La Pucelle d'Orléans - Voltaire - ebook
Kategoria: Poezja i dramat Język: francuski Rok wydania: 1755

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Voltaire

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Opis ebooka La Pucelle d'Orléans - Voltaire

Poeme en vingt-et-un chants.

Opinie o ebooku La Pucelle d'Orléans - Voltaire

Fragment ebooka La Pucelle d'Orléans - Voltaire

A Propos
Chant I

A Propos Voltaire:

François-Marie Arouet (21 November 1694 – 30 May 1778), better known by the pen name Voltaire, was a French Enlightenment writer, essayist, deist and philosopher known for his wit, philosophical sport, and defense of civil liberties, including freedom of religion and the right to a fair trial. He was an outspoken supporter of social reform despite strict censorship laws in France and harsh penalties for those who broke them. A satirical polemicist, he frequently made use of his works to criticize Christian Church dogma and the French institutions of his day. Source: Wikipedia

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Chant I

 

Amours honnetes de Charles VII et d’Agnes Sorel. Siege d’Orléans par les Anglais.
Apparition de saint Denis, etc.

 

Je ne suis né pour célébrer les saints:
Ma voix est faible, et meme un peu profane. 
Il faut pourtant vous chanter cette Jeanne 
Qui fit, dit-on, des prodiges divins. 
Elle affermit, de ses pucelles mains 
Des fleurs de lis la tige gallicane, 
Sauva son roi de la rage anglicane, 
Et le fit oindre au maître-autel de Reims. 
Jeanne montra sous féminin visage, 
Sous le corset et sous le cotillon, 
D’un vrai Roland le vigoureux courage. 
J’aimerais mieux, le soir, pour mon usage, 
Une beauté douce comme un mouton; 
Mais Jeanne d’Arc eut un coeur de lion: 
Vous le verrez, si lisez cet ouvrage. 
Vous tremblerez de ses exploits nouveaux; 
Et le plus grand de ses rares travaux 
Fut de garder un an son pucelage. 
   O Chapelain, toi dont le violon, 
De discordante et gothique mémoire, 
Sous un archet maudit par Apollon, 
D’un ton si dur a raclé son histoire; 
Vieux Chapelain, pour l’honneur de ton art, 
Tu voudrais bien me preter ton génie: 
Je n’en veux point; c’est pour Lamotte-Houdart,
Quand l’Iliade est par lui travestie. 
   Le bon roi Charle, au printemps de ses jours, 
Au temps de Pâque, en la cité de Tours, 
A certain bal (ce prince aimait la danse) 
Avait trouvé, pour le bien de la France, 
Une beauté nommée Agnes Sorel.
Jamais l’Amour ne forma rien de tel. 
Imaginez de Flore la jeunesse, 
La taille et l’air de la nymphe des bois, 
Et de Vénus la grâce enchanteresse, 
Et de l’Amour le séduisant minois, 
L’art d’Arachné, le doux chant des sirenes: 
Elle avait tout; elle aurait dans ses chaînes 
Mis les héros, les sages, et les rois. 
La voir, l’aimer, sentir l’ardeur naissante 
Des doux désirs, et leur chaleur brulante, 
Lorgner Agnes, soupirer et trembler,
Perdre la voix en voulant lui parler, 
Presser ses mains d’une main caressante, 
Laisser briller sa flamme impatiente, 
Montrer son trouble, en causer a son tour, 
Lui plaire enfin, fut l’affaire d’un jour. 
Princes et rois vont tres vite en amour. 
Agnes voulut, savante en l’art de plaire, 
Couvrir le tout des voiles du mystere, 
Voiles de gaze, et que les courtisans 
