Un héros de notre temps - Le Démon - Mikhaïl Iourievitch  Lermontov - ebook
Kategoria: Humanistyka Język: francuski Rok wydania: 1841

Un héros de notre temps - Le Démon darmowy ebook

Mikhaïl Iourievitch Lermontov

(0)
0,00 zł
Do koszyka

Ebooka przeczytasz na:

e-czytniku EPUB
tablecie EPUB
smartfonie EPUB
komputerze EPUB
Czytaj w chmurze®
w aplikacjach Legimi.
Dlaczego warto?

Pobierz fragment dostosowany na:

Opis ebooka Un héros de notre temps - Le Démon - Mikhaïl Iourievitch Lermontov

Un héros de notre temps est constitué de cinq récits. Dans le premier texte, Béla, un vieil officier, Maximitch, conte les aventures de Petchorin qui enleva Béla, la fille d'un prince tartare. Dans le second texte, le narrateur et Maximitch croisent Petchorin en route vers la Perse. C'est l'occasion pour le narrateur de récupérer des extraits du journal tenu par Petchorin. Ayant appris la mort de Pétchorin, le narrateur publie ces extraits qui constituent les trois textes suivants : Taman, une histoire de contrebandiers, La Princesse Marie, dans lequelle le héros séduit deux femmes, ce qui le conduit a se battre en duel, et enfin Le Fataliste, ou le héros s'interroge sur la force de la destinée. Le Démon est l'histoire du démon qui, survolant le Caucase, s'éprend d'une jeune fille, Tamara, qui attend son fiancé. Celui-ci n'arrivera jamais. Tamara se réfugie ans un monastere, mais le démon la poursuit, et sa vision hante les pensées de la jeune fille.

Opinie o ebooku Un héros de notre temps - Le Démon - Mikhaïl Iourievitch Lermontov

Fragment ebooka Un héros de notre temps - Le Démon - Mikhaïl Iourievitch Lermontov

A Propos
Partie 1 - UN HÉROS DE NOTRE TEMPS
AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR
PRÉFACE DE L’AUTEUR

A Propos Lermontov:

Mikhail Youriévitch Lermontov est un poete et romancier russe, souvent appelé le « poete du Caucase ».

Note: This book is brought to you by Feedbooks
http://www.feedbooks.com
Strictly for personal use, do not use this file for commercial purposes.

Partie 1
UN HÉROS DE NOTRE TEMPS


AVANT-PROPOS DU TRADUCTEUR

 

En France nous connaissons peu la Russie ; c’est-a-dire l’esprit de la nation, ses mours, son caractere et surtout sa littérature ; or, c’est la le miroir dans lequel se reflete un peuple entier et dans lequel on peut apprendre quel rang il a déja conquis dans la civilisation moderne, ou de quel pas il marche vers le progres.

Des steppes immenses et glacés, des Cosaques a la mine sauvage, voila géographiquement et historiquement sous quel aspect la plupart d’entre nous se représentent la Russie. Et ce pendant, il y a dans cet immense empire un grand peuple ; grand surtout, par le développement littéraire qui s’est manifesté chez lui depuis le commencement de ce siecle.

Je sais qu’on peut regretter, pour ce pays, le manque de ces institutions libérales, si nécessaires au mouvement intellectuel d’une nation ; mais la Russie marche dans cette voie d’un pas ferme et certain. L’abolition du servage, ouvre éminemment chrétienne et digne du XIXe siecle, n’a été que le prélude d’une grande révolution sociale, qui s’accomplit lentement et fatalement, malgré les exces de quelques fanatiques impatients d’arriver au but. Leurs violences appellent les violences du Pouvoir et ne font qu’éloigner pour ce peuple, le moment ou il pourra jouir des avantages sérieux d’une liberté progressive, modérée par l’ordre, mais toujours amie du perfectionnement social.

Parmi les écrivains nombreux qui ont illustré la littérature russe pendant la premiere moitié de notre siecle, un surtout est particulierement sympathique, autant par l’élévation que par la précocité de son génie, et cette sorte de fatalité dont sa vie si courte est empreinte.

