Histoires autour de phénomènes extraordinaires - Véronique Lagny Delatour - ebook

Histoires autour de phénomènes extraordinaires ebook

Véronique Lagny Delatour

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Opis

Nouveau voyage : cette fois en Hispanie aux Amériques, à la rencontre de phénomènes et de créatures extraordinaires qui vous entraîneront vers des rivages inconnus et ô combien fascinants !

Savez-vous pourquoi il faut à tout prix éviter de sortir le vendredi soir ?
Comment peut-on soigner la maladie d'amour ?
Quel est le secret de la jeunesse éternelle ?
Comment le soleil et la lune sont apparus sur terre ?
Quelle est l'origine du maïs ?
Pour connaître les réponses à bien d'autres questions encore, venez à la rencontre des bergers courageux et des paysans téméraires aux quatre coins de l'Amérique du Sud. Avec eux, vous traverserez des rios, gravirez des montagnes pour finalement affronter des créatures fantastiques, souvent inquiétantes dans des combats dont vous sortirez vainqueurs grâce à leur bravoure à toute épreuve.

Découvrez vite les récits phares de l'Amérique latine dans ce beau recueil !

EXTRAIT DE LA LÉGENDE DU MAÏS

Il était une fois Abá, un chef de tribu au courage reconnu de tous. Ses nombreux exploits lui valaient le respect et l’admiration de ses compagnons, la crainte de ses ennemis mais aussi la jalousie de certains membres de sa tribu, trop lâches et hypocrites pour l’affronter en face. Parmi ceux-là, M’baé Pochí, fourbe et cruel, n’attendait que l’occasion pour se débarrasser d’ Abá.
Rongé par la haine et l’envie, le traître profita d’un jour où Abá était parti chasser pour l’attirer dans un traquenard.
Au cours de l’assaut, Abá se battit courageusement mais ses ennemis étaient trop nombreux pour un seul homme. Il finit par tomber à terre et ses assaillants l’achevèrent sans pitié, n’hésitant pas à lui couper le nez.

À PROPOS DES AUTEURS

Il y a très peu de temps, Véronique Lagny Delatour était un reporter électron libre, c’est-à-dire sans attaches contractuelles ; ce qui est un luxe pour la liberté de mouvements et un handicap pour toute velléité de carrière. Elle est toujours enseignante vacataire pour l’université de Metz et, le reste du temps, à la recherche de textes qui lui font ressentir des émotions. Il lui est nécessaire, voire vital, de partir à la rencontre de cultures différentes, de se faire raconter la vie ailleurs par des gens ordinaires, des gens sans importance, paraît-il.
Abandonner pour des moments d’espace et de temps suspendus son armure mentale d’occidentale reste son plus grand plaisir, qu’elle souhaite vous faire partager à travers ces petits bouts de monde que sont les contes et les images d’ici ou d’ailleurs.

Physicienne de formation, Axelle Partaix a très vite délaissé atomes et nanomatériaux pour une activité lui permettant d’écrire. C’est ainsi qu’elle se retrouve tour à tour chargée de communication, pigiste, traductrice… toutes ces situations lui permettant d’écrire tout en rêvant de voyages au long cours. Enfin, en 2011, le rêve devient réalité et elle part faire un tour du monde avec son mari et leurs trois enfants en campingcar : une expérience inoubliable qui lui permet de découvrir, entre autres, les contes d’Hispanie aux Amériques.

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Table des matières

Histoires autour de phénomènes extraordinaires

Invitation au voyage

Argentine

La légende du maïs

Le lobisón

Le diable du mont Huancar

Les deux frères et le coquena

Le hibou

Bolivie

L’origine du soleil et de la lune

La légende du mont Sajama

Willaj Amaru et la sorcière Sajra

L’origine de la Chijchipa

Le figuier de Barbarie

Le pont du diable

Pérou

Le mineur et les trois Pishtacos

La légende de Huaytacuri

Le paysan et les démons

L’Achiqueé

La rivière d’or

Huatuscalla et Ccaser

Chili

L’origine des Moaïs Kavakava

L’Oriflama, le vaisseau fantôme

Le pêcheur et la grotte mystérieuse

La source de jouvence

Mexique

La cucaracha

L’étang des caïmans

Quiritzícuaro ou la grande source

Ainsi font les oiseaux

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Histoires autour de phénomènes extraordinaires

VéroniqueLagny Delatour

AxellePARTAIX

IllustrationsLeslieUmezaki

Invitation au voyage

Argentine, Bolivie, Chili-île de Pâques,Pérou et Mexique

L’Argentineest le plus vaste des cinq avec un ciel qui semble plus grand qu’ailleurs.

