Les Sièges célèbres de l'antiquité, du moyen âge et des temps modernes - Ligaran - ebook

Les Sièges célèbres de l'antiquité, du moyen âge et des temps modernes ebook

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Extrait : "Le siège de Troie. Si l'on en croit Platon, la Troie de Priam et d'Homère avait été construite « sur une petite éminence, dans une belle et vaste plaine, arrosée par différentes rivières sortant du mont Ida ». On a beaucoup discuté sur l'emplacement de cette éminence, de cette plaine et de ces rivières. Du temps de Strabon, on ne savait déjà plus au juste où se trouvait Troie..."À PROPOS DES ÉDITIONS Ligaran : Les éditions Ligaran proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : • Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. • Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

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EAN : 9782335097689

©Ligaran 2015

À MONSIEUR

H. PETIT, MON PÈRE

HOMMAGE AFFECTUEUX

MAXIME PETIT

ILe siège de Troie

(1280-1270 av. J.-C.) ?

Si l’on en croit Platon, la Troie de Priam et d’Homère avait été construite « sur une petite éminence, dans une belle et vaste plaine, arrosée par différentes rivières sortant du mont Ida ».

On a beaucoup discuté sur l’emplacement de cette éminence, de cette plaine et de ces rivières. Du temps de Strabon, on ne savait déjà plus au juste où se trouvait Troie, et il y a quelques années encore, on pensait généralement que la célèbre cité avait dû s’élever au lieu même où se voit le village de Bounar-Bachi, bien que le comte de Choiseul-Gouffier, ambassadeur de Louis XVI, eût fait inutilement exécuter des fouilles en cet endroit. En 1871, M. Schliemann partit à ses frais pour la Troade et découvrit, à Hissarlick, les traces de quatre villes superposées. La première, d’après lui, serait la Nouvelle-Ilion, où s’arrêta Xerxès ; la dernière aurait été fondée par des peuples de race aryenne ; Troie, cité de Priam, serait la seconde, si l’on s’en rapporte aux convictions de M. Schliemann, convictions basées sur la comparaison des objets trouvés avec ceux dont parle Homère. Cette opinion n’a point été admise par MM. Vivien de Saint-Martin et Virlet d’Aoust.

Après ce peu de mots sur l’emplacement de Troie, occupons-nous de la fameuse expédition des Grecs en Asie-Mineure.

Et d’abord, la guerre de Troie est-elle un fait réel, un évènement historique ? Grote la considère expressément comme une légende. Pour M. Duruy, elle « marque le moment où la Grèce, après avoir souffert durant des siècles l’invasion qui s’opérait d’Orient en Occident, réagit à son tour et commença le mouvement en sens contraire. » Hérodote y voit simplement une entreprise des Hellènes contre les Asiatiques. D’autres, rattachant les Troyens aux Pélasges et tenant compte de l’inimitié qui séparait les Grecs de la race pélasgique, croient que c’est là le dernier terme de cette haine. Enfin, pour la tradition et la poésie, la guerre de Troie fut amenée par une rivalité mortelle entre deux familles, rivalité qui aurait pris naissance à l’époque où la Troade et la Phrygie se disputaient la prépondérance en Asie-Mineure.

Il serait difficile d’admettre qu’il n’y ait pas dans toutes ces légendes et ces traditions un fond de vérité. Si les causes nous sont inconnues, si la vérité ne nous est parvenue qu’ornée et embellie par les couleurs poétiques, le fait lui-même doit, à notre avis, être considéré comme authentique, surtout si l’on tient compte des récentes découvertes de M. Schliemann. « De l’ensemble des traditions, dit M. Duruy, il résulte qu’un puissant royaume s’élevait en face de la Grèce, sur les côtes opposées de la mer Égée. Une partie de l’Asie-Mineure appartenait à ses princes et les peuples indépendants de cette péninsule étaient ses alliés. Priam y régnait alors ; Troie ou Ilion, sa capitale, bâtie au pied du mont Ida, était célèbre par la force de ses murailles, par les richesses et le luxe de ses habitants, dont les mœurs et la religion étaient, comme la langue, les mêmes que celles des Hellènes, mais à un degré plus avancé de développement. Une haine nationale profonde, invétérée, séparait les deux peuples et finit par les armer l’un contre l’autre. »

Tantale, roi de Phrygie, voulant un jour éprouver la puissance des dieux, leur servit les membres de son fils ; mais Jupiter découvrit son crime et ranima le jeune Pélops. Celui-ci, chassé par Tros, roi d’Ilion, rassembla ses compagnons et s’enfuit en Élide, où il succéda à Œnomaos. Ses descendants régnèrent à Mycènes et à Sparte et donnèrent leur nom (Péloponèse) à toute la péninsule Apia. Agamemnon, devenu roi de Mycènes, avait épousé Clytemnestre, fille de Tindare, roi de Sparte, qui possédait une autre fille, Hélène, remarquable par sa beauté. Ravie par Thésée sur les bords de l’Eurotas, Hélène fut, à son retour, recherchée par une foule de prétendants : Tyndare leur fit jurer à tous d’assurer la possession de sa fille à celui qui serait l’objet de son choix. Ménélas, frère d’Agamemnon, devint l’époux d’Hélène et remplaça son beau-père sur le trône de Sparte.

