Ras-le-bol ou paraboles - Jean Mossoux - ebook

Ras-le-bol ou paraboles ebook

Jean Mossoux

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Opis

J'aime viser loin et juste. Je me casse la tête, j'affronte, je supporte, je gagne... mais carbure à 110 %. Alors, comment mieux réussir mon quotidien et embellir le monde ? ... Au fond, que veut dire "réussir" ? J'aimerais viser plus loin et plus juste. Trouverai-je de l'intelligence et du punch dans des écrits qui ont traversé les siècles ? Avec U2-Bono, Damien Saez, Yannick Noah, J.-J. Goldman, les Enfoirés, Winston Churchill, Jacques Brel... Ras le bol ou Paraboles est une balade dans quinze histoires courtes de l'écrivain Matthieu l'évangéliste aussi célèbre que Confucius, Aristote, Voltaire... J'adore les idées qui libèrent la pensée et orientent l'action vers un horizon 2022 plus durable.

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I.

« PENSER À PENSER ? TU N’Y PENSES PAS ! »

Luc de BRABANDERE, ingénieur-philosophe du XXIe siècle

CAR « PENSER… C’EST DÉ-RANGER LES IDÉES. »

Mark RAISON, consultant-formateur international en créativité

À onze ans, j’étais l’intrépide entrepreneur de mes rêves mais aujourd’hui seuls les jeux et les dés me détendent d’activités effrénées.

Je reste ainsi titillé par ma dernière partie de scrabble inventif où j’ai assemblé « bitzuist ». Cinquante-sept points en mot compte triple ! Selon mon compagnon de jeu, ce mot-là arrivera au galop dans la langue française tant il désigne une personne à laquelle l’Europe aspire.

Au pays de Tel-Aviv – champion en innovation –, bitzuist est un surnom admiratif du réalisateur de ses rêves secrets.

Le trait commun aux bitzuists de 17 à 97 ans est de croire avec acharnement à ce qu’ils font au point d’en devenir contagieux.

*Le bitzuist de 17 ans monte une fête éclatante avec les moyens du bord, il choisit des études qui le propulseront vers les métiers nouveaux du XXIe siècle.

*Un autre – de 24 ans – buzze à toute la planète une chanson inoubliable, il devient un enseignant passionnant ou lance une start-up avec des associés.

*Un troisième – à 35 ans – contribue au bonheur de sa famille tout en montant discrètement un projet humanitaire international.

*Un quatrième – à 50 ans et plus – convertit une expérience professionnelle en nouveau job à sa mesure.

Le bitzuist de 17 à 50 ans est souvent un self-made-man au cerveau dégagé des raisons pour lesquelles son projet pourrait rater parce qu’il a consciencieusement évité une trop longue emprise de l’école. Il l’a échappé belle !

*Le bitzuist d’au moins 80 ans sélectionne ses activités et déguste le monde avec sagesse.

Le bitzuist atteint ses objectifs parce qu’il n’est pas empêtré dans un fatras de freins mentaux. Il ose être lui-même, à fond. Sa tête, son cœur, ses mains travaillent à l’unisson et il s’amuse toute la journée ! Souvent même il rend son entourage heureux.

Il a de la chance car il crée ses chances. Il n’attend pas que les autres ou « le système » les lui apporte.

II s’enrichit de ses erreurs dont il tire sans regrets des leçons pour rebondir. C’est un battant. Son oui est oui et son non est non.

… Est-il ma chance pour m’extraire du ras-le-bol ?

Pourquoi le bitzuist fait-il simple alors que tant d’esprits brillants font compliqué ? Où sont les mystères de sa réussite ?

Ses astuces sont enfantines car je constate qu’un bitzuist évolue au fil des années vers plus de simplicité, plus d’action à sa portée immédiate… et plus de résultats. Le bitzuist a gardé son âme d’enfant.

Au fait, je ne me suis pas encore présenté ! Je suis « John – Monsieur-Madame Tout-le-Monde qui veut plus et mieux ». Parfois je me sens plein d’allant ; parfois mes peurs me bloquent. En tout cas, pour le moment, je suis « John en recherche »… et sur les starting-blocks.

Je veux clarifier un triple rêve !

*Dans les petites et les grandes choses de la vie, je veux devenir « l’acteur de ma vie » et davantage atteindre mes objectifs.

*Je veux diminuer les morsures des sans-gêne, des profiteurs et des arnaqueurs qui dévorent mon allant.

*Je veux enfin enquêter sur les manières d’aligner ma tête sur mes mains afin de stabiliser mon moral.