La Boliviea su, il nous semble, le mieux préserver sa culture indienne : musique, vêtements, gastronomie, fêtes traditionnellesy sont toujours très typiques etcolorés. Si aujourd’hui l’espagnol y est la langue principale, on ne compte pas moins de trente-six autres langues officielles correspondant aux différentescommunautés indiennes !

Le Péroureste le berceau de l’empire inca avec Cuzco*, point de départ de la visite du célèbre Machu Picchu. Les Incas étaient non seulement de redoutables guerriers mais aussi un peuple d’agriculteurs et de mineurs, héros de nombreux contes traditionnels.

Le Chilise distingue par une géographie extraordinaire : un ruban coincé entre les hauts sommets de la Cordillère des Andes et l’océan Pacifique avec, petit caillou perdu à plus de 3500 km de toute côte, la fascinante île de Pâques.

Le Mexique, contrairement aux autres, n’appartient pas à l’Amérique du Sud mais à l’Amérique du Nord juste à la frontière avec les États-Unis. C’est la terre des Mayas, un peuple qui nous a laissé des merveilles, dispersées au milieu d’étouffantes forêts vierges lourdes du parfum des fleurs tropicales.

Mais assez de discours, laissez-vous emporter maintenant par votre imagination et par la magie du voyage…

*« Nombril » en inca.

Argentine

La légende du maïs

Connaissez-vouslelocro? C’est une soupede maïs typiquement argentine. Le maïsconstituait déjà la base de l’alimentation des Indienslorsque les conquistadors espagnolsl’ont découvert et introduit enEurope. On trouve de nombreusesvariantes relatant l’histoire de cette céréale. Notre version est originaire de la province de Corrientes, au nord-est de l’Argentine.

Chez les Indiens Guaraní, un peuple très anciend’Amériquedu Sud, le maïs s’appelleabatí.Abásignifie« indien » et « ti » nez ;abatisignifie donc le nez del’Indien.

Il était une foisAbá,un chef de tribuau courage reconnu de tous. Ses nombreux exploits lui valaient le respect et l’admirationde ses compagnons, la crainte deses ennemis mais aussi la jalousie de certains membresde sa tribu, trop lâches ethypocrites pour l’affronter en face. Parmi ceux-là,M’baé Pochí, fourbe et cruel,n’attendait que l’occasion pour se débarrasser d’Abá.

Rongé par lahaine et l’envie, le traître profita d’un jour oùAbáétaitparti chasser pour l’attirer dans untraquenard.

Au cours de l’assaut,Abáse battit courageusement maisses ennemis étaient trop nombreux pour un seul homme. Il finit par tomber à terre et ses assaillants l’achevèrent sans pitié, n’hésitant pas à lui couper lenez.

Au bout de quelque temps, la femme d’Abáet son garçon,rongés d’inquiétude de ne pas le voir de retour, partirent à sa recherche.

Quelne fut pas leur désespoirquand ils découvrirent soncorps sans vie abandonné à la lisière de la forêt !

Accablés de tristesse, la pauvre femme et son fils pleurèrent toutes les larmes de leur corps.

Puis, péniblement, ils creusèrent une tombe pour y ensevelirAbá. Là, ils passèrent toute la nuitet le jour suivant à le veiller, se demandant avecangoisse comment ils allaient pouvoir survivre désormais. Car, en plus de leur prodiguer amour et sécurité,Abásubvenait également à tous leurs besoins en nourriture.

Quand soudain, apparut dans leciel un oiseau de taille impressionnante qui se dirigea majestueusement verseux. Quand il se posa sur la tombe d’Abá,mère et fils se rendirent compte que l’oiseau tenait entre ses serres le nez de l’Indien, son nez qui avait été coupé au cours de la bataille. Sans rien manifester aux humains qui le contemplaient, complètement subjugués, l’oiseau creusa la terre avec ses griffes, y enfonça le nez d’Abásans oublier de reboucher le trou. Puis, il déployases ailes et s’envola, magnifique, dans le ciel.

À peine avait-il disparu qu’une plante inconnue jusque-là jaillit de terre, à l’endroit même où avait été enfoui le nez d’Abá. Elle se mit à croître, à se développer de façon extraordinaire, à s’épanouir de seconde en seconde devant les yeux ébahis de la femme et du fils d’Abá. Des fruits commencèrent même à apparaître et à mûrir : c’étaient des épis de maïs, dernier cadeau d’Abáaux siens poursubvenir à leurs besoins.

Aujourd’hui encore, le « nez d’Abá » continueà nourrir les Indiens et occupe une place prépondérante dans leur alimentation quotidienne !

