Voyage au centre de la Terre - Jules Verne - ebook
Kategoria: Obyczajowe i romanse Język: francuski Rok wydania: 1864

Voyage au centre de la Terre darmowy ebook

Jules Verne

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Opis ebooka Voyage au centre de la Terre - Jules Verne

Le professeur Lidenbrock trouve un document dans lequel il apprend l'existence d'un volcan éteint dont la cheminée pourrait le conduire jusqu'au centre de la Terre. Accompagné de son neveu Axel et du guide Hans, il se rend au volcan Sneffels, en Islande, et s'engouffre dans les entrailles de la Terre. Ils ne tarderont pas a faire d'étonnantes découvertes...

Opinie o ebooku Voyage au centre de la Terre - Jules Verne

Fragment ebooka Voyage au centre de la Terre - Jules Verne

A Propos
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
A Propos Verne:

Jules Gabriel Verne (February 8, 1828–March 24, 1905) was a French author who pioneered the science-fiction genre. He is best known for novels such as Journey To The Center Of The Earth (1864), Twenty Thousand Leagues Under The Sea (1870), and Around the World in Eighty Days (1873). Verne wrote about space, air, and underwater travel before air travel and practical submarines were invented, and before practical means of space travel had been devised. He is the third most translated author in the world, according to Index Translationum. Some of his books have been made into films. Verne, along with Hugo Gernsback and H. G. Wells, is often popularly referred to as the "Father of Science Fiction". Source: Wikipedia

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Chapitre 1

 

Le 24 mai 1863, un dimanche, mon oncle, le professeur Lidenbrock, revint précipitamment vers sa petite maison située au numéro 19 de Königstrasse, l’une des plus anciennes rues du vieux quartier de Hambourg.

La bonne Marthe dut se croire fort en retard, car le dîner commençait a peine a chanter sur le fourneau de la cuisine.

« Bon, me dis-je, s’il a faim, mon oncle, qui est le plus impatient des hommes, va pousser des cris de détresse.

– Déja M. Lidenbrock ! s’écria la bonne Marthe stupéfaite, en entrebâillant la porte de la salle a manger.

– Oui, Marthe ; mais le dîner a le droit de ne point etre cuit, car il n’est pas deux heures. La demie vient a peine de sonner a Saint-Michel.

– Alors pourquoi M. Lidenbrock rentre-t-il ?

– Il nous le dira vraisemblablement.

– Le voila ! je me sauve, monsieur Axel, vous lui ferez entendre raison. » Et la bonne Marthe regagna son laboratoire culinaire.

Je restai seul. Mais de faire entendre raison au plus irascible des professeurs, c’est ce que mon caractere un peu indécis ne me permettait pas. Aussi je me préparais a regagner prudemment ma petite chambre du haut, quand la porte de la rue cria sur ses gonds ; de grands pieds firent craquer l’escalier de bois, et le maître de la maison, traversant la salle a manger, se précipita aussitôt dans son cabinet de travail.

Mais, pendant ce rapide passage, il avait jeté dans un coin sa canne a tete de casse-noisettes, sur la table son large chapeau a poils rebroussés, et a son neveu ces paroles retentissantes :

« Axel, suis-moi ! »

Je n’avais pas eu le temps de bouger que le professeur me criait déja avec un vif accent d’impatience :

« Eh bien ! tu n’es pas encore ici ? »

Je m’élançai dans le cabinet de mon redoutable maître.

Otto Lidenbrock n’était pas un méchant homme, j’en conviens volontiers ; mais, a moins de changements improbables, il mourra dans la peau d’un terrible original.

Il était professeur au Johannaeum, et faisait un cours de minéralogie pendant lequel il se mettait régulierement en colere une fois ou deux. Non point qu’il se préoccupât d’avoir des éleves assidus a ses leçons, ni du degré d’attention qu’ils lui accordaient, ni du succes qu’ils pouvaient obtenir par la suite ; ces détails ne l’inquiétaient guere. Il professait « subjectivement », suivant une expression de la philosophie allemande, pour lui et non pour les autres. C’était un savant égoiste, un puits de science dont la poulie grinçait quand on en voulait tirer quelque chose : en un mot, un avare.

Il y a quelques professeurs de ce genre en Allemagne.

Mon oncle, malheureusement, ne jouissait pas d’une extreme facilité de prononciation, sinon dans l’intimité, au moins quand il parlait en public, et c’est un défaut regrettable chez un orateur. En effet, dans ses démonstrations au Johannaeum, souvent le professeur s’arretait court ; il luttait contre un mot récalcitrant qui ne voulait pas glisser entre ses levres, un de ces mots qui résistent, se gonflent et finissent par sortir sous la forme peu scientifique d’un juron. De la, grande colere.

