La Derniere Année de Marie Dorval - Alexandre Dumas - ebook
Kategoria: Literatura faktu, reportaże, biografie Język: francuski Rok wydania: 1855

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Alexandre Dumas

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Opis ebooka La Derniere Année de Marie Dorval - Alexandre Dumas

Marie Dorval (1798-1849) est une tres grande artiste dramatique, mais sa gloire s'est un peu ternie avec l'âge. Sa vie est désormais entierement tournée vers ses enfants et surtout son petit-fils Georges qu'elle vénere. Son gendre, René Luguet, et sa fille Caroline, parents de Georges, prennent soin d'elle. Un jour, un drame survient: Georges meurt a l'âge de 4 ans et demi. Marie Dorval ne s'en remettra jamais. La situation financiere devient catastrophique. Marie, qui passe son temps a pleurer dans les cimetieres, ne trouve plus d'engagements. Les mois s'écoulent, la santé de Marie Dorval se détériore jusqu'au jour anniversaire de la mort de Georges ou elle est prise d'un violent malaise. (Extrait de http://www.dumaspere.com/pages/dictionnaire/derniere_annee_dorval.html)

Opinie o ebooku La Derniere Année de Marie Dorval - Alexandre Dumas

Fragment ebooka La Derniere Année de Marie Dorval - Alexandre Dumas

A Propos

Chapitre 1

A Propos Dumas:

Alexandre Dumas, pere, born Dumas Davy de la Pailleterie (July 24, 1802 – December 5, 1870) was a French writer, best known for his numerous historical novels of high adventure which have made him one of the most widely read French authors in the world. Many of his novels, including The Count of Monte Cristo, The Three Musketeers, and The Man in the Iron Mask were serialized, and he also wrote plays and magazine articles and was a prolific correspondent. Source: Wikipedia

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A GEORGE, SAND


Chapitre 1

 

Ma grande amie,

Vous venez de nous raconter, avec votre cour de colombe et votre plume d’aigle, quelques détails sur les derniers moments de notre chere Dorval. Des gens étrangers a sa famille, nous sommes peut-etre, vous comme femme, moi comme homme, – ceux qui l’avons, je ne dirai pas le plus, mais le mieux aimée.

Cependant, mettons avant tout le monde, et avant nous-memes, ce bon et noble cour que vous glorifiez et qui se glorifie lui-meme dans les lettres que vous citez de lui, – mettons celui sur la tete duquel Marie Dorval mourante posait sa main déja froide, tandis que de ses levres, qui ne devaient plus s’ouvrir, elle balbutiait ce dernier mot qui le recommandait aux hommes, mais encore plus a Dieu :

SUBLIME !

Mettons a part ce grand artiste dont on ne connaît que le talent et dont, nous, nous connaissons le cour, mettons a part René Luguet.

Je vais vous raconter a mon tour la derniere année de la vie de notre Marie, la derniere heure de sa mort.

J’étais la quand elle est morte.

Les détails que je vais mettre sous vos yeux et sous ceux de mes lecteurs habituels, devaient venir a leur tour, et prendre chronologiquement place dans mes Mémoires. Mais peut-etre est-il bon qu’ils voient le jour avant l’heure et que mon récit suive le vôtre.

Vous savez bien, n’est-ce pas, ma grande amie, que je ne veux lutter avec vous que d’amitié et de souvenir pour celle qui n’est plus ?

– Les artistes dramatiques, dit-on, ne laissent rien apres eux. – Mensonge ! – Ils laissent les poetes dont ils ont représenté les ouvres, et c’est a ceux-la qui ont une plume, quand toutefois avec cette plume ils ont un cour, – c’est a ceux-la de dire quels saints et quels martyrs sont parfois ces parias de la société qu’on appelle les artistes dramatiques.

– Vous qui l’avez si bien connue, la pauvre Marie, vous allez me dire, ma sour, si vous la reconnaissez.

