Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle - ebook
Kategoria: Sensacja, thriller, horror Język: francuski Rok wydania: 1902

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Arthur Conan Doyle

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Opis ebooka Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle

Le Chien des Baskerville (The Hound of the Baskervilles) est un roman policier anglais d'Arthur Conan Doyle, publié pour la premiere fois dans le Strand Magazine en 1901 et 1902. La légende court dans cette région du Devonshire (sud ouest de l'Angleterre), qu'un énorme chien crachant du feu de sa gueule béante serait a l'origine de la mort de Sir Charles Baskerville. Un de ses ancetres, Sir Hugo Baskerville, trouva la mort mystérieusement apres avoir commis d'immondes atrocités envers une jeune paysanne. Sherlock Holmes et le Docteur Watson enquetent. Ils doivent protéger le dernier descendant des Baskerville revenu prestement du Canada, Sir Henry, qui lui ne croît pas a toutes ces balivernes.

Opinie o ebooku Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle

Fragment ebooka Le Chien des Baskerville - Arthur Conan Doyle

A Propos
Chapitre 1 - Monsieur Sherlock Holmes

A Propos Doyle:

Sir Arthur Ignatius Conan Doyle, DL (22 May 1859 – 7 July 1930) was a Scottish author most noted for his stories about the detective Sherlock Holmes, which are generally considered a major innovation in the field of crime fiction, and the adventures of Professor Challenger. He was a prolific writer whose other works include science fiction stories, historical novels, plays and romances, poetry, and non-fiction. Conan was originally a given name, but Doyle used it as part of his surname in his later years. Source: Wikipedia

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Chapitre 1 Monsieur Sherlock Holmes

M. SHERLOCK HOLMES se levait habituellement fort tard, sauf lorsqu’il ne dormait pas de la nuit, ce qui lui arrivait parfois. Ce matin la, pendant qu’il était assis devant son petit déjeuner, je ramassais la canne que notre visiteur avait oubliée, la veille au soir. C’était un beau morceau de bois, solide, terminé en pommeau. Juste au-dessous de ce pommeau, une bague d’argent qui n’avait pas moins de deux centimetres de haut portait cette inscription datant de 1884 : « A James Mortimer, M.R.C.S.[1], ses amis du C.C.H. ». Une belle canne ; canne idéale pour un médecin a l’ancienne mode : digne, rassurante…

« Eh bien, Watson, que vous suggere cette canne ? »

Holmes me tournait le dos, et je n’avais rien fait qui put le renseigner sur mon occupation du moment.

« Comment savez-vous que je l’examine ? Vous devez avoir des yeux derriere la tete !

– Non, mais j’ai en face de moi une cafetiere en argent bien astiquée. Dites, Watson, que pensez-vous de la canne de notre visiteur ? Nous avons eu de la malchance de le manquer, nous ignorons le but de sa démarche : ce petit prend donc de l’importance. Allons, Watson, reconstituez l’homme d’apres la canne ! Je vous écoute. »

Je me mis en devoir de me conformer de mon mieux aux méthodes de mon ami.

« Selon moi, dis-je, ce docteur Mortimer est un médecin d’un certain âge, a mours patriarcales, aisé, apprécié, comme en témoigne le geste de ceux qui lui ont offert cette canne.

– Bon ! Excellent !

– Je pense qu’il y a de fortes chances pour que le docteur Mortimer soit un médecin de campagne qui visite a pied la plupart de ses malades.

– Pourquoi, s’il vous plaît ?

– Parce que cette canne, qui a l’origine était tres élégante, se trouve aujourd’hui dans un tel état que j’ai du mal a me la représenter entre les mains d’un médecin de ville. Le gros embout de fer est completement usé ; il me paraît donc évident que son propriétaire est un grand marcheur.

– Tres juste !

– D’autre part, je lis : « ses amis du C.C.H. ». Je parierais qu’il s’agit d’une société locale de chasse[2] dont il a soigné les membres et qui lui a offert un petit cadeau pour le remercier.

