Le Château des Désertes - George Sand - ebook

Le Château des Désertes ebook

George Sand

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Opis

Nous sommes transportés vers une campagne idéalisée, où tout le monde se connaît, où l’air est pur et les actions naturelles. L’intrigue est à la fois simple et sans complications. Comme une comédie d’erreurs, il est construit sur les illusions des personnages: ils pensent tous que ce n’est pas ce que c’est. Et dans le même temps, dans la pratique, tout est très simple, les intrigues complexes se déroulent sans difficulté, ce qui est fourni par le narrateur – le vieil avocat Chantebel.

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George Sand

Le Ch’teau des Désertes

Varsovie 2019

Table des matières

NOTICE

I. LA JEUNE MÈRE

II. LE VER LUISANT

III. CÉCILIA

IV. FL’NERIE

V. DÉPIT

VI. LA DUCHESSE

VII. LE NOEUD CERISE

VIII. LE SABBAT

IX. L'UOM DI SASSO

X. OTTAVIO

XI. LE SOUPER

XII. L'HÉRITIÈRE

XIII. STELLA

XIV. CONCLUSION

NOTICE

Le Château des Désertes est une analyse de quelques idées d’art plutôt qu’une analyse de sentiments. Ce roman m’a servi, une fois de plus, à me confirmer dans la certitude que les choses réelles, transportées dans le domaine de la fiction, n’y apparaissent un instant que pour y disparaître aussitôt, tant leur transformation y devient nécessaire.

Durant plusieurs hivers consécutifs, étant retirée à la campagne avec mes enfants et quelques amis de leur âge, nous avions imaginé de jouer la comédie sur scénario et sans spectateurs, non pour nous instruire en quoique ce soit, mais pour nous amuser. Cet amusement devint une passion pour les enfants, et peu à peu une sorte d’exercice littéraire qui ne fut point inutile au développement intellectuel de plusieurs d’entre eux. Une sorte de mystère que nous ne cherchions pas, mais qui résultait naturellement de ce petit vacarme prolongé assez avant dans les nuits, au milieu d’une campagne déserte, lorsque la neige ou le brouillard nous enveloppaient au dehors, et que nos serviteurs même, n’aidant ni à nos changements de décor, ni à nos soupers, quittaient de bonne heure la maison où nous restions seuls; le tonnerre, les coups de pistolet, les roulements du tambour, les cris du drame et la musique du ballet, tout cela avait quelque chose de fantastique, et les rares passants qui en saisirent de loin quelque chose n’hésitèrent pas à nous croire fous ou ensorcelés.

Lorsque j’introduisis un épisode de ce genre dans le roman qu’on va lire, il y devint une étude sérieuse, et y prit des proportions si différentes de l’original, que mes pauvres enfants, après l’avoir lu, ne regardaient plus qu’avec chagrin le paravent bleu et les costumes de papier découpé qui avaient fait leurs délices. Mais à quelque chose sert toujours l’exagération de la fantaisie, car ils firent eux-mêmes un théâtre aussi grand que le permettait l’exiguïté du local, et arrivèrent à y jouer des pièces qu’ils firent, eux-mêmes aussi, les années suivantes.

Qu’elles fussent bonnes ou mauvaises, là n’est point la question intéressante pour les autres: mais ne firent-ils pas mieux de s’amuser et de s’exercer ainsi, que de courir cette bohème du monde réel, qui se trouve à tous les étages de la société?

C’est ainsi que la fantaisie, le roman, l’oeuvre de l’imagination, en un mot, a son effet détourné, mais certain, sur l’emploi de la vie. Effet souvent funeste, disent les rigoristes de mauvaise foi ou de mauvaise humeur. Je le nie. La fiction commence par transformer la réalité; mais elle est transformée à son tour et fait entrer un peu d’idéal, non pas seulement dans les petits faits, mais dans les grands sentiments de la vie réelle.