En ce temps-là, régnait à Ilion Priam, fils de Laomédon. Sa femme Hécube lui avait donné dix fils : Hector, Paris, Déiphobe, Helenus, Pammon, Politès, Antiphus, Hipponoüs, Polydore, Troïle, et quatre filles : Creuse, Laodice, Polyxène et Cassandre, douée du don de prophétie, mais dont les prédictions n’étaient crues de personne.

Pâris, étant venu en Grèce pour sacrifier à Apollon Daphnéen, fut accueilli à la cour de Sparte, et pendant un voyage que fit Ménélas en Crète, Hélène s’enfuit à Troie avec ce fils de Priam. Le roi de Sparte outragé rappela à ses anciens rivaux le serment qu’ils avaient fait à Tyndare, Agamemnon appuya les réclamations de son frère, et les États de la Grèce, réunis à Égion, décidèrent qu’une expédition aurait lieu contre Troie, si Pâris ne rendait Hélène et ne s’excusait d’avoir violé les lois de l’hospitalité : Ménélas et le prudent Ulysse, chargés d’une mission conciliatrice, furent très mal accueillis, et les chefs de la Grèce reçurent l’ordre de se rendre en Béotie, pour aller venger l’honneur national.

Agamemnon, roi d’Argos et de Mycènes, fut nommé généralissime. « Il vêtit, dit Homère, la tunique moelleuse, belle, neuve, et jeta par-dessus son grand manteau ; il attacha ses brodequins à ses pieds délicats, passa à son côté son glaive suspendu à un baudrier garni de plaques en argent et prit son sceptre, formé d’une branche d’arbre des montagnes que le tranchant du fer coupa et dépouilla de ses feuilles et de son écorce… Il tenait à la main un manteau. » On lui donna le droit de vie et de mort sur tous les soldats, auxquels il fit dire par ses hérauts que tous les lâches seraient donnés en pâture aux oiseaux et aux chiens. Immédiatement après lui venaient : Diomède, fils de Tydée, chef des Argiens ; Ménélas, roi de Sparte ; le sagace Nestor, roi de Pylos, qui avait vu trois âges d’homme ; les deux Ajax : l’un fils d’Oïlée et roi des Locriens, l’autre fils de Télamon et roi de Salamine ; le vaillant Achille, fils de Thétis et de Pélée ; Philoctète, l’ami d’Hercule, qui avait reçu du héros mourant ses flèches trempées dans le sang de l’hydre de Lerne ; Ulysse, roi d’Itaque, célèbre par sa prudence ; le Crètois Idoménée ; l’Étolien Thersite, le type du lâche insolent. Tous ces chefs commandaient à une armée de 100 810 hommes et dirigeaient une flotte de 1186 vaisseaux.

De leur côté, les Troyens s’étaient vaillamment préparés à la résistance, et ils avaient reçu des secours de plusieurs peuples de l’Asie-Mineure, menacés par l’invasion hellénique. Ils avaient à leur tête : Hector, époux d’Andromaque, à l’existence duquel, suivant Homère, était attachée la destinée d’Ilion ; Énée, fils de Vénus et d’Anchise, chef des Dardaniens ; Pandaros, chef des Troyens de Zelée et des environs du mont Ida ; Sarpédon, roi des Lyciens.

La ville était entourée d’épaisses murailles flanquées de tours.

La flotte grecque, partie d’Aulis, prit une fausse direction et vint jeter l’ancre non loin des côtes de la Mysie. Télèphe, roi de ce pays, voyant des soldats piller sans raison son territoire, fondit sur eux et les dispersa. Bientôt l’erreur fut reconnue de part et d’autre : une trêve fut signée, et les Grecs, revenus dans leur patrie, se donnèrent de nouveau rendez-vous à Aulis pour le printemps prochain.

Cette fois, les vents contraires retardèrent l’appareillage de la flotte. En outre, Agamemnon ayant tué une biche dans un bois consacré à Diane, la déesse déchaîna la peste sur l’armée. Calchas, devin et grand-prêtre d’Apollon, déclara que pour apaiser la divinité il fallait sacrifier Iphigénie, fille du généralissime et de Clytemnestre. Au moment du sacrifice, Diane substitua sur l’autel une biche à la jeune princesse, dont elle fit sa prêtresse en Tauride.

Les vents changèrent, la flotte mit à la voile, et les rois de la Grèce se trouvèrent réunis en Troade, de même qu’au Moyen Âge les Croisades rassemblèrent en Asie tous les princes de la chrétienté.

