Une Étude en rouge - Arthur Conan Doyle - ebook
Kategoria: Sensacja, thriller, horror Język: francuski Rok wydania: 1887

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Arthur Conan Doyle

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Opis ebooka Une Étude en rouge - Arthur Conan Doyle

Londres, 1878. Le Dr Watson fait la connaissance de Sherlock Holmes lorsqu'ils décident d'habiter ensemble. Un jour, Sherlock Holmes reçoit une lettre de Tobias Gregson, un des limiers de Scotland Yard, qui lui demande de l'aide dans une affaire de meurtre...

Opinie o ebooku Une Étude en rouge - Arthur Conan Doyle

Fragment ebooka Une Étude en rouge - Arthur Conan Doyle

A Propos
Chapitre 1 - M. Sherlock Holmes

A Propos Doyle:

Sir Arthur Ignatius Conan Doyle, DL (22 May 1859 – 7 July 1930) was a Scottish author most noted for his stories about the detective Sherlock Holmes, which are generally considered a major innovation in the field of crime fiction, and the adventures of Professor Challenger. He was a prolific writer whose other works include science fiction stories, historical novels, plays and romances, poetry, and non-fiction. Conan was originally a given name, but Doyle used it as part of his surname in his later years. Source: Wikipedia

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Chapitre 1 M. Sherlock Holmes

En 1878, reçu médecin a l’Université de Londres, je me rendis a Netley pour suivre les cours prescrits aux chirurgiens de l’armée ; et la, je complétai mes études. On me désigna ensuite, comme aide-major, pour le 5e régiment de fusiliers de Northumberland en garnison aux Indes.

Avant que j’eusse pu le rejoindre, la seconde guerre d’Afghanistan avait éclaté. En débarquant a Bombay, j’appris que mon corps d’armée s’était engagé dans les défilés ; il avait meme poussé tres avant en territoire ennemi. A l’exemple de plusieurs autres officiers dans mon cas, je partis a sa poursuite aussitôt ; et je parvins sans encombre a Kandahar, ou il stationnait. J’entrai immédiatement en fonctions.

Si la campagne procura des décorations et de l’avancement a certains, a moi elle n’apporta que déboires et malheurs. On me détacha de ma brigade pour m’adjoindre au régiment de Berkshire ; ainsi je participai a la fatale bataille de Maiwand. Une balle m’atteignit a l’épaule ; elle me fracassa l’os et frôla l’artere sous-claviere. Je n’échappai aux sanguinaires Ghazis que par le dévouement et le courage de mon ordonnance Murray : il me jeta en travers d’un cheval de bât et put me ramener dans nos lignes.

Épuisé par les souffrances et les privations. Je fus dirigé, avec un convoi de nombreux blessés, sur l’hôpital de Peshawar. Bientôt, j’entrai en convalescence ; je me promenais déja dans les salles, et meme j’allais me chauffer au soleil sous la véranda, quand la fievre entérique me terrassa : c’est le fléau de nos colonies indiennes. Des mois durant, on désespéra de moi. Enfin je revins a la vie. Mais j’étais si faible, tellement amaigri, qu’une commission médicale décida mon rapatriement immédiat. Je m’embarquai sur le transport Oronte et, un mois plus tard, je posai le pied sur la jetée de Portsmouth. Ma santé était irrémédiablement perdue. Toutefois, un gouvernement paternel m’octroya neuf mois pour l’améliorer.

Je n’avais en Angleterre ni parents ni amis : j’étais aussi libre que l’air – autant, du moins, qu’on peut l’etre avec un revenu quotidien de neuf shillings et six pence ! Naturellement, je me dirigeai vers Londres, ce grand cloaque ou se déversent irrésistiblement tous les flâneurs et tous les paresseux de l’Empire. Pendant quelque temps, je menai dans un hôtel privé du Strand une existence sans but et sans confort ; je dépensais tres libéralement. A la fin, ma situation pécuniaire m’alarma. Je me vis en face de l’alternative suivante : ou me retirer quelque part a la campagne, ou changer du tout au tout mon train de vie. C’est a ce dernier parti que je m’arretai ; et, pour commencer, je résolus de quitter l’hôtel pour m’établir dans un endroit moins fashionable et moins couteux.