Si je réalise ces rêves, je serai un bitzuist entreprenant. Je serai tatoué par la réussite !

Pour transformer ces désirs en réalité et lancer des explorations, je consacre quelques gouttes de courage à muter de « John en recherche » en « Sherlock John » car le détective Sherlock Holmes me fascine.

Sherlock, ce fin limier constamment aux aguets, ce maître en analyse et déduction qui perçoit tôt les évidences vers la solution. Il est un radar perspicace en chasse des pourquoi et du pour quoi !... Sherlock est donc mon détecteur idéal du punch bitzuist.

« Sherlock John » ! Décidément, ce nom d’enquêteur m’aidera sûrement à croiser le fer avec le destin. Et s’il y a davantage de personnes qui aiment prendre leur sort en main, la vie aura plus de sel… d’abord pour moi.

Attention, attention, je refuse néanmoins les miroirs aux alouettes. Je veux du solide, de l’utile et du durable, sans emballage cadeau. Le bonheur quoi !

En détective avisé sur internet, mon premier indice pour l’enquête est l’enfant de 11 ans – que j’ai été – parce qu’il est un modèle bitzuist. Il est bourré de talents et d’envies comme autant de couches de pâte d’un délicieux millefeuille.

Libre de tous préjugés, il explore et agit spontanément parce qu’il ne sait pas que c’est impossible… Il est candide. Pour lui, « impossible » et « I’m possible » se confondent. Son habileté est fiable pour atteindre le cœur de mon triple rêve.

Au hasard de questionnements et de clics autour de « petit enfant - talent - sagesse - bonheur… », ma navigation me conduit vers une affirmation selon laquelle les voies de la sagesse sont révélées aux tout petits et sont cachées aux intelligents. C’est une déclaration d’un certain « Matthieu » à laquelle sont collés les chiffres 11.25.

Pianotant plus loin, ce même « Matthieu » parle de talents que je pourrais jouer et qui valent un million d’euros ! Qui est-il ? Que veut-il dire ? Où m’amène donc Google ?

J’accumule les renseignements pour apprendre que ce « Matthieu » est un apôtre de l’évangile. Apôtre et évangile ?... Deux mots intrigants à élucider !

Un apôtre est un porte-parole. Et évangile vient du grec « eu-aggelion » qui signifie « heureuse annonce ». « Matthieu » serait-il donc porteur de bonheur ? Voilà qui échauffe mes espérances.

Proche d’une nouvelle qui serait bonne, assez logiquement j’aimerais trouver la personne ou la cause dont ce « Matthieu » est le porte-parole. Serait-ce une piste vers le bitzuism ?

De surfs sur le Web en mots au dictionnaire, « Matthieu » me connecte à Jésus de Nazareth ! Zut alors ! Je tombe sur cet inconnu connu depuis deux mille ans et dont l’action est en baisse.

Mes pistes pour découvrir des secrets de l’action réussie s’enfoncent dans des sables mouvants. C’est foutu, ce chemin ne clarifiera pas mon triple rêve… J’abandonne jusqu’à des jours meilleurs.

Trois mois plus tard, des amis m’invitent vers le Sud et nous y descendons en voiture par des routes « bison futé ». Enfin un projet excitant qui donne la pêche !

Entraîné par le défilé des paysages, j’attrape le tournis à compter – à gauche et à droite – les dizaines de hautes tours souvent surmontées d’un coq girouette.

En bon Sherlock constamment connecté, j’apprends avec amusement que ce gallinacé évoque le courage et que son chant matinal symbolise l’état de veille à tous vents.

Il incarne donc bien la mentalité des bitzuists de onze à quatre-vingt-dix-sept ans que je scanne.

Mais qui donc est le propriétaire de ces tours avec coq qui strient le ciel ? C’est un fameux propriétaire entrepreneur qui – sans aucune pub à la télé – tape plus fort que Coca-Cola, Nokia, Microsoft, Samsung et Danone réunis ! Et de plus, certaines de ses tours tiennent le coup depuis neuf cents ans !

Une recherche rapide tantôt sur Bing, tantôt sur Google me rebranche sur Jésus de Nazareth classé au top dix des personnalités les plus influentes au monde. Sur le podium : Aristote, Bouddha, Christophe Colomb, Einstein, Gutenberg, Mahomet, Newton…

Cette deuxième approche vers la trace de ce Jésus m’incite à vérifier avec circonspection s’il y a un lien entre enfant, ma quête anti-déprime, un ingrédient du bitzuism et Jésus de Nazareth. Muni de mon inséparable loupe, je reste rationnel et fuis les élans spirituels.