Lelobisón

En Europe, nous connaissons bienle loup-garou, cet homme qui se transforme en loup féroce les nuits de pleine lune etterrorise ceux qui ont le malheurde se trouver sur son chemin.

En Argentine, c’est lelobisón, l’homme-loup ouhomme-chien, qui alimente les légendes. Ainsi,d’après la mythologie des IndiensGuaraní, une malédiction frappe le septième fils de la famille qui devient forcémentlobisón(si c’est une fille, ce seraune sorcière). Contrairementau loup-garou, lelobisónne se transforme pas les nuits de pleine lune mais certains jours de la semaine, le vendredi semblant être sonjour de prédilection. Il s’attaque surtoutau bétail mais peut aussis’en prendre à un humain, qui devient alors à son tour unlobisón. On rencontre plusieurs versions de cettelégendedans les provincesde Chaco (nord de l’Argentine),Corrientes et Formosa(nord-est).

Il était une fois une femme et son mari. Ilsvivaient modestement dans leur petite ferme et aucun des deux ne croyait à l’existence dulobisón.

- Superstition ! disait l’un.

- Croyance populaire ! renchérissait l’autre.

C’est pourquoi la femme dormait sans crainteles soirs où son mari sellait son cheval et partait à la taverne du village d’où ilrentrait toujours fort tard.

Cependant, un vendredi,dans la nuit, alors qu’elle se trouvait seule, elle fut réveillée par desbruits en provenancede l’extérieur. Elle se leva, se couvrit rapidement de sa chaudecape roseet sortit pour rechercher l’origine du vacarme.Le spectacle qui s’offrit alors à elle la glaça d’épouvante :au milieu de l’enclos, une créature monstrueuse,qui ressemblait à un énorme chien ou à un loup, poursuivait le bétailterrorisé qui courait en tous sens : c’était lelobisón!

La bête l’aperçut, s’arrêta avant de foncer vers elle. Reprenant rapidement ses esprits, la femmes’enfuit vers sa maison, le monstre sur les talons. Elle réussità entrer et à fermerla porte juste au moment où lelobisónallait la mordre. Ses crocsacérés se refermèrent sur sacape, arrachant juste quelquesbrins de laine rose.

Lorsque sonmari fut de retour, la femme, toujours effrayée, lui conta son aventure par le menu. L’homme larassura : lelobisónn’existait quedans l’imagination des gens. Ce n’était probablement qu’unchien errant affamé qu’elle avait vu et pris pour une bête féroce.

Ils se couchèrent alors sans plus de crainte. Le lendemain matin,la femme, qui avait passé une très mauvaise nuit, se leva de très bonne heure afin de préparer lemate*pour son épouxqui dormait encore. Quand elle revintdans la chambre, elle alluma une petite lanterne car il était très tôt et ilfaisait encore bien sombre. Lorsqu’elle se pencha vers son mari pour le réveiller, la pauvre femme aperçutavec horreur des fils de laine rose coincés entre ses dents : c’étaient les brins de laine arrachés à la cape par lelobisónpendant la nuit !

Affolée, la femme, qui venait de réaliser que son propreépoux étaitlelobisón, sortit en courant de chez elle, appelantdésespérément ausecours.

De ce qui se passa ensuite, certains disent que l’hommefut fait prisonnier, d’autres qu’il court encore. Par précaution,soyez donc très prudents si vous sortez le soir, tout particulièrement le vendredi soir car… on ne sait jamais.

*Infusion typique des Andes à base de feuilles decoca.

Le diable du mont Huancar

Cette légende est originaire de la province de Le Jujuy, aunord-ouest de l’Argentine. C’est là que s’élève lecerro*Huancar, à près de 3500 mètres d’altitude. En Quechua**,huancardésigne une trompette de guerre fabriquée avec unmorceau de roseau. Peut-être lemont doit-il son nom au bruit du vent qui soulève le sable accumulé surses flancs ? À moins que ce nesoit la musique et les rumeursdes fêtes organisées par le diable et les sorcières… Car, d’après certains, c’estlà que vivent toutes sortes de démons et de créatures maléfiques, qui,chaque nuit, se retrouvent pour unegrande célébration dont les échos se font entendre au loin.

Un soir,un paysan qui passait non loin du mont Huancar,revenant de la ville d’Abra Pampa, aperçutdes lumières trembloter. La curiosité le poussa à quitter lechemin pour voir d’où elles venaient. En s’en approchant, il croisa ungaucho***quilui proposa fort aimablement de partager unmateavec lui. Ils conversèrent longuement tous les deux autour de leur boisson. Le paysan, qui traversait une période difficile et avait de gros soucis d’argent, s’épancha auprèsde son compagnon qui l’écouta d’une oreilleattentive avant de l’inviter à passer la nuit chez lui. Le paysan fut étonné de découvrir que legauchovivait dans une maison creusée à l’intérieur même de la montagne. Mais iln’était pas au bout de ses surprises. Lorsqu’il pénétra à l’intérieur, il constata que tout le mobilier était en or massif : chaises, tables, armoires, fauteuils… Partout où se posait son regard, ce n’était que matières précieuses. Il se retournavers legauchoqui le regardaitavec un sourire indéchiffrable surles lèvres.