Le jour ou j’avais muri cette grande décision, j’étais allé prendre un verre au Criterion Bar ; quelqu’un me toucha l’épaule. Je reconnus l’ex-infirmier Stamford, que j’avais eu sous mes ordres a Barts. Pour un homme réduit a la solitude, c’était vraiment une chose agréable que l’apparition d’un visage familier. Auparavant Stamford n’avait jamais été un réel ami, mais, ce jour-la, je l’accueillis avec chaleur, et lui, parallelement, parut enchanté de la rencontre. Dans l’exubérance de ma joie, je l’invitai a déjeuner au Holborn ; nous partîmes ensemble en fiacre.

« A quoi avez-vous donc passé le temps, Watson ? me demanda-t-il sans dissimuler son étonnement, tandis que nous roulions avec une bruit de ferraille a travers les rues encombrées de Londres. Vous etes aussi mince qu’une latte et aussi brun qu’une noix ! »

Je lui racontai brievement mes aventures.

« Pauvre diable ! fit-il avec compassion, apres avoir écouté mon récit. Qu’est-ce que vous vous proposez de faire maintenant ?

– Chercher un appartement, répondis-je. Peut-on se loger confortablement a bon marché ?

– Voila qui est étrange, dit mon compagnon. Vous etes le second aujourd’hui a me poser cette question.

– Qui était le premier ?

– Un type qui travaille a l’hôpital, au laboratoire de chimie. Ce matin, il se plaignait de ne pas pouvoir trouver avec qui partager un bel appartement qu’il a déniché : il est trop cher pour lui seul.

– Par Jupiter ! m’écriai-je. S’il cherche un colocataire, je suis son homme. La solitude me pese, a la fin ! »

Le jeune Stamford me regarda d’un air assez bizarre par-dessus son verre de vin.

« Si vous connaissiez Sherlock Holmes, dit-il, vous n’aimeriez peut-etre pas l’avoir pour compagnon.

– Pourquoi ? Vous avez quelque chose a dire contre lui ?

– Oh ! non. Seulement, il a des idées spéciales… Il s’est entiché de certaines sciences… Autant que j’en puisse juger, c’est un assez bon type.

– Il étudie la médecine, je suppose.

– Non. Je n’ai aucune idée de ce qu’il fabrique. Je le crois ferré a glace sur le chapitre de l’anatomie, et c’est un chimiste de premier ordre ; mais je ne pense pas qu’il ait jamais réellement suivi des cours de médecine. Il a fait des études décousues et excentriques ; en revanche, il a amassé un tas de connaissances rares qui étonneraient les professeurs !

– Qu’est-ce qui l’amene au laboratoire ? Vous ne lui avez jamais posé la question ?

– Non, il n’est pas facile de lui arracher une confidence… Quoique, a ses heures, il soit assez expansif.

– J’aimerais faire sa connaissance, dis-je. Tant mieux s’il a des habitudes studieuses et tranquilles : je pourrai partager avec lui l’appartement. Dans mon cas, le bruit et la surexcitation sont contre-indiqués : j’en ai eu ma bonne part en Afghanistan ! Ou pourrais-je trouver votre ami ?

– Il est surement au laboratoire, répondit mon compagnon, tantôt il fuit ce lieu pendant des semaines, tantôt il y travaille du matin au soir. Si vous voulez, nous irons le voir apres déjeuner.

– Volontiers », répondis-je.

La conversation roula ensuite sur d’autres sujets.

Du Holborn, nous nous rendîmes a l’hôpital. Chemin faisant. Stamford me fournit encore quelques renseignements.

« Si vous ne vous accordez pas avec lui, il ne faudra pas m’en vouloir, dit-il. Tout ce que je sais a son sujet, c’est ce que des rencontres fortuites au laboratoire ont pu m’apprendre. Mais puisque vous m’avez proposé l’arrangement, vous n’aurez pas a m’en tenir responsable.

– Si nous ne nous convenons pas, nous nous séparerons, voila tout ! Pour vouloir dégager comme ça votre responsabilité, Stamford, ajoutai-je en le regardant fixement, vous devez avoir une raison. Laquelle ? L’humeur du type ? Est-elle si terrible ? Parlez franchement.

– Il n’est pas facile d’exprimer l’inexprimable ! répondit-il en riant. Holmes est un peu trop scientifique pour moi, – cela frise l’insensibilité ! Il administrerait a un ami une petite pincée de l’alcaloide le plus récent, non pas, bien entendu, par malveillance, mais simplement par esprit scientifique, pour connaître exactement les effets du poison ! Soyons juste ; il en absorberait lui-meme, toujours dans l’intéret de la science ! Voila sa marotte : une science exacte, précise.

– Il y en a de pires, non ?

