il retourne a Paris ou il mene une existence de dandy. Il écrit plusieurs nouvelles et collabore en tant que journaliste littéraire au Constitutionnel en 1845. De républicain, il devient royaliste et accole « d’Aurevilly » a son nom. En 1847, il fonde l'éphémere Revue du monde catholique, de tendance ultramontaniste. Il défend Balzac et Baudelaire en 1857 mais attaque Les Misérables de Victor Hugo en 1862. En 1871, il s’engage dans la Garde nationale. Son ouvre la plus lue aujourd'hui est un recueil de nouvelles, Les Diaboliques (1874), histoires de passions et de crimes ou les personnages féminins jouent un rôle central. A la suite de la publication de l'ouvrage, un proces lui est intenté pour outrage a la morale publique, mais se conclut par un non-lieu. Il écrit en 1877 un livre satirique sur les Bas-bleus. Il est enterré a Saint-Sauveur-le-Vicomte. Source: Wikipedia

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Premiere préface aux Diaboliques

A qui dédier cela ?…

J. B. d’A.

Voici (sauf modifications ultérieures) la Préface de mes Diaboliques.

Pourquoi les Diaboliques ?

Est-ce pour les histoires qui sont ici ?

Ou pour les femmes de ces histoires ?

Qui sait ?

Les Histoires sont vraies. Rien d’inventé. Tout vu. Tout touché du coude ou du doigt. Il y aura certainement des tetes vives, montées par ce titre de Diaboliques, qui ne les trouveront pas aussi diaboliques qu’elles ont l’air de s’en vanter. Elles s’attendaient a des inventions, a des complications, a des recherches, a des raffinements, a tout le tremblement du mélodrame moderne, qui se fourre partout, meme dans le roman : quelque chose comme les Mémoires du Diable qui n’ont donné a leur auteur qu’une peine du Diable. Mais les Diaboliques ne sont point des diableries, ce sont des diaboliques : des histoires réelles de ce temps civilisé et si divin que, quand on s’avise de les écrire, il semble que ce soit le Diable qui ait dicté… Le Diable est comme Dieu. Le manichéisme qui est la souche de toutes les grandes hérésies du Moyen-âge, le manichéisme n’est pas si bete ! Malebranche disait que Dieu se reconnaissait a l’emploi DES MOYENS LES PLUS. Le Diable aussi.

Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les diaboliques ? N’ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom-la ?… Diabolique, il n’y en a pas une seule ici qui ne le soit a quelque degré. Il n’y en a pas une seule a qui on puisse dire le mot de « mon ange » sans exagérer. Comme le Diable qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, si elles sont des anges encore, c’est la tete en bas, le reste… en haut ! Pas une ici qui soit pure, vertueuse, innocente. Monstres meme a part, elles présentent un effectif de bons sentiments et de moralité bien peu considérable. Elles pourraient donc s’appeler Diaboliques sans l’avoir volé. On a voulu faire un petit Musée de ces Dames, en attendant qu’on fasse le Musée, encore plus petit, des Dames qui leur font pendant et contraste dans la société, car toutes choses sont doubles. L’Art a deux lobes, comme le cerveau. La Nature ressemble a ces femmes qui ont un oil bleu et un oil noir. Voici l’oil noir, dessiné a l’encre… de la PETITE VERTU. Oh ! de la plus petite qu’on ait pu trouver !

On donnera peut-etre l’oil bleu, plus tard, si on trouve du bleu assez, pur. Mais y en a-t-il ?

En ce cas-la, apres les DIABOLIQUES viendraient les CELESTES.

Fin de 1870. Décembre.

J. B. d’A.


Préface de la premiere édition

Voici les six premieres !

Si le public y mord, et les trouve a son gout, on publiera prochainement les six autres ; car elles sont douze, comme une douzaine de peches, – ces pécheresses !

