L’Amour Impossible - Jules Amédée Barbey d'Aurevilly - ebook
Kategoria: Obyczajowe i romanse Język: francuski Rok wydania: 1841

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Opis ebooka L’Amour Impossible - Jules Amédée Barbey d'Aurevilly

Extrait de la Préface: "L’Amour Impossible est a peine un roman, c’est une chronique, et la dédicace qu’on y a laissée atteste sa réalité. C’est l’histoire d’une de ces femmes comme les classes élégantes et oisives – le high life d’un pays ou le mot d’aristocratie ne devrait meme plus se prononcer – nous en ont tant offert le modele depuis 1839 jusqu’a 1848. A cette époque, si on se le rappelle, les femmes les plus jeunes, les plus belles, et, j’oserais ajouter, physiologiquement les plus parfaites, se vantaient de leur froideur, comme de vieux fats se vantent d’etre blasés, meme avant d’etre vieux. Singulieres hypocrites, elles jouaient, les unes a l’ange, les autres au démon, mais toutes, anges ou démons, prétendaient avoir horreur de l’émotion, cette chose vulgaire, et apportaient intrépidement, pour preuve de leur distinction personnelle et sociale, d’etre inaptes a l’amour et au bonheur qu’il donne... C’était inepte qu’il fallait dire, car de telles affectations sont de l’ineptie. Mais que voulez-vous ?"

Opinie o ebooku L’Amour Impossible - Jules Amédée Barbey d'Aurevilly

Fragment ebooka L’Amour Impossible - Jules Amédée Barbey d'Aurevilly

A Propos

Dédicace
Préface a la deuxieme édition (1859)
Partie 1

A Propos Barbey d'Aurevilly:

Issu d'une famille anoblie au XVIIIe siecle, et l’aîné de quatre freres, il est élevé dans un milieu austere, monarchiste, ou le salon de sa grand-mere et les contes normands de la servante Jeanne Roussel frappent son imagination ; le romancier s’en souviendra plus tard. Il étudie au college Stanislas a Paris - ou il se lie avec Maurice de Guérin -, puis a la faculté de droit de Caen. Il rédige sa premiere nouvelle Le Cachet d’onyx en 1831. En 1833, apres avoir obtenu une licence de droit, il retourne a Paris ou il mene une existence de dandy. Il écrit plusieurs nouvelles et collabore en tant que journaliste littéraire au Constitutionnel en 1845. De républicain, il devient royaliste et accole « d’Aurevilly » a son nom. En 1847, il fonde l'éphémere Revue du monde catholique, de tendance ultramontaniste. Il défend Balzac et Baudelaire en 1857 mais attaque Les Misérables de Victor Hugo en 1862. En 1871, il s’engage dans la Garde nationale. Son ouvre la plus lue aujourd'hui est un recueil de nouvelles, Les Diaboliques (1874), histoires de passions et de crimes ou les personnages féminins jouent un rôle central. A la suite de la publication de l'ouvrage, un proces lui est intenté pour outrage a la morale publique, mais se conclut par un non-lieu. Il écrit en 1877 un livre satirique sur les Bas-bleus. Il est enterré a Saint-Sauveur-le-Vicomte. Source: Wikipedia

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Il ne s’agit point de ce qui
est beau et amusant, mais tout
simplement de ce qui est.


Dédicace

Madame,

Je mets ce petit livre a vos pieds, et, fort heureusement, c’est une bonne place, car probablement il y restera. Les exigences dramatiques de notre temps préparent mal le succes d’un livre aussi simple que celui-ci. Il n’a pas l’ombre d’une prétention littéraire, et vous n’etes point une Philaminte : j’ai donc cru pouvoir vous le dédier. Ce ne serait qu’un conte bleu écrit pour vous distraire, si ce n’était pas une histoire tracée pour vous ressouvenir.

Dans un pays et dans un monde ou la science, si elle est habile, doit tenir tout entiere sur une carte de visite (le mot est de Richter), j’ai pensé qu’on devait offrir a l’une des femmes les plus spirituelles et les plus aimables de ce monde et de ce pays quelques légeres observations de salon, écrites sur le dos de l’éventail a travers lequel elle en a fait tant d’autres qui valaient bien mieux, et qu’elle n’a pas voulu me dicter.

