Sherlock Holmes - Arthur Conan Doyle, William Gillette - ebook
Kategoria: Poezja i dramat Język: francuski Rok wydania: 1899

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Opis ebooka Sherlock Holmes - Arthur Conan Doyle, William Gillette

Drame en 5 actes et 6 tableaux.

Opinie o ebooku Sherlock Holmes - Arthur Conan Doyle, William Gillette

Fragment ebooka Sherlock Holmes - Arthur Conan Doyle, William Gillette

A Propos
ACTE PREMIER
SCENE I
SCENE II
SCENE III
SCENE IV
SCENE V

A Propos Doyle:

Sir Arthur Ignatius Conan Doyle, DL (22 May 1859 – 7 July 1930) was a Scottish author most noted for his stories about the detective Sherlock Holmes, which are generally considered a major innovation in the field of crime fiction, and the adventures of Professor Challenger. He was a prolific writer whose other works include science fiction stories, historical novels, plays and romances, poetry, and non-fiction. Conan was originally a given name, but Doyle used it as part of his surname in his later years. Source: Wikipedia

A Propos Gillette:

William Hooker Gillette (July 24, 1853 - April 29, 1937) was an American actor, playwright and stage-manager in the late nineteenth and early twentieth centuries who is best remembered today for portraying Sherlock Holmes. Gillette's most significant contributions to the theater were in devising realistic stage settings and special sound and lighting effects, and, as an actor, in putting forth what he called the Illusion of the First Time. He was also the first American playwright to receive praise in England for recognizably American works on American themes. Gillette's portrayal of Holmes helped create the modern image of the detective. His use of the deerstalker cap (which first appeared in some Strand illustrations by Sidney Paget) and the curved pipe became synonymous with the character. He assumed the role onstage more than 1,300 times over thirty years, starred in a silent motion picture based on his Holmes play, and voiced the character twice on radio. Born in the era of melodrama, with its grand gestures and sonorous declamations, he created in his plays characters who talked and acted the way people talk and act in real life. Held by the Enemy, his first Civil War drama, was a major step toward modern theater in that it abandoned many of the crude devices of 19th century melodrama and introduced realism into the sets, costumes, props and sound effects. In Sherlock Holmes, he introduced the fade-in at the beginning of each scene, and the fade-out at the end, instead of the slam-bang finishes audiences were accustomed to. Clarice in 1905 was significant because, for the first time, he sought to achieve dramatic action through character rather than through incident and situation.

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ACTE PREMIER

DÉCOR : Un salon dans la maison des Murray, vieille demeure triste et en mauvais état, dans un lointain quartier de Londres. Cependant, la piece est vaste et conserve un certain aspect de grandeur. Un escalier au fond de la piece conduit au premier étage, dont on entrevoit le palier. A droite, une porte donnant dans le vestibule. Une large fenetre occupe la plus grande partie du côté droit.

Le mobilier, qui a été riche, est d'ancienne mode et fané; un piano. A gauche du spectateur, un meuble, genre secrétaire, ou armoire a une porte, dans le compartiment inférieur duquel se trouve un coffre-fort avec des combinaisons de lettres. Lampes allumées.


SCENE I

MADGE MURRAY, BENJAMIN

Mme Murray est une belle personne brune d'une trentaine d'années, au visage et aux yeux durs. Elle est habillée avec recherche.

Benjamin entre, portant un plateau sur lequel est un journal. C'est un maître d'hôtel, tenue irréprochable.

BENJAMIN. – C'est a la troisieme page, madame, en haut de la deuxieme colonne.

MADGE. – Merci !

BENJAMIN, pendant que Madge prend le journal. – Je demande pardon a Madame, mais la femme de chambre voudrait lui dire quelques mots.

Madge a pris le journal et s'est assise sur un fauteuil, puis a commencé a lire.

MADGE, les yeux fixés sur le journal. – Je n'ai pas le temps pour le moment.

BENJAMIN. – Bien, madame.

MADGE, sans lever les yeux du journal. – Laquelle des deux femmes de chambre est-ce ?

BENJAMIN, s'arretant. – Thérese, madame.