GEORGE SAND. NOHANT 17 janvier 1853

A M. W.-G. MACREADY.

Ce petit ouvrage essayant de remuer quelques idées sur l’art dramatique, je le mets sous la protection d’un grand nom et d’une honorable amitié.

GEORGE SAND. Nohant, 30 avril 1847.

I

LA JEUNE MÈRE.

Avant d’arriver à l’époque de ma vie qui fait le sujet de ce récit, je dois dire en trois mots qui je suis.

Je suis le fils d’un pauvre ténor italien et d’une belle dame française. Mon père se nommait Tealdo Soavi; je ne nommerai point ma mère. Je ne fus jamais avoué par elle, ce qui ne l’empêcha point d’être bonne et généreuse pour moi. Je dirai seulement que je fus élevé dans la maison de la marquise de..., à Turin et à Paris, sous un nom de fantaisie.

La marquise aimait les artistes sans aimer les arts. Elle n’y entendait rien et prenait un égal plaisir à entendre une valse de Strauss et une fugue de Bach. En peinture, elle avait un faible pour les étoffes vert et or, et elle ne pouvait souffrir une toile mal encadrée. Légère et charmante, elle dansait à quarante ans comme une sylphide et fumait des cigarettes de contrebande avec une grâce que je n’ai vue qu’à elle. Elle n’avait aucun remords d’avoir cédé à quelques entraînements de jeunesse et ne s’en cachait point trop, mais elle eût trouvé de mauvais goût de les afficher. Elle eut de son mari un fils que je ne nommai jamais mon frère, mais qui est toujours pour moi un bon camarade et un aimable ami.

Je fus élevé comme il plut à Dieu; l’argent n’y fut pas épargné. La marquise était riche, et, pourvu qu’elle n’eût à prendre aucun souci de mes aptitudes et de mes progrès, elle se faisait un devoir de ne me refuser aucun moyen de développement. Si elle n’eût été en réalité que ma parente éloignée et ma bienfaitrice, comme elle l’était officiellement, j’aurais été le plus heureux et le plus reconnaissant des orphelins; mais les femmes de chambre avaient eu trop de part à ma première éducation pour que j’ignorasse le secret de ma naissance. Dès que je pus sortir de leurs mains, je m’efforçai d’oublier la douleur et l’effroi que leur indiscrétion m’avait causés. Ma mère me permit de voir le monde à ses côtés, et je reconnus à la frivolité bienveillante de son caractère, au peu de soin mental qu’elle prenait de son fils légitime, que je n’avais aucun sujet de me plaindre. Je ne conservai donc point d’amertume contre elle, je n’en eus jamais le droit mais une sorte de mélancolie, jointe à beaucoup de patience, de tolérance extérieure et de résolution intime, se trouva être au fond de mon esprit, de bonne heure et pour toujours.

J’éprouvais parfois un violent désir d’aimer et d’embrasser ma mère. Elle m’accordait un sourire en passant, une caresse à la dérobée. Elle me consultait sur le choix de ses bijoux et de ses chevaux; elle me félicitait d’avoir du goût, donnait des éloges à mes instincts de savoir-vivre, et ne me gronda pas une seule fois en sa vie; mais jamais aussi elle ne comprit mon besoin d’expansion avec elle. Le seul mot maternel qui lui échappa fut pour me demander, un jour qu’elle s’aperçut de ma tristesse, si j’étais jaloux de son fils, et si je ne me trouvais pas aussi bien traité que l’enfant de la maison. Or, comme, sauf le plaisir très-creux d’avoir un nom et le bonheur très-faux d’avoir dans le monde une position toute faite pour l’oisiveté, mon frère n’était effectivement pas mieux traité que moi, je compris une fois pour toutes, dans un âge encore assez tendre, que tout sentiment d’envie et de dépit serait de ma part ingratitude et lâcheté. Je reconnus que ma mère m’aimait autant qu’elle pouvait aimer, plus peut-être qu’elle n’aimait mon frère, car j’étais l’enfant de l’amour, et ma figure lui plaisait plus que la ressemblance de son héritier avec son mari.

