Les Veillées du hameau pres de Dikanka - Tome II - Nikolai Gogol - ebook
Kategoria: Humanistyka Język: francuski Rok wydania: 1832

Les Veillées du hameau pres de Dikanka - Tome II darmowy ebook

Nikolai Gogol

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Opinie o ebooku Les Veillées du hameau pres de Dikanka - Tome II - Nikolai Gogol

Fragment ebooka Les Veillées du hameau pres de Dikanka - Tome II - Nikolai Gogol

A Propos
PRÉAMBULE

A Propos Gogol:

Nikolai Vasilievich Gogol (April 1, 1809 — March 4, 1852) was a Russian-language writer of Ukrainian origin. Although his early works were heavily influenced by his Ukrainian heritage and upbringing, he wrote in Russian and his works belong to the tradition of Russian literature. The novel Dead Souls (1842), the play Revizor (1836, 1842), and the short story The Overcoat (1842) count among his masterpieces. Source: Wikipedia

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PRÉAMBULE

Voici encore un livre a votre intention, ou pour mieux dire, c’est le dernier. Je n’avais meme pas envie, mais alors pas la moindre, de publier celui-ci. Vrai, un peu plus et je passerais la mesure. Je vous avoue qu’on commence déja a se gausser de moi au hameau : « Tenez, dit-on, le bonhomme bat la campagne ; au déclin de son âge, le voila qui trouve plaisir a des amusettes de bambin ! » C’est la parler ; il est grand temps que je prenne ma retraite. Quant a vous, chers lecteurs, vous croyez tout de bon que je feins seulement d’etre un vieillard. La belle feinte ! alors qu’il ne me reste plus un chicot dans la bouche. Aujourd’hui, s’il m’échoit quelque nourriture tendre, je me débrouille encore en mâchonnant vaille que vaille ; mais pour avaler quelque chose de dur, bernique !… Me revoici donc, avec un autre petit livre a votre intention. Et maintenant, tout ce qui vous plaira, hormis vos injures. Injurier serait une pietre façon de dire adieu, d’autant plus que celui dont vous prenez congé, Dieu sait quand il vous sera donné de le revoir.

Vous entendrez dans cet opuscule des conteurs que vous ignorez presque tous, excepté peut-etre bien Thomas Grigoriévitch. Quant a ce petit monsieur en surcot a pois [1] qui usait dans ses récits d’un style a ce point tarabiscoté que nombre de beaux esprits, voire des Russes, n’y entendaient goutte, il y a longtemps qu’il n’est plus des nôtres. Depuis qu’il s’est brouillé avec tout le monde, il ne montre meme pas le bout du nez dans nos parages. Bon ! je ne vous ai donc pas relaté l’incident ? Alors, pretez-moi l’oreille, car la comédie fut des plus bouffonnes.

L’an dernier, comme qui dirait au seuil de l’été – eh ! je crois bien que c’était pour la fete meme de mon saint patron – des voitures m’avaient amené des gens en visite. Je dois vous confier, chers lecteurs, que mes pays, Dieu veuille les maintenir en santé, n’ont garde d’oublier le bonhomme. Cinquante ans ont déja passé depuis que j’ai commencé a célébrer mon jour patronymique, mais vous dire au juste quel est mon âge, cela je ne le saurais, pas plus d’ailleurs que ma vieille ; dans les environs de soixante-dix ans, probablement ! Le Pere Kharlampi, pope de Dikanka, lui, savait la date de ma naissance. Quel dommage qu’il soit mort, voila déja cinquante ans… Bref ! j’avais des gens en visite : Zakhar Kirillovitch Tchoukhopoupienko, Stépan Ivanovitch Kourotchka, Tarass Ivanovitch Smatchnienko, l’assesseur Kharlampi Kirillovitch Khlosta. Chose aussi s’était amené… voila maintenant que j’oublie ses nom et prénoms… Yossip… heu… Yossip… Ah ! bon Dieu, tout Mirgorod ne connaît que lui… Tant pis, la peste soit de lui ! son nom me reviendra un autre jour. Le petit monsieur de votre connaissance avait également fait le voyage, de Poltava. Je ne cite pas Thomas Grigoriévitch qui a chez nous ses grandes et petites entrées…