MADGE, paraissant surprise. – Thérese ?

BENJAMIN. – Oui, madame.

MADGE. – Avez-vous idée de ce qu'elle veut me dire ?

BENJAMIN. – Pas du tout, madame.

MADGE. – Eh bien ! qu'elle vous le communique. Je ne la verrai que quand je saurai ce qu'elle désire.

BENJAMIN. – Je ferai la commission, madame. Il sort, en fermant soigneusement la porte derriere lui.

Madge, une fois seule, examine avec attention le journal. Elle s'approche d'une des lampes pour pouvoir lire plus facilement.

Benjamin rentre doucement. Il reste un moment a la porte et observe Madge occupée a sa lecture. Celle-ci l'a terminée et se leve avec irritation. Jetant violemment son journal sur le piano, elle se dirige vers le meuble qui contient le coffre-fort. Apres avoir ouvert la porte de bois, elle fixe ardemment les yeux sur les rouleaux des lettres, puis elle referme brusquement la porte. A ce moment, elle voit Benjamin et se calme immédiatement. Celui-ci prend la mine d'un homme qui vient seulement d'entrer dans la piece.

BENJAMIN. – Je ne peux pas faire entendre raison a Thérese. Elle insiste pour parler a madame.

MADGE. – Eh bien ! qu'elle attende a demain.

BENJAMIN. – C'est ce que je lui ai dit, mais elle m'a répondu qu'elle ne sera plus ici demain.

MADGE, étonnée. – Qu'est-ce que cela signifie ?

BENJAMIN. – Je demande pardon a madame; mais il me semble qu'elle a l'air un peu étrange depuis quelque temps.

MADGE. – C'est bon ! Dites-lui de venir.

Benjamin s'incline et va pour sortir.

MADGE, le rappelant. – Ah ! Benjamin ! Le maître d'hôtel s'arrete. Qu'est-ce qui vous a donc fait croire en m'apportant ce journal, que je prenais un intéret quelconque a cette annonce de mariage qu'il contient ?

BENJAMIN, avec déférence. – J'avais entendu madame causer avec monsieur des personnes que ce mariage concerne. C'est ce qui m'avait fait croire que cela pouvait l'intéresser.

MADGE. – Benjamin, vous etes intelligent, et j'aime cette qualité chez mes serviteurs… Souvenez-vous cependant que s'il est bon, pour un maître d'hôtel, d'avoir de l'esprit, il peut etre mauvais d'en avoir trop.

BENJAMIN. – Je me le tiendrai pour dit, madame.

MADGE. – Maintenant envoyez-moi Thérese !

BENJAMIN. – Bien, madame.


SCENE II

Madge reste un moment songeuse. Puis elle reprend le journal et relit le passage qui l'avait intéressée. On entend la porte extérieure de la maison se fermer violemment. Madge leve la tete et se dirige vers la porte du vestibule.

Entre Murray. C'est un homme grand, solidement bâti, au visage résolu. Sa mine est soignée et son extérieur serait séduisant si son regard, a de certains moments, ne prenait un aspect encore plus dur que celui de sa femme.

MADGE, vivement. – Eh bien ? As-tu trouvé notre homme ?

MURRAY. – Non. Il va au meuble dont il ouvre nerveusement la porte; il donne un tour ou deux aux lettres tout en parlant. Il n'était pas chez lui… Ah ! Il va falloir appeler un serrurier !

MADGE, vivement. – Non ! non ! a aucun prix ! ce serait une imprudence !

MURRAY. – Pourtant, il faut croire quelque chose. Revenant au coffre-fort. Je ne connais rien a ces satanés engins. Et nous n'avons plus un instant a perdre ! Il y a du nouveau.

MADGE. – Quelque chose de grave ?

MURRAY. – Et d'inquiétant !… Les hauts personnages que vise notre opération viennent de mettre dans leur jeu Sherlock Holmes…

MADGE, tressautant. – Sherlock Holmes ? Le détective amateur ?

MURRAY. – Parbleu !… Comme s'il y en avait un autre !

MADGE. – Comment sais-tu cela ?