– Oui, mais la sienne lui fait parfois pousser les choses un peu loin… quand, par exemple, il bat dans les salles de dissection, les cadavres a coups de canne, vous avouerez qu’elle se manifeste d’une maniere pour le moins bizarre !

– Il bat les cadavres ?

– Oui, pour vérifier si on peut leur faire des bleus ! Je l’ai vu, de mes yeux vu.

– Et vous dites apres cela qu’il n’étudie pas la médecine ?

– Dieu sait quel est l’objet de ses recherches ! Nous voici arrivés, jugez l’homme par vous-meme. »

Comme il parlait, nous enfilâmes un passage étroit et nous pénétrâmes par une petite porte latérale dans une aile du grand hôpital. La, j’étais sur mon terrain : pas besoin de guide pour monter le morne escalier de pierre et franchir le long corridor offrant sa perspective de murs blanchis a la chaux et de portes peintes en marron foncé. A l’extrémité du corridor un couloir bas et vouté conduisait au laboratoire de chimie.

C’était une piece haute de plafond, encombrée d’innombrables bouteilles. Ça et la se dressaient des tables larges et peu élevées, toutes hérissées de cornues, d’éprouvettes et de petites lampes Bunsen a flamme bleue vacillante. La seule personne qui s’y trouvait, courbée sur une table éloignée, paraissait absorbée par son travail. En entendant le bruit de nos pas, l’homme jeta un regard autour de lui. Il se releva d’un bond en poussant une exclamation de joie :

« Je l’ai trouvé ! Je l’ai trouvé ! cria-t-il a mon compagnon en accourant, une éprouvette a la main. J’ai trouvé un réactif qui ne peut etre précipité que par l’hémoglobine ! »

Sa physionomie n’aurait pas exprimé plus de ravissement s’il avait découvert une mine d’or.

« Docteur Watson, M. Sherlock Holmes, dit Stamford en nous présentant l’un a l’autre.

– Comment allez-vous ? » dit-il cordialement

Il me serra la main avec une vigueur dont je ne l’aurais pas cru capable.

« Vous avez été en Afghanistan, a ce que je vois !

– Comment diable le savez-vous ? demandai-je avec étonnement.

– Ah ça !… »

Il rit en lui-meme.

« La question du jour, reprit-il, c’est l’hémoglobine ! Vous comprenez sans doute l’importance de ma découverte ?

– Au point de vue chimique, oui, répondis-je, mais au point de vue pratique…

– Mais, cher monsieur, c’est la découverte médico-légale la plus utile qu’on ait faite depuis des années ! Ne voyez-vous pas qu’elle nous permettra de déceler infailliblement les taches de sang ? Venez par ici ! »

Dans son ardeur, il me prit par la manche et m’entraîna vers sa table de travail.

« Prenons un peu de sang frais, dit-il. (Il planta dans son doigt un long poinçon et recueillit au moyen d’une pipette le sang de la piqure.) Maintenant j’ajoute cette petite quantité de sang a un litre d’eau. Le mélange qui en résulte, a, comme vous voyez, l’apparence de l’eau pure. La proportion du sang ne doit pas etre de plus d’un millionieme. Je ne doute pas cependant d’obtenir la réaction caractéristique. »

Tout en parlant, il jeta quelques cristaux blancs ; puis il versa quelques gouttes d’un liquide incolore. Aussitôt le composé prit une teinte d’acajou sombre ; en meme temps, une poussiere brunâtre se déposa.

« Ah ! ah ! s’exclama-t-il en battant des mains, heureux comme un enfant avec un nouveau jouet. Que pensez-vous de cela ?

– Cela me semble une expérience délicate, répondis-je.

– Magnifique ! Magnifique ! L’ancienne expérience par le gaiacol était grossiere et peu sure. De meme, l’examen au microscope des globules du sang : il ne sert a rien si les taches de sang sont vieilles de quelques heures. Or, que le sang soit vieux ou non, mon procédé s’applique. Si on l’avait inventé plus tôt, des centaines d’hommes actuellement en liberté de par le monde auraient depuis longtemps subi le châtiment de leurs crimes.

– En effet ! murmurai-je.

– Toutes les causes criminelles roulent la-dessus. Mettons que l’on soupçonne un homme d’un crime commis il y a plusieurs mois ; on examine son linge et ses vetements et on y décele des taches brunâtres. Mais voila : est-ce qu’il s’agit de sang, de boue, de rouille ou de fruits ? Cette question a embarrassé plus d’un expert, et pour cause. Avec le procédé Sherlock Holmes, plus de probleme ! »

Au cours de cette tirade, ses yeux avaient jeté des étincelles ; il termina, la main sur le cour, et s’inclina comme pour répondre aux applaudissements d’une foule imaginaire.

