Le Voyage de Monsieur Perrichon - Eugène Labiche - ebook
Kategoria: Poezja i dramat Język: francuski Rok wydania: 1860

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Eugène Labiche

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Opis ebooka Le Voyage de Monsieur Perrichon - Eugène Labiche

Deux prétendants souhaitent épouser la fille d'un carrossier: Mr.Perrichon.

Opinie o ebooku Le Voyage de Monsieur Perrichon - Eugène Labiche

Fragment ebooka Le Voyage de Monsieur Perrichon - Eugène Labiche

A Propos
Acte premier
Scene deuxieme
Scene troisieme
Scene quatrieme
Scene cinquieme
A Propos Labiche:

Eugene Labiche est un auteur dramatique français, né a Paris le 6 mai 1815 et mort a Paris le 22 janvier 1888. Il a été élu a l'Académie française en 1880.

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Acte premier

Scene premiere

 

La gare du chemin de fer de Lyon, a Paris. - Au fond, barriere ouvrant sur les salles d'attente. Au fond, a droite, guichet pour les billets. Au fond, a gauche, bancs, marchande de gâteaux; a gauche, marchande de livres.

 

Majorin, un employé du chemin de fer, Voyageurs, Commissionnaires

Majorin, se promenant avec impatience. - Ce Perrichon n'arrive pas! Voila une heure que je l'attends… C'est pourtant bien aujourd'hui qu'il doit partir pour la Suisse avec sa femme et sa fille… (Avec amertume.) Des carrossiers qui vont en Suisse! des carrossiers qui ont quarante mille livres de rente! des carrossiers qui ont voiture! Quel siecle! Tandis que, moi, je gagne deux mille quatre cents francs… un employé laborieux, intelligent, toujours courbé sur son bureau… Aujourd'hui j'ai demandé un congé… j'ai dit que j'étais de garde. Il faut absolument que je voie Perrichon avant son départ… je veux le prier de m'avancer mon trimestre… . six cents francs! Il va prendre son air protecteur… faire l'important!… un carrossier! ça fait pitié! Il n'arrive toujours pas! on dirait qu'il le fait expres! (S'adressant a un facteur qui passe suivi de voyageurs.) Monsieur, a quelle heure part le train direct pour Lyon?…

Le Facteur, brusquement. - Demandez a l'employé.

Majorin. - Merci… manant! (S'adressant a l'employé qui est pres du guichet.) Monsieur, a quelle heure part le train direct pour Lyon?…

L'Employé, brusquement. - Ca ne me regarde pas! voyez l'affiche.

Majorin. - Merci… (A part.) Ils sont polis dans ces administrations! Si jamais tu viens a mon bureau, toi!… Voyons l'affiche…


Scene deuxieme

 

L'Employé, Perrichon, Madame Perrichon, Henriette

Perrichon. - Par ici!… ne nous quittons pas! nous ne pourrions plus nous retrouver… Ou sont nos bagages?… (Regardant a droite; a la cantonade.) Ah tres bien! Qui est-ce qui a les parapluies?…

Henriette. - Moi, papa.

Perrichon. - Et le sac de nuit?… les manteaux?…

Madame Perrichon. - Les voici!

Perrichon. - Et mon panama?… Il est resté dans le fiacre! (Faisant un mouvement pour sortir et s'arretant.) Ah! non! je l'ai a la main!… Dieu, que j'ai chaud!

Madame Perrichon. - C'est ta faute!… tu nous presses, tu nous bouscules!… je n'aime pas a voyager comme ça!

Perrichon. - C'est le départ qui est laborieux… une fois que nous serons casés!… Restez la, je vais prendre les billets… (Donnant son chapeau a Henriette.) Tiens, garde-moi mon panama… (Au guichet.) Trois premieres pour Lyon!…

L'Employé, brusquement. - Ce n'est pas ouvert! Dans un quart d'heure!

Perrichon, a l'employé. - Ah! pardon! c'est la premiere fois que je voyage… (Revenant a sa femme.) Nous sommes en avance.

Madame Perrichon. - La! quand je te disais que nous avions le temps… Tu ne nous as pas laissés déjeuner!

Perrichon. - Il vaut mieux etre en avance!… on examine la gare! (A Henriette.) Eh bien, petite fille, es-tu contente?… Nous voila partis!… encore quelques minutes, et, rapides comme la fleche de Guillaume Tell, nous nous élancerons vers les Alpes! (A sa femme.) Tu as pris la lorgnette?

Madame Perrichon. - Mais oui!

Henriette, a son pere. - Sans reproches, voila au moins deux ans que tu nous promets ce voyage.

Perrichon. - Ma fille, il fallait que j'eusse vendu mon fonds… Un commerçant ne se retire pas aussi facilement des affaires qu'une petite fille de son pensionnat!… D'ailleurs, j'attendais que ton éducation fut terminée pour la compléter en faisant rayonner devant toi le grand spectacle de la nature!

Madame Perrichon. - Ah ça! est-ce que vous allez continuer comme ça?…

Perrichon. - Quoi?…

Madame Perrichon. - Vous faites des phrases dans une gare!

Perrichon. - Je ne fais de phrases… j'éleve les idées de l'enfant. (Tirant de sa poche un petit carnet.) Tiens, ma fille, voici un carnet que j'ai acheté pour toi.

Henriette. - Pour quoi faire?…

Perrichon. - Pour écrire d'un côté la dépense, et de l'autre les impressions.

Henriette. - Quelles impressions?…

Perrichon. - Nos impressions de voyage! Tu écriras, et moi je dicterai.

Madame Perrichon. - Comment! Vous allez vous faire auteur a présent?

Perrichon. - Il ne s'agit pas de me faire auteur… mais il me semble qu'un homme du monde peut avoir des pensées et les recueillir sur un carnet!