Il était écrit que le premier Hellène qui mettrait le pied sur le sol troyen périrait infailliblement. Comme les chefs hésitaient, Protésilas se dévoua et se précipita sur le rivage : il tomba sous les coups de ses ennemis.

Le camp des Grecs devant Troie fut divisé en quartiers et en rues. Les vaisseaux, tirés sur la plage, servirent à former l’enceinte, et pour les protéger on éleva un mur, de hauteur d’homme, flanqué çà et là de tours crénelées.

La tente d’Achille était précédée d’une cour entourée de palissades.

On ne tarda pas à être en proie aux horreurs de la famine : aussi les soldats se mirent-ils à cultiver le sol de la Chersonèse de Thrace ou à ravager les côtes de l’Hellespont. Dans une de ces excursions, Briséis, fille du prêtre d’Apollon, tomba entre les mains d’Achille et resta au pouvoir du fils de Pélée jusqu’à ce qu’Agamemnon la lui enlevât.

Dans la neuvième année du siège, une peste, envoyée par Apollon, décima l’armée grecque, et Achille, privé de sa captive, se retira dans sa tente et appela sur ses compatriotes la colère du ciel. Ses vœux furent exaucés, et les Grecs battus durent rentrer dans leur camp. Vainement on envoya des députés à Achille : le héros ne voulut pas céder. Le combat reprit avec fureur : les Troyens franchissent la muraille, envahissent le camp ennemi, et forcent les Grecs à se retirer sur leurs navires. Sur ces entrefaites, Patrocle, revêtu de l’armure d’Achille, fut tué par Hector. À la nouvelle de la mort de son plus fidèle ami, le fils de Pélée s’élance sur le champ de bataille ; il ne se mêle pas aux combattants, car il n’a pas ses armes, mais « il s’avance jusqu’au rempart et pousse par trois fois un cri terrible. Les Troyens ont reconnu la voix du héros, et trois fois ils reculent épouvantés. » Les Grecs peuvent ressaisir le corps de Patrocle.

C’est alors qu’Achille demande des armes à sa mère, et Thétis obtient de Vulcain une armure complète. Il se précipite sur les Troyens, qui prennent la fuite : Énée aurait péri dans la lutte, si Neptune ne l’avait enveloppé d’un nuage.

Le Xanthos et le Simoïs, réunissant leurs eaux, inondent un moment la plaine, mais Vulcain, envoyé par Junon, tarit les deux fleuves, et les Troyens cherchent leur salut dans la retraite : Achille atteint Hector, lui perce la gorge de sa lance, le dépouille, l’attache à son char et fait trois fois ainsi le tour de la ville. Rentré au camp, il s’occupe des funérailles de Patrocle, immole douze captifs et fait célébrer des jeux funèbres. Il avait résolu de donner le cadavre d’Hector en pâture aux chiens et aux oiseaux de proie ; à ce moment, le vieux Priam arrive dans sa tente et lui adresse les paroles suivantes :

« Souviens-toi de ton père, Achille égal aux dieux ! il est de mon âge, il est comme moi sur le triste seuil de la vieillesse. Peut-être ses voisins l’accablent-ils aussi, et personne n’est là pour le préserver du mal et de la ruine. Mais lui ! il te sait vivant, il se réjouit en son âme ; et tous les jours il espère voir son fils chéri revenant de Troie. Pour moi, mes malheurs ont comblé la mesure ; j’ai engendré dans la grande Ilion de vaillants fils, et je crois qu’aucun ne m’est resté. Ils étaient cinquante, lorsque vinrent les fils de la Grèce, dix-neuf nés des mêmes entrailles et les autres des femmes qui sont en mon palais. Le farouche Mars leur a fait à presque tous fléchir les genoux. Mais celui que seul j’avais encore, qui défendait la ville et nous-mêmes, tu l’as tué récemment, lorsqu’il combattait pour la patrie : Hector !… C’est à cause de lui que je viens maintenant près des vaisseaux des Grecs ; et pour le racheter, je t’apporte des présents infinis. Crains les dieux, ô Achille ! prends pitié de moi au souvenir de ton père ; je suis plus que lui digne de compassion : j’ai fait ce que sur la terre nul des hommes n’eût osé. J’ai attiré jusqu’à mes lèvres la main qui m’a ravi mes fils. »

Achille se laisse attendrir en songeant à son père et rend à Priam les restes d’Hector. – C’est là, comme on le sait, que se termine l’Iliade, qui commence dans la dixième année du siège et dans laquelle Homère chante la colère d’Achille et les évènements qui en furent la suite.

Troie, privée de son plus illustre défenseur, fut secourue par Penthésilée, reine des Amazones, et par Memnon, fils de l’Aurore, qui accourut avec dix mille Perses et autant d’Éthiopiens. Bientôt Pâris (ou Apollon, sous les traits de Pâris) décocha une flèche qui atteignit Achille au talon. Ajax et Ulysse sauvèrent son corps, et se disputèrent ses armes devant le conseil des chefs de l’expédition. Grâce à son éloquence, Ulysse l’emporta sur son rival, qui se jeta de désespoir sur son épée.