Prenons-la au moment de cette grande douleur qui la mit au tombeau. Comme vous l’avez dit, Dorval avait trois filles.

L’une de ces trois filles, Caroline, épousa René Luguet, celui qu’en voyant jouer ses rôles on appelle le joyeux Luguet.

Châteaubriand s’étonne de la quantité de larmes que contient l’oil des rois.

Pauvre artiste ! tu as eu un chagrin royal, car tu as bien pleuré !

Luguet eut un fils ; il reçut au bapteme votre nom, ma sour ; il le reçut en mémoire de vous, – on l’appela Georges.

Cet enfant était une merveille de beauté et d’intelligence, une de ces fleurs pleines de couleur et de parfum qui s’ouvrent au dernier souffle de la nuit et qui doivent etre fauchées a l’aurore.

Vous avez dit les douleurs de Dorval vieillissant, vous avez montré la femme a la robe noire ; elle eut une robe couleur du ciel, la pauvre grand’mere, le jour ou lui naquit cet enfant.

C’était, en effet, pour elle qu’il était né, et non pour son pere et sa mere ; elle le prit dans ses bras le jour de sa naissance, et le garda en quelque sorte dans ses bras jusqu’au jour de sa mort.

A trois ans, Dorval l’emmena avec elle. Il est mort a quatre et demi. Elle allait faire une tournée dans le midi ; elle allait a Avignon, a Nîmes, a Perpignan, a Marseille.

Nous avons dit, ou plutôt vous avez dit, ma grande amie, – pardonnez-moi, vous l’avez si bien dit selon mon cour, que je me suis trompé et que je croyais que c’était moi qui l’avais raconté, – vous avez dit, ma grande amie, les besoins de cette famille dont Dorval était a la fois la pierre angulaire, le pilier souverain, la clef de voute.

L’enfant ne savait pas cela, lui ; il ignorait qu’a côté des bravos et des fleurs, il fallait l’argent ; il ne voyait que les fleurs, il n’entendait que les bravos.

Mais quand, une fois dans la ville nouvelle, on l’avait conduit au spectacle, quand il avait assisté au triomphe de sa grand’mere, quand il l’avait, en meme temps que toute la salle, applaudie de ses petites mains, elle lui disait – elle – je n’ai pas besoin de dire que c’est Dorval.

– Georges, il serait trop fatigant pour toi de venir tous les soirs au théâtre ; je te coucherai en partant, mon petit Georges, et je te réveillerai en rentrant pour t’embrasser.

Et il lui répondait :

– Oh ! me mere, sois tranquille ; va, le petit Georges se réveillera bien tout seul.

Et en effet, quand Dorval rentrait avec son sac d’argent et sa brassée de fleurs, elle entendait plus distinctement au fur et a mesure qu’elle montait l’escalier :

– Bravo, Dorval, bravo, Dorval, et le bruit que faisaient en se rapprochant deux mains d’enfant.

C’était Georges qui, réveillé par une secousse magnétique, applaudissait sa grand’mere de ses petites mains et de sa petite voix.

Et elle rentrait, elle jetait son sac d’argent sur la table, puis elle s’élançait sur le berceau de l’enfant, ou elle faisait pleuvoir couronnes et bouquets, puis elle cherchait la blonde tete de son chérubin au milieu des fleurs, et elle l’embrassait avec une frénésie maternelle.

L’enfant jouait quelques minutes avec les bouquets et les couronnes, et puis il s’endormait sous les roses, les marguerites et les oillets.

Dorval prenait sa Bible, sa Bible qui ne la quittait jamais ; elle lisait une des prieres qui lui servaient de sinet, elle embrassait son petit Georges au front, elle murmurait ces mots « Dors, mon enfant Jésus ; » et, pas a pas, tout doucement, de peur de le réveiller, elle gagnait a son tour le lit ou, bien souvent, moins heureuse que l’enfant, les préoccupations de la vie matérielle la tenaient éveillée pendant de longues heures.