Contes merveilleux - Tome II - Jacob Ludwig Karl Grimm, Wilhem Karl Grimm - ebook
Kategoria: Fantastyka i sci-fi Język: francuski Rok wydania: 1863

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Opis ebooka Contes merveilleux - Tome II - Jacob Ludwig Karl Grimm, Wilhem Karl Grimm

Anthologie des contes des freres Grimm élaborée par le groupe Ebooks libres et gratuits.

Opinie o ebooku Contes merveilleux - Tome II - Jacob Ludwig Karl Grimm, Wilhem Karl Grimm

Fragment ebooka Contes merveilleux - Tome II - Jacob Ludwig Karl Grimm, Wilhem Karl Grimm

A Propos
Chapitre 1 - La Huppe et le butor
Chapitre 2 - L’Intelligente fille du paysan

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Chapitre 1 La Huppe et le butor

Ou menez-vous de préférence pacager votre troupeau ? demanda quelqu’un a un vieux vacher.

– Par ici, monsieur, ou l’herbe n’est ni trop grasse, ni trop maigre ; autrement, ce n’est pas bon pour elles.

– Et pourquoi pas ? s’étonna le monsieur. – Entendez-vous la-bas, dans les humides pâtures, ce cri comme un mugissement sourd ? commença le berger. C’est le butor, qui était un berger jadis, tout comme la huppe. Je vais vous raconter l’histoire. Le butor faisait pacager ses vaches dans de vertes et grasses prairies ou les fleurs poussaient en abondance ; et ses vaches, par conséquent, se firent du sang fort, devinrent indépendantes et sauvages. La huppe, par contre, menait les siennes sur la montagne haute et seche, ou le vent joue avec le sable ; et ses vaches en devinrent maigres et débiles. Le soir, quand les bergers font rentrer leurs troupeaux, le butor n’arrivait plus a rassembler ses betes exubérantes qui sautaient, bondissaient, gambadaient de tous côtés et s’enfuyaient a mesure. Il avait beau les appeler et crier. « Groupez-vous, groupez-vous toutes ! », cela ne servait a rien, et elles ne voulaient pas l’entendre. La huppe, de son côté, n’arrivait pas a les mettre debout : ses vaches étaient trop faibles et trop découragées pour se lever. « Hop ! hop 1 hop ! », leur criait-elle, « Hop ! hop ! hop ! », pour les faire lever, mais c’était en vain : les vaches restaient sur le sable et ne se levaient point. Voila ce qu’il arrive quand on ne garde pas la juste mesure. Et meme de nos jours, bien qu’ils ne gardent plus de troupeaux, vous pouvez entendre le butor qui appelle : « Groupez-vous ! Groupez-vous toutes ! », et la huppe lance toujours son cri. « Hop-hop-hop ! Hop-hop-hop ! Hop-hop-hop ! »


Chapitre 2 L’Intelligente fille du paysan

Il était une fois un pauvre paysan qui n’avait pas de terre, seulement une petite chaumiere et une fille, enfant unique, qui lui dit un jour – « Nous devrions bien demander un bout de terre a cultiver, dans ses essarts, a notre seigneur le roi. » Sa Majesté, ayant appris quelle était leur pauvreté, leur fit don d’un coin de pré plutôt que d’une terre de friche, et tous deux, le pere et sa fille, se mirent a labourer cette terre, afin d’y semer un peu de blé et d’autres choses. Ils allaient terminer ce labour, quand ils tomberent sur un superbe morti­er d’or pur qui était enfoui dans la terre.

– Écoute, dit le pere a sa fille, puisque Sa Majesté le roi, dans sa grâce, nous a fait don de ce bout de terre, nous devrions, nous, lui porter le mortier. La fille s’y opposa et lui dit -

– Pere, nous avons le mortier, c’est vrai, mais nous n’avons pas le pilon ; et comme on nous réclamera forcément le pilon avec le mortier, nous ferions beaucoup mieux de ne rien dire. Le pere ne voulut rien entendre, prit le mortier et le porta a Sa Majesté le roi, en lui disant qu’il avait trouvé cet objet dans son bout de pré en le labourant, et qu’il voulait le lui offrir comme un respectueux témoignage de sa reconnaissance. Le roi prit le mortier, l’examine avec satisfaction, puis demanda au paysan s’il n’avait rien trouvé d’autre.