Or, il y a en minéralogie bien des dénominations semi-grecques, semi-latines, difficiles a prononcer, de ces rudes appellations qui écorcheraient les levres d’un poete. Je ne veux pas dire du mal de cette science. Loin de moi. Mais lorsqu’on se trouve en présence des cristallisations rhomboédriques, des résines rétinasphaltes, des ghélénites, des fangasites, des molybdates de plomb, des tungstates de manganese et des titaniates de zircone, il est permis a la langue la plus adroite de fourcher.

Donc, dans la ville, on connaissait cette pardonnable infirmité de mon oncle, et on en abusait, et on l’attendait aux passages dangereux, et il se mettait en fureur, et l’on riait, ce qui n’est pas de bon gout, meme pour des Allemands. Et s’il y avait toujours grande affluence d’auditeurs aux cours de Lidenbrock, combien les suivaient assidument qui venaient surtout pour se dérider aux belles coleres du professeur !

Quoi qu’il en soit, mon oncle, je ne saurais trop le dire, était un véritable savant. Bien qu’il cassât parfois ses échantillons a les essayer trop brusquement, il joignait au génie du géologue l’oil du minéralogiste. Avec son marteau, sa pointe d’acier, son aiguille aimantée, son chalumeau et son flacon d’acide nitrique, c’était un homme tres fort. A la cassure, a l’aspect, a la dureté, a la fusibilité, au son, a l’odeur, au gout d’un minéral quelconque, il le classait sans hésiter parmi les six cents especes que la science compte aujourd’hui.

Aussi le nom de Lidenbrock retentissait avec honneur dans les gymnases et les associations nationales. MM. Humphry Davy, de Humboldt, les capitaines Franklin et Sabine, ne manquerent pas de lui rendre visite a leur passage a Hambourg. MM. Becquerel, Ebelmen, Brewster, Dumas, Milne-Edwards, Sainte-Claire-Deville, aimaient a le consulter sur des questions les plus palpitantes de la chimie. Cette science lui devait d’assez belles découvertes, et, en 1853, il avait paru a Leipzig un Traité de Cristallographie transcendante, par le professeur Otto Lidenbrock, grand in-folio avec planches, qui cependant ne fit pas ses frais.

Ajoutez a cela que mon oncle était conservateur du musée minéralogique de M. Struve, ambassadeur de Russie, précieuse collection d’une renommée européenne.

Voila donc le personnage qui m’interpellait avec tant d’impatience. Représentez-vous un homme grand, maigre, d’une santé de fer, et d’un blond juvénile qui lui ôtait dix bonnes années de sa cinquantaine. Ses gros yeux roulaient sans cesse derriere des lunettes considérables ; son nez, long et mince, ressemblait a une lame affilée ; les méchants prétendaient meme qu’il était aimanté et qu’il attirait la limaille de fer. Pure calomnie : il n’attirait que le tabac, mais en grande abondance, pour ne point mentir.

Quand j’aurai ajouté que mon oncle faisait des enjambées mathématiques d’une demi-toise, et si je dis qu’en marchant il tenait ses poings solidement fermés, signe d’un tempérament impétueux, on le connaîtra assez pour ne pas se montrer friand de sa compagnie.

Il demeurait dans sa petite maison de Königstrasse, une habitation moitié bois, moitié brique, a pignon dentelé ; elle donnait sur l’un de ces canaux sinueux qui se croisent au milieu du plus ancien quartier de Hambourg que l’incendie de 1842 a heureusement respecté.

La vieille maison penchait un peu, il est vrai, et tendait le ventre aux passants ; elle portait son toit incliné sur l’oreille, comme la casquette d’un étudiant de la Tugendbund ; l’aplomb de ses lignes laissait a désirer ; mais, en somme, elle se tenait bien, grâce a un vieil orme vigoureusement encastré dans la façade, qui poussait au printemps ses bourgeons en fleurs a travers les vitraux des fenetres.

Mon oncle ne laissait pas d’etre riche pour un professeur allemand. La maison lui appartenait en toute propriété, contenant et contenu. Le contenu, c’était sa filleule Graüben, jeune Virlandaise de dix-sept ans, la bonne Marthe et moi. En ma double qualité de neveu et d’orphelin, je devins son aide-préparateur dans ses expériences.

J’avouerai que je mordis avec appétit aux sciences géologiques ; j’avais du sang de minéralogiste dans les veines, et je ne m’ennuyais jamais en compagnie de mes précieux cailloux.

En somme, on pouvait vivre heureux dans cette maisonnette de Königstrasse, malgré les impatiences de son propriétaire, car, tout en s’y prenant d’une façon un peu brutale, celui-ci ne m’en aimait pas moins. Mais cet homme-la ne savait pas attendre, et il était plus pressé que nature.

Quand, en avril, il avait planté dans les pots de faience de son salon des pieds de réséda ou de volubilis, chaque matin il allait régulierement les tirer par les feuilles afin de hâter leur croissance.

