Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine - Aleksandr Sergeyevich Pushkin - ebook
Kategoria: Humanistyka Język: francuski Rok wydania: 1830

Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine darmowy ebook

Aleksandr Sergeyevich Pushkin

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Opinie o ebooku Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine - Aleksandr Sergeyevich Pushkin

Fragment ebooka Récits de feu Ivan Pétrovitch Bielkine - Aleksandr Sergeyevich Pushkin

A Propos
Préface
A Propos Pushkin:

Alexander Sergeyevich Pushkin (June 6 [O.S. May 26] 1799 – February 10 [O.S. January 29] 1837) was a Russian Romantic author who is considered to be the greatest Russian poet and the founder of modern Russian literature. Pushkin pioneered the use of vernacular speech in his poems and plays, creating a style of storytelling—mixing drama, romance, and satire—associated with Russian literature ever since and greatly influencing later Russian writers. Born in Moscow, Pushkin published his first poem at the age of fourteen, and was widely recognized by the literary establishment by the time of his graduation from the Imperial Lyceum in Tsarskoe Selo. Pushkin gradually became committed to social reform and emerged as a spokesman for literary radicals; in the early 1820s he clashed with the government, which sent him into exile in southern Russia. While under the strict surveillance of government censors and unable to travel or publish at will, he wrote his most famous play, the drama Boris Godunov, but could not publish it until years later. His novel in verse, Eugene Onegin, was published serially from 1823–1831. Pushkin and his wife Natalya Goncharova, whom he married in 1831, later became regulars of court society. In 1837, while falling into greater and greater debt amidst rumors that his wife had started conducting a scandalous affair, Pushkin challenged her alleged lover, Georges d'Anthes, to a duel. Pushkin was mortally wounded and died two days later. Because of his liberal political views and influence on generations of Russian rebels, Pushkin was portrayed by Bolsheviks as an opponent to bourgeois literature and culture and a predecessor of Soviet literature and poetry. They renamed Tsarskoe Selo after him. Source: Wikipedia

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Préface

MME PROSTAKOVA : Mitrophane, depuis son enfance, est amateur d’histoires.

SKOTININE : Tout comme moi.

FONZIVINE, Le Mineur.

 

 

Ayant entrepris la publication des Récits d’I. P. Bielkine, que nous présentons aujourd’hui au public, nous avons cru devoir y joindre une biographie, si breve soit-elle, du défunt auteur, de maniere a satisfaire a la légitime curiosité des amateurs de notre littérature nationale. A cette fin, nous nous étions adressés a Maria Alexiéievna Trafilina, la plus proche parente et héritiere d’Ivan Pétrovitch Bielkine. Malheureusement il lui fut impossible de nous fournir le moindre renseignement sur le défunt, car elle ne l’avait point connu. Elle nous conseilla de nous adresser, a fins utiles, au tres honorable X***, vieil ami d’Ivan Pétrovitch. Nous suivîmes donc ce conseil et, a la lettre que nous lui écrivîmes, nous reçumes la réponse souhaitée. Nous la reproduisons ici sans modifications ni commentaires – précieux témoignage d’idées élevées et d’une amitié touchante, et d’autre part, renseignement biographique satisfaisant.

Tres honoré Monsieur ***,

J’ai eu l’avantage de recevoir, ce 23 courant, votre honorée du 15 de ce meme mois, dans laquelle vous exprimez le désir d’avoir des renseignements détaillés sur les dates de la naissance et de la mort, sur les services, la vie de famille, ainsi que sur les occupations et le caractere de feu Ivan Pétrovitch Bielkine, mon fidele et ancien ami et voisin. C’est avec le plus grand plaisir que je satisfais a votre attente, et vous communique, Monsieur, tout ce dont je puis me souvenir de ses entretiens, ainsi que mes observations personnelles.

Ivan Pétrovitch Bielkine naquit de parents honnetes et nobles, en l’année 1798, dans le village de Gorioukhino. Feu son pere, le commandant Piotr Ivanovitch Bielkine, avait pris pour femme la demoiselle Pélaguéya Gavrilovna, née Trafilina. C’était un homme peu fortuné, mais de besoins modérés, et fort habile dans la gérance de ses terres. Leur fils reçut ses rudiments du sacristain du village. C’est a cet homme honorable qu’Ivan Pétrovitch semble avoir du son gout pour la lecture et pour nos lettres russes. En 1815 il prit du service dans un régiment de chasseurs (dont le numéro m’échappe), ou il servit jusqu’en 1823. La mort de ses parents, survenue presque en meme temps, l’amena a prendre sa retraite et a rentrer au village de Gorioukhino, son patrimoine.