Les poètes disent que la chute de Troie dépendait de certaines fatalités. Ainsi, le Palladium, statue de Minerve donnée par Jupiter à Dardanos et gage de la conservation d’Ilion, devait être pris, et Philoctète, possesseur des flèches d’Hercule, devait être amené au camp des Grecs. Les Troyens, se doutant bien que leurs ennemis chercheraient à s’emparer du Palladium, en avaient fait construire plusieurs images, mais le rusé roi d’Ithaque ne s’y trompa point : il pénétra dans la ville déguisé en mendiant et rapporta la statue.

Il fallait maintenant avoir les flèches d’Hercule. Ce héros, en mourant, les avait léguées à Philoctète et lui avait fait jurer de ne révéler à personne le lieu de sa sépulture. Philoctète parjure frappa du pied le lieu où il avait inhumé Hercule et ses armes ; mais les dieux se vengèrent pendant la traversée et s’arrangèrent de manière qu’une des flèches tombât sur le pied de Philoctète : un ulcère se forma aussitôt et répandit une odeur si fétide que les Grecs abandonnèrent l’ami d’Hercule dans l’île de Lemnos. C’est là qu’Ulysse vint le trouver après la mort d’Achille : l’éloquence du roi d’Ithaque persuada Philoctète, qui consentit à venir devant Troie. Dès qu’il fut arrivé, Paris tomba victime d’une des flèches du fils d’Alcmène. Il vint expirer sur le mont Ida entre les bras de sa fidèle Œnone.

Cependant Troie résistait toujours et les Grecs durent, pour prendre la ville, employer un stratagème. Virgile nous apprend qu’ils construisirent, suivant les inspirations de Pallas, un immense cheval de bois où se cacha l’élite des guerriers. Les Troyens croyant les Grecs partis introduisirent le cheval dans Ilion, malgré les avis du prêtre Laocoon. Les dieux, qui avaient décidé la ruine du royaume de Priam, envoyèrent contre celui-ci deux serpents monstrueux qui l’étouffèrent avec ses deux fils, au pied même de l’autel où il sacrifiait. La nuit, les Grecs sortirent de la machine et ouvrirent les portes à leurs compagnons.

La nuit, les Grecs sortirent de la machine et ouvrirent les portes à leurs compagnons

La ville fut livrée au pillage. Priam, Hécube et ses filles tombèrent au pouvoir de l’ennemi. Le roi fut égorgé, Hécube réduite en captivité, Andromaque donnée à Pyrrhus, Cassandre à Agamemnon. Seuls, Énéc et Anténor échappèrent au carnage. Ce dernier aborda dans la suite en Italie avec une colonie de ses concitoyens, qui fondèrent Patavium (Padoue).

Que devint Énée, fils de Vénus et d’Anchise, et gendre de Priam ? D’après les traditions qui servirent de base à l’Énéide, Vénus apparut à son fils au moment le plus critique de la lutte : elle lui annonça l’inutilité d’une plus longue résistance et lui conseilla de fuir avec sa famille. Énée prit donc son père sur ses épaules et son fils Ascagne par la main, et il se dirigea vers l’une des portes de Troie. Sa femme Créuse, enlevée par Cybèle au milieu du tumulte, lui apparut à son tour, le consola et lui annonça les glorieuses destinées qui l’attendaient en Italie. Il mit à la voile, et, après une navigation aventureuse, aborda dans le Latium. Là, il demanda la main de Lavinie, dont le père Latinus lui avait donné des terres. Mais, comme Lavinie était promise à Turnus, roi des Rutules, cette circonstance donna lieu à beaucoup de batailles indécises. Les deux rivaux, pour en finir, s’en remirent aux chances d’un combat singulier : Turnus fut tué, et Énée, après être devenu l’époux de Lavinie, jeta sur une terre désignée par le sort les fondements de la puissance romaine.

IILe siège de Babylone par Kurus

(540 av. J.-C.)

Kurus (Cyrus), petit-fils d’Azi-dahak (Astyage), fut élevé à la cour d’Ecbatane. Convaincu que l’humeur belliqueuse des Aryens de Médie avait été profondément refroidie par le caractère indolent et les mœurs efféminées de son grand-père, il pensa que les Perses viendraient aisément à bout d’un peuple corrompu au contact de la civilisation babylonienne et il se révolta contre le roi des Mèdes. Azi-dahak fut fait prisonnier, le pays se soumit sans résistance, et Kurus devint roi de Perse et de Médie. À cette nouvelle, Krœsos le Lydien trembla pour sa couronne. Il forma aussitôt contre Kurus une ligue dans laquelle entrèrent Ahmès II d’Égypte, Nabu-Nahid de Babylone et les Lacédémoniens. Mais il fut vaincu par son ennemi, qui prit Sardes après quatorze jours de siège ; la coalition tomba d’elle-même, et tout le pays, jusqu’au grand lac Hamoun, reconnut la souveraineté de la Perse (554-539 av. J.-C.).