MURRAY. – Je l'ai appris par des gens qui sont intéressés a savoir exactement tout ce qui concerne Sherlock Holmes… Toutes les fois qu’il s'attelle a une nouvelle affaire, ils sont renseignés.

MADGE. – Eh bien ! Tout Sherlock Holmes qu'il est, que fera-t-il ?

MURRAY. – Je n'en sais rien, mais surement il fera quelque chose… Il a beau n'etre qu'un détective privé, un amateur, il voit autrement clair et loin que la vraie police. La preuve, c'est que des qu'il y a quelque part, sur toute la surface du monde civilisé, un probleme a résoudre, un écheveau difficile a débrouiller, c'est a lui qu'on s'adresse. Et quand une fois il a pris une affaire en main, il n'est pas long a agir.

MADGE. – Alors, il n'y a pas a tergiverser, et puisque tu n'as pu dénicher Bribb, il faut sur-le-champ trouver quelqu'un qui s'acquitte de la besogne a sa place.

MURRAY. – Bribb peut encore venir. J'ai laissé un mot a son bar habituel et j'ai lancé sur sa piste quelques camarades. Avec un grondement de mauvaise humeur. Quelle déveine ! Dire que voici dix-huit mois que nous trimballons avec nous ces deux femmes, que nous les amadouons, que nous les dorlotons, et que juste au moment ou nous croyons enfin les avoir amenées au point que nous désirions, cette mâtine de fille nous joue un tour pareil ! Regardant l'escalier. Si je montais la voir et causer un instant avec elle… peut-etre arriverais-je a la convaincre.

MADGE. – Vas-y, si tu veux, mais tu n'obtiendras rien par la violence.

MURRAY. – Eh bien ! J'essaierai de la douceur, quoique ce ne soit guere dans mes cordes.

MADGE. – Ah ! c'est vous, Thérese ! … Attendez une seconde, je vais vous parler. Remontant vers l'escalier. Surtout, Jim, garde ton sang-froid.

MURRAY. – Sois tranquille !


SCENE III

MADGE, THÉRESE, puis MISTRESS BRENT

THÉRESE. – Benjamin, le maître d'hôtel, m'a dit que madame avait a me parler.

MADGE. – C'est plutôt vous, paraît-il, qui désiriez me voir… Est-ce vrai, ce qu'on me dit : Vous voulez quitter la maison ?

THÉRESE. – Oui, madame.

MADGE. – Et pour quel motif, s'il vous plaît ?

THÉRESE. – Je désire retourner a Paris. Je ne m'accommode décidément pas de l'Angleterre. J'ai comme qui dirait le mal du pays.

MADGE. – Pourtant, voila deux ans que vous etes a mon service, et vous ne vous plaigniez pas ?

THÉRESE. – C'est possible, madame, mais aujourd'hui n'est pas hier ! Et puis, s'il faut tout dire, il se passe ici depuis quelque temps des choses qui ne me plaisent pas.

MADGE, vivement. – Vraiment ? A quelles choses faites-vous allusion, s'il vous plaît ?

THÉRESE. – Que madame ne me force pas a dire tout ce que je pense ! … Ce qui se trame dans cette maison ! … La façon qu'a monsieur de traiter la jeune dame qui est la-haut ! … Tout ça ne me va pas… Je préfere m'en aller.

MADGE. – Vous ne savez pas ce que vous dites ! La personne dont vous parlez est souffrante ! Sa maladie est, pour nous, un grave sujet e préoccupation… et nous avons, au contraire, pour sa santé, tous les soins, tous les ménagements possibles.

A ce moment, un gémissement prolongé part de l'étage supérieur. Les deux femmes s'arretent immobiles. Au meme instant, entre en scene, descendant par l'escalier, mistress Brent, une femme âgée, a l'air distingué, aux cheveux blancs, vetue d'une robe d'intérieur.

MISTRESS BRENT, gémissant. – Mon enfant !

MADGE, allant a elle, entre ses dents. – Qu'est-ce que vous venez faire ici ?

MISTRESS BRENT. – On maltraite encore mon enfant !

