Systeme d’Épicure - Julien Offray de La Mettrie - ebook
Kategoria: Nauka i nowe technologie Język: francuski Rok wydania: 1750

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Julien Offray de La Mettrie

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Opis ebooka Systeme d’Épicure - Julien Offray de La Mettrie

Dans ce texte, précédemment intitulé «Réflexions physiques sur l'origine des animaux», l'auteur nous propose une analyse matérialiste de l'origine et de l'évolution des etres vivants, excluant une intervention divine, ou une finalité. Viennent ensuite des réflexions sur la mort, la vie, les plaisirs. La modernité du texte est étonnante et préfigure la réflexion darwinienne, avec un siecle d'avance, a une époque ou cela n'était vraiment pas le courant de pensée majoritaire. Ebooks libres et gratuits s'est attaché a conserver l'orthographe de l'époque, y compris dans ses aspects les plus «fluctuants» (accents).

Opinie o ebooku Systeme d’Épicure - Julien Offray de La Mettrie

Fragment ebooka Systeme d’Épicure - Julien Offray de La Mettrie

A Propos

I.
II.
III.
IV.
V.
VI.
VII.
VIII.
IX.
X.
XI.

A Propos La Mettrie:

Médecin libertin et philosophe matérialiste français, il défendit un matérialisme radical, et refonda, apres René Descartes, le mécanisme.

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Quam misera animalium superbissimi origo !

 

PLINIUS


I.

Lorsque je lis dans Virgile, Georg. L. 2 :

Felix qui potuit rerum cognoscere causas !

je demande, quis potuit ? Non, les ailes de notre génie ne peuvent nous élever jusqu’a la connoissance des causes. Le plus ignorant des hommes est aussi éclairé a cet égard, que le plus grand philosophe. Nous voyons tous les objets, tout ce qui se passe dans l’univers, comme une belle décoration d’opéra, dont nous n’apercevons ni les cordes, ni les contre-poids. Dans tous les corps, comme dans le nôtre, les premiers ressorts nous sont cachés, & le seront vraisemblablement toujours. Il est facile de se consoler d’etre privés d’une science qui ne nous rendroit, ni meilleurs, ni plus heureux.


II.

Je ne puis voir ces enfans, qui avec une pipe & du savon battu dans de l’eau, s’amusent a faire ces belles vessies colorées, que le souffle dilate si prodigieusement, sans les comparer a la nature. Il me semble qu’elle prend comme eux, sans y songer, les moyens les plus simples pour opérer. Il est vrai qu’elle ne se met pas plus en dépense, pour donner a la terre un prince qui doit la faire trembler, que pour faire éclore l’herbe qu’on foule aux pieds. Un peu de boue, une goutte de morve, forme l’homme & l’insecte ; & la plus petite portion de mouvement a suffi pour faire jouer la machine du monde.


III.

Les merveilles de tous les regnes, comme parlent les chimistes, toutes ces choses que nous admirons, qui nous étonnent si fort, ont été produites, pour ainsi dire, a-peu-pres par le meme mélange d’eau & de savon, & comme par la pipe de nos enfans.


IV.

Comment prendre la nature sur le fait ? Elle ne s’y est jamais prise elle-meme. Dénuée de connoissance & de sentiment, elle fait de la soie, comme le Bourgeois Gentilhomme fait de la prose, sans le savoir : aussi aveugle, lorsqu’elle donne la vie, qu’innocente lorsqu’elle la détruit.


V.

Les physiciens regardent l’air comme le chaos universel de tous les corps. On peut dire qu’il n’est presque qu’une eau fine, dans laquelle ils nagent, tant qu’ils sont plus légers qu’elle. Lorsque le soutien de cette eau, ce ressort inconnu par lequel nous vivons, & qui constitue, ou est lui-meme l’air proprement dit, lors, dis-je, que ce ressort n’a plus la force de porter les graines dispersées dans toute l’atmosphere, elles tombent sur la terre par leur propre poids ; ou elles sont jetées ça & la par les vents sur sa surface. De la toutes ces productions végétales, qui couvrent souvent tout-a-coup les fossés, les murailles, les marais, les eaux croupies, qui étoient, il y a peu de temps, sans herbe & sans verdure.


VI.

Que de chenilles & autres insectes viennent aussi quelquefois manger les arbres en fleur, & fondre sur nos jardins ! D’ou viennent-ils, si ce n’est de l’air ?


VII.

Il y a donc dans l’air des graines ou semences, tant animales, que végétales ; il y en a eu, & il y en aura toujours. Chaque individu attire a soi celles de son espece, ou celles qui lui sont propres, a moins qu’on n’aime mieux que ces semences aillent chercher les corps ou elles peuvent murir, germer & se développer.


VIII.

Leur premiere matrice a donc été l’air, dont la chaleur commence a les préparer. Elle se vivifient davantage dans leur seconde matrice, j’entends les vaisseaux spermatiques, les testicules, les vésicules séminales ; & cela, par les chaleurs, les frottemens, la stagnation d’un grand nombre d’années ; car on sait que ce n’est qu’a l’âge de puberté, & par conséquent apres une longue digestion dans le corps du mâle, que les semences viriles deviennent propres a la génération. Leur troisieme & derniere matrice, est celle de la femelle, ou l’ouf fécondé, descendu de l’ovaire par les trompes de Fallope, est en quelque sorte intérieurement couvé, & ou il prend facilement racine.


IX.

Les memes semences qui produisent tant de sortes d’animalcules,dans les fluides exposés a l’air, & qui passent aussi aisément dans le mâle, par les organes de la respiration & de la déglutition ; que du mâle, sous une forme enfin visible, dans la femelle, par le vagin ; ces semences, dis-je, qui s’implantent & germent avec tant de facilité dans l’uterus, supposent-elles qu’il y eut toujours des hommes, des hommes faits, & de l’un, & de l’autre sexe ?


X.

Si les hommes n’ont pas toujours existé, tels que nous les voyons aujourd’hui, (eh ! le moyen de croire qu’ils soient venus au monde, grands, comme pere & mere, & fort en état de procréer leurs semblables !) il faut que la terre ait servi d’uterus a l’homme ; qu’elle ait ouvert son sein aux germes humains, déja préparés, pour que ce superbe animal, certaines loix posées, en put éclore. Pourquoi, je vous le demande, Anti-Épicuriens modernes, pourquoi la terre, cette commune mere & nourrice de tous les corps, auroit-elle refusé aux graines animales, ce qu’elle accorde aux végétaux les plus vils, les plus pernicieux ? Ils trouvent toujours ses entrailles fécondes ; & cette matrice n’a rien au fond de plus surprenant que celle de la femme.


XI.

Mais la terre n’est plus le berceau de l’humanité ! On ne la voit point produire d’hommes ! Ne lui reprochons point sa stérilité actuelle ; elle a fait sa portée de ce côté-la. Une vieille poule ne pond plus, une vieille femme ne fait plus d’enfans ; c’est a-peu-pres la réponse que Lucrece fait a cette objection.