Le Baron D. Larrey et son fils H. Larrey. Leur voyage en Irlande, Écosse, Angleterre et Belgique - Ligaran - ebook

Le Baron D. Larrey et son fils H. Larrey. Leur voyage en Irlande, Écosse, Angleterre et Belgique ebook

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Extrait : "Dominique-Jean, baron Larrey, chirurgien militaire naquit, le 8 juillet 1766, à Baudéan, village de la vallée de Campan, près Bagnères-de-Bigorre. Devenu orphelin dès son bas âge, il fut envoyé à Toulouse auprès de son oncle, Alexis Larrey, né aussi à Baudéan en 1750, fondateur d'une école spéciale de chirurgie et chirurgien chef de l'hôpital de la Grave de cette ville. C'est sous ses auspices qu'il fit son éducation au petit séminaire de l'Esquile".

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Notices biographiques
I

Dominique-Jean, baron Larrey, chirurgien militaire, naquit, le 8 juillet 1766, à Baudéan, village de la vallée de Campan, près Bagnères-de-Bigorre. Devenu orphelin dès son bas âge, il fut envoyé à Toulouse auprès de son oncle, Alexis Larrey, né aussi à Baudéan en 1750, fondateur d’une école spéciale de chirurgie et chirurgien chef de l’hôpital de la Grave de cette ville. C’est sous ses auspices qu’il fit son éducation au petit séminaire de l’Esquile, et qu’il commença ses études médicales. Il vint ensuite à Paris en 1787, et à la suite d’un concours il prit rang parmi les médecins auxiliaires de la marine. Envoyé à Brest, un nouvel examen le fit choisir pour faire partie d’une expédition dans l’Amérique du nord et il s’embarqua en qualité de chirurgien major sur la frégate La Vigilante.

De retour à Paris en 1788, il obtint au concours l’emploi de chirurgien interne aux Invalides et reprit le cours de ses études sous des maîtres tels que Desault et Sabatier. Bientôt vint la guerre. Le 1er avril 1792, il était à Strasbourg en qualité de chirurgien major des hôpitaux de l’armée du Rhin. Dès les premiers combats, l’imperfection du service chirurgical et la lenteur avec laquelle les blessés étaient transportés du champ de bataille dans les ambulances, souvent fort éloignées, l’impressionnèrent vivement, et il improvisa un système d’ambulances volantes, que par d’heureux essais il porta à sa perfection et reçut plus tard à ce sujet de Bonaparte de grands éloges. Aussi fut-il appelé à Paris pour organiser son système dans toutes les armées françaises. En 1796, il fut nommé professeur à l’école militaire de médecine et chirurgie qu’on venait de créer au Val-de-Grâce.

Bientôt le général Bonaparte, qu’il vit pour la 1re fois le 4 juin 1794, le demanda pour organiser les ambulances de l’armée d’Italie, puis les écoles de médecine de Padoue, Milan et Udine. En 1798, Larrey s’embarqua avec lui à Toulon pour l’Égypte, où il se signala par un zèle et une activité infatigables, ne craignant point de s’exposer au danger, à St-Jean d’Âcre notamment, où il fut grièvement blessé.

De retour en France en 1802, il fut nommé par le 1er consul chirurgien chef de la garde, soit consulaire soit impériale, reçut de Bonaparte aux Invalides la croix d’officier de la légion d’honneur, fut ensuite promu inspecteur du service des armées, fonction qu’il remplit pendant les campagnes d’Allemagne, de Prusse, de Pologne et d’Espagne. Bref il prit part à toutes les grandes expéditions militaires de la République et de l’Empire, et tous les champs de bataille furent témoins de son dévouement. Il reçut le titre de baron sur le champ de bataille de Wagram, et en 1812 il fut proclamé chirurgien chef de la grande armée, à laquelle il resta attaché jusqu’à l’abdication de Napoléon en 1814. Il se distingua à la bataille de la Moskowa et à la retraite de Moscou. Les Cent-Jours le ramenèrent à Waterloo, où il se jeta dans la mêlée, fut blessé et fait prisonnier. La Restauration lui ôta ses titres et sa pension, qu’elle lui rendit en 1818, et le nomma chirurgien chef des Invalides et de l’hôpital du Gros Caillou. Il fut membre de l’Académie de médecine dès sa fondation, en 1820, de celle des sciences et de l’Institut en 1829.