– Non, dit le paysan. Le roi lui dit qu’il lui fallait aussi apporter le pilon. Mais le paysan eut beau affirmer et soutenir qu’il ne l’avait pas trouvé, cela ne servit pas plus que s’il eut jeté ses paroles au vent ; et il fut arreté et jeté en prison, ou il devait rester tant que le pilon n’aurait pas été retrouvé. Il était au pain sec et a l’eau comme le sont les gens qu’on met au cachot, et les serviteurs qui apportaient chaque jour sa nourriture au prisonnier l’entendirent qui répétait sans cesse : « Ah ! si j’avais écouté ma fille ! Si seulement j’avais écouté ma fille ! » Ils s’en étonnerent et allerent rapporter au roi que le prisonnier n’arretait pas de se plaindre en disant. « Ah ! si j’avais écouté ma fille ! », alors qu’il refusait de manger et meme de boire. Les serviteurs reçurent l’ordre d’amener le prisonnier devant le roi, et Sa Majesté lui demanda pourquoi il criait sans cesse : « Ah ! si seulement j’avais écouté ma fille ! »

– Ta fille, qu’est-ce qu’elle t’avait dit ? voulut savoir le roi. – Eh bien oui, dit le paysan, ma fille me l’avait bien dit. « N’apporte pas le mortier, sinon on va te réclamer le pilon. » – Quelle fille intelligente tu as ! Il faut que je la voie une fois, dit le roi.

Elle dut donc comparaître devant Sa Majesté, qui lui demanda si elle était aussi intelligente que cela, et qui lui dit qu’il avait une énigme a lui proposer. si elle savait y répondre, il serait pret a l’épouser. Elle répondit aussitôt que oui, qu’elle voulait deviner.

– Bien, dit le roi, je t’épouserai si tu peux venir vers moi ni habillée, ni nue, ni a cheval, ni en voiture, ni par la route, ni hors de la route. Elle s’en alla, et une fois chez elle, elle se mit nue comme un ver ; ainsi elle n’était donc pas habillée. Elle prit alors un filet de peche, dans lequel elle se mit et s’enroula ; et ainsi elle n’était pas nue. Elle loua un âne pour un peu d’argent, puis suspendit son filet a 1a queue de l’âne pour se faire tirer ainsi ; donc elle n’était pas a cheval, ni non plus en voiture. Ensuite, elle fit cheminer l’âne dans l’orniere, de telle maniere qu’elle ne touchait le sol que du bout de l’orteil ; et ainsi elle n’allait ni par la route, ni hors de la route. Lorsqu’elle fut arrivée de cette maniere, le roi déclara qu’elle avait résolu l’énigme et qu’il n’avait qu’une parole. Il libéra son pere de la prison et fit d’elle la reine en l’épousant ; et il laissa entre ses mains tout le bien du royaume. Des années plus tard, un jour que le roi allait passer ses troupes en revue, il se trouva que des paysans, en revenant de vendre leur bois, s’arreterent avec leurs chariots et leurs charrettes devant l’entrée du château, sur la place. Les uns avaient des attelages de boufs, les autres de chevaux ; et l’un d’eux avait attelé trois chevaux, dont une jument qui mit bas a ce moment-la ; et le petit poulain, en se débattant, finit par aller tomber sous le ventre de deux boufs attelés a la charrette qui stationnait devant. Ce fut l’origine d’une querelle entre les deux paysans lorsqu’ils revinrent a leurs voitures : celui des boufs prétendant garder le poulain qui était sous le ventre de ses betes, et celui des chevaux le réclamant comme mis bas par sa jument. Des cris aux invectives, des invectives aux coups, la dispute s’envenima et fit un tel tapage que le roi dut intervenir et déclara qu’ou était le Poulain, la il devait rester, décidant ainsi que le paysan aux boufs aurait a lui ce poulain, qui pourtant n’était pas a lui. L’autre paysan, celui aux chevaux, s’en alla en pleurant et en se lamentant de la perte de son poulain ; et comme il avait entendu dire que la reine avait le cour charitable, elle qui était d’origine paysanne au surplus, il alla la trouver pour lui demander son aide et la prier de faire qu’il put rentrer en possession de son poulain.

– C’est possible, lui dit-elle, a la condition que tu ne ni trahisses point, et je vais te dire comment il faut faire. Demain matin de bonne heure, quand le roi sortira pour aller passe sa garde en revue, tu te tiendras sur son passage, en travers du chemin qu’il doit emprunter, et tu auras un grand filet de peche que tu jetteras et retireras comme si tu pechais dans l’eau faisant comme s’il était plein de poissons. Elle lui dit également ce qu’il lui faudrait répondre aux questions que le roi ne manquerait pas de lui faire poser. Le lendemain donc, quand passa le roi, le paysan était en train de pecher sur le sec, lançant son filet et le ramassant pour secouer, avec tous les gestes du pecheur heureux. Un rnessager fut dépeché vers ce fou pour lui demander, de la part du roi quelle était son idée.

– Je peche, fut sa réponse. Le messager ne manqua pas de lui demander comment il pouvait pecher, puisqu’il n’y avait pas d’eau.

– Aussi bien que deux boufs peuvent avoir un poulain, répondit le paysan, aussi bien peut-on pecher ou il n’y a pas d’eau ; et c’est ce que je fais ! Le messager rapporta ces paroles au roi, qui fit venir le paysan, lui disant que cette réponse ne venait pas de lui et qu’il voulait savoir de qui