– En vérité, Watson, vous vous surpassez ! s’exclama Holmes en repoussant sa chaise et en allumant une cigarette. Je suis obligé de dire que dans tous les récits que vous avez bien voulu consacrer a mes modestes exploits, vous avez constamment sous-estimé vos propres capacités. Vous n’etes peut-etre pas une lumiere par vous-meme, mais vous etes un conducteur de lumiere. Certaines personnes dépourvues de génie personnel sont quelquefois douées du pouvoir de le stimuler. Mon cher ami, je vous dois beaucoup ! »

Jamais il ne m’en avait tant dit ! Je conviens que ce langage me causa un vif plaisir. Souvent en effet j’avais éprouvé une sorte d’amertume devant l’indifférence qu’il manifestait a l’égard de mon admiration et de mes efforts pour vulgariser ses méthodes. Par ailleurs je n’étais pas peu fier de me dire que je possédais suffisamment a fond son systeme pour l’appliquer d’une maniere qui avait mérité son approbation. Il me prit la canne des mains et l’observa quelques instants a l’oil nu. Tout a coup, intéressé par un détail, il posa sa cigarette, s’empara d’une loupe, et se rapprocha de la fenetre.

« Curieux, mais élémentaire ! fit-il en revenant s’asseoir sur le canapé qu’il affectionnait. Voyez-vous, Watson, sur cette canne je remarque un ou deux indices : assez pour nous fournir le point de départ de plusieurs déductions.

– Une petite chose m’aurait-elle échappée ? demandai-je avec quelque suffisance. J’espere n’avoir rien négligé d’important ?

– J’ai peur, mon cher Watson, que la plupart de vos conclusions ne soient erronées. Quand je disais que vous me stimuliez, j’entendais par la, pour etre tout a fait franc, qu’en relevant vos erreurs j’étais fréquemment guidé vers la vérité. Non pas que vous vous soyez trompé du tout au tout dans ce cas précis. Il s’agit certainement d’un médecin de campagne. Et d’un grand marcheur.

– Donc j’avais raison.

– Jusque-la, oui.

– Mais il n’y a rien d’autre…

– Si, si, mon cher Watson ! Il y a autre chose. D’autres choses. J’inclinerais volontiers a penser, par exemple, qu’un cadeau fait a un médecin provient plutôt d’un hôpital que d’une société de chasse ; quand les initiales « C.C. » sont placées devant le « H » de Hospital, les mots « Charing-Cross » me viennent naturellement en tete.

– C’est une hypothese.

– Je n’ai probablement pas tort. Si nous prenons cette hypothese pour base, nous allons procéder a une reconstitution tres différente de notre visiteur inconnu.

– Eh bien, en supposant que « C.C.H. » signifie « Charing-Cross Hospital », que voulez-vous que nous déduisions de plus ?

– Je ne voyais pas ? Puisque vous connaissez mes méthodes, appliquez-les !

– Je ne vois rien a déduire, sinon que cet homme a exercé en ville avant de devenir médecin de campagne.

– Il me semble que nous pouvons nous hasarder davantage. Considérez les faits sous ce nouvel angle. En quelle occasion un tel cadeau a-t-il pu etre fait ? Quand des amis se sont-ils réunis pour offrir ce témoignage d’estime ? De toute évidence a l’époque ou le docteur Mortimer a quitté le service hospitalier pour ouvrir un cabinet. Nous savons qu’il y a eu cadeau. Nous croyons qu’il y a eu départ d’un hôpital londonien pour une installation a la campagne. Est-il téméraire de déduire que le cadeau lui a été offert a l’occasion de son départ ?

– Certainement pas.