- Comment toi, un pauvregaucho, peux-tu posséder tant de richesses ?lui demanda-t-il, dévoré de curiosité.

- C’est que, vois-tu, tu n’es pas dans la maison d’unsimplegaucho. Je suis leTío, lui répondit son compagnon.

LeTío! En d’autres termes, le diable ! Au fur età mesure qu’il lui parlait, leTíosemblait devenir plus grand, plusimposant. Il n’avait pas perduson ton aimable mais cette drôle de sensation n’empêcha pas le paysan de sentir un frisson lui parcourir l’échine. Néanmoins, il resta fasciné devant les paroles duTío.

- N’aimerais-tu pas toi aussi posséder de l’or et réaliser tous tes rêves ?

- Comment celase pourrait-il ? demanda amèrement le paysan. Les temps sont durs pour tout le monde. Personne ne veut me prêter ne serait-ce qu’unpesoalors, rêver de devenirriche !

- C’est pourtant bien simple, répondit leTío. Reviens ici-même demain soir, àminuit. Tu verras un grand feu entrain de brûler devant la porte. Traverse le feu, entre, et tu verras, tu auras tout l’or quetu souhaites !

Le lendemain soir, le paysan revint aucerroHuancar à minuit comme ordonné par leTio. Comme il lui avait été annoncé, un grand feu brûlait devant l’entrée de la grotte. Il hésitaun peu avant de s’avancer pour traverser le brasier.

Il finit par se décider et sauta. Aussitôt, les flammesdisparurent pour laisser la place augaucho. Ce dernier lui remit alors une bourse remplie de pièces d’or tout en lui proposant le marché suivant :

- Reviens ici deux fois par semaine et, à chaque fois, apporte-moi un coq blanc ; en agissant ainsi,tu obtiendras tout ce que tu voudras.

À partirde ce moment-là, le paysan fit le voyagedeux fois par semaine jusqu’aucerroHuancar avec, à chaque fois, un coq blanc. Comme le lui avait promis leTío, ildevint riche, très riche, au-delà de tout ce qu’il avait espéré !Sa vie changea radicalement. Mais, au bout de six mois, il commença à espacer ses visites pourfinir par ne plus venir du tout.

Un soir,alors qu’il rentrait chezlui, il rencontra sur son cheminune très belle jeune fille dont il tombatout de suite follement amoureux. Ils se revirent les jourssuivants. À chaque fois, sa passion nefaisait que croître. Il la demanda en mariage, proposition qu’à sa grande joie, elle acceptasans faire de façons.

Quelques jours plus tard, il allait, comme chaque jour, retrouver sa fiancée, tout à son bonheur et les préparatifs du mariage plein la tête quand, à la place de la jeune fille,ce fut leTíoqu’il trouva sur le lieu du rendez-vous. Celui-ci lui demanda:

- Comment se fait-il donc que tu nem’apportes plus de coq blanc deux fois par semaine commetu me l’avais promis ?

- J’ai à présent tout ce qu’il me faut et tout ce dont je rêvais, répondit lepaysan, énervé de ne pas voirsa fiancée. Je n’ai plus besoin de toi.

- C’estce que tu t’imagines, lui réponditleTíod’une voixposée. Toutefois, ne croispas que ce soit aussi simple que ça. Tu as promis, tu dois tenir tes engagements. Je te donne vingt-quatre heures. Si d’ici là, tu ne m’as pasapporté de coq blanc, tu disparaitras.

Sur ces paroles menaçantes, il fit demi-tour et disparut dansl’obscurité qui commençait à envahir lecerro.

Malgré son attitude de bravade, le paysan avait étéimpressionné par sa rencontre avec leTíoet, le lendemain, illui apporta un coq blanc. Il y retourna également deux jours plus tard. Puis, l’esprit à nouveau totalement occupé par sa jolie fiancée,il oublia une fois encore sa promesse.

Le tempspassa, tranquillement. Un soir qu’il était auprès de sa belle, sans raison apparente, l’atmosphère s’obscurcit, les oiseauxcessèrent de chanter, le silencese fit pesant et soudain… la jeune fille disparut. Aussitôt, des cris épouvantables retentirentà l’extérieur. Le pays