C’est Lermontoff, né en 1814, mort a la suite d’un duel en 1841. Coincidence étrange et douloureuse, que deux des plus grands poetes de la Russie, Pouchkine et Lermontoff, soient tombés dans une rencontre !

Ce que cet épouvantable malheur a ravi a la Russie et aux lettres, qui le saura jamais ! Lorsqu’on parcourt les ouvres de ce poete, mort a 26 ans, on ne peut s’empecher d’etre affligé en songeant au monument qu’il eut, sans nul doute, élevé durant une longue vie.

Lermontoff écrivait déja a douze ans, et le charme de ses compositions aurait pu lui valoir, comme a Victor Hugo, le titre d’enfant prodige. Orphelin des son bas âge, il fut élevé par sa grand’mere et reçut cette instruction distinguée et complete qu’on s’applique a donner aux jeunes gens de famille en Russie. L’étude des langues anciennes, celle des langues vivantes surtout, l’histoire, la philosophie, les mathématiques, toutes ces différentes branches de l’instruction furent abordées avec des succes rares par le jeune Lermontoff, que l’on destinait a la carriere militaire. Dans ce pays ou les privileges de castes sont encore vivants, la carriere militaire est celle qu’embrassent de préférence les jeunes gens de famille noble.

Lermontoff était petit, avait l’air gauche, les yeux rouges et les pieds assez mal tournés. Il était cependant fort vaniteux, jaloux surtout des succes mondains de ses camarades et il ne pouvait leur pardonner de réussir mieux que lui, se sentant une certaine supériorité intellectuelle ; aussi son caractere était-il empreint des inconvénients de ce travers : une susceptibilité outrée, une humeur railleuse et sarcastique devaient lui attirer les querelles et les duels dont le résultat lui fut si fatal.

Il servit d’abord aux porte-enseigne, puis aux hussards de la garde ou il mena une vie fort dissipée et composa des poésies érotiques qui, par leur verve et leur facilité, séduisirent tous ceux qui les lurent. Un duel qu’il eut avec M. de B…, a la suite d’une querelle insignifiante, lut valut son envoi au Caucase, pays ou il avait passé une grande partie de sa jeunesse et pour lequel il eut toujours une prédilection marquée. C’est la qu’a dix ans, il s’était épris d’une jeune fille dont le souvenir resta toujours gravé profondément dans son âme : il assurait a vingt cinq ans qu’il n’avait réellement aimé que cette fois. C’est en écoutant les récits naifs, pleins d’images et de fantaisie orientale des habitants de ces hautes montagnes, que son génie s’inspira et acquit cette élévation qui le plaça, au niveau des grands poetes.

Aussi ce sont presque toujours ces cimes couvertes de neiges éternelles et les riantes plaines de la Géorgie qu’il choisit pour théâtre de ses fictions ou qu’il chante en vers dignes de cette nature imposante.

Lermontoff a toutes les qualités d’un grand poete : imagination riche et ardente, langage toujours élevé et plein de cette couleur qui est le vetement obligé des plus belles idées poétiques. Sans avoir le scepticisme de Byron, dont il affectionnait la lecture, il est plus tendre et plus aimant que lui et ne lui cede jamais en passion et en énergie. Amant enthousiaste de la nature, il sait en dérouler les magiques tableaux comme un habile enchanteur ; et, qu’il dise un simple récit, ou que sa pensée s’éleve dans la plus haute région de la philosophie, il reste toujours un des maîtres de la littérature contemporaine.

LE DÉMON et les récits que nous donnons ici sous le titre de : UN HÉROS DE NOTRE TEMPS sont, en vers et en prose, ses ouvres les plus remarquables, celles ou son génie s’est montré sous ses faces les plus diverses et les plus attrayantes, et qui peuvent donner plus particulierement la mesure de son talent.