Avec un pareil original, il n’y avait qu’a obéir. Je me précipitai donc dans son cabinet.


Chapitre 2

 

Ce cabinet était un véritable musée. Tous les échantillons du regne minéral s’y trouvaient étiquetés avec l’ordre le plus parfait, suivant les trois grandes divisions des minéraux inflammables, métalliques et lithoides.

Comme je les connaissais, ces bibelots de la science minéralogique ! Que de fois, au lieu de muser avec des garçons de mon âge, je m’étais plu a épousseter ces graphites, ces anthracites, ces houilles, ces lignites, ces tourbes ! Et les bitumes, les résines, les sels organiques qu’il fallait préserver du moindre atome de poussiere ! Et ces métaux, depuis le fer jusqu’a l’or, dont la valeur relative disparaissait devant l’égalité absolue des spécimens scientifiques ! Et toutes ces pierres qui eussent suffi a reconstruire la maison de Königstrasse, meme avec une belle chambre de plus, dont je me serais si bien arrangé !

Mais, en entrant dans le cabinet, je ne songeais guere a ces merveilles. Mon oncle seul occupait ma pensée. Il était enfoui dans son large fauteuil garni de velours d’Utrecht, et tenait entre les mains un livre qu’il considérait avec la plus profonde admiration.

« Quel livre ! quel livre ! » s’écriait-il.

Cette exclamation me rappela que le professeur Lidenbrock était aussi bibliomane a ses moments perdus ; mais un bouquin n’avait de prix a ses yeux qu’a la condition d’etre introuvable, ou tout au moins illisible.

« Eh bien ! me dit-il, tu ne vois donc pas ? Mais c’est un trésor inestimable que j’ai rencontré ce matin en furetant dans la boutique du juif Hevelius.

– Magnifique ! » répondis-je avec un enthousiasme de commande.

En effet, a quoi bon ce fracas pour un vieil in-quarto dont le dos et les plats semblaient faits d’un veau grossier, un bouquin jaunâtre auquel pendait un signet décoloré ?

Cependant les interjections admiratives du professeur ne discontinuaient pas.

« Vois, disait-il, en se faisant a lui-meme demandes et réponses ; est-ce assez beau ? Oui, c’est admirable ! Et quelle reliure ! Ce livre s’ouvre-t-il facilement ? Oui, car il reste ouvert a n’importe quelle page ! Mais se ferme-t-il bien ? Oui, car la couverture et les feuilles forment un tout bien uni, sans se séparer ni bâiller en aucun endroit. Et ce dos qui n’offre pas une seule brisure apres sept cents ans d’existence ! Ah ! voila une reliure dont Bozerian, Closs ou Purgold eussent été fiers ! »

En parlant ainsi, mon oncle ouvrait et fermait successivement le vieux bouquin, Je ne pouvais faire moins que de l’interroger sur son contenu, bien que cela ne m’intéressât aucunement.

« Et quel est donc le titre de ce merveilleux volume ? demandai-je avec un empressement trop enthousiaste pour n’etre pas feint.

– Cet ouvrage ! répondit mon oncle en s’animant, c’est l’Heims-Kringla de Snorre Turleson, le fameux auteur islandais du XIIe siecle ! C’est la Chronique des princes norvégiens qui régnerent en Islande !

– Vraiment ! m’écriai-je de mon mieux, et, sans doute, c’est une traduction en langue allemande ?

– Bon ! riposta vivement le professeur, une traduction ! Et qu’en ferais-je de ta traduction ! Qui se soucie de ta traduction ? Ceci est l’ouvrage original en langue islandaise, ce magnifique idiome, riche et simple a la fois, qui autorise les combinaisons grammaticales les plus variées et de nombreuses modifications de mots !

– Comme l’allemand, insinuai-je avec assez de bonheur.

– Oui, répondit mon oncle en haussant les épaules, sans compter que la langue islandaise admet les trois genres comme le grec et décline les noms propres comme le latin !

– Ah ! fis-je un peu ébranlé dans mon indifférence, et les caracteres de ce livre sont-ils beaux ?

– Des caracteres ! Qui te parle de caracteres, malheureux Axel ! Il s’agit bien de caracteres ! Ah ! tu prends cela pour un imprimé ! Mais, ignorant, c’est un manuscrit, et un manuscrit runique !…

– Runique ?

– Oui ! Vas-tu me demander maintenant de t’expliquer ce mot ?

– Je m’en garderai bien », répliquai-je avec l’accent d’un homme blessé dans son amour-propre. Mais mon oncle continua de plus belle et m’instruisit, malgré moi, de choses que je ne tenais guere a savoir.

