L'Envers de l'histoire contemporaine d'Honoré de Balzac - Encyclopaedia Universalis - ebook

L'Envers de l'histoire contemporaine d'Honoré de Balzac ebook

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Dernière œuvre écrite et achevée par Honoré de Balzac (1799-1850), L’Envers de l’histoire contemporaine ne paraît en volume qu’après sa mort.

Une fiche de lecture spécialement conçue pour le numérique, pour tout savoir sur L'Envers de l'histoire contemporaine d'Honoré de Balzac

Chaque fiche de lecture présente une œuvre clé de la littérature ou de la pensée. Cette présentation est couplée avec un article de synthèse sur l’auteur de l’œuvre.

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ISBN : 9782852294851

© Encyclopædia Universalis France, 2019. Tous droits réservés.

Photo de couverture : © Monticello/Shutterstock

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Ce volume présente des notices sur des œuvres clés de la littérature ou de la pensée autour d’un thème, ici L'Envers de l'histoire contemporaine, Honoré de Balzac (Les Fiches de lecture d'Universalis).

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L’ENVERS DE L’HISTOIRE CONTEMPORAINE, Honoré de Balzac (Fiche de lecture)

Dernière œuvre écrite et achevée par Honoré de Balzac (1799-1850), L’Envers de l’histoire contemporaine ne paraît en volume qu’après sa mort. C’est néanmoins assez tôt qu’il a l’idée de ce roman dont il rédige et fait paraître dans la presse la première partie, Madame de la Chanterie, entre 1842 et 1844. Il passe ensuite à d’autres chantiers, mais ne perd pas de vue la suite qu’il entend donner à un récit qui aura pour titre Les Frères de la Consolation. Ainsi, dans la Préface de Splendeurs et misères des courtisanes, en 1844, il annonce que « l’auteur prépare comme contrepoids et comme opposition un ouvrage où se verra l’action de la vertu, de la religion et de la bienfaisance au cœur de cette corruption des capitales ». Mais ce n’est qu’en 1848 qu’il en publie la seconde partie, L’Initié. Dans l’édition posthume de 1854, le roman au complet recevra son titre actuel, finalement retenu par Balzac et, conformément à sa volonté, prendra place à la fin des Scènes de la vie parisienne.

• « L’École des bienfaiteurs »

Jeune homme ambitieux, mais velléitaire, Godefroy n’a connu que des revers et, en 1836, a dilapidé une bonne part de sa fortune. Contraint de mener une existence modeste, il visite un logement dans une vieille maison de l’île de la Cité. Frappé par l’austérité du lieu, la sérénité et l’aura de sa propriétaire, Madame de la Chanterie, il décide d’y refaire sa vie. Il est vite saisi par l’atmosphère de mystère et de religiosité qui règne dans la maison, et par l’étrangeté de ses occupants qu’il croit faire partie d’une conspiration royaliste. Un des pensionnaires lui révèle que la rue Chanoinesse abrite le siège d’une société secrète dont l’objectif est de faire le bien et dont l’âme est la baronne de la Chanterie. Celle-ci est devenue « la reine de la charité parisienne » après une longue suite de malheurs. Mariée à un noble dépravé qui l’a ruinée, elle a connu la misère. Après la Révolution, elle a retrouvé son rang, mais a marié sa fille à un homme criblé de dettes qui a disparu. Enfin, les deux femmes furent accusées d’avoir participé à un acte de brigandage camouflé en complot royaliste. Malgré leur innocence, l’acharnement du procureur Bourlac a conduit la mère en prison et la fille à l’échafaud.

Désireux d’appartenir à cette société de charité, Godefroy est chargé par elle d’une mission où il devra faire ses preuves : enquêter sur une famille réduite à la misère et chercher par quels moyens l’aider. Ancien magistrat, Monsieur Bernard a épuisé sa fortune à soigner sa fille Vanda, atteinte d’une grave affection des nerfs qui provoque des paralysies, des phobies et des troubles du comportement. Seul un médecin polonais pourrait la guérir. Mais les honoraires qu’il exige sont hors de portée du père, qui consacre ses dernières ressources à maintenir dans la chambre de sa fille un cadre luxueux, propice à son équilibre nerveux. Godefroy se charge alors de la rémunération du médecin qui fait entrer Vanda dans sa clinique. De plus, il aide le père de la jeune femme à publier un ouvrage de droit qui lui assure la prospérité. Ayant accompli son initiation, il peut être intronisé parmi les Frères de la Consolation. Un jour, il croise Vanda, guérie et devenue riche, et son père. Celui-ci, qui souhaite connaître ses bienfaiteurs pour les remercier, lui révèle sa véritable identité : il s’agit du baron Bourlac, le bourreau de la fille de Mme de la Chanterie auquel cette dernière, en « véritable sainte », accorde finalement son pardon.