II.

VOYAGE EN L’AN ZÉRO : QUI EST CE GARS ?

Fiction réaliste.

Au milieu d’un fatras de litanies, ma souris baladeuse peine à sélectionner des informations pertinentes sur Jésus de Nazareth. Et je suis encore plus incompétent pour détecter seul dans sa biographie en quoi cet individu parle d’un bonheur qui me concernerait.

Heureusement, un Sherlock s’appuie sur un réseau de conseillers qui lui révèlent que des milliers d’hommes et de femmes – à la ville, à la campagne ou dans des lieux retirés – consacrent leur vie entière à suivre ce Jésus. Et de plus, ils ne se font pas de fric personnel… un comble !

Pour preuve, mes conseillers me donnent même des noms et des adresses de ces êtres étranges mais facilement accessibles.

J’avoue que la rencontre de ces témoins engagés m’interpelle et à force de les questionner, le curriculum vitae de Jésus se dessine.

Parmi ces adeptes convaincus, Watson tout particulièrement épaule mon cheminement. Par sa formation scientifique, par son calme et son humanité, Watson est mon éclaireur. Il me guide sur les bonnes pistes et commente cette biographie actualisée.

CURRICULUM VITAE DE JÉSUS DE NAZARETH

GRANDS TRAITS

Manuel et intellectuel

Dégustateur de plaisirs simples

Orateur et animateur d’assemblées

Secoueur de l’ordre établi

Proposeur de sens aux joies et absurdités du quotidien

Indigné contre les mauvais sorts des plus modestes

Parfois autoritaire, doué pour l’empathie et la résilience

Attiré par la solitude et le recueillement

ÉTAPES DE VIE

Né autour de l’an 6 avant notre ère à Bethléem en Judée, il a vécu principalement à Nazareth en Galilée, dans le Nord de l’Israël actuel.

Cette région verdoyante occupée par les Romains était parsemée d’arbres fruitiers et d’oliviers. Ces fruits alimentaient des contacts et des échanges commerciaux entre villages.

Aux yeux des élites de la capitale Jérusalem, la Galilée était une contrée éloignée comptant peu de personnes méritant une haute considération. C’était le bled.

Fils de Marie, de la lignée d’Aaron qui, en 1250 avant notre ère, fut grand-prêtre des Hébreux lors de leur captivité en Égypte.

Et fils de Joseph – charpentier – de la lignée du roi David qui a régné en 1000 avant notre ère.

Joseph n’était ni pêcheur, ni agriculteur sans pour autant appartenir à l’élite sociale.

Enfant doué qui a sans doute fréquenté l’école religieuse de la communauté juive, il est invité dès ses douze ans à commenter les écritures.

Autodidacte sachant extraire l’essentiel des idées ambiantes.

Charpentier, agriculteur à Nazareth, hameau de quelques dizaines de maisons.

Prédicateur ambulant écouté par tous les milieux, engagé dans une vie publique de plus ou moins trois ans autour de ses 30 ans.

Cet âge correspond aux 45-50 ans du XXIe siècle.

Expert dans la communication par paraboles.

La parabole est un mode imagé d’expression qui propose une réflexion à travers des exemples de la vie courante.

Proche de personnes de toutes conditions et de tous âges.

Créatif, challenger de l’ordre des choses et des pratiques ancestrales.

Perçu comme un adversaire par l’establishment mais dépourvu de toute aspiration de pouvoir personnel.

Discret au point de ne laisser aucun écrit de sa main.

Sous l’autorité de Ponce Pilate – préfet de la région –, condamné à mort à 33 ans par supplices : injures, rejet, épines, clous, croix…

Ces attitudes et ustensiles quotidiens de l’époque ont des variantes contemporaines qui furent utilisées à Auschwitz, Breendonk, Fontevraud, Srebrenica, au Rwanda, en Syrie…

ÉCHECS ET SUCCÈS DE JÉSUS OBSERVÉS JUSQU’À CE JOUR

Survivant à son propre échec, à l’effondrement de l’empire romain, aux invasions barbares, aux exterminations, aux divisions entre ses adeptes… à l’Inquisition et au rationalisme,

survivant aux abus de pouvoir, à l’esprit critique, à la désertion de ses fans…, ses paroles et ses actes ont initié des courants de pensée et des modes de relations humaines qui insufflent plus de deux milliards d’individus de par le monde en ce XXIe siècle. Évidemment, à intensité diverse mais parfois jusqu’à l’héroïsme.