– Mais convenez aussi avec moi, Watson, qu’il ne peut s’agir de l’un des « patrons » de l’hôpital : un patron en effet est un homme bien établi avec une clientele a Londres, et il n’abandonnerait pas ces avantages pour un poste de médecin de campagne. Si donc notre visiteur travaillait dans un hôpital sans etre patron, nous avons affaire a un interne en médecine ou en chirurgie a peine plus âgé qu’un étudiant. Il a quitté ses fonctions voici cinq ans : la date est gravée sur la canne. Si bien que votre médecin d’un certain âge, grave et patriarcal, disparaît en fumée, mon cher Watson, pour faire place a un homme d’une trentaine d’années, aimable, sans ambition, distrait, qui possede un chien favori dont j’affirme qu’il est plus gros qu’un fox-terrier et plus petit qu’un dogue. »

J’éclatais d’un rire incrédule pendant que Holmes se renfonçait dans le canapé et soufflait vers le plafond quelques anneaux bleus.

« En ce qui concerne votre derniere déduction, dis-je, je suis incapable de la vérifier. Mais il m’est facile de rechercher quelques détails sur l’âge et la carriere professionnelle de notre visiteur. »

J’attrapai mon annuaire médical et le feuilletai. il existait plusieurs Mortimer, mais un seul correspondait a notre inconnu. Je lus a haute voix les lignes qui lui étaient consacrées.

« Mortimer, James, M.R.C.S. 1882, Grimpen, Dartmoor, Devon. Interne en chirurgie de 1882 a 1884, au Charing-Cross Hospital. Lauréat du prix Jackson de pathologie comparée avec une these intitulée : La maladie est-elle une réversion ? Membre correspondant de la Société suédoise de pathologie. Auteur de Quelques Caprices de l’Atavisme (Lancet, 1883), de Progressons-nous ? (Journal de Psychologie, mars 1883).Médecin sanitaire des paroisses de Grimpen, Thorsley, et High Barrow ».

– Pas question de société de chasse, Watson ! observa Holmes avec un sourire malicieux. Uniquement d’un médecin de campagne, comme vous l’aviez tres astucieusement deviné. Je crois que mes déductions sont a peu pres confirmées. Quant aux qualificatifs, j’ai dit, si je me souviens bien, aimable, sans ambition, distrait. Par expérience je sais qu’en ce monde seul un homme aimable peut recevoir des présents, que seul un médecin sans ambition peut renoncer a faire carriere a Londres pour exercer a la campagne, et que seul un visiteur distrait peut laisser sa canne et non sa carte de visite apres vous avoir attendu une heure.

– Et le chien ?

– Le chien a été dressé a tenir cette canne derriere son maître. Comme la canne est lourde, le chien la serre fortement par le milieu, et les traces de ses dents sont visibles. La mâchoire du chien, telle qu’on peut se la représenter d’apres les espaces entre ces marques, est a mon avis trop large pour un dogue. Ce serait donc… oui, c’est bien un épagneul a poils bouclés. »

Tout en parlant, il s’était levé pour arpenter la piece et s’était arreté derriere la fenetre. Sa voix avait exprimé une conviction si forte que je le regardai avec surprise.

« Mon cher ami, comment pouvez-vous parler avec tant d’assurance ?

– Pour la bonne raison que je vois le chien devant notre porte et que son propriétaire vient de sonner. Ne vous éloignez pas, Watson, je vous prie ! C’est l’un de vos confreres, et votre présence peut m’etre utile. A présent voici le moment dramatique du destin. Watson : vous entendez un pas dans l’escalier, et vous ne savez pas s’il monte pour un bien ou pour un mal. Qu’a donc le docteur James Mortimer, homme de science a demander a Sherlock Holmes, spécialiste du crime ? Entrez ! »

L’aspect de notre visiteur m’étonna d’autant plus que je m’attendais au type classique du médecin de campagne. Or, il était de haute taille et tres mince ; son nez qui avait la forme d’un bec s’allongeait entre deux yeux gris perçants, rapprochés, clairs, qui brillaient derriere des lunettes cerclées d’or. Il portait des vetements corrects, mais guere soignés : sa redingote était défraîchie, son pantalon effiloché. En dépit de sa jeunesse, il était vouté ; il marchait en penchant en avant un visage bienveillant. Quand il entra, et qu’il aperçut sa canne dans les mains de Holmes, il poussa un cri de joie.

« Je suis si content ! Je me demandais si je l’avais oubliée ici ou a l’agence maritime. Pour rien au monde je ne voudrais la perdre.

– Un cadeau, a ce que je vois ? dit Holmes.

– Oui.

– Du Charing-Cross Hospital ?

– De quelques amis que j’avais la, a l’occasion de mon mariage.

– Mon Dieu, mon Dieu, comme c’est bete ! » soupira Holmes en secouant la tete.

Ahuri, le docteur Mortimer le contempla a travers ses lunettes.

« Pourquoi est-ce bete ?

– Oh ! vous avez simplement bouleversé nos petites déductions ! Vous avez bien dit : mariage ?

– Oui, monsieur. Je me suis marié, et j’ai quitté l’hôpital. Il fallait que je m’établisse a mon compte.

– Allons, allons, nous ne nous étions pas tellement trompés ! dit Holmes. Et maintenant, docteur James Mortimer…

– Dites plutôt monsieur Mortimer ! Je ne suis qu’un humble M.R.C.S.

– Mais naturellement un esprit précis.

– Un touche-a-tout de la science, monsieur Holmes. Un ramasseur de coquillages sur la greve du grand océan de l’inconnu. Je présume que c’est a monsieur Sherlock Holmes que je m’adresse présentement, et non…

– En effet. Voici mon ami le docteur Watson.

– Heureux de faire votre connaissance, monsieur. Votre nom ne m’est pas inconnu : il est associé a celui de votre ami. Vous m’intéressez grandement, monsieur Holmes, je n’espérais pas rencontrer un crâne pareil, une dolichocéphalie aussi prononcée, ni un tel développement supra-orbitaire. Verriez-vous un inconvénient a ce que je promene mon doigt le long de vos bosses pariétales ? Un moulage de votre crâne, monsieur, a défaut de l’original, enrichirait n’importe quel musée d’anthropologie. Je n’ai rien d’un flagorneur, mais je vous confesse que votre crâne me fait tres envie ! »

Sherlock Holmes, d’un geste, invita notre étrange visiteur a s’asseoir.

« Je m’aperçois, monsieur, que vous exercez votre profession avec enthousiasme, lui dit-il. Cela m’arrive également. D’apres votre index, je devine que vous roulez vous-meme vos cigarettes. Ne vous genez pas si vous désirez fumer. »

Le docteur Mortimer tira de sa poche du tabac et une feuille de papier a cigarettes ; il mania les deux avec une dextérité extraordinaire. Il possédait de longs doigts frémissants, aussi agiles et alertes que des antennes d’insecte.

Holmes se tut, mais de rapides petits coups d’oil m’indiquerent que le docteur Mortimer l’intéressait vivement. Il se décida enfin a rompre le silence.

« J’imagine, monsieur, que ce n’est pas uniquement dans le but d’examiner mon crâne que vous m’avez fait l’honneur de venir chez moi hier soir et a nouveau aujourd’hui ?

– Non, monsieur, non ! Bien que je sois heureux d’en avoir eu l’occasion… Je suis venu chez vous, monsieur Holmes, parce que je sais que je n’ai rien d’un homme pratique et que je me trouve tout a coup aux prises avec un probleme grave, peu banal. Vous connaissant comme le deuxieme plus grand expert européen…

– Vraiment, monsieur ? susurra Holmes non sans une certaine âpreté. Puis-je vous demander qui a l’honneur d’etre le premier ?

– A un esprit féru de précision scientifique, l’ouvre de M. Bertillon apparaît sans rivale.

– Alors ne feriez-vous pas mieux de le consulter ?

– J’ai dis, monsieur, « a un esprit féru de précision scientifique ». Mais chacun reconnaît que vous etes incomparable en tant qu’homme pratique. J’espere, monsieur, que par inadvertance je n’ai pas…

– A peine, monsieur ! interrompit Holmes. Je crois. Docteur Mortimer, que vous feriez bien de vous borner a me confier la nature exacte du probleme pour la solution duquel vous sollicitez mon concours. »