• L’occulte et le merveilleux

En choisissant pour titre L’Envers de l’histoire contemporaine et non Les Frères de la Consolation, Balzac infléchit le sens de son roman. Quand il parvient au terme de celui-ci, son projet n’est plus tant de « montrer la charité, la religion agissant sur Paris, à la manière du Médecin de campagne sur son canton » et de faire l’apologie de la vertu que de révéler une des puissances occultes qui régentent la capitale : « En commençant les Scènes de la vie parisienne par les Treize, l’auteur se promettait bien de les terminer par la même idée, celle de l’association faite au profit de la charité comme l’autre au profit du plaisir. »

Si les objectifs diffèrent, l’exercice du pouvoir souterrain s’avère dans les deux cas assez semblable. Godefroy enquêtant sur la famille Bernard rappelle Henri de Marsay cherchant à percer les secrets de la fille aux yeux d’or. D’ailleurs, la chambre féerique de Vanda n’est pas sans évoquer le boudoir de Paquita. Quant aux habitants de la rue Chanoinesse, ils ne sont pas de tranquilles dévots, mais des aventuriers qui ont été soumis aux turbulences de l’histoire. L’extrême simplicité de leur vie ne les empêche pas de disposer d’une fortune immense que le banquier Mongenod gère avec le même soin que Vautrin apportait au trésor des bagnards. Enfin, c’est durant son séjour en prison que Madame de la Chanterie a conçu l’idée d’une société de charité.

Toutefois, cet ultime roman, dont tous les personnages principaux apparaissent pour la première fois, possède une tonalité qui tranche singulièrement avec celle des œuvres antérieures. Le Paris que Balzac met ici en scène est entièrement inédit. Les hôtels du faubourg Saint-Germain s’effacent devant les bâtisses séculaires de l’île de la Cité ; l’activité tapageuse de Notre-Dame-de-Lorette fait place au calme campagnard de Notre-Dame-des-Champs. De plus, au cœur de ce nouveau réel surgit un certain merveilleux : la chambre de Vanda, oasis de luxe au milieu d’un sordide galetas ; les spectaculaires symptômes de sa maladie, où l’auteur voit les effets de la plique polonaise et où nous verrions plutôt ceux de l’hystérie ; le mystérieux docteur Halpersohn, lui-même annonciateur de Charcot, sinon de Freud ou de Lacan, qui fut sensible au roman ; Madame de la Chanterie enfin, sur qui ni les ans ni les épreuves ne semblent avoir de prise et qui a peut-être déjà gagné une de ces sphères supra-humaines dans lesquelles Balzac spiritualiste croyait tant : « Cette dame était évidemment une personne de l’autre siècle, pour ne pas dire de l’autre monde. » Alors que dans ses trois précédents romans, Balzac avait fait tragiquement périr ses héros, confirmé le triomphe de la cupidité, de la luxure et du cynisme, peint le monde dans une noirceur totale, voilà que dans cette œuvre « si pure, si évangélique » il offre un happy end et dessine cette « longue trace lumineuse où brille le bleu de l’éther » que Godefroy aperçoit en entrant rue Chanoinesse. Mais peut-être l’écrivain était-il parvenu au-delà de La Comédie humaine ?

Philippe DULAC

Bibliographie
H. DE BALZAC, L’Envers de l’histoire contemporaine, in La Comédie humaine, tome VIII, P. G. Castex éd., Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1977 ; L’Envers de l’histoire contemporaine, Folio-Gallimard, no 1056.
Études
J. CHAILLET, « Les Mondes fermés, asiles du Dieu », in Courrier balzacien, no 6, 1949M. LE YAOUANC, Nosographie de l’humanité balzacienne, Maloine, Paris, 1959.

BALZAC HONORÉ DE (1799-1850)

Introduction

Prométhée, Protée, homme à la robe de bure, créateur halluciné immortalisé par Rodin, Balzac a suscité toutes les imageries et toutes les gloses. L’œuvre immense vit, de réédition en réédition : elle est traduite et lue dans le monde entier et la télévision lui a redonné, plus que le cinéma, peut-être, une nouvelle fortune.