« Les runes, reprit-il, étaient des caracteres d’écriture usités autrefois en Islande, et, suivant la tradition, ils furent inventés par Odin lui-meme ! Mais regarde donc, admire donc, impie, ces types qui sont sortis de l’imagination d’un dieu ! »

Ma foi, faute de réplique, j’allais me prosterner, genre de réponse qui doit plaire aux dieux comme aux rois, car elle a l’avantage de ne jamais les embarrasser, quand un incident vint détourner le cours de la conversation.

Ce fut l’apparition d’un parchemin crasseux qui glissa du bouquin et tomba a terre.

Mon oncle se précipita sur ce brimborion avec une avidité facile a comprendra. Un vieux document, enfermé depuis un temps immémorial dans un vieux livre, ne pouvait manquer d’avoir un haut prix a ses yeux.

« Qu’est-ce que cela ? » s’écria-t-il.

Et, en meme temps, il déployait soigneusement sur sa table un morceau de parchemin long de cinq pouces, large de trois, et sur lequel s’allongeaient, en lignes transversales, des caracteres de grimoire.

En voici le fac-similé exact. Je tiens a faire connaître ces signes bizarres, car ils amenerent le professeur Lidenbrock et son neveu a entreprendre la plus étrange expédition du dix-neuvieme siecle :

[Image d’un cryptogramme]

Le professeur considéra pendant quelques instants cette série de caracteres ; puis il dit en relevant ses lunettes :

« C’est du runique ; ces types sont absolument identiques a ceux du manuscrit de Snorre Turleson ! Mais… qu’est-ce que cela peut signifier ? »

Comme le runique me paraissait etre une invention de savants pour mystifier le pauvre monde, je ne fus pas fâché de voir que mon oncle n’y comprenait rien. Du moins, cela me sembla ainsi au mouvement de ses doigts qui commençaient a s’agiter terriblement.

« C’est pourtant du vieil islandais ! » murmurait-il entre ses dents.

Et le professeur Lidenbrock devait bien s’y connaître, car il passait pour etre un véritable polyglotte. Non pas qu’il parlât couramment les deux mille langues et les quatre mille idiomes employés a la surface du globe, mais enfin il en savait sa bonne part.

Il allait donc, en présence de cette difficulté, se livrer a toute l’impétuosité de son caractere, et je prévoyais une scene violente, quand deux heures sonnerent au petit cartel de la cheminée.

Aussitôt la bonne Marthe ouvrit la porte du cabinet en disant :

« La soupe est servie.

– Au diable la soupe, s’écria mon oncle, et celle qui l’a faite, et ceux qui la mangeront ! »

Marthe s’enfuit. Je volai sur ses pas, et, sans savoir comment, je me trouvai assis a ma place habituelle dans la salle a manger.

J’attendis quelques instants. Le professeur ne vint pas. C’était la premiere fois, a ma connaissance, qu’il manquait a la solennité du dîner. Et quel dîner, cependant ! Une soupe au persil, une omelette au jambon relevée d’oseille a la muscade, une longe de veau a la compote de prunes, et, pour dessert, des crevettes au sucre, le tout arrosé d’un joli vin de la Moselle.

Voila ce qu’un vieux papier allait couter a mon oncle. Ma foi, en qualité de neveu dévoué, je me crus obligé de manger pour lui, en meme temps que pour moi. Ce que je fis en conscience.

« Je n’ai jamais vu chose pareille ! disait la bonne Marthe.

M. Lidenbrock qui n’est pas a table !

– C’est a ne pas le croire.

– Cela présage quelque événement grave ! » reprenait la vieille servante en hochant la tete.

Dans mon opinion, cela ne présageait rien, sinon une scene épouvantable quand mon oncle trouverait son dîner dévoré.

J’en étais a ma derniere crevette, lorsqu’une voix retentissante m’arracha aux voluptés du dessert. Je ne fis qu’un bond de la salle dans le cabinet.


Chapitre 3

 

« C’est évidemment du runique, disait le professeur en fronçant le sourcil. Mais il y a un secret, et je le découvrirai, sinon… »

Un geste violent acheva sa pensée.

« Mets-toi la, ajouta-t-il en m’indiquant la table du poing, et écris. »

En un instant je fus pret.

« Maintenant, je vais te dicter chaque lettre de notre alphabet qui correspond a l’un de ces caracteres islandais. Nous verrons ce que cela donnera. Mais, par saint Michel ! garde-toi bien de te tromper ! »

La dictée commença. Je m’appliquai de mon mieux ; chaque lettre fut appelée l’une apres l’autre, et forma l’incompréhensible succession des mots suivants :

Quand ce travail fut terminé, mon oncle prit vivement la feuille sur laquelle je venais d’écrire, et il l’examina longtemps avec attention.

« Qu’est-ce que cela veut dire ? » répétait-il machinalement.