Agréez, Madame, etc.,


Préface a la deuxieme édition (1859)

Le livre que voici fut publié en 184… C’était un début, et on le voit bien. L’auteur, jeune alors, et de gout. horriblement aristocratique, cherchait encore la vie dans les classes de la société qui évidemment ne l’ont plus. C’était la qu’il croyait pouvoir établir la scene de plusieurs romans, passionnés et profonds, qu’il revait alors ; et cette illusion de romans impossibles produisit l’Amour impossible. Le roman, en effet, n’est jamais que l’histoire de l’âme et de la vie a travers une forme sociale. Or l’âme et la vie n’habitaient pas beaucoup les boudoirs jonquille de l’époque ou se passe l’action, sans action, de ce livre auquel un critique bienveillant faisait trop d’honneur, l’autre jour, en l’appelant : une tragédie de boudoir.

L’Amour impossible est a peine un roman, c’est une chronique, et la dédicace qu’on y a laissée atteste sa réalité. C’est l’histoire d’une de ces femmes comme les classes élégantes et oisives – le high life d’un pays ou le mot d’aristocratie ne devrait meme plus se prononcer – nous en ont tant offert le modele depuis 1839 jusqu’a 1848. A cette époque, si on se le rappelle, les femmes les plus jeunes, les plus belles, et, j’oserais ajouter, physiologiquement les plus parfaites, se vantaient de leur froideur, comme de vieux fats se vantent d’etre blasés, meme avant d’etre vieux. Singulieres hypocrites, elles jouaient, les unes a l’ange, les autres au démon, mais toutes, anges ou démons, prétendaient avoir horreur de l’émotion, cette chose vulgaire, et apportaient intrépidement, pour preuve de leur distinction personnelle et sociale, d’etre inaptes a l’amour et au bonheur qu’il donne… C’était inepte qu’il fallait dire, car de telles affectations sont de l’ineptie. Mais que voulez-vous ? On lisaitLélia, – ce roman qui s’en ira, s’il n’est déja parti, ou s’en sont allésl’Astrée et la Clélie, et ou s’en iront tous les livres faux, conçus en dehors de la grande nature humaine et bâtis sur les vanités des sociétés sans énergie, – fortes seulement en affectations.

L’Amour impossible, qui malheureusement est un livre de cette farine-la, n’a donc guere aujourd’hui pour tout mérite qu’une valeur archéologique. C’est le mot si connu, mais retourné et moins joyeux, de l’ivrogne de la Caricature : « Voila comme je serai dimanche. » – Voila, nous ! comme nous étions… dimanche dernier, – et vraiment nous n’étions pas beaux ! Les personnages de l’Amour impossible traduisent assez fidelement les ridicules sans gaieté de leur temps, et ils ne s’en doutent pas ! Ils se croient charmants et parfaitement supérieurs. L’auteur, alors, n’avait pas assez vécu pour se détacher d’eux par l’ironie. Toute duperie est sérieuse, et voila pourquoi les jeunes gens sont graves. L’auteur prenait réellement ses personnages au sérieux. Au fond, ils n’étaient que deux monstres moraux, et deux monstres par impuissance les plus laids de tous, car qui est puissant n’est monstre qu’a moitié. L’auteur qui, quand il les peignait, écrivait de la meme main la vie de Brummel a, depuis, furieusement changé son champ d’observation romanesque et historique. Il a quitté, pour n’y plus revenir, ce monde des marquises de Gesvres et des Raimbaud de Maulévrier, ou non seulement l’amour est impossible, mais le roman ! mais la tragédie ! et meme la comédie bien plus triste encore !… En réimprimant ce livre oublié, il n’a voulu que poser une date de sa vie littéraire, si tant est qu’il ait jamais une vie littéraire, voila tout. Quant au livre en lui-meme, il en fait bon marché. Il n’a plus d’intéret pour l’espece d’impressions, de sentiments et de prétentions que ce livre retrace, et la Critique, en prenant la peine de dire le peu que cela vaut, ne lui apprendra rien. Il le sait.