Je m’attachai donc à lui complaire, en prenant mieux que lui les leçons qu’elle payait pour nous deux avec une égale libéralité, une égale insouciance. Un beau jour, elle s’aperçut que j’avais profité, et que j’étais capable de me tirer d’affaire dans la vie. „Et mon fils? dit-elle avec un sourire; il risque fort d’être ignorant et paresseux, n’est-ce pas?...” Puis elle ajouta naïvement: „Voyez comme c’est heureux, que ces deux enfants aient compris chacun sa position!” Elle m’embrassa au front, et tout fut dit. Mon frère n’essuya aucun reproche de sa part. Sans s’en douter, et grâce à ses instincts débonnaires, elle avait détruit entre nous tout levain d’émulation, et l’on conçoit qu’entre un fils légitime et un bâtard l’émulation eût pu se changer fort aisément en aversion et en jalousie.

Je travaillai donc pour mon propre compte, et je pus me livrer sans anxiété et sans amour-propre maladif au plaisir que je trouvais naturellement à m’instruire. Entouré d’artistes et de gens du monde, mon choix se fit tout aussi naturellement. Je me sentais artiste, et, si j’eusse été maltraité par ceux qui ne l’étaient pas, je me serais élancé dans la carrière avec une sorte d’âpreté chagrine et hautaine. Il n’en fut rien. Tous les amis de ma mère m’encourageaient de leur bienveillance, et moi, ne me sentant blessé nulle part, j’entrai dans la voie qui me parut la mienne avec le calme et la sérénité d’une âme qui prend librement possession de son domaine.

Je portai dans l’étude de la peinture toutes les facultés qui étaient en moi, sans fièvre, sans irritation, sans impatience. A vingt-cinq ans seulement, je me sentis arrivé au premier degré de développement de ma force, et je n’eus pas lieu de regretter mes tâtonnements.

Ma mère n’était plus; elle m’avait oublié dans son testament, mais elle était morte en me faisant écrire un billet fort gracieux pour me féliciter de mes premiers succès, et en donnant une signature à son banquier pour payer les premières dettes de mon frère. Elle avait fait autant pour moi que pour lui, puisqu’elle nous avait mis tous les deux à même de devenir des hommes. J’étais arrivé au but le premier; je ne dépendais plus que de mon courage et de mon intelligence. Mon frère dépendait de sa fortune et de ses habitudes; je n’eusse pas changé son sort contre le mien.

Depuis quelques années, je ne voyais plus ma mère que rarement. Je lui écrivais à d’assez longs intervalles. Il m’en coûtait de l’appeler, conformément à ses prescriptions, ma bonne protectrice. Ses lettres ne me causaient qu’une joie mélancolique, car elles ne contenaient guère que des questions de détail matériel et des offres d’argent relativement à mon travail. „Il me semble, écrivait-elle, qu’il y a quelque temps que vous ne m’avez rien demandé, et je vous supplie de ne point faire de dettes, puisque ma bourse est toujours à votre disposition. Traitez-moi toujours en ceci comme votre véritable amie.”

Cela était bon et généreux, sans doute, mais cela me blessait chaque fois davantage. Elle ne remarquait pas que, depuis plusieurs années, je ne lui coûtais plus rien, tout en ne faisant point de dettes. Quand je l’eus perdue, ce que je regrettai le plus, ce fut l’espérance que j’avais vaguement nourrie qu’elle m’aimerait un jour; ce qui me fit verser des larmes, ce fut la pensée que j’aurais pu l’aimer passionnément, si elle l’eût bien voulu. Enfin, je pleurais de ne pouvoir pleurer vraiment ma mère.

