Tarass Boulba - Nikolai Gogol - ebook
Kategoria: Humanistyka Język: francuski Rok wydania: 1835

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Nikolai Gogol

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Opinie o ebooku Tarass Boulba - Nikolai Gogol

Fragment ebooka Tarass Boulba - Nikolai Gogol

A Propos

A Propos Gogol:

Nikolai Vasilievich Gogol (April 1, 1809 — March 4, 1852) was a Russian-language writer of Ukrainian origin. Although his early works were heavily influenced by his Ukrainian heritage and upbringing, he wrote in Russian and his works belong to the tradition of Russian literature. The novel Dead Souls (1842), the play Revizor (1836, 1842), and the short story The Overcoat (1842) count among his masterpieces. Source: Wikipedia

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La nouvelle intitulée Tarass Boulba, la plus considérable du recueil de Gogol, est un petit roman historique ou il a décrit les mours des anciens Cosaques Zaporogues. Une note préliminaire nous semble a peu pres indispensable pour les lecteurs étrangers a la Russie.

Nous ne voulons pas, toutefois, rechercher si le savant géographe Mannert a eu raison de voir en eux les descendants des anciens Scythes (Niebuhr a prouvé que les Scythes d’Hérotode étaient les ancetres des Mongols), ni s’il faut absolument retrouver les Cosaques (en russe Kasak) dans les K????? de Constantin Porphyrogénete, les Kassagues de Nestor, les cavaliers et corsaires russes que les géographes arabes, antérieurs au XIIIe siecle, plaçaient dans les parages de la mer Noire. Obscure comme l’origine de presque toutes les nations, celle des Cosaques a servi de theme aux hypotheses les plus contradictoires. Nous devons seulement relever l’opinion, longtemps admise, de l’historien Schloezer, lequel, se fondant sur les moeurs vagabondes et l’esprit d’aventure qui distinguerent les Cosaques des autres races slaves, et sur l’altération de leur langue militaire, pleine de mots turcs et d’idiotismes polonais, crut que, dans l’origine, les Cosaques ne furent qu’un ramas d’aventuriers venus de tous les pays voisins de l’Ukraine, et qu’ils ne parurent qu’a l’époque de la domination des Mongols en Russie. Les Cosaques se recruterent, il est vrai, de Russes, de Polonais, de Turcs, de Tatars, meme de Français et d’Italiens; mais le fond primitif de la nation cosaque fut une race slave, habitant l’Ukraine, d’ou elle se répandit sur les bords du Don, de l’Oural et de la Volga. Ce fut une petite armée de huit cents Cosaques, qui, sous les ordres de leur ataman Yermak, conquit toute la Sibérie en 1580.

Une des branches ou tribus de la nation cosaque, et la plus belliqueuse, celle des Zaporogues, paraît, pour la premiere fois, dans les annales polonaises au commencement du XVIe siecle. Ce nom leur venait des mots russes za, au dela (trans), et porog, cataracte, parce qu’ils habitaient plus bas que les bancs de granit qui coupent en plusieurs endroits le lit de Dniepr. Le pays occupé par eux portait le nom collectif de Zaporojié. Maîtres d’une grande partie des plaines fertiles et des steppes de l’Ukraine, tour a tour alliés ou ennemis des Russes, des Polonais, des Tatars et des Turcs, les Zaporogues formaient un peuple éminemment guerrier organisé en république militaire, et offrant quelque lointaine et grossiere ressemblance avec les ordres de chevalerie de l’Europe occidentale.

Leur principal établissement, appelé la setch, avait d’habitude pour siege une île du Dniepr. C’était un assemblage de grandes cabanes en bois et en terre, entourées d’un glacis, qui pouvait aussi bien se nommer un camp qu’un village. Chaque cabane (leur nombre n’a jamais dépassé quatre cents) pouvait contenir quarante ou cinquante Cosaques. En été, pendant les travaux de la campagne, il restait peu de monde a la setch; mais en hiver, elle devait etre constamment gardée par quatre mille hommes. Le reste se dispersait dans les villages voisins, ou se creusait, aux environs, des habitations souterraines, appelées zimovniki (de zima, hiver).

La setch était divisée en trente-huit quartiers ou kouréni (de kourit, fumer; le mot kouren correspond a celui du foyer). Chaque Cosaque habitant la setch était tenu de vivre dans son kouren; chaque kouren, désigné par un nom particulier qu’il tirait habituellement de celui de son chef primitif, élisait un ataman (kourennoi-ataman), dont le pouvoir ne durait qu’autant que les Cosaques soumis a son commandement étaient satisfaits de sa conduite. L’argent et les hardes des Cosaques d’un kouren étaient déposés chez leur ataman, qui donnait a location les boutiques et les bateaux (douby) de son kouren, et gardait les fonds de la caisse commune. Tous les Cosaques d’un kouren dînaient a la meme table.

Les kouréni assemblés choisissaient le chef supérieur, le kochévoi-ataman (de kosch, en tatar camp, ou de kotchévat, en russe camper). On verra dans la nouvelle de Gogol comment se faisait l’élection du kochévoi. La rada, ou assemblée nationale, qui se tenait toujours apres dîner, avait lieu deux fois par an, a jours fixes, le 24 juin, jour de la fete de saint Jean-Baptiste, et le 1er octobre, jour de la présentation de la Vierge, patronne de l’église de la setch.

Le trait le plus saillant, et particulierement distinctif de cette confrérie militaire, c’était le célibat imposé a tous ses membres pendant leur réunion. Aucune femme n’était admise dans la setch.

Préface a l’édition de la Librairie Hachette et Cie, 1882.