Sur l’honneur, je n’aurais pas pu le lui apprendre. D’ailleurs il ne m’interrogea pas a cet égard, et il continua de se parler a lui-meme :

« C’est ce que nous appelons un cryptogramme, disait-il, dans lequel le sens est caché sous des lettres brouillées a dessein, et qui, convenablement disposées, formeraient une phrase intelligible ! Quand je pense qu’il y a la peut-etre l’explication ou l’indication d’une grande découverte ! »

Pour mon compte, je pensais qu’il n’y avait absolument rien, mais je gardai prudemment mon opinion. Le professeur prit alors le livre et le parchemin, et les compara tous les deux.

« Ces deux écritures ne sont pas de la meme main, dit-il ; le cryptogramme est postérieur au livre, et j’en vois tout d’abord une preuve irréfragable. En effet, la premiere lettre est une double M qu’on chercherait vainement dans le livre de Turleson, car elle ne fut ajoutée a l’alphabet islandais qu’au quatorzieme siecle. Ainsi donc, il y a au moins deux cents ans entre le manuscrit et le document. »

Cela, j’en conviens, me parut assez logique.

« Je suis donc conduit a penser, reprit mon oncle, que l’un des possesseurs de ce livre aura tracé ces caracteres mystérieux. Mais qui diable était ce possesseur ? N’aurait-il point mis son nom a quelque endroit de ce manuscrit ? »

Mon oncle releva ses lunettes, prit une forte loupe, et passa soigneusement en revue les premieres pages du livre. Au verso de la seconde, celle du faux titre, il découvrit une sorte de macule, qui faisait a l’oil l’effet d’une tache d’encre. Cependant, en y regardant de pres, on distinguait quelques caracteres a demi effacés. Mon oncle comprit que la était le point intéressant ; il s’acharna donc sur la macule et, sa grosse loupe aidant, il finit par reconnaître les signes que voici, caracteres runiques qu’il lut sans hésiter :

[Image d’un cryptogramme]

« Arne Saknussemm ! s’écria-t-il d’un ton triomphant, mais c’est un nom cela, et un nom islandais encore, celui d’un savant du seizieme siecle, d’un alchimiste célebre ! »

Je regardai mon oncle avec une certaine admiration.

« Ces alchimistes, reprit-il, Avicenne, Bacon, Lulle, Paracelse, étaient les véritables, les seuls savants de leur époque. Ils ont fait des découvertes dont nous avons le droit d’etre étonnés. Pourquoi, ce Saknussemm n’aurait-il pas enfoui sous cet incompréhensible cryptogramme quelque surprenante invention ? Cela doit etre ainsi. Cela est. »

L’imagination du professeur s’enflammait a cette hypothese.

« Sans doute, osai-je répondre, mais quel intéret pouvait avoir ce savant a cacher ainsi quelque merveilleuse découverte ?

– Pourquoi ? pourquoi ? Eh ! le sais-je ? Galilée n’en a-t-il pas agi ainsi pour Saturne ? D’ailleurs, nous verrons bien ; j’aurai le secret de ce document, et je ne prendrai ni nourriture ni sommeil avant de l’avoir deviné. »

« Oh ! » pensai-je.

« Ni toi, non plus, Axel », reprit-il.

« Diable ! me dis-je, il est heureux que j’aie dîné pour deux ! »

« Et d’abord, fit mon oncle, il faut trouver la langue de ce « chiffre. » Cela ne doit pas etre difficile. »

A ces mots, je relevai vivement la tete. Mon oncle reprit son soliloque :

« Rien n’est plus aisé. Il y a dans ce document cent trente-deux lettres qui donnent soixante-dix-neuf consonnes contre cinquante-trois voyelles. Or, c’est a peu pres suivant cette proportion que sont formés les mots des langues méridionales, tandis que les idiomes du nord sont infiniment plus riches en consonnes. Il s’agit donc d’une langue du midi. »

Ces conclusions étaient fort justes.

« Mais quelle est cette langue ? »

C’est la que j’attendais mon savant, chez lequel cependant je découvrais un profond analyste. « Ce Saknussemm, reprit-il, était un homme instruit ; or, des qu’il n’écrivait pas dans sa langue maternelle, il devait choisir de préférence la langue courante entre les esprits cultivés du seizieme siecle, je veux dire le latin. Si je me trompe, je pourrai essayer de l’espagnol, du français, de l’italien, du grec, de l’hébreu. Mais les savants du seizieme siecle écrivaient généralement en latin. J’ai donc le droit de dire a priori : ceci est du latin. »

Je sautai sur ma chaise. Mes souvenirs de latiniste se révoltaient contre la prétention que cette suite de mots baroques put appartenir a la douce langue de Virgile.