Tout ce que je viens de raconter n’a aucun rapport avec l’épisode de ma vie que je vais retracer. Il ne se trouvera aucun lien entre le souvenir de ma première jeunesse et les aventures qui en ont rempli la seconde période. J’aurais donc pu me dispenser de cette exposition; mais il m’a semblé pourtant qu’elle était nécessaire. Un narrateur est un être passif qui ennuie quand il ne rapporte pas les faits qui le touchent à sa propre individualité bien constatée. J’ai toujours détesté les histoires qui procèdent par je, et si je ne raconte pas la mienne à la troisième personne, c’est que je me sens capable de rendre compte de moi-même, et d’être, sinon le héros principal, du moins un personnage actif dans les événements dont j’évoque le souvenir.

J’intitule ce petit drame du nom d’un lieu où ma vie s’est révélée et dénouée. Mon nom, à moi, c’est-à-dire le nom qu’on m’a choisi en naissant, est Adorno Salentini. Je ne sais pas pourquoi je ne me serais pas appelé Soavi, comme mon père. Peut-être que ce n’était pas non plus son nom. Ce qu’il y a de certain, c’est qu’il mourut sans savoir que j’existais. Ma mère, aussi vite épouvantée qu’éprise, lui avait caché les conséquences de leur liaison pour pouvoir la rompre plus entièrement.

Pour toutes les causes qui précèdent, me voyant et me sentant doublement orphelin dans la vie, j’étais tout accoutumé à ne compter que sur moi-même. Je pris des habitudes de discrétion et de réserve en raison des instincts de courage et de fierté que je cultivais en moi avec soin.

Deux ans après la mort de ma mère, c’est-à-dire à vingt-sept ans, j’étais déjà fort et libre au gré de mon ambition, car je gagnais un peu d’argent, et j’avais très-peu de besoins; j’arrivais à une certaine réputation sans avoir eu trop de protecteurs, à un certain talent sans trop craindre ni rechercher les conseils de personne, à une certaine satisfaction intérieure, car je me trouvais sur la route d’un progrès assuré, et je voyais assez clair dans mon avenir d’artiste. Tout ce qui me manquait encore, je le sentais couver en silence dans mon sein, et j’en attendais l’éclosion avec une joie secrète qui me soutenait, et une apparence de calme qui m’empêchait d’avoir des ennemis. Personne encore ne pressentait en moi un rival bien terrible; moi, je ne me sentais pas de rivaux funestes. Aucune gloire officielle ne me faisait peur. Je souriais intérieurement de voir des hommes, plus inquiets et plus pressés que moi, s’enivrer d’un succès précaire. Doux et facile à vivre, je pouvais constater en moi une force de patience dont je savais bien être incapables les natures violentes, emportées autour de moi comme des feuilles par le vent d’orage. Enfin j’offrais à l’oeil de celui qui voit tout, ce que je cachais au regard dangereux et trouble des hommes: le contraste d’un tempérament paisible avec une imagination vive et une volonté prompte.

A vingt-sept ans, je n’avais pas encore aimé, et certes ce n’était pas faute d’amour dans le sang et dans la tête; mais mon coeur ne s’était jamais donné. Je le reconnaissais si bien, que je rougissais d’un plaisir comme d’une faiblesse, et que je me reprochais presque ce qu’un autre eût appelé ses bonnes fortunes. Pourquoi mon coeur se refusait-il à partager l’enivrement de ma jeunesse? Je l’ignore. Il n’est point d’homme qui puisse se définir au point de n’être pas, sous quelque rapport, un mystère pour lui-même. Je ne puis donc m’expliquer ma froideur intérieure que par induction. Peut-être ma volonté était-elle trop tendue vers le progrès dans mon art. Peut-être étais-je trop fier pour me livrer avant d’avoir le droit d’être compris. Peut-être encore, et il me semble que je retrouve cette émotion dans mes vagues souvenirs, peut-être avais-je dans l’âme un idéal de femme que je ne me croyais pas encore digne de posséder, et pour lequel je voulais me conserver pur de tout servage.