En 1842, il fut chargé d’inspecter les hôpitaux de l’Algérie, et emmena avec lui son fils Hippolyte comme secrétaire. À son retour il fut atteint d’une pneumonie et mourut en cours de route à Lyon, le 25 juillet 1842, à 76 ans. – Par son testament, Napoléon lui avait légué 100 000 fr. avec ces mots d’éloge : « C’est l’homme le plus vertueux que j’aie rencontré : il a laissé dans mon esprit l’idée du véritable homme de bien. » Ailleurs l’empereur dit encore de lui : « Si jamais l’armée élève un monument à la reconnaissance, c’est à Larrey qu’elle doit le consacrer. » Ce monument lui a été élevé en 1850, dans la cour du Val-de-Grâce. C’est une statue en bronze due au ciseau de David d’Angers ; une autre statue de Larrey orne la salle des séances de l’Académie de médecine.

Il a écrit de nombreux ouvrages qui témoignent de sa grande science et nous font connaître ses procédés thérapeutiques, ou nous racontent ses multiples expéditions, entre autres : Relation historique et chirurgicale de l’expédition de l’armée d’Orient en Égypte et en Syrie (1803) ; Mémoires de médecine et chirurgie militaires et campagnes (1812-1818) ; Relation médicale des campagnes et voyages de 1815 à 1840 ; Recueil de chirurgie (1821) ; de nombreux articles et dissertations dans les Bulletins et Mémoires de l’Académie de médecine et de l’Acad des sciences.

 

La relation d’un voyage fait en Irlande, en Écosse, en Angleterre, en 1826, et en Belgique en 1831, que nous publions ci-après, se trouve aux Mss. de la Bibliothèque Nationale ; elle est rédigée de la main même du baron Larrey. Écrit au jour le jour de son voyage, ce récit ne fut imprimé que plus tard et inséré dans l’ouvrage Relation des campagnes et voyages de 1815 à 1840. Ce manuscrit autographe diffère sensiblement du texte imprimé et renferme plusieurs variantes et des détails qu’on ne trouve pas dans ce dernier. C’est pour ce motif qu’il nous a paru utile de le publier, et aussi à cause de l’intérêt, de l’agrément que présente le récit, et des notions historiques et géographiques qu’il nous donne sur le pays de nos voisins d’outre Manche et du Nord.

Le baron accomplit ce voyage en compagnie de son fils Hippolyte, alors âgé de dix-huit ans, dont il se proposait de compléter l’instruction reçue au collège et qu’il désirait acheminer vers la carrière médicale, en le mettant en relations avec les grands médecins des Îles Britanniques. Ce digne fils répondit aux espérances de son père dont il continua la grande œuvre, et devint à son tour une célébrité médicale. Aussi avons-nous jugé à propos de donner de lui, après celle de son père, une brève notice biographique, dont il sera facile à plusieurs d’entre nous de retrouver certains traits dans leur mémoire, ayant connu, il y a quelques années à peine, cet illustre compatriote qui, comme son père, fit honneur à notre pays de Bigorre.

II

Félix-Hippolyte Larrey, devenu baron à la mort de son père, naquit à Paris, quai Conti, le 18 septembre 1808. Il était le fils de l’illustre chirurgien, Dominique Larrey, et d’une toulousaine, A. Le Roux de Laville, dont le mariage avait été célébré le 4 mars 1794, à la commune de Paris, devant le feu sacré de la Liberté. Après d’excellentes études au collège Louis-Le-Grand, Hippolyte parcourut tous les grades de la hiérarchie du corps de santé militaire, depuis celui de chirurgien-élève en 1828 jusqu’à celui de médecin-inspecteur de l’armée en 1858. Reçu docteur en médecine en 1832, il fut nommé au concours professeur agrégé de la Faculté de Paris en 1835 ; en 1841, au concours également, il obtint la chaire de pathologie chirurgicale à l’école du Val-de-Grâce et fut en même temps chargé du service médical à l’hôpital de Picpus pendant le choléra.

Il assista comme aide-major au siège d’Anvers (1832), après lequel il fut nommé chevalier de l’ordre de Léopold, et fit la campagne de Belgique, puis celles d’Italie et du Rhin comme chirurgien chef. Suivant les traditions paternelles, il fit preuve d’un grand dévouement en assurant le bien-être et la bonne tenue des ambulances. Il fut nommé, le 13 février 1858, inspecteur du service de santé des armées et chirurgien ordinaire de l’empereur Napoléon III.

Il fut membre de l’Académie de médecine dès 1850 et son président en 1863, membre de l’Académie des sciences et de l’Institut en 1867. Le baron Larrey a toujours joui d’une grande autorité dans ces illustres compagnies, où son remarquable bon sens, sa parfaite courtoisie et son élégante élocution furent toujours appréciés. Il fit preuve aussi de générosité en consacrant la moitié des 100 000 fr., provenant du legs Napoléon 1er à son père, à la création d’une salle d’asile et d’une école dans son village d’origine de Baudéan.