« Oui ! du latin, reprit mon oncle, mais du latin brouillé. »

« A la bonne heure ! pensai-je. Si tu le débrouilles, tu seras fin, mon oncle. »

« Examinons bien, dit-il, en reprenant la feuille sur laquelle j’avais écrit. Voila une série de cent trente-deux lettres qui se présentent sous un désordre apparent. Il y a des mots ou les consonnes se rencontrent seules comme le premier « m.rnlls », d’autres ou les voyelles, au contraire, abondent, le cinquieme, par exemple, « unteief », ou l’avant-dernier « oseibo. » Or, cette disposition n’a évidemment pas été combinée ; elle est donnée mathématiquement par la raison inconnue qui a présidé a la succession de ces lettres. Il me paraît certain que la phrase primitive a été écrite régulierement, puis retournée suivant une loi qu’il faut découvrir. Celui qui posséderait la clef de ce « chiffre » le lirait couramment. Mais quelle est cette clef ? Axel, as-tu cette clef ? »

A cette question je ne répondis rien, et pour cause. Mes regards s’étaient arretés sur un charmant portrait suspendu au mur, le portrait de Graüben. La pupille de mon oncle se trouvait alors a Altona, chez une de ses parentes, et son, absence me rendait fort triste, car, je puis l’avouer maintenant, la jolie Virlandaise et le neveu du professeur s’aimaient avec toute la patience et toute la tranquillité allemandes. Nous nous étions fiancés a l’insu de mon oncle, trop géologue pour comprendre de pareils sentiments. Graüben était une charmante jeune fille blonde aux yeux bleus, d’un caractere un peu grave, d’un esprit un peu sérieux ; mais elle ne m’en aimait pas moins ; pour mon compte, je l’adorais, si toutefois ce verbe existe dans la langue tudesque ! L’image de ma petite Virlandaise me rejeta donc, en un instant, du monde des réalités dans celui des chimeres, dans celui des souvenirs.

Je revis la fidele compagne de mes travaux et de mes plaisirs. Elle m’aidait a ranger chaque jour les précieuses pierres de mon oncle ; elle les étiquetait avec moi. C’était une tres forte minéralogiste que mademoiselle Graüben ! Elle aimait a approfondir les questions ardues de la science. Que de douces heures nous avions passées a étudier ensemble, et combien j’enviai souvent le sort de ces pierres insensibles qu’elle maniait de ses charmantes mains !

Puis, l’instant de la récréation venue, nous sortions tous les deux, nous prenions par les allées touffues de l’Alster, et nous nous rendions de compagnie au vieux moulin goudronné qui fait si bon effet a l’extrémité du lac ; chemin faisant, on causait en se tenant par la main. Je lui racontais des choses dont elle riait de son mieux. On arrivait ainsi jusqu’au bord de l’Elbe, et, apres avoir dit bonsoir aux cygnes qui nagent parmi les grands nénuphars blancs, nous revenions au quai par la barque a vapeur.

Or, j’en étais la de mon reve, quand mon oncle, frappant la table du poing, me ramena violemment a la réalité.

« Voyons, dit-il, la premiere idée qui doit se présenter a l’esprit pour brouiller les lettres d’une phrase, c’est, il me semble, d’écrire les mots verticalement au lieu de les tracer horizontalement.

– Tiens ! pensai-je.

– Il faut voir ce que cela produit. Axel, jette une phrase quelconque sur ce bout de papier ; mais, au lieu de disposer les lettres a la suite les unes des autres, mets-les successivement par colonnes verticales, de maniere a les grouper en nombre de cinq ou six. »

Je compris ce dont il s’agissait, et immédiatement j’écrivis de haut en bas :

J m n e , b

e e , t G e

t’ b m i r n

a i a t a !

i e p e ü

« Bon, dit le professeur, sans avoir lu. Maintenant, dispose ces mots sur une ligne horizontale.»

J’obéis, et j’obtins la phrase suivante :

Jmne,b ee,tGe t’bmirn aiata ! iepeü

« Parfait ! fit mon oncle en m’arrachant le papier des mains, voila qui a déja la physionomie du vieux document : les voyelles sont groupées ainsi que les consonnes dans le meme désordre ; il y a meme des majuscules au milieu des mots, ainsi que des virgules, tout comme dans le parchemin de Saknussemm ! »

Je ne puis m’empecher de trouver ces remarques fort ingénieuses.

« Or, reprit mon oncle en s’adressant directement a moi, pour lire la phrase que tu viens d’écrire, et que je ne connais pas, il me suffira de prendre successivement la premiere lettre de chaque mot, puis la seconde, puis la troisieme, ainsi de suite. »

Et mon oncle, a son grand étonnement, et surtout au mien, lut :

Je t’aime bien, ma petite Graüben !

« Hein ! » fit le professeur.

Oui, sans m’en douter, en amoureux maladroit, j’avais tracé cette phrase compromettante !

« Ah ! tu aimes Graüben ! reprit mon oncle d’un véritable ton de tuteur !