Ces conquêtes reculèrent si loin les limites de son empire que Kurus se sentit assez fort pour attaquer la Chaldée, et il marcha contre Nabu-Nahid. Au passage du Gyndès, un des chevaux blancs sacrés, entraîné par le courant, se noya dans le fleuve. Une crainte superstitieuse s’empara des soldats et aurait certainement démoralisé l’armée, sans la présence d’esprit de Kurus. Ce prince, suspendant aussitôt la marche des troupes, menaça le fleuve de le rendre si insignifiant que les femmes même pourraient le passer sans se mouiller les genoux ; puis il fit creuser trois cent soixante canaux, par où le Gyndès s’écoula dans les terres, et disparut. Lorsque ces travaux furent achevés, la saison se trouva trop avancée pour que les troupes reprissent leur marche, et la campagne fut ajournée jusqu’au printemps suivant.

Le Tigre franchi sans résistance, on se dirigea sur Babylone. L’armée chaldéenne, commandée par Nabu-Nahid en personne, essaya vainement d’arrêter les troupes de Kurus : elle fut dispersée ; le roi se réfugia à Barsip, au dire de Bérose, et son fils Bel-Sar-Ussur, récemment associé au trône, se mit à la tête des soldats. Kurus essuya de la part du nouveau général une telle défaite, qu’il désespéra de prendre la ville d’assaut, et convertit le siège en blocus. « On traça autour des murailles des lignes de circonvallation, et dans les endroits où ces lignes aboutissaient à l’Euphrate on laissa un espace suffisant pour bâtir des forts. Les soldats se mirent à creuser une immense tranchée, et pendant qu’ils étaient occupés à ce travail, Cyrus fit construire sur les bords du fleuve des forts dont il établit les fondations sur des pilotis de palmiers, qui n’avaient pas moins de cent pieds de longueur. Le pays en produit de plus grands encore, et ces arbres ont la propriété de se relever sous la charge. Les Babyloniens, qui du haut de leurs murailles voyaient ces préparatifs de siège, s’en moquaient, parce qu’ils avaient des vivres pour plus de vingt ans. »

Xénophon, à qui nous empruntons ces détails, nous apprend en outre que Kurus divisa son armée en douze corps, dont chacun devait tour à tour surveiller Babylone pendant un mois de suite. Puis on attendit patiemment qu’une occasion se présentât.

Le 16 du mois de Loüs (juin-juillet), les Babyloniens célébraient une fête, qui vraisemblablement était la fête des Sacées. Cette fête durait cinq jours, pendant lesquels les esclaves commandaient à leurs maîtres ; l’un d’eux, revêtu d’habits royaux, était placé à la tête de la maison : on l’appelait Zoganis, et tout le monde exécutait ses ordres.

Kurus choisit ce moment pour surprendre la ville. Après le coucher du soleil, il fit un soir établir la communication entre le fleuve et les deux têtes de la tranchée, et bientôt la partie du fleuve qui traversait la ville fut rendue guéable. Des soldats descendirent dans le lit desséché de l’Euphrate, et, conduits par Gobryas et Gadatas, se glissèrent le long des quais. Ils trouvèrent les portes d’airain qui fermaient les descentes des quais ouvertes et sans gardes, pénétrèrent au cœur de la ville, et poussèrent le cri de guerre pendant que les assiégés se livraient au plaisir et célébraient la fête.

Le massacre commence ; Gobryas et Gadatas se précipitent vers le palais, chargent les gardes, et tuent Bel-Sar-Ussur venu pour s’enquérir de la cause de tout ce tumulte. En même temps, la cavalerie parcourait les rues et égorgeait tous les Babyloniens qu’elle rencontrait sur son passage.

Le lendemain, les palais des grands furent distribués à ceux dont le courage avait principalement contribué à l’heureuse issue de l’entreprise. Kurus, se rendant au palais des monarques babyloniens, y offrit des sacrifices aux dieux, et fit connaître aux vaincus la situation sociale qu’il comptait leur réserver. Puis, il décida qu’une grande fête serait donnée en honneur de sa victoire.

Les chefs de l’armée furent donc revêtus de vêtements médiques, un corps de quatre mille doryphores se rangea en face du palais, et les soldats tenant leurs mains sous leurs manteaux, en signe de respect, se placèrent au même endroit. Lorsque les portes du palais s’ouvrirent, quatre taureaux, désignés pour le sacrifice, sortirent en mugissant. Ils étaient suivis des chevaux destinés au Soleil, du char blanc de Jupiter et de deux autres chars, dont le dernier, traîné par des chevaux couverts de housses pourprées, précédait des serviteurs portant du feu dans un grand bassin.