Lorsqu’il prit en main l’administration de ses terres, Ivan Pétrovitch, autant par inexpérience que par bonté, négligea bien vite ses affaires et compromit l’ordre rigoureux établi par feu son pere. Il congédia le staroste, homme consciencieux et adroit, dont les paysans se plaignaient, selon leur habitude, et remit la gérance de tous ses biens a la vieille ménagere qui avait su gagner sa confiance par son art de conter les histoires. Une vieille sotte incapable de différencier un assignat de vingt-cinq roubles d’un de cinquante ! Marraine de tous les paysans, ceux-ci ne la craignaient guere ; le staroste élu par eux tous était de connivence avec eux et filoutait tant et si bien qu’Ivan Pétrovitch se vit obligé d’abolir la corvée et de réduire la taille ! Mais la encore, profitant de sa faiblesse, les paysans obtinrent pour la premiere année une exemption considérable et, les années suivantes, payerent plus des trois quarts de leur du avec des noix, des airelles, etc. Malgré quoi, il restait encore des arrérages.

En tant qu’ami de feu le pere d’Ivan Pétrovitch, je considérai comme mon devoir d’offrir mes conseils également a son fils ; et a maintes reprises, je me mis a sa disposition pour rétablir l’ordre compromis par sa négligence. Dans ce but, m’étant un jour rendu chez lui, je demandai a voir les livres de comptes, et fis comparaître le staroste voleur. Le jeune propriétaire me preta d’abord toute l’attention et toute l’application désirables, mais lorsque les comptes démontrerent que, durant les deux dernieres années, le nombre des paysans avait augmenté, tandis qu’avait considérablement diminué le cours de la volaille et du bétail, Ivan Pétrovitch, satisfait de ce premier renseignement, cessa de me suivre ; et au moment meme ou mes recherches et mon interrogatoire sévere parvenaient a jeter cette canaille de staroste dans une confusion extreme et a le réduire au silence, j’entendis, a mon grand dépit, Ivan Pétrovitch ronfler sur sa chaise. Depuis lors je cessai de me meler de son administration, et je remis ses affaires (ainsi qu’il fit lui-meme) a la volonté du Tres-Haut. Ceci n’a du reste nullement troublé nos relations amicales : compatissant a sa faiblesse et a cette funeste incurie qu’il partageait avec tous les jeunes gens de notre noblesse, j’aimais sincerement Ivan Pétrovitch. Et d’ailleurs, comment ne pas aimer un jeune homme aussi doux et aussi honnete ? De son côté, Ivan Pétrovitch témoignait de la considération pour mon âge, et m’était cordialement dévoué. Il me vit presque journellement jusqu’a sa mort, attachant du prix a la simplicité de mes propos, encore que nous ne nous ressemblions guere, ni par nos habitudes, ni par nos idées, ni par nos caracteres. Ivan Pétrovitch menait une vie des plus calmes, et évitait tout exces : il ne m’est jamais arrivé de le voir entre deux vins (chose qui dans notre contrée peut etre considérée comme un miracle inoui) ; par contre il avait un tres grand penchant pour le beau sexe, mais sa pudeur était véritablement virginale[1]. En plus des Récits dont vous avez bien voulu faire mention dans votre lettre, Ivan Pétrovitch a laissé une quantité de manuscrits dont vous trouveriez chez moi une bonne partie ; le reste fut employé par sa ménagere pour divers besoins domestiques : ainsi, l’hiver dernier, toutes les fenetres de sa maison furent calfeutrées avec la premiere partie d’un roman inachevé. Les Récits ci-dessus mentionnés furent, je crois bien, son premier essai. Ils sont – je le tiens d’Ivan Pétrovitch lui-meme – véridiques pour la plupart et lui furent racontés par diverses personnes[2]. Toutefois les noms propres sont presque tous de son invention, tandis que les noms de localités et de villages sont empruntés a notre district : ce qui fait que mon domaine se trouve également mentionné. Ceci provient non pas de quelque malicieuse arriere-pensée, mais bien uniquement d’un défaut d’imagination. En automne 1828, Ivan Pétrovitch prit un froid qui se transforma en fievre chaude, et mourut malgré les soins inlassables de notre médecin communal, homme fort savant, surtout dans le traitement de maladies invétérées, telles que cors aux pieds ou autres maux de ce genre. Il mourut dans mes bras, a l’âge de trente ans, et fut enseveli a l’église du village de Gorioukhino, pres de feu ses parents. Ivan Pétrovitch était de taille moyenne, avait des yeux gris, les cheveux blonds, un nez droit, le teint clair, le visage maigre. Voici, tres honoré Monsieur, tout ce dont je puis me souvenir, concernant le genre de vie, les occupations, le caractere et l’extérieur de feu mon voisin et ami. Mais dans le cas ou vous auriez l’intention de faire usage de cette lettre, je vous prierai tres respectueusement de ne point mentionner mon nom, car bien que j’aime et estime beaucoup les littérateurs, je trouve inutile et inconvenant a mon âge de me commettre dans cette corporation. Avec ma parfaite considération, je vous prie d’agréer, etc. Bourg de Nénaradovo, 16 novembre 1830 Estimant de notre devoir de respecter la volonté de l’honorable ami de notre auteur, nous lui adressons notre tres profonde gratitude pour les renseignements qu’il a bien voulu nous fournir et espérons que les lecteurs en apprécieront la sincérité et la candeur. A. P.