– Oui… Non… balbutiai-je !

– Ah ! tu aimes Graüben, reprit-il machinalement. Eh bien, appliquons mon procédé au document en question ! »

Mon oncle, retombé dans son absorbante contemplation, oubliait déja mes imprudentes paroles. Je dis imprudentes, car la tete du savant ne pouvait comprendre les choses du cour. Mais, heureusement, la grande affaire du document l’emporta.

Au moment de faire son expérience capitale, les yeux du professeur Lidenbrock lancerent des éclairs a travers ses lunettes. Ses doigts tremblerent, lorsqu’il reprit le vieux parchemin ; il était sérieusement ému. Enfin il toussa fortement, et d’une voix grave, appelant successivement la premiere lettre, puis la seconde de chaque mot, il me dicta la série suivante :

messunkaSenrA.icefdoK.segnittamurtn

ecertserrette, rotaivsadua, ednecsedsadne

lacartniiiluJsiratracSarbmutabiledmek

meretarcsilucoYsleffenSnl

En finissant, je l’avouerai, j’étais émotionné, ces lettres, nommées une a une, ne m’avaient présenté aucun sens a l’esprit ; j’attendais donc que le professeur laissât se dérouler pompeusement entre ses levres une phrase d’une magnifique latinité.

Mais, qui aurait pu le prévoir ! Un violent coup de poing ébranla la table. L’encre rejaillit, la plume me sauta des mains.

« Ce n’est pas cela ! s’écria mon oncle, cela n’a pas le sens commun ! »

Puis, traversant le cabinet comme un boulet, descendant l’escalier comme une avalanche, il se précipita dans Königstrasse, et s’enfuit a toutes jambes.


Chapitre 4

 

« Il est parti ? s’écria Marthe en accourant au bruit de la porte de la rue qui, violemment refermée, venait d’ébranler la maison tout entiere.

– Oui ! répondis-je, completement parti !

– Eh bien ! et son dîner ?fit la vieille servante.

– Il ne dînera pas !

– Et son souper ?

– Il ne soupera pas !

– Comment ? dit Marthe en joignant les mains.

– Non, bonne Marthe, il ne mangera plus, ni personne dans la maison ! Mon oncle Lidenbrock nous met tous a la diete jusqu’au moment ou il aura déchiffré un vieux grimoire qui est absolument indéchiffrable !

– Jésus ! nous n’avons donc plus qu’a mourir de faim ! » Je n’osai pas avouer qu’avec un homme aussi absolu que mon oncle, c’était un sort inévitable. La vieille servante, sérieusement alarmée, retourna dans sa cuisine en gémissant. Quand je fus seul, l’idée me vint d’aller tout conter a Graüben. Mais comment quitter la maison ? Le professeur pouvait rentrer d’un instant a l’autre. Et s’il m’appelait ? Et s’il voulait recommencer ce travail logogryphique, qu’on eut vainement proposé au vieil Oedipe ! Et si je ne répondais pas a son appel, qu’adviendrait-il ?

Le plus sage était de rester. Justement, un minéralogiste de Besançon venait de nous adresser une collection de géodes siliceuses qu’il fallait classer. Je me mis au travail. Je triai, j’étiquetai, je disposai dans leur vitrine toutes ces pierres creuses au-dedans desquelles s’agitaient de petits cristaux.

Mais cette occupation ne m’absorbait pas ; l’affaire du vieux document ne laissait point de me préoccuper étrangement. Ma tete bouillonnait, et je me sentais pris d’une vague inquiétude. J’avais le pressentiment d’une catastrophe prochaine.

Au bout d’une heure, mes géodes étaient étagées avec ordre. Je me laissai aller alors dans le grand fauteuil d’Utrecht, les bras ballants et la tete renversée. J’allumai ma pipe a long tuyau courbe, dont le fourneau sculpté représentait une naiade nonchalamment étendue ; puis, je m’amusai a suivre les progres de la carbonisation, qui de ma naiade faisait peu a peu une négresse accomplie. De temps en temps, j’écoutais si quelque pas retentissait dans l’escalier. Mais non. Ou pouvait etre mon oncle en ce moment ? Je me le figurais courant sous les beaux arbres de la route d’Altona, gesticulant, tirant au mur avec sa canne, d’un bras violent battant les herbes, décapitant les chardons et troublant dans leur repos les cigognes solitaires.