MADGE. – Ne vous ai-je pas défendu de quitter votre chambre ?

La vieille dame a un geste de frayeur devant le visage courroucé de Madge. Celle-ci continue d'un ton menaçant. Allons ! venez ! accompagnez-moi. Elle prend mistress Brent par le bras et l'attire, malgré ses efforts, vers la porte. Le meme gémissement que précédemment, se fait entendre, mais plus assourdi. Venez, je vous dis !

THÉRESE. – Madame…

MADGE, changeant de ton subitement et parlant a mistress Brent d'une voix presque affectueuse. – N'ayez pas peur, ma bonne amie, votre pauvre chere fille n'est pas tres bien aujourd'hui… Son cerveau est encore malade, mais elle ne tardera pas a se rétablir. Impérieusement a Thérese. Thérese, je causerai avec vous demain matin. A mistress Brent. Accompagnez-moi, je vous en prie ! A voix basse, d'un ton menaçant. M'entendez-vous ?

Elle prend violemment mistress Brent par le bras et l'entraîne vers l'escalier. Thérese suit des yeux ce jeu de scene.

Juste au moment ou Madge et la vieille dame disparaissent, Benjamin entre. Il va a Thérese et, l'un et l'autre se regardent un instant sans mot dire.


SCENE IV

BENJAMIN, THÉRESE

BENJAMIN. – Eh bien ? Je pense que vous etes tombée d'accord avec la patronne. Et que vous n'avez plus envie de nous quitter ?

THÉRESE. – J'en ai, au contraire, plus envie que jamais ! … Avez-vous entendu crier cette malheureuse ? Qu'est-ce qu'ils lui font ?

BENJAMIN. – Elle est peut-etre plus souffrante.

THÉRESE. – Ce sont eux qui la rendent malade a force de mauvais traitements ! Non ! non ! Je ne veux pas assister a cela. Je trouverai une autre place.

BENJAMIN, a mi-voix. – J'en ai peut-etre une pour vous. THÉRESE. – Vrai ? Ou cela ?

BENJAMIN, avec mystere. -Tenez, voici l'adresse. Il écrit quelques mots sur une carte.

THÉRESE. – Mais est-ce une place sérieuse, une place chez des gens convenables ?

BENJAMIN. – Soyez tranquille ! mais, surtout, ne laissez voir cette carte a personne.

THÉRESE, lisant tandis que Benjamin regarde au dehors. – « Sherlock… Holmes ».

BENJAMIN, se tournant vers Thérese. – Chut donc ! … Pas si haut ! On pourrait vous entendre ! … Allez a cette adresse demain matin… Vous ne vous en repentirez pas.

La sonnette de la porte d'entrée se fait entendre.

THÉRESE. – On sonne a la porte d'entrée.

BENJAMIN. – Oui… Je vais ouvrir.

Thérese sort d'un côté, Benjamin va a la porte du fond qui donne dans le vestibule. On le voit ouvrir la porte a Bribb.


SCENE V

BENJAMIN, BRIBB

Bribb est un garçon court, gros, leste et éveillé. Il porte a la main un petit sac de cuir. Il est vetu assez élégamment, chapeau haut de forme, gants comme un employé de bureau, coquet de sa personne, bague, épingle de cravate, chaîne de montre.

BENJAMIN. – Monsieur veut-il me dire qui je dois annoncer.

BRIBB. – En voila des cérémonies ! … Vous me parlez comme si je n’étais pas un ami de la maison ! … Enfin, puisque vous y tenez. Avec importance. Annoncez a vos maîtres M. John Alfred Napoléon Bribb.

BENJAMIN. – Monsieur peut compter sur moi… Il sort par l'escalier.

Bribb ôte son chapeau et ses gants qu'il pose sur son sac. Il jette un regard investigateur autour de lui et, avisant le gros meuble d'en face, il y va tout droit, ouvre la porte et examine attentivement le coffre-fort.

BRIBB. – Voila probablement l'objet. Il s'agenouille et donne un tour aux rouleaux des lettres. Puis il se leve et va a son sac dans lequel il fouille.