Ces mêmes paroles et actions ont inspiré l’art, l’architecture, des mouvements politiques et philosophiques, des ONG et d’innombrables services aux personnes.

Depuis sa mort, des millions d’hommes et de femmes ont engagé toute leur vie en son nom.

Il est honoré quotidiennement dans des milliers d’églises, monastères et familles.

Son contexte de vie, ses actes et ses messages sont décrits dans la Bible, best-seller mondial depuis des siècles. Constitué de l’Ancien et du Nouveau Testament, ce « livre » est écrit sur la base de témoins directs et indirects de Jésus et de textes juifs antérieurs. Au rang des écrivains qui ont connu Jésus, il y a l’apôtre Matthieu.

À coups répétés ce même « Matthieu » revient à la surface de ma collecte de données. Le porteur d’une soi-disant bonne nouvelle. Oui, mais laquelle, ou plutôt – je l’espère – lesquelles ?

III.

DÉPART À LA DÉCOUVERTE DU PUNCH D’ENTREPRENDRE DE 17 À 97 ANS

« Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va. »

Citation archicitée, prêtée à Sénèque, philosophe, politicien, tragédien latin qui a vécu entre 4 avant notre ère et 65. Il a écrit notamment De la vie heureuse et De la brièveté de la vie. Donc Sénèque – comme d’autres depuis plus de 2000 ans – s’est « cassé la tête » sur le sens de la vie ! Sans doute a-t-il voulu lui aussi s’extraire d’un ras-le-bol !

Par mon enquête et ces informations biographiques, des pièces du puzzle s’assemblent lentement et me font découvrir des ingrédients du bitzuism. Mais mon refus catégorique de lire la bible – une brique de 1500 pages – me condamne à trouver une voie directe.

Puisque les clics de ma souris m’ont plusieurs fois signalé « Matthieu » comme premier biographe de la vie de Jésus, il est justifié de parcourir ses seuls écrits tout en vérifiant son identité. J’ai ainsi d’emblée une réticence parce que l’adjectif « saint » lui est souvent accolé ; qualificatif contraire à mon choix délibéré d’une lecture « terre à terre » de ce texte millénaire. Mais je lève l’obstacle en découvrant que les saints sont des hommes et des femmes reconnus dans diverses traditions culturelles pour leur élévation spirituelle. Ils débusquent le Sens en réponse à la fugacité du monde… Merci Wikipédia. Cette explication est buvable parce qu’elle colle à ma recherche sur le bonheur.

Tout comme Jésus, « Matthieu » a vécu en Galilée. Il est percepteur d’impôts pour le compte d’Hérode, roi de Galilée et tyran soutenu par Rome. Cette fonction lui donnait la liberté de récupérer chez les administrés les prélèvements imposés par l‘occupant. Beaucoup le détestaient.

Ce « Matthieu », homme de chiffres et agent du fisc, ne devait pas être une âme particulièrement sensible et pourtant il a réagi quasi sur le champ à l’appel de Jésus qui lui a dit : « Suis-moi » !

Je ne comprends pas ce qui pousse un homme coriace et bien installé dans sa profession à perdre la tête au point de se lancer dans la narration de ses aventures avec Jésus, un gars qu’il ne connaît ni d’Ève, ni d’Adam. Vais-je sombrer en plein délire ou pourrai-je capter des messages percutants ?

Watson, mon orienteur, qui avait aussi beaucoup douté dans son exploration de « Matthieu », me suggère trois trucs simples pour une initiation à ses récits :

*Avec ma loupe, partir d’un texte annoté par un chercheur précédent afin de profiter d’emblée d’un regard extérieur. Exactement comme le font – avant le départ – les routards à la recherche de bons tuyaux. Après « bison futé » pour sélectionner la route du Sud, voilà une suggestion qui convient à un explorateur.

*Ensuite choisir des passages au hasard : en ouvrant et fermant le texte ou en jetant un dé sur des passages numérotés du récit. Encore une méthode à ma portée.

*Troisièmement, me laisser porter par une première impression… et ensuite réfléchir.

Ok, ok mais je ne veux pas me casser la tête car j’enquête sur le bonheur simple.

Grâce à mes approches par internet, par webinars, par rencontres directes – toutes induites par le mot bitzuist de ma partie de scrabble inventif –, l’enquête donne des perspectives à mes trois objectifs de base :

*Mener mes projets à bien.

*Diminuer les morsures de la vie.

*