Les ouvres de Lermontoff n’ont été publiées qu’apres sa mort. Leur réunion en recueil et leur publication sont dues aux soins pieux d’un ami qui ne voulait pas que le pays fut privé de ces chefs-d’ouvre.

Bien qu’une traduction ne soit jamais que la pâle copie d’une ouvre, comme la gravure qui ne donne jamais qu’une faible idée de la composition d’un grand peintre, nous avons cru néanmoins qu’il plairait a tous ceux qui s’intéressent a la littérature étrangere de parcourir une de ses plus belles productions.


PRÉFACE DE L’AUTEUR

 

Dans tout livre, la préface est ordinairement la premiere chose et en meme temps la derniere. Elle sert ou a indiquer le but de l’ouvrage, ou a le justifier et a répondre par avance a la critique. Mais on aurait tort de croire que j’écris celle-ci dans l’intéret moral des lecteurs ou contre les attaques des critiques de journaux : ni les uns ni les autres ne la liront. Et je regrette qu’il en soit ainsi, surtout dans notre pays ou le public est encore si primitif, si ingénu, qu’il ne comprend pas les fables, si, a la fin, il n’y trouve une moralité. Il ne devine pas la plaisanterie et ne saisit pas l’ironie ; il est simple et grossierement élevé : il ne sait pas encore que dans le monde comme il faut, et dans un livre de bon ton, une discussion violente ne peut avoir lieu d’une maniere trop apparente ; il ignore que la civilisation actuelle a découvert des armes plus fines, presque invisibles, et non moins sures, qui, sous le couvert de la flatterie, vous portent des coups mortels et inévitables.

Notre public ressemble a un paysan qui entendant causer deux diplomates, appartenant a des cours ennemies, resterait persuadé que chacun d’eux trompe son gouvernement, dans l’intéret d’une douce et réciproque amitié.

Ce livre m’a valu d’essuyer naguere les ennuis de la malheureuse crédulité des lecteurs et des journaux, et ceci, dans le sens littéral du mot. Ainsi les uns se sont tenus pour offensés sérieusement, en croyant se reconnaître dans ce type inexcusable que j’ai appelé : Un héros de notre temps. D’autres ont fait remarquer avec beaucoup de malignité que l’auteur avait du peindre son propre portrait et celui de ses connaissances. Vieille et misérable idée !

La Russie est ainsi faite, que de pareilles absurdités peuvent s’y propager facilement. Le plus fantastique des contes a chez nous bien de la peine a se soustraire au reproche d’attaques dirigées contre quelque individualité.

Le héros de notre temps, mes tres chers lecteurs, est réellement un portrait, mais non celui d’un seul individu. Ce portrait a été composé avec tous les vices de notre génération, vices en pleine éclosion. A cela vous me répondrez qu’un homme ne peut etre aussi méchant : mon Dieu ! si vous croyez a la possibilité de l’existence de tous les scélérats de tragédie et de romans, pourquoi ne croiriez-vous pas que Petchorin ait pu etre ce qu’il est dans ce livre ? Si vous avez aimé des fictions beaucoup plus effrayantes et plus difformes, pourquoi ce caractere ne trouverait-il pas grâce aupres de vous comme toute autre fiction ?

C’est que, peut-etre, il se rapproche de la vérité plus que vous ne le désirez.

Il est vrai que cette justification n’est ni complete ni victorieuse ; mais permettez : pas mal d’hommes ont passé leur temps a se nourrir de douceurs et leur estomac s’est gâté ; il leur faut maintenant la médecine amere des vérités piquantes. N’allez pas cependant croire, apres cela, que l’auteur de ce livre ait fait le reve orgueilleux de s’établir en redresseur de l’humanité vicieuse : Dieu le préserve d’une pareille sottise ! non, il lui a paru tout simple et amusant de dépeindre un homme de notre époque comme il l’entendait et comme, pour notre malheur commun, il l’a trop souvent rencontré ; il suit de tout cela que la maladie est indiquée, mais comment la guérir ? Dieu seul le sait.