Rentrerait-il triomphant ou découragé ? Qui aurait raison l’un de l’autre, du secret ou de lui ? Je m’interrogeais ainsi, et, machinalement, je pris entre mes doigts la feuille de papier sur laquelle s’allongeait l’incompréhensible série des lettres tracées par moi. Je me répétais :

« Qu’est-ce que cela signifie ? »

Je cherchai a grouper ces lettres de maniere a former des mots. Impossible ! Qu’on les réunit par deux, trois, ou cinq, ou six, cela ne donnait absolument rien d’intelligible. Il y avait bien les quatorzieme, quinzieme et seizieme lettres qui faisaient le mot anglais « ice », et la quatre-vingt-quatrieme, la quatre-vingt-cinquieme et la quatre-vingt-sixieme formaient le mot « sir ». Enfin, dans le corps du document, et a la deuxieme et a la troisieme ligne, je remarquai aussi les mots latins « rota », « mutabile », « ira », « nec », « atra ».

« Diable, pensai-je, ces derniers mots sembleraient donner raison a mon oncle sur la langue du document ! Et meme, a la quatrieme ligne, j’aperçois encore le mot « luco » qui se traduit par « bois sacré ». Il est vrai qu’a la troisieme, on lit le mot « tabiled » de tournure parfaitement hébraique, et a la derniere, les vocables « mer », « arc », « mere », qui sont purement français. »

Il y avait la de quoi perdre la tete ! Quatre idiomes différents dans cette phrase absurde ! Quel rapport pouvait-il exister entre les mots « glace, monsieur, colere, cruel, bois sacré, changeant, mere, arc ou mer ? » Le premier et le dernier seuls se rapprochaient facilement ; rien d’étonnant que, dans un document écrit en Islande, il fut question d’une « mer de glace ». Mais de la a comprendre le reste du cryptogramme, c’était autre chose.

Je me débattais donc contre une insoluble difficulté ; mon cerveau s’échauffait, mes yeux clignaient sur la feuille de papier ; les cent trente-deux lettres semblaient voltiger autour de moi, comme ces larmes d’argent qui glissent dans l’air autour de notre tete, lorsque le sang s’y est violemment porté.

J’étais en proie a une sorte d’hallucination ; j’étouffais ; il me fallait de l’air. Machinalement, je m’éventai avec la feuille de papier, dont le verso et le recto se présenterent successivement a mes regards.

Quelle fut ma surprise, quand, dans l’une de ces voltes rapides, au moment ou le verso se tournait vers moi, je crus voir apparaître des mots parfaitement lisibles, des mots latins, entre autres « craterem » et « terrestre » !

Soudain une lueur se fit dans mon esprit ; ces seuls indices me firent entrevoir la vérité ; j’avais découvert la loi du chiffre. Pour lire ce document, il n’était pas meme nécessaire de le lire a travers la feuille retournée ! Non. Tel il était, tel il m’avait été dicté, tel il pouvait etre épelé couramment. Toutes les ingénieuses combinaisons du professeur se réalisaient ; il avait eu raison pour la disposition des lettres, raison pour la langue du document ! Il s’en était fallu de « rien » qu’il put lire d’un bout a l’autre cette phrase latine, et ce « rien », le hasard venait de me le donner !

On comprend si je fus ému ! Mes yeux se troublerent. Je ne pouvais m’en servir. J’avais étalé la feuille de papier sur la table. Il me suffisait d’y jeter un regard pour devenir possesseur du secret.

Enfin je parvins a calmer mon agitation. Je m’imposai la loi de faire deux fois le tour de la chambre pour apaiser mes nerfs, et je revins m’engouffrer dans le vaste fauteuil.

« Lisons », m’écriai-je, apres avoir refait dans mes poumons une ample provision d’air.

Je me penchai sur la table ; je posai mon doigt successivement sur chaque lettre, et, sans m’arreter, sans hésiter, un instant, je prononçai a haute voix la phrase tout entiere.

Mais quelle stupéfaction, quelle terreur m’envahit ! Je restai d’abord comme frappé d’un coup subit. Quoi ! ce que je venais d’apprendre s’était accompli ! Un homme avait eu assez d’audace pour pénétrer !…

« Ah ! m’écriai-je en bondissant, mais non ! mais non ! mon oncle ne le saura pas ! Il ne manquerait plus qu’il vint a connaître un semblable voyage ! Il voudrait en gouter aussi ! Rien ne pourrait l’arreter ! Un géologue si déterminé ! Il partirait quand meme, malgré tout, en dépit de tout ! Et il m’emmenerait avec lui, et nous n’en reviendrions pas ! Jamais ! jamais ! »

J’étais dans une surexcitation difficile a peindre.

« Non ! non ! ce ne sera pas, dis-je avec énergie, et, puisque je peux empecher qu’une pareille idée vienne a l’esprit de mon tyran, je le ferai. A tourner et a retourner ce document, il pourrait par hasard en découvrir la clef ! Détruisons-le. »

Il y avait un reste de feu dans la cheminée. Je saisis non seulement la feuille de papier, mais le parchemin de Saknussem ; d’une main fébrile j’allais précipiter le tout sur les charbons et anéantir ce dangereux secret, quand la porte du cabinet s’ouvrit. Mon oncle parut.