Kurus apparut alors, vêtu d’une tunique rouge et blanche, chaussé de brodequins couleur de feu, la tête ornée d’une tiare « qui s’élevait en pointe ». Les quatre mille doryphores se mirent en marche derrière lui. « Environ trois cents eunuques, – dit Xénophon, – richement vêtus et armés de dards, le suivaient à cheval ; après eux, on menait en main deux cents chevaux de ses écuries, ornés de freins d’or et couverts de housses rayées. Ils étaient suivis de deux mille piqueurs, après lesquels marchait le plus ancien corps de cavalerie perse, composé de dix mille hommes. » Venaient enfin les Mèdes, les Arméniens, les Caduciens, les Saces ; et une longue suite de chars, rangés quatre par quatre, fermait le cortège.

Siège de Babylone

Soit par admiration, soit par crainte, dès qu’on apercevait Kurus, on se prosternait en l’adorant. Lorsqu’on fut arrivé dans les champs consacrés aux dieux, on sacrifia d’abord à Jupiter des taureaux qui furent brûlés en entier ; puis on offrit des victimes au Soleil, à la Terre et aux héros protecteurs de la Syrie. Des courses et des festins terminèrent cette imposante cérémonie, que Kurus avait ordonnée dans le but d’éblouir les vaincus par l’éclat de sa magnificence et pour leur donner une haute idée de sa grandeur.

La prise de Babylone produisit le résultat qu’en attendait le roi des Perses : toute la Chaldée se soumit sans la moindre résistance, Nabu-Nahid se rendit sans essayer de défendre Barsip, et les pays qui appartenaient au roi détrôné, sachant bien qu’ils ne pouvaient plus être indépendants, passèrent aux mains de Kurus. Quarante-deux mille Juifs, sous la conduite de Seroubabel et du grand-prêtre Jeshua, partirent pour la terre promise : Kurus consentait à leur départ parce qu’il lui fallait un peuple capable de s’opposer avec énergie aux envahissements possibles des Égyptiens.

IIILe siège de Sélinonte par Annibal, fils de Giscon

(410 av. J.-C.)

Sélinonte, ville de la Sicile ancienne, située à l’est de Lilybée, fut fondée en 651 par des Mégariens d’Hybla. Elle formait un vaste fer à cheval autour d’un port naturellement creusé entre deux collines. L’une de ces hauteurs, celle de droite, était, ainsi que le fond du port, couverte de maisons ; le côté opposé était réservé à des temples, dont le plus remarquable était celui de Jupiter Olympien. Les ruines de Sélinonte, que l’on voit aujourd’hui encore près de la ville moderne de Sciacca, consistent surtout en immenses colonnes, auxquelles les habitants du pays donnent le nom de Piliers des Géants.

Les Sélinontins et les Ségestins, ayant eu une grave contestation au sujet des limités de leurs territoires respectifs, il en résulta entre les deux peuples une guerre acharnée. Ségeste, sur le point d’être vaincue, implora le secours des Athéniens, qui saisirent avec empressement cette occasion de soumettre Syracuse. Mais la puissante ville sicilienne triompha des soldats d’Athènes, et les Grecs durent se retirer avec des pertes considérables (416 av. J.-C.).

Les Sélinontins, alliés de Syracuse, voulurent se venger des Ségestins, qui avaient appelé les Athéniens en Sicile, et ils commencèrent à les pressurer. Ségeste, cette fois, s’adressa à Carthage, et la cité africaine profita de la circonstance pour étendre sa puissance dans l’île. Elle envoya d’abord des secours ; puis, Annibal, fils de Giscon, petit-fils de cet Amilcar qui périt à la bataille d’Himère, vint débarquer au promontoire de Lilybée et assiégea Sélinonte. Cette ville opposa aux Carthaginois une résistance désespérée ; mais à la fin le nombre l’emporta : Sélinonte fut prise le dixième jour du siège.

La place prise, il fallut combattre dans les rues pendant onze jours ; on se disputa le terrain pied à pied ; les femmes jetaient sur les assaillants tout ce qui leur tombait sous la main.

Lorsque les Sélinontins virent que leur cause était perdue, ils se rendirent sur la grande place de leur ville et ils y moururent en se défendant plutôt que de capituler. Les temples furent brûlés et pillés, les maisons détruites, les femmes et les enfants emmenés en esclavage.

Seize mille hommes restèrent sur le champ de bataille ; deux mille habitants parvinrent à s’enfuir et se réfugièrent à Agrigente (410 av. J.-C.).

IVLe siège de Véies

(405-395 av. J.-C.)

Véies (Veii) s’élevait à 20 kilomètres N.-O. de Rome, sur une colline aujourd’hui désignée sous le nom d’Isola. Elle menaçait et dominait la rive droite du Tibre, et Rome voulut de bonne heure détruire une ville dans laquelle elle voyait avec raison une rivale. Il fallut un siège de dix ans pour triompher des Véiens (405-395 av. J.-C.).

Le Sénat envoya sous les murs de la ville deux armées : l’une pour assiéger Véies, l’autre pour intercepter toute communication entre la cité Étrusque et l’extérieur.