Le baron Larrey, qui dans sa modestie n’eût point songé à briguer les honneurs, consentit à se présenter, à la sollicitation de ses compatriotes, aux élections législatives du 20 février 1876, dans l’arrondissement de Bagnères-de-Bigorre ; il échoua avec la belle minorité de 9 290 voix contre 9 908 obtenues par son concurrent. L’année suivante, après le coup d’État du 16 mai du président Mac-Mahon, Larrey fut candidat officiel, présenté et patronné par les préfet et sous-préfet (MM. de Beaupin-Beauvallon et Blanchet), aux élections du 14 octobre 1877 ; il fut élu député de Bagnères par 12 007 voix contre M. Paul Duffo, avocat, de Labarthe-de-Neste, l’un des fameux 363, qui n’en obtint cette fois que 6 907. Larrey siégea sur les bancs du groupe de l’Appel au peuple. Il prononça, le 14 juin 1880, à la Chambre, un remarquable discours, au sujet d’un projet de loi sur l’administration de l’armée et l’autonomie du corps de santé militaire, qui rallia les suffrages de tous ses collègues. Il ne se représenta pas aux élections législatives du 21 août 1881.

Chevalier de la légion d’honneur depuis 1843, il fut promu officier le 9 décembre 1851, commandeur le 25 juin 1859 et grand officier le 15 octobre 1871, lors de sa mise à la retraite, à l’âge de 63 ans. Il résidait à Paris en l’hôtel de son père, au n° 91 de la rue de Lille, qui par considération pour ce dernier fut respecté par les incendiaires de la commune. Il possédait en outre une villa dans la Seine-et-Oise, à Bièvres, près Versailles. C’est là qu’il mourut chrétiennement, dans la chambre même où était décédée sa mère, le 8 octobre 1895, à l’âge de 87 ans ; il fut inhumé au Père-Lachaise.

Comme son père, il a publié de nombreux travaux : Traitement des fractures des membres par l’appareil inamovible (1832). Étude de la trépanation du crâne dans les lésions traumatiques de la tête (1869). De la méthode analytique en chirurgie (1841). Diagnostic et curabilité du cancer (1854) ; de nombreux mémoires et notices publiés dans les Bulletins et Mémoires de l’Académie de médecine et de chirurgie militaires.

Relation d’un voyage fait en Irlande, en Écosse et en Angleterre, en 1826, par le Baron D. Larrey

Le désir que j’éprouvais depuis longtemps de visiter les hôpitaux de l’Angleterre et celui que j’avais de présenter mon fils aux médecins célèbres de cette terre classique, avant de le laisser entrer dans la carrière de l’art que je professe, m’a décidé à entreprendre le voyage que je vais décrire avec toute la précision possible.

Le grand nombre d’ouvrages qui ont été publiés sur tout ce que l’Angleterre offre de curieux me dispensera d’entrer dans aucun détail sur les objets étrangers à celui de mes recherches. Je ne retrace mon itinéraire que dans la seule intention de faciliter les mêmes recherches à mon fils lui-même, si un jour il faisait encore le voyage, ou à tout autre jeune médecin qui aurait le désir de visiter cette contrée avec les mêmes intentions.

Après avoir obtenu du Roi et du ministre de la guerre l’autorisation de faire ce voyage sans être privé de ma solde de traitement, nous nous sommes mis en route le 18 août 1826, à six heures du matin. Nous sommes passés à Rouen le même jour sans nous y arrêter, et nous fûmes rendus, le 19 à six heures du matin, au Hâvre, le port que nous avions choisi pour notre embarquement. Mon projet était de passer d’abord en Irlande, de là en Écosse, ensuite de revenir à Londres par la côte méridionale de l’Angleterre.

Comme le Hâvre est l’un des ports de mer les plus commerçants de la France, il dut fixer notre attention et notre curiosité ; il était d’ailleurs le premier que mon fils voyait.

Une frégate française venant des Antilles était mouillée dans ce port, au milieu d’un grand nombre de bâtiments marchants. Je demandai au capitaine qui la commandait la permission de la faire voir à mon fils. Ce vaisseau ne m’a pas moins intéressé par sa construction nouvelle, sa distribution intérieure, que par la tenue et l’ordre qui nous a paru régner dans tout l’équipage, enfin par le perfectionnement qu’on a porté sur tout ce qui est relatif au service de la marine militaire depuis l’époque où j’avais servi dans ce corps en 1787 et 1788, comme chirurgien-major des vaisseaux du Roi. (Voyez ma première campagne en Amérique septentrionale.)