A nous tous, nous avions repris nos entretiens. Il faut vous faire remarquer que jamais question futile n’est débattue sous mon toit. J’ai toujours été amateur de conversations comme il faut ou l’agréable se mele, comme on dit, a l’utile. Nous parlions de la recette pour mariner les pommes. Ma vieille était déja partie a expliquer qu’il fallait au préalable bien laver vos fruits, les tremper ensuite dans du kwass, apres quoi, on…

– Tout cela ne vous donnera rien de bon, interrompit le godelureau de Poltava, une main passée dans son caftan a pois et se pavanant a travers la chambre. Vous n’en tirerez rien ! Avant tout, il sied de saupoudrer les pommes de menthe poivrée, et ensuite de…

Pour le coup, chers lecteurs, j’en appelle a votre témoignage. Main sur la conscience, dites-moi si de votre vie vous avez oui que l’on ait jamais saupoudré les pommes avec de la menthe poivrée ?… Il est exact qu’on y ajoute des feuilles de cassis, de l’éperviere ou du trefle. Mais de la menthe ! ! !… Non, je n’ai jamais entendu parler de ça. Aussi bien, il me semble que personne n’en remontrera a ma vieille en cette affaire. Voyons, j’en appelle a vous…

De propos délibéré, et en brave homme, j’attirai en catimini cet individu dans un coin :

– Attention, Makar Nazarovitch, de grâce, ne le rends pas ridicule devant les gens. Tu es une assez grosse légume : a ce que tu prétends, tu aurais mangé une fois a la meme table que le gouverneur. Si tu lâchais quelque chose de semblable en société, voyons, tout le monde te rirait au nez…

Et maintenant, que pensez-vous qu’il ait répliqué a cela ? Pas un traître mot ! Il cracha par terre, prit son chapeau et déguerpit. S’il avait au moins dit au revoir a quelqu’un, incliné la tete vers tel ou tel ; mais non, on entendit seulement les grelots de sa voiture roulant vers la porte cochere, il s’y assit, et bon voyage !… Tant mieux d’ailleurs, nous n’avons pas besoin d’invités de son acabit. Entre nous, chers lecteurs, il n’est rien de pire ici-bas que ces aristos. Parce que son oncle fut dans le temps commissaire, il en profite pour faire la roue ?… A croire qu’un commissaire est si haut placé qu’il n’y a point au monde de rang plus insigne ; grâce au ciel, les commissaires ont aussi des supérieurs. Non et non, ces aristos ne me vont pas. Prenez plutôt, par exemple, Thomas Grigoriévitch, pas un homme de la haute, selon toute apparence, mais que l’on jette les yeux sur lui, et une espece de gravité illumine ses traits. Qu’il lui arrive de humer une prise de tabac, meme alors on éprouve pour lui une vénération involontaire. A l’église, des qu’il chante au chour, il y met une onction impossible a décrire ; on jurerait qu’il va fondre des pieds a la tete !… Quant a l’autre, eh bien ! le bon Dieu le patafiole !… Il se figure que l’on ne peut se passer de ses contes, voici que nous avons pourtant ramassé de quoi bâtir un petit volume.

Je vous avais promis, si je me le rappelle, que cet opuscule comprendrait aussi une histoire de mon cru. J’aurais bien voulu en effet tenir parole, mais je me suis aperçu que pour un conte de moi, il faudrait au bas mot trois petits livres comme celui-ci. J’ai bien eu l’idée de le publier a part, mais réflexion faite, non… Car enfin, je vous connais a fond ; vous vous mettriez a rire du bonhomme. Non, a d’autres !… Et adieu ! La séparation sera longue, et peut-etre bien que nous ne nous reverrons plus. La belle affaire, n’est-ce pas ? Au demeurant, peu vous importe que je disparaisse de cette terre. Un an s’écoulera, mettons deux tout au plus, et pas un de vous n’aura souvenir ou regret du vieil apiculteur.

PANKO LE ROUQUIN.