Les cinq premières années du siège n’amenèrent aucun résultat, malgré quelques avantages remportés par les Romains. Les Falisques et les Capénates furent bien repoussés, les Tarquiniens furent bien chassés du territoire de Rome, mais les Véiens restaient nombreux, riches ; ils possédaient des armes et des vivres pour longtemps. Les tribuns qui se partageaient le commandement de l’armée assiégeante étaient ennemis les uns des autres ; il en résultait des dissensions incessantes, dont la conséquence était d’abattre le courage des soldats et de détourner leur attention d’une entreprise qu’il leur importait si fort de mener à bien. Le peuple se fatigua de ces lenteurs : il finit par choisir dans son sein quatre tribuns consulaires (400), mais l’un de ces magistrats périt dans une bataille, et la situation restait la même après neuf années de privations et de souffrances de toute sorte.

La tradition rapporte qu’au plus fort de l’été le lac d’Albe déborda. Comme les sources et les rivières étaient alors complètement à sec, on attribua à ce fait un caractère miraculeux. Un soldat Véien, fort habile dans les sciences occultes, et attiré par ruse dans le camp romain, fut interrogé par les assiégeants. Il déclara que pour être vainqueurs les Romains devaient arrêter le débordement du lac et empêcher ses eaux débordées de tomber dans la mer. Cossus Licinius, Valérius Potitus et Fabius Ambustus allèrent consulter l’oracle de Delphes, qui confirma les déclarations du Véien.

La dixième année du siège, le Sénat donna la dictature à Camille, lequel choisit pour chef de la cavalerie Cornélius Scipion. Il fit vœu, s’il obtenait la victoire, de célébrer des jeux solennels et de dédier un temple sur l’Aventin à la Junon Véienne ; puis il appela sous les armes tous les citoyens valides et le contingent que devaient fournir à Rome les Latins et les Herniques. Il arriva devant la place, après avoir repoussé les Falisques et les Capénates, et fit aussitôt creuser dans les flancs de la colline des chemins souterrains qui aboutirent à la citadelle, près du temple de Junon.

Pendant que les assiégeants donnaient un assaut général, des soldats sortirent de la mine, au moment où le général étrusque faisait un sacrifice et que le devin s’écriait, en voyant les entrailles de la victime : « La divinité promet la victoire à qui achèvera ce sacrifice ! » On porta au dictateur ces entrailles, et Camille sacrifia aux dieux.

Un affreux massacre commença : la plus grande partie des Véiens périt, le reste fut vendu comme esclave. Enfin, la statue de Junon fut transportée à Rome, et peut-être les colonnes de marbre antique qui décorent aujourd’hui l’église de Santa-Sabina sont-elles les derniers vestiges du temple élevé à la déesse Véienne.

La ville ne fut pas entièrement détruite, mais elle ne se releva jamais de sa chute.

« Ô Véies ! disait Properce, tu étais un royaume et dans ton forum s’élevait un trône d’or. Aujourd’hui, la trompe du pâtre indolent retentit dans ton enceinte, et dans tes campagnes la moisson pousse sur les os de tes citoyens ! »

VPrise de Rome par les Gaulois et siège du Capitole

(390 av. J.-C.)

Aucun peuple n’inspira à la ville éternelle plus de terreur que les Gaulois. À Rome, les prêtres et les vieillards, ordinairement dispensés du service militaire, perdaient cette immunité en cas de lutte avec nos ancêtres ; un trésor était spécialement consacré aux guerres contre les Gaulois ; et les Romains, si l’on en croit Salluste, avaient coutume de dire que « tout était facile à leur courage, mais que, quand ils avaient affaire aux Gaulois, ils combattaient non pour la gloire, mais pour leur salut. »

Cette terreur excessive s’explique : en 390, les Gaulois avaient pris Rome !

Tous les ans, les Cisalpins envoyaient dans l’Italie des bandes d’aventuriers piller les villes opulentes, et en 391 (av. J.-C.) une de ces bandes composée de Sénons – probablement aussi d’Insubres et de Boïens – arriva en Étrurie et mit le siège devant Clusium (auj. Chiusi, Toscane). Les Clusiens implorèrent l’assistance des Romains, qui envoyèrent aux envahisseurs trois jeunes patriciens de la gens Fabia pour les prier de se désister de leur entreprise. Les Gaulois répondirent qu’ils voulaient bien écouter les avis de Rome, mais à la condition que les habitants de Clusium leur donneraient des terres où ils pussent s’établir. Q. Ambustus, un des députés, leur ayant demandé de quel droit ils se montraient si exigeants, ils répliquèrent qu’ils n’avaient d’autre droit que leur valeur et leurs armes. Les Fabii froissés se jetèrent dans la ville assiégée, et, oubliant leur rôle conciliateur, dirigèrent une sortie où un chef sénon fut tué. Les Gaulois aussitôt demandèrent au Sénat qu’on leur livrât les députés, mais leur réclamation fut repoussée, malgré l’insistance du collège des Féciaux, et les Fabii furent nommés tribuns militaires.