Bien entendu qu’avec leur titre de Diaboliques, elles n’ont pas la prétention d’etre un livre de prieres ou d’Imitation chrétienne… Elles ont pourtant été écrites par un moraliste chrétien, mais qui se pique d’observation vraie, quoique tres hardie, et qui croit – c’est sa poétique, a lui – que les peintres puissants peuvent tout peindre et que leur peinture est toujours assez morale quand elle est tragique et qu’elle donne l’horreur des choses qu’elle retrace. Il n’y a d’immoral que les Impassibles et les Ricaneurs. Or, l’auteur de ceci, qui croit au Diable et a ses influences dans le monde, n’en rit pas, et il ne les raconte aux âmes pures que pour les en épouvanter.

Quand on aura lu ces Diaboliques, je ne crois pas qu’il y ait personne en disposition de les recommencer en fait, et toute la moralité d’un livre est la…

Cela dit pour l’honneur de la chose, une autre question. Pourquoi l’auteur a-t-il donné a ces petites tragédies de plain-pied ce nom bien sonore – peut-etre trop – de Diaboliques ?… Est-ce pour les histoires elles-memes qui sont ici ? ou pour les femmes de ces histoires ?…

Ces histoires sont malheureusement vraies. Rien n’en a été inventé. On n’en a pas nommé les personnages : voila tout ! On les a masqués, et on a démarqué leur linge. « L’alphabet m’appartient », disait Casanova, quand on lui reprochait de ne pas porter son nom. L’alphabet des romanciers, c’est la vie de tous ceux qui eurent des passions et des aventures, et il ne s’agit que de combiner, avec la discrétion d’un art profond, les lettres de cet alphabet-la. D’ailleurs, malgré le vif de ces histoires a précautions nécessaires, il y aura certainement des tetes vives, montées par ce titre de Diaboliques, qui ne les trouveront pas aussi diaboliques qu’elles ont l’air de s’en vanter. Elles s’attendront a des inventions, a des complications, a des recherches, a des raffinements, a tout le tremblement du mélodrame moderne, qui se fourre partout, meme dans le roman. Elles se tromperont, ces âmes charmantes !… Les Diaboliques ne sont pas des diableries : ce sont des Diaboliques, – des histoires réelles de ce temps de progres et d’une civilisation si délicieuse et si divine, que, quand on s’avise de les écrire, il semble toujours que ce soit le Diable qui ait dicté !… Le Diable est comme Dieu. Le Manichéisme, qui fut la source des grandes hérésies du Moyen Age, le Manichéisme n’est pas si bete. Malebranche disait que Dieu se reconnaissait, a l’emploi des moyens les plus simples. Le Diable aussi.

Quant aux femmes de ces histoires, pourquoi ne seraient-elles pas les DIABOLIQUES ? N’ont-elles pas assez de diabolisme en leur personne pour mériter ce doux nom ? Diaboliques ! il n’y en a pas une seule ici qui ne le soit a quelque degré. Il n’y en a pas une seule a qui on puisse dire sérieusement le mot de « Mon ange ! » sans exagérer. Comme le Diable, qui était un ange aussi, mais qui a culbuté, – si elles sont des anges, c’est comme lui, – la tete en bas, le… reste en haut ! Pas une ici qui soit pure, vertueuse, innocente. Monstres meme a part, elles présentent un effectif de bons sentiments et de moralité bien peu considérable. Elles pourraient donc s’appeler aussi « les Diaboliques », sans l’avoir volé… On a voulu faire un petit musée de ces dames, – en attendant qu’on fasse le musée, encore plus petit, des dames qui leur font pendant et contraste dans la société, car toutes choses sont doubles ! L’art a deux lobes, comme le cerveau. La nature ressemble a ces femmes qui ont un oil bleu et un oil noir. Voici l’oil noir dessiné a l’encre – a l’encre de la petite vertu.

On donnera peut-etre l’oil bleu plus tard.

Apres les DIABOLIQUES, les CELESTES… si on trouve du bleu assez pur…

Mais y en a-t-il ?

Jules BARBEY D’AUREVILLY.

Paris, 1er mai 1874.


Partie 1
Le rideau cramoisi