Poemes - Jean Jaurès - ebook
Kategoria: Nauka i nowe technologie Język: francuski Rok wydania: 1921

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Opis ebooka Poemes - Jean Jaurès

Jaures, avant d'etre homme politique, fut professeur de philosophie. Plus que de véritables Poemes, ce sont des reveries philosophiques qui nous sont ici proposées. L'édition, posthume (1921), ne nous permet pas de connaître la période de composition. Jaures est né en 1859 dans un département, le Tarn, encore tres rural. Il en garde une sensibilité réelle a la nature: nuages, oiseaux, soleil, étoiles, jeux de lumieres, ciel bleu, terre, rochers, nuit. La philosophie fait intervenir Pascal, Copernic, Kant, Bossuet... et apporte les notions d'infini, d'espace, d'âme, de Dieu... Pour autant, l'homme n'est pas oublié: c'est un homme prométhéen, acteur de son progres, qui apparaît dans «le blé». Derriere le tribun socialiste, nous voyons apparaître un homme complexe et sensible.

Opinie o ebooku Poemes - Jean Jaurès

Fragment ebooka Poemes - Jean Jaurès

A Propos
Comme un reve
Étude de nuages

A Propos Jaures:

Homme politique français, orateur et parlementaire socialiste, qui s'illustra par son pacifisme et son opposition au déclenchement de la Premiere Guerre Mondiale. Il fut assassiné a Paris le 31 juillet 1914 par le militant d'extreme-droite Raoul Villain.

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Comme un reve

Bien souvent, dans la contemplation et la reverie, nous jouissons de l’univers sans lui demander ses comptes ; nous aspirons la vie enivrante de la terre avec une irréflexion absolue, et la nuit étoilée et grandiose n’est plus bientôt, pour notre âme qui s’éleve, une nuit dans la chaîne des nuits. Elle ne porte aucune date ; elle n’éveille aucun souvenir ; elle ne se rattache a aucune pensée ; on dirait qu’elle est, au-dessus meme de la raison, la manifestation de l’éternel. Nous ne nous demandons plus si elle est une réalité ou un reve, car c’est une réalité si étrangere a notre action individuelle et a notre existence mesquine qu’elle est, pour nous, comme un reve ; et c’est un songe si plein d’émotion délicieuse qu’il est l’équivalent de la réalité.


Étude de nuages

De façon ou d’autre, la lumiere s’est adaptée, pour poursuivre son chemin, au milieu épais qu’elle doit traverser ; c’est qu’elle en a tout d’abord subi la loi propre ; et il est bien probable que cette adaptation premiere lui permet, non d’éviter tous les chocs, mais d’y résister ; non d’échapper a tous les mouvements des particules a travers lesquelles elle voyage, mais de s’harmoniser a ces mouvements, de les respecter et d’en etre respectée ; le rayon qui traverse le nuage n’est pas ainsi un étranger qui passe au plus vite, fuyant le danger : il a pris corps au passage dans la nuée ardente qui voile et révele le soleil ; il en a été un moment l’âme splendide ; et, quand un reflet de pourpre s’allonge dans la plaine et gravit le coteau, ce n’est pas seulement un dernier regard du soleil qui s’en va, c’est aussi une pénétrante et mélancolique caresse de la nuée occidentale a l’horizon ami dont le souffle naissant du soir veut la séparer.

Voici, a mi-hauteur du ciel, un beau nuage dans un ciel pur. Le soleil va se coucher. Le nuage est blanc. A mesure que le soleil baisse, le nuage se revet d’or ; puis il passe lentement au rouge, puis a une sorte de marron, puis a une sorte de violet, jusqu’a ce qu’il apparaisse noir et comme déchiqueté, dépouillé a la fois de tout éclat et de la forme admirable et douce dont cet éclat l’enveloppait…

Mais, au-dessus du nuage que vous regardiez tout a l’heure, voyez cet autre. Quand le soleil allait se coucher et de ses rayons rasait la plaine, le nuage trop haut restait sombre ; mais, a mesure que le soleil descend et que ses rayons, au lieu d’aller vers l’Orient dans leur course horizontale, se retirent lentement et frappent les hauteurs du ciel, le nuage, a peine atteint d’abord par la clarté, se nuance d’un gris roux, puis passe au marron, puis au rouge, puis se dore et s’illumine, jusqu’a ce qu’enfin sa blancheur légere semble s’élever plus haut encore dans les espaces supérieurs.