Les Gaulois, se trouvant insultés, firent dire aux Boïens de leur envoyer du renfort et marchèrent sur Rome, qui avait formé une armée de 40 000 hommes. Ils rencontrèrent les légions sur les rives de l’Allia, à douze milles de Rome, et les taillèrent en pièces : l’aile droite se retira dans la ville, l’aile gauche à Véies ; les vestales, les enfants et les femmes se réfugièrent dans les cités voisines, et les jeunes gens, avec l’élite du Sénat, s’enfermèrent dans le Capitole (16 juillet 390).

Le lendemain de cette bataille, les éclaireurs Gaulois arrivèrent devant Rome : ils trouvèrent les murs abandonnés, les portes ouvertes, les rues silencieuses ; mais ce qui les étonna le plus, ce fut de voir des sénateurs, assis sur leurs chaises curules, les regarder fixement sans proférer une parole. Un Gaulois, s’étant arrêté devant Papirius, passa sa main sur la longue barbe du vieillard, qui le frappa de son bâton. Papirius fut tué, et ce meurtre devint le signal du massacre et de l’incendie.

Vainement, les Gaulois essayèrent d’atteindre au Capitole : la pente était rapide, les sentiers étroits, et l’on convertit le siège en blocus. Camille exilé souleva les Ardéates contre les envahisseurs et livra aux Gaulois quelques combats où il les défit. Ces succès relevèrent le courage des assiégés, et les Romains réfugiés à Véies nommèrent Camille dictateur. Le jeune plébéien Cominius parvint à gagner la citadelle ; il rapporta à Camille la sanction du Sénat. Mais les Gaulois remarquèrent l’empreinte de ses pas, se guidèrent sur elle, et auraient peut-être pris le Capitole par surprise au milieu d’une nuit pluvieuse, sans les oies de Junon qui donnèrent l’alarme. Le patricien Manlius accourut avec la garnison : il arrêta l’assaut en précipitant du haut des roches ceux qui se trouvaient à sa portée. À ce moment les Gaulois, décimés par une épidémie, apprirent que les Vénètes venaient d’envahir le territoire des Boïens. Ils consentirent donc à négocier.

Le 13 février 390, le brenn ou chef Gaulois signa avec Sulpicius un traité en vertu duquel les Romains s’engageaient : 1° à payer 1 000 livres pesant d’or (326 k 340 gr.) ; – 2° à fournir aux Gaulois des vivres et des moyens de transport ; – 3° à céder une portion de leur territoire ; – 4° à tenir, quand Rome serait rebâtie, une porte constamment ouverte en mémoire de l’entrée des Gaulois.

Lorsqu’on pesa les mille livres d’or, les Romains reprochèrent aux Gaulois de se servir de faux poids. Mais le brenn, loin de les écouter, jeta encore son sabre dans la balance en s’écriant : « Væ victis !! Malheur aux vaincus ! » Puis, il s’éloigna avec son armée en suivant les deux rives du Tibre.

Bouclier votit

Tite Live raconte que Camille, annulant le traité de son autorité dictatoriale, poursuivit les vainqueurs et les extermina jusqu’au dernier. La critique regarde cette assertion comme légendaire, et avec raison, car tout s’accorde à prouver que nos ancêtres eurent la gloire de prendre Rome et de lui imposer leurs conditions. Suétone lui-même rapporte que Drusus revint de la Gaule avec l’or donné autrefois aux Sénons lors du siège du Capitole. Justin nous apprend que les Étoliens répondirent une fois aux Romains qu’ils n’avaient pu résister aux Gaulois et qu’ils avaient racheté leur ville ; et, suivant le même auteur, Mithridate, haranguant ses troupes, leur dit pour les encourager : « Les Gaulois, éternel effroi de Rome, ont non seulement vaincu les Romains, mais pris leur ville, et ils ne leur ont laissé d’autre asile que le sommet d’une montagne. C’est l’or et non le fer qui les éloigna ». On doit donc regarder le fait rapporté par Tite Live comme une légende, très glorieuse pour Rome, mais en contradiction complète avec le témoignage des autres historiens.

VILe siège de Tyr par Alexandre

(332 av. J.-C.)

Pendant que Darios III, battu à Issos, s’enfuyait par Thapsaque au-delà de l’Euphrate, Alexandre le Grand se dirigeait vers les villes de la Phénicie, dont il avait besoin de se rendre maître pour défendre aux Perses l’accès de la mer. Tyr, en apprenant l’approche du conquérant macédonien, lui envoya des présents et des rafraîchissements pour son armée ; mais elle voulut voir en lui un ami, non un maître, et elle refusa absolument de laisser Alexandre entrer dans la ville pour sacrifier à Hercule. Aussitôt, le roi de Macédoine entreprit le siège de l’antique cité des Phéniciens.