« Mes félicitations ! dis-je étonné de son enthousiasme.

– Prenez le proces de von Bischoff a Francfort, l’année derniere, reprit-il. A coup sur, il aurait été pendu si l’on avait connu ce réactif. Il y a eu aussi Mason de Bradford, et le fameux Muller, et Lefevre de Montpellier et Samson de La Nouvelle-Orléans. Je pourrais citer vingt cas ou mon test aurait été probant.

– Vous etes les annales ambulantes du crime ! lança Stamford en éclatant de rire. Vous devriez fonder un journal : Les Nouvelles policieres du Passé !

– Cela serait d’une lecture tres profitable », dit Sherlock Holmes en collant un petit morceau de taffetas gommé sur la piqure de son doigt.

Se tournant vers moi, avec un sourire, il ajouta :

« Il faut que je prenne des précautions, car je tripote pas mal de poisons ! »

Il exhiba sa main ; elle était mouchetée de petits morceaux de taffetas et brulée un peu partout par des acides puissants.

« Nous sommes venus pour affaires », dit Stamford.

Il s’assit sur un tabouret et il en poussa un autre vers moi.

« Mon ami, ici présent, cherche un logis. Comme vous n’avez pas encore trouvé de personne avec qui partager l’appartement, j’ai cru bon de vous mettre en rapport. »

Sherlock Holmes parut enchanté.

« J’ai l’oil sur un appartement dans Baker Street, dit-il. Cela ferait tres bien notre affaire. L’odeur du tabac fort ne vous incommode pas, j’espere ?

– Je fume moi-meme le « ship », répondis-je.

– Un bon point pour vous. Je suis toujours entouré de produits chimiques ; et, a l’occasion, je fais des expériences. Cela non plus ne vous gene pas ?

– Pas du tout.

– Voyons : quels sont mes autres défauts ? Ah ! oui, de temps a autre, j’ai le cafard ; je reste plusieurs jours de suite sans ouvrir la bouche. Il ne faudra pas croire alors que je vous boude. Cela passera si vous me laissez tranquille. A votre tour, maintenant. Qu’est-ce que vous avez a avouer ? Il vaut mieux que deux types qui envisagent de vivre en commun connaissent d’avance le pire l’un de l’autre ! »

L’idée d’etre a mon tour sur la sellette m’amusa.

« J’ai un petit bouledogue, dis-je. Je suis anti-bruit parce que mes nerfs sont ébranlés. Je me leve a des heures impossibles et je suis tres paresseux. En bonne santé, j’ai bien d’autres vices ; mais, pour le moment, ceux que je viens d’énumérer sont les principaux.

– Faites-vous entrer le violon dans la catégorie des bruits fâcheux ? demanda-t-il avec anxiété.

– Cela dépend de l’exécutant, répondis-je. Un morceau bien exécuté est un régal divin, mais, s’il l’est mal !…

– Allons, ça ira ! s’écria-t-il en riant de bon cour. C’est une affaire faite – si, bien entendu, l’appartement vous plaît.

– Quand le visiterons-nous ?

– Venez me prendre demain midi. Nous irons tout régler ensemble.

– C’est entendu, dis-je, en lui serrant la main. A midi précis. »

Stamford et moi, nous le laissâmes au milieu de ses produits chimiques et nous marchâmes vers mon hôtel. Je m’arretai soudain, et, tourné vers lui :

« A propos, demandai-je, a quoi diable a-t-il vu que je revenais de l’Afghanistan ? »

Mon compagnon eut un sourire énigmatique.

« Voila justement sa petite originalité, dit-il. Il a un don de divination extraordinaire. Plusieurs ont cherché sans succes a se l’expliquer.

– Oh ! un mystere ? A la bonne heure ! dis-je en me frottant les mains. C’est tres piquant. Je vous sais gré de nous avoir mis en rapport. L’étude de l’homme est, comme vous le savez, le propre de l’homme.

– Alors, étudiez-le ! dit Stamford en prenant congé de moi. Mais vous trouverez le probleme épineux !… Je parie qu’il en apprendra plus sur vous que vous n’en apprendrez sur lui. Au plaisir, Watson !

– Au plaisir ! » répondis-je.

Je déambulai vers mon hôtel, fort intrigué par ma nouvelle relation.