Madame Perrichon. - Ce sera bien joli!

Perrichon, a part. - Elle est comme ça, chaque fois qu'elle n'a pas pris son café!

Un Facteur, poussant un petit chariot chargé de bagages. - Monsieur, voici vos bagages. Voulez-vous les faire enregistrer?…

Perrichon. - Certainement! Mais, auparavant, je vais les compter… parce que, quand on sait son compte… Un, deux, trois, quatre, cinq, six, ma femme, sept, ma fille, huit, et moi, neuf. Nous sommes neuf.

Le Facteur. - Enlevez!

Perrichon, courant vers le fond. - Dépechons-nous!

Le Facteur. - Pas par la, c'est par ici!

Perrichon. - Ah! tres bien! (Aux femmes.) Attendez-moi la!… ne nous perdons pas!


Scene troisieme

 

Henriette. - Pauvre pere! quelle peine il se donne!

Madame Perrichon. - Il est comme un ahuri!

Daniel, entrant suivi d'un commissionnaire qui porte sa malle. - Je ne sais pas encore ou je vais, attendez! (Apercevant Henriette.) C'est elle! je ne me suis pas trompé!

Il salue Henriette, qui lui rend son salut.

Madame Perrichon, a sa fille. - Quel est ce monsieur?…

Henriette. - C'est un jeune homme qui m'a fait danser la semaine derniere au bal du huitieme arrondissement.

Madame Perrichon, vivement. - Un danseur!

Daniel. - Madame!… mademoiselle!… je bénis le hasard… Ces dames vont partir?…

Madame Perrichon. - Oui, monsieur!

Daniel. - Ces dames vont a Marseille, sans doute?…

Madame Perrichon. - Non, monsieur.

Daniel. - A Nice, peut-etre?…

Madame Perrichon. - Non, monsieur!

Daniel. - Pardon, madame… je croyais… si mes services…

Le Facteur, a Daniel. - Bourgeois! vous n'avez que le temps pour vos bagages.

Daniel. - C'est juste! allons! (A part.) J'aurais voulu savoir ou elles vont… avant de prendre mon billet… (Saluant.) Madame… mademoiselle.. (A part.) Elles partent, c'est le principal!


Scene quatrieme

 

Madame Perrichon. - Il est tres bien, ce jeune homme!

Armand, tenant un sac de nuit. - Portez ma malle aux bagages… je vous rejoins! (Apercevant Henriette.) C'est elle!

Ils se saluent.

Madame Perrichon. - Quel est ce monsieur?…

Henriette. - C'est encore un jeune homme qui m'a fait danser au bal du huitieme arrondissement.

Madame Perrichon. - Ah ça! ils se sont donc tous donné rendez-vous ici?… N'importe, c'est un danseur! (Saluant.) Monsieur…

Armand. - Madame… mademoiselle.. je bénis le hasard… Ces dames vont partir?

Madame Perrichon. - Oui, monsieur.

Armand. - Ces dames vont a Marseille, sans doute?…

Madame Perrichon. - Non, monsieur.

Armand. - A Nice, peut-etre?…

Madame Perrichon, a part. - Tiens, comme l'autre. (Haut.) Non, monsieur!

Armand. - Pardon, madame, je croyais… Si mes services…

Madame Perrichon, a part. - Apres ça, ils sont du meme arrondissement.

Armand, a part. - Je ne suis pas plus avancé… je vais faire enregistrer ma malle… je reviendrai! (Saluant.) Madame… mademoiselle…


Scene cinquieme

 

Madame Perrichon, Henriette, Majorin; puis Perrichon

Madame Perrichon. - Il est tres bien, ce jeune homme!… Mais que fait ton pere? Les jambes me rentrent dans le corps!

Majorin, entrant par la gauche. - Je me suis trompé, ce train ne part que dans une heure!

Henriette. - Tiens, monsieur Majorin!

Majorin, a part. - Enfin, les voici!

Madame Perrichon. - Vous! comment n'etes-vous pas a votre bureau?…

Majorin. - J'ai demandé un congé, belle dame; je ne voulais pas vous laisser partir sans vous faire mes adieux!

Madame Perrichon. - Comment! c'est pour cela que vous etes venu! Ah! que c'est aimable!

Majorin. - Mais, je ne vois pas Perrichon!

Henriette. - Papa s'occupe des bagages.

Perrichon, entrant en courant; a la cantonade. - Les billets d'abord! tres bien!

Majorin. - Ah! le voici! Bonjour, cher ami!

Perrichon, tres pressé. - Ah! c'est toi! tu es bien gentil d'etre venu!… Pardon, il faut que je prenne mes billets!

Majorin, a part. - Il est poli!

Perrichon, a l'employé au guichet. - Monsieur, on ne veut pas enregistrer mes bagages avant que j'aie pris mes billets…

L'Employé. - Ce n'est pas ouvert! attendez!

Perrichon. - "Attendez!" et la-bas, ils m'ont dit: "Dépechez-vous!" (S'essuyant le front.) Je suis en nage!

Madame Perrichon. - Et moi, je ne tiens plus sur mes jambes!

Perrichon. - Eh bien, asseyez-vous. (Indiquant le fond a gauche.) Voila des bancs… Vous etes bonnes de rester plantées la comme deux factionnaires.

Madame Perrichon. - C'est toi-meme qui nous a dit: "Restez la!" Tu n'en finis pas! tu es insupportable!

Perrichon. - Voyons, Caroline!

Madame Perrichon. - Ton voyage! j'en ai déja assez!

Perrichon. - On voit bien que tu n'as pas pris ton café! Tiens, va t'asseoir!

Madame Perrichon. - Oui, mais dépeche-toi!

Elle va s'asseoir avec Henriette.