Cependant mon temps approchait. A mesure que la manifestation de ma vie me devenait plus facile dans la peinture, l’explosion de ma puissance cachée se préparait dans mon sein par une inquiétude croissante. A Vienne, pendant un rude hiver, je connus la duchesse de... noble italienne, belle comme un camée antique, éblouissante femme du monde, et dilettante à tous les degrés de l’art. Le hasard lui fit voir une peinture de moi. Elle la comprit mieux que toutes les personnes qui entouraient. Elle s’exprima sur mon compte en des termes qui caressèrent mon amour-propre. Je sus qu’elle me plaçait plus haut que ne faisait encore le public, et qu’elle travaillait à ma gloire sans me connaître, par pur amour de l’art. J’en fus flatté; la reconnaissance vint attendrir l’orgueil dans mon sein. Je désirai lui être présenté: je fus accueilli mieux encore que je ne m’y attendais. Ma figure et mon langage parurent lui plaire, et elle me dit, presque à la première entrevue, qu’en moi l’homme était encore supérieur au peintre. Je me sentis plus ému par sa grâce, son élégance et sa beauté, que je ne l’avais encore été auprès d’aucune femme.

Une seule chose me chagrinait: certaines habitudes de mollesse, certaines locutions d’éloges officiels, certaines formules de sympathie et d’encouragement, me rappelaient la douce, libérale et insoucieuse femme dont j’avais été le fils et le protégé. Parfois j’essayais de me persuader que c’était une raison de plus pour moi de m’attacher à elle; mais parfois aussi je tremblais de retrouver, sous cette enveloppe charmante, la femme du monde, cet être banal et froid, habile dans l’art des niaiseries, maladroit dans les choses sérieuses, généreux de fait sans l’être d’intention, aimant à faire le bonheur d’autrui, à la condition de ne pas compromettre le sien.

J’aimais, je doutais, je souffrais. Elle n’avait pas une réputation d’austérité bien établie, quoique ses faiblesses n’eussent jamais fait scandale. J’avais tout lieu d’espérer un délicieux caprice de sa part. Cela ne m’enivrait pas. Je n’étais plus assez enfant pour me glorifier d’inspirer un caprice; j’étais assez homme pour aspirer à être l’objet d’une passion. Je brûlais d’un feu mystérieux trop longtemps comprimé pour ne pas m’avouer que j’allais être en proie moi-même à une passion énergique; mais, lorsque je me sentais sur le point d’y céder, j’étais épouvanté de l’idée que j’allais donner tout pour recevoir peu... peut-être rien. J’avais peur, non pas précisément de devenir dans le monde une dupe de plus; qu’importe, quand l’erreur est douce et profonde? mais peur d’user mon âme, ma force morale, l’avenir de mon talent, dans une lutte pleine d’angoisses et de mécomptes. Je pourrais dire que j’avais peur enfin de n’être pas complètement dupe, et que je me méfiais du retour de ma clairvoyance prête à m’échapper.

Un soir, nous allâmes ensemble au théâtre. Il y avait plusieurs jours que je ne l’avais vue. Elle avait été malade; du moins sa porte avait été fermée, et ses traits étaient légèrement altérés. Elle m’avait envoyé une place dans sa loge pour assister avec moi et un autre de ses amis, espèce de sigisbée insignifiant, au début d’un jeune homme dans un opéra italien.

J’avais travaillé avec beaucoup d’ardeur et avec une sorte de dépit fiévreux durant la maladie feinte ou réelle de la duchesse. Je n’étais pas sorti de mon atelier, je n’avais vu personne, je n’étais plus au courant des nouvelles de la ville.

–Qui donc débute ce soir? lui demandai-je un instant avant l’ouverture.

–Quoi! vous ne le savez pas? me dit-elle avec un sourire caressant, qui semblait me remercier de mon indifférence à tout ce qui n’était pas elle.

Puis elle reprit d’un air d’indifférence:

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