Percent toujours de leurs yeux malfaisants.
   Pour colorer comme on put cette affaire, 
Le roi fit choix du conseiller Bonneau,
Confident sur, et tres bon Tourangeau: 
Il eut l’emploi qui certes n’est pas mince, 
Et qu’a la cour, ou tout se peint en beau, 
Nous appelons etre l’ami du prince, 
Mais qu’a la ville, et surtout en province, 
Les gens grossiers ont nommé maq… .. 
Monsieur Bonneau, sur le bord de la Loire, 
Était seigneur d’un fort joli château. 
Agnes un soir s’y rendit en bateau, 
Et le roi Charle y vint a la nuit noire. 
On y soupa; Bonneau servit a boire; 
Tout fut sans faste, et non pas sans apprets. 
Festins des dieux, vous n’etes rien aupres! 
Nos deux amants, pleins de trouble et de joie, 
Ivres d’amour, a leurs désirs en proie, 
Se renvoyaient des regards enchanteurs, 
De leurs plaisirs brulants avant-coureurs. 
Les doux propos, libres sans indécence, 
Aiguillonnaient leur vive impatience. 
Le prince en feu des yeux la dévorait; 
Contes d’amour d’un air tendre il faisait, 
Et du genou le genou lui serrait. 
   Le souper fait, on eut une musique 
Italienne, en genre chromatique; 
On y mela trois différentes voix 
Aux violons, aux flutes, aux hautbois. 
Elles chantaient l’allégorique histoire 
De ces héros qu’Amour avait domptés, 
Et qui, pour plaire a de tendres beautés, 
Avaient quitté les fureurs de la gloire. 
Dans un réduit cette musique était, 
Pres de la chambre ou le bon roi soupait. 
La belle Agnes, discrete et retenue, 
Entendait tout, et d’aucuns n’était vue. 
   Déja la lune est au haut de son cours; 
Voila minuit: c’est l’heure des amours. 
Dans une alcôve artistement dorée, 
Point trop obscure, et point trop éclairée, 
Entre deux draps que la Frise a tissus, 
D’Agnes Sorel les charmes sont reçus. 
Pres de l’alcôve une porte est ouverte, 
Que dame Alix, suivante tres experte, 
En s’en allant oublia de fermer. 
O vous, amants, vous qui savez aimer, 
Vous voyez bien l’extreme impatience 
Dont pétillait notre bon roi de France! 
Sur ses cheveux, en tresse retenus, 
Parfums exquis sont déja répandus. 
Il vient, il entre au lit de sa maîtresse; 
Moment divin de joie et de tendresse! 
Le coeur leur bat; l’amour et la pudeur 
Au front d’Agnes font monter la rougeur. 
La pudeur passe, et l’amour seul demeure. 
Son tendre amant l’embrasse tout a l’heure. 
Ses yeux ardents, éblouis, enchantés, 
Avidement parcourent ses beautés. 
Qui n’en serait en effet idolâtre? 
   Sous un cou blanc qui fait honte a l’albâtre 
Sont deux tétons séparés, faits au tour, 
Allants, venants, arrondis par l’Amour; 
Leur boutonnet a la couleur des roses. 
Téton charmant, qui jamais ne reposes, 
Vous invitiez les mains a vous presser, 
L’oeil a vous voir, la bouche a vous baiser. 
Pour mes lecteurs tout plein de complaisance, 
J’allais montrer a leurs yeux ébaudis 
De ce beau corps les contours arrondis; 
Mais la vertu qu’on nomme bienséance 
Vient arreter mes pinceaux trop hardis. 
Tout est beauté, tout est charme dans elle. 
La volupté, dont Agnes a sa part, 
Lui donne encore une grâce nouvelle; 
Elle l’anime: amour est un grand fard, 
Et le plaisir embellit toute belle. 
   Trois mois entiers nos deux jeunes amants 
Furent livrés a ces ravissements. 
Du lit d’amour ils vont droit a la table. 
Un déjeuner, restaurant délectable, 
Rend a leurs sens leur premiere vigueur; 
Puis, pour la chasse épris de meme ardeur, 
Ils vont tous deux, sur des chevaux d’Espagne, 
Suivre cent chiens jappants dans la campagne. 
A leur retour on les conduit aux bains.
Pâtes, parfums, odeurs de l’Arabie, 
Qui font la peau douce, fraîche, et polie,
Sont prodigués sur eux a pleines mains. 
   Le dîner vient; la délicate chere, 
L’oiseau du Phase et le coq de bruyere, 
De vingt ragouts l’appret délicieux, 
Charment le nez, le palais, et les yeux. 
Du vin d’Ai la mousse pétillante, 
Et du Tokai la liqueur jaunissante, 
En chatouillant les fibres des cerveaux, 
Y porte un feu qui s’exhale en bons mots 
Aussi brillants que la liqueur légere 
Qui monte et saute, et mousse au bord du verre: 
L’ami Bonneau d’un gros rire applaudit 
A son bon roi, qui montre de l’esprit. 
Le dîner fait? On digere, on raisonne, 
On conte, on rit, on médit du prochain, 
On fait brailler des vers a maître Alain,
On fait venir des docteurs de Sorbonne, 
Des perroquets, un singe, un arlequin. 
Le soleil baisse; une troupe choisie 
Avec le roi court a la comédie, 
Et, sur la fin de ce fortuné jour, 
Le couple heureux s’enivre encor d’amour. 
   Plongés tous deux dans le sein des délices, 
Ils paraissaient en gouter les prémices. 
Toujours heureux et toujours plus ardents, 
Point de soupçons, encor moins de querelles, 
Nulle langueur; et l’Amour et le Temps 
Aupres d’Agnes ont oublié leurs ailes. 
Charles souvent disait entre ses bras, 
En lui donnant des baisers tout de flamme: 
« Ma chere Agnes, idole de mon âme, 
Le monde entier ne vaut point vos appas. 
Vaincre et régner, ce n’est rien que folie. 
Mon parlement me bannit aujourd’hui; 
Au fier Anglais la France est asservie: 
Ah! qu’il soit roi, mais qu’il me porte envie; 
J’ai votre coeur, je suis plus roi que lui. 
   Un tel discours n’est pas trop héroique; 
Mais un héros, quand il tient dans un lit 
Maîtresse honnete, et que l’amour le pique, 
Peut s’oublier, et ne sait ce qu’il dit. 
   Comme il menait cette joyeuse vie, 
Tel qu’un abbé dans sa grasse abbaye, 
Le prince anglais, toujours plein de furie, 
Toujours aux champs, toujours armé, botté, 
Le pot en tete, et la dague au côté, 
Lance en arret, la visiere haussée, 
Foulait aux pieds la France terrassée. 
Il marche, il vole, il renverse en son cours 
Les murs épais, les menaçantes tours, 
Répand le sang, prend l’argent, taxe, pille, 
Livre aux soldats et la mere et la fille, 
Fait violer des couvents de nonnains, 
Boit le muscat des peres bernardins, 
Frappe en écus l’or qui couvre les saints, 
Et, sans respect pour Jésus ni Marie, 
De mainte église il fait mainte écurie: 
Ainsi qu’on voit dans une bergerie 
Des loups sanglants de carnage altérés, 
Et sous leurs dents les troupeaux déchirés, 
Tandis qu’au loin, couché dans la prairie, 
Colin s’endort sur le sein d’Égérie, 
Et que son chien pres d’eux est occupé 
A se saisir des restes du soupé. 
   Or, du plus haut du brillant apogée, 
Séjour des saints, et fort loin de nos yeux, 
Le bon Denis, precheur de nos aieux, 
Vit les malheurs de la France affligée, 
L’état horrible ou l’Anglais l’a plongée, 
Paris aux fers, et le roi tres chrétien 
Baisant Agnes, et ne songeant a rien. 
Ce bon Denis est patron de la France, 
Ainsi que Mars fut le saint des Romains, 
Ou bien Pallas chez les Athéniens. 
Il faut pourtant en faire différence; 
Un saint vaut mieux que tous les dieux paiens. 
   « Ah! par mon chef, dit-il, il n’est pas juste 
De voir ainsi tomber l’empire auguste 
Ou de la foi j’ai planté l’étendard: 
Trône des lis, tu cours trop de hasard; 
Sang des Valois, je ressens tes miseres. 
Ne souffrons pas que les superbes freres 
De Henri Cinq, sans droit et sans raison, 
Chassent ainsi le fils de la maison. 
J’ai, quoique saint, et Dieu me le pardonne, 
Aversion pour la race bretonne: 
Car, si j’en crois le livre des destins, 
Un jour ces gens raisonneurs et mutins 
Se gausseront des saintes décrétales, 
Déchireront les romaines annales, 
Et tous les ans le pape bruleront. 
Vengeons de loin ce sacrilege affront: 
Mes chers Français seront tous catholiques; 
Ces fiers Anglais seront tous hérétiques; 
Frappons, chassons ces dogues britanniques: 
Punissons-les, par quelque nouveau tour, 
De tout le mal qu’ils doivent faire un jour. » 
   Des Gallicans ainsi parlait l’apôtre, 
De maudissons lardant sa patenôtre; 
Et cependant que tout seul il parlait, 
Dans Orléans un conseil se tenait. 
Par les Anglais cette ville bloquée, 
Au roi de France allait etre extorquée. 
Quelques seigneurs et quelques conseillers, 
Les uns pédants et les autres guerriers, 
Sur divers tons déplorant leur misere, 
Pour leur refrain disaient: « Que faut-il faire? » 
Poton, La Hire, et le brave Dunois, 
S’écriaient tous en se mordant les doigts: 
« Allons, amis, mourons pour la patrie, 
Mais aux Anglais vendons cher notre vie. » 
Le Richemont criait tout haut: « Par Dieu, 
Dans Orléans il faut mettre le feu; 
Et que l’Anglais, qui pense ici nous prendre, 
N’ait rien de nous que fumée et que cendre. » 
   Pour La Trimouille, il disait: « C’est en vain 
Que mes parents me firent Poitevin; 
J’ai dans Milan laissé ma Dorothée; 
Pour Orléans, hélas! je l’ai quittée. 
Je combattrai, mais je n’ai plus d’espoir: 
Faut-il mourir, ô ciel! sans la revoir! » 
Le président Louvet, grand personnage, 
Au maintien grave, et qu’on eut pris pour sage, 
Dit: « Je voudrais que préalablement 
Nous fissions rendre arret de parlement 
Contre l’Anglais, et qu’en ce cas énorme 
Sur toute chose on procédât en forme. » 
Louvet était un grand clerc; mais, hélas! 
Il ignorait son triste et piteux cas: 
S’il le savait, sa gravité prudente 
Procéderait contre sa présidente. 
Le grand Talbot, le chef des assiégeants, 
Brule pour elle, et regne sur ses sens: 
Louvet l’ignore; et sa mâle éloquence 
N’a pour objet que de venger la France. 
Dans ce conseil de sages, de héros, 
On entendait les plus nobles propos; 
Le bien public, la vertu les inspire: 
Surtout l’adroit et l’éloquent La Hire 
Parla longtemps, et pourtant parla bien; 
Ils disaient d’or, et ne concluaient rien. 
   Comme ils parlaient, on vit par la fenetre 
Je ne sais quoi dans les airs apparaître. 
Un beau fantôme au visage vermeil, 
Sur un rayon détaché du soleil, 
Des cieux ouverts fend la voute profonde. 
Odeur de saint se sentait a la ronde. 
Le farfadet dessus son chef avait 
A deux pendants une mitre pointue 
D’or et d’argent, sur le sommet fendue; 
Sa dalmatique au gré des vents flottait, 
Son front brillait d’une sainte auréole,
Son cou penché laissait voir son étole, 
Sa main portait ce bâton pastoral 
Qui fut jadis lituus augural.
A cet objet qu’on discernait fort mal, 
Voila d’abord monsieur de La Trimouille, 
Paillard dévot, qui prie et s’agenouille. 
Le Richemont, qui porte un coeur de fer, 
Blasphémateur, jureur impitoyable, 
Haussant la voix, dit que c’était le diable 
Qui leur venait du fin fond de l’enfer; 
Que ce serait chose tres agréable 
Si l’on pouvait parler a Lucifer. 
Maître Louvet s’en courut au plus vite 
Chercher un pot tout rempli d’eau bénite. 
Poton, La Hire, et Dunois, ébahis, 
Ouvrent tous trois de grands yeux ébaubis. 
Tous les valets sont couchés sur le ventre. 
L’objet approche, et le saint fantôme entre 
Tout doucement porté sur son rayon, 
Puis donne a tous sa bénédiction. 
Soudain chacun se signe et se prosterne. 
   Il les releve avec un air paterne; 
Puis il leur dit: « Ne faut vous effrayer; 
Je suis Denis, et saint de mon métier. 
J’aime la Gaule, et l’ai catéchisée, 
Et ma bonne âme est tres scandalisée 
De voir Charlot, mon filleul tant aimé, 
Dont le pays en cendre est consumé, 
Et qui s’amuse, au lieu de le défendre, 
A deux tétons qu’il ne cesse de prendre. 
J’ai résolu d’assister aujourd’hui 
Les bons Français qui combattent pour lui. 
Je veux finir leur peine et leur misere. 
Tout mal, dit-on, guérit par son contraire. 
Or si Charlot veut, pour une catin, 
Perdre la France et l’honneur avec elle, 
J’ai résolu, pour changer son destin, 
De me servir des mains d’une pucelle. 
Vous, si d’en haut vous désirez les biens, 
Si vos coeurs sont et français et chrétiens, 
Si vous aimez le roi, l’État, l’Église, 
Assistez-moi dans ma sainte entreprise; 
Montrez le nid ou nous devons chercher 
Ce vrai phénix que je veux dénicher. » 
   Ainsi parla le vénérable sire. 
Quand il eut fait chacun se prit a rire. 
Le Richemont, né plaisant et moqueur, 
Lui dit: « Ma foi, mon cher prédicateur, 
Monsieur le saint, ce n’était pas la peine 
D’abandonner le céleste domaine 
Pour demander a ce peuple méchant
Ce beau joyau que vous estimez tant. 
Quand il s’agit de sauver une ville, 
Un pucelage est une arme inutile. 
Pourquoi d’ailleurs le prendre en ce pays? 
Vous en avez tant dans le paradis! 
Rome et Lorette ont cent fois moins de cierges 
Que chez les saints il n’est la-haut de vierges. 
Chez les Français, hélas! il n’en est plus. 
Tous nos moutiers sont a sec la-dessus. 
Nos francs-archers, nos officiers, nos princes, 
Ont des longtemps dégarni les provinces. 
Ils ont tous fait, en dépit de vos saints, 
Plus de bâtards encor que d’orphelins. 
Monsieur Denis, pour finir nos querelles, 
Cherchez ailleurs, s’il vous plaît, des pucelles. 
Le saint rougit de ce discours brutal; 
Puis aussitôt il remonte a cheval 
Sur son rayon, sans dire une parole, 
Pique des deux, et par les airs s’envole, 
Pour déterrer, s’il peut, ce beau bijou 
Qu’on tient si rare, et dont il semble fou. 
Laissons-le aller; et tandis qu’il se perche 
Sur l’un des traits qui vont porter le jour, 
Ami lecteur, puissiez-vous en amour 
Avoir le bien de trouver ce qu’il cherche!