La Jeunesse de Pierrot - Alexandre Dumas - ebook
Kategoria: Dla dzieci i młodzieży Język: francuski Rok wydania: 1853

La Jeunesse de Pierrot darmowy ebook

Alexandre Dumas

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Opis ebooka La Jeunesse de Pierrot - Alexandre Dumas

Un soir d'hiver, dans la foret de Boheme, un bucheron trouve sous la neige un enfant au visage et au costume blanc. Il le ramene dans sa chaumiere et la, sentant l'odeur du dîner, le petit garçon se jette sur la marmite, dévore son contenu puis s'endort. Le lendemain, la femme du bucheron raconte au marché la gloutonnerie de l'enfant. Le récit fait le tour du village puis de la ville ou il parvient amplifié et déformé: un monstre a dévoré plusieurs bucherons dans la foret. Le Roi vient en ville. Il est accompagné de la Reine, de son Grand Ministre Alberto Renardini, de sa fille Fleur d'Amandier et du méchant et hideux prince Azor qui est fiancé a cette derniere. A leur arrivée, les citadins se sont enfuis de peur d'etre dévoré par le monstre. Azor est persuadé qu'il est l'objet d'une mystification, furieux il quitte le cortege. Le Roi apprend l'existence du monstre et décide d'aller le tuer...

Opinie o ebooku La Jeunesse de Pierrot - Alexandre Dumas

Fragment ebooka La Jeunesse de Pierrot - Alexandre Dumas

A Propos

Chapitre 1 - Le souper des bucherons

A Propos Dumas:

Alexandre Dumas, pere, born Dumas Davy de la Pailleterie (July 24, 1802 – December 5, 1870) was a French writer, best known for his numerous historical novels of high adventure which have made him one of the most widely read French authors in the world. Many of his novels, including The Count of Monte Cristo, The Three Musketeers, and The Man in the Iron Mask were serialized, and he also wrote plays and magazine articles and was a prolific correspondent. Source: Wikipedia

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Mes chers enfants,

Si vos parents veulent absolument lire ce conte, dites-leur bien qu’il a été écrit pour vous et non pour eux ; que leurs contes a eux, ce sont : La Reine Margot, Amaury, Les Trois Mousquetaires, La Dame de Monsoreau, Monte-Cristo, La Comtesse de Charny, Conscience et le Pasteur d’Ashbourn.

Si vous voulez savoir absolument – on est curieux a votre âge – par qui ce conte a été écrit, nous vous dirons que l’auteur est un nommé Aramis, charmant et coquet abbé qui avait été mousquetaire.

Si vous voulez connaître l’histoire d’Aramis, nous vous dirons que vous etes trop jeunes pour la lire.

Si, enfin, vous nous demandez pour qui Aramis a écrit ce conte, nous vous répondrons que c’est pour les enfants de madame de Longueville, qui étaient de jolis petits princes descendant du beau Dunois, dont vous avez peut-etre entendu parler, pendant une de ces époques de troubles dont Dieu nous préserve, et qu’on appelait la Fronde.

Maintenant, chers enfants, puisse Aramis vous amuser autant quand il écrit, qu’il a amusé vos peres et vos meres quand il conspirait, aimait et combattait, en société de ses trois amis, Athos, Porthos et d’Artagnan.


Chapitre 1 Le souper des bucherons

Il y avait une fois, mes chers enfants, dans un petit coin de la Boheme, un vieux bucheron et sa femme qui vivaient dans une chétive cabane, au fond d’une foret.

Ils ne possédaient, pour toute fortune, que ce que le bon Dieu donne aux pauvres gens, l’amour du travail et deux bons bras pour travailler.

Chaque jour, depuis l’aube jusqu’au soir, on entendait de grands coups de cognée qui résonnaient au loin dans la foret, et de joyeuses chansons qui accompagnaient les coups de cognée ; c’était le bonhomme qui travaillait.

Quand la nuit était venue, il ramassait sa moisson du jour, et s’en retournait, le dos courbé, vers sa cabane, ou il trouvait, aupres d’un feu clair et pétillant, sa bonne ménagere qui lui souriait a travers les vapeurs du repas du soir ; ce qui lui réjouissait fort le cour.

Il y avait déja de longs jours qu’ils vivaient ainsi, lorsqu’il advint qu’un soir le bucheron ne rentra pas a l’heure accoutumée.

On était alors au mois de décembre ; la terre et la foret étaient couvertes de neige, et la bise, qui soufflait avec violence, emportait avec elle de longues traînées blanches qu’elle détachait des arbres, et qui étincelaient en fuyant dans la nuit. On eut dit, mes enfants, que c’étaient, comme dans vos contes favoris, de grands fantômes blancs qui couraient, a travers les airs, a leur rendez-vous de minuit.

La vieille Marguerite – c’était le nom de la femme du bucheron – était, comme vous pensez bien, fort inquiete.

Elle allait sans cesse au seuil de la cabane, écoutant de toutes ses oreilles et regardant de tous ses yeux ; mais elle n’entendait rien que la bise qui faisait rage dans les arbres, et ne voyait rien que la neige qui blanchissait au loin sur le sentier.

Elle revenait alors pres de la cheminée, se laissait choir sur un escabeau, et son cour était tellement gros que les larmes lui tombaient des yeux.

A la voir si triste, tout devenait triste comme elle dans l’intérieur de la chaumine ; le feu, qui d’habitude pétillait si gaiement dans l’âtre, s’éteignait peu a peu sous la cendre, et la vieille marmite de fonte, qui grondait si fort tout a l’heure, sanglotait maintenant a petits bouillons.

Deux grandes heures s’étaient écoulées, lorsque tout a coup le refrain d’une chanson se fit entendre a quelques pas de la cabane, Marguerite tressaillit a ce signal bien connu du retour de son mari, et, s’élançant vers la porte, elle arriva tout juste pour tomber dans ses bras.

– Bonsoir, ma bonne Marguerite, bonsoir, dit le bucheron ; je me suis un peu attardé, mais tu seras bien contente lorsque tu verras ce que j’ai trouvé.

Et, ce disant, il déposa sur la table, aux yeux de la vieille femme qui en resta tout ébahie, un joli berceau d’osier, dans lequel reposait un petit enfant d’allure si gentille et de forme si mignonne, que l’âme en était toute chatouillée, rien que de le voir.

Il était vetu d’une longue tunique blanche, dont les manches pendantes ressemblaient aux ailes repliées d’une colombe. Un haut-de-chausse d’étoffe blanche comme la tunique laissait a découvert deux petits pieds de gazelle, chaussés de bottines a rosettes et a talons rouges. Autour de son cou s’épanouissait une fraise de batiste finement plissée, et sur la tete il portait un joli chapeau de feutre blanc coquettement incliné sur l’oreille.

De mémoire de bucheron on n’avait vu de plus gracieuse miniature ; mais ce qui émerveillait fort dame Marguerite, c’était le teint du petit enfant, qui était si blanc, qu’on eut dit que sa tete mignonne avait été sculptée dans l’albâtre.

– Par saint Janvier ! s’écria la bonne femme en joignant les mains, comme il est pâle !

– Ce n’est pas étonnant, dit le bucheron, il était depuis plus de huit jours sous la neige quand je l’ai trouvé.

– Sainte Vierge ! huit jours sous la neige, et tu ne me dis pas cela tout de suite. Le pauvre petit est gelé !

Et sans plus dire, la vieille femme prit le berceau, le déposa pres de la cheminée et jeta un fagot tout entier dans le feu.

La marmite qui n’attendait que cela se mit tout a coup a frémir et a écumer d’une façon si bruyante, que le petit enfant, alléché par l’odeur, se réveilla tout en sursaut : il se leva a demi, huma l’air a plusieurs reprises, fit glisser vivement sa langue effilée sur le bord de ses levres, puis, au grand étonnement du vieux et de la vieille, qui n’en pouvaient croire leurs yeux, il s’élança hors de son berceau en poussant un petit cri joyeux.

Il venait, mes chers enfants, d’apercevoir le souper de nos pauvres gens.

Voler vers la marmite, y plonger jusqu’au fond une grande cuiller de bois, l’en retirer et la porter a sa bouche toute pleine et toute bouillante, fut pour lui l’affaire d’un instant ; mais, halte-la ! ses levres y avaient a peine touché qu’il jeta la cuiller a terre et se mit a sauter a travers la chambre, en faisant des grimaces tout a la fois si drôles et si piteuses, que le bucheron et sa femme étaient fort embarrassés, ne sachant s’ils devaient rire ou bien s’ils devaient pleurer.

Notre gourmand s’était brulé vif.

Cependant, quelque chose rassurait les bonnes gens, c’est que décidément le petit garçon n’était pas gelé, quoiqu’il fut resté blanc comme neige.

Pendant qu’il se démenait ainsi dans la cabane, la vieille Marguerite fit tous les préparatifs du souper ; la marmite fut posée sur la table, et déja le bucheron, les manches retroussées, s’appretait a lui faire fete, lorsque notre lutin, qui suivait du coin de l’oil tous ses mouvements, vint s’asseoir résolument sur la nappe, enlaça la marmite de ses petites jambes, et se mit a l’ouvre avec de si belles dents, et des mines si joyeuses, que cette fois, pleinement rassurés sur son compte, le bucheron et sa femme n’y purent résister.

Ils se mirent a rire, mais d’un rire si fou, que n’ayant pas pris la précaution de se tenir les côtes, comme il faut faire en pareil cas, mes enfants, ils tomberent a la renverse, et roulerent deci, dela, sur le plancher.

Quand ils se releverent, un quart d’heure apres, la marmite était vide, et le petit enfant dormait du sommeil des anges dans son berceau.

– Qu’il est gentil ! dit la bonne Marguerite qui riait toujours.

– Mais il a mangé notre soupe ! repartit le bucheron qui était devenu tout sérieux.

Et les bonnes gens, qui étaient a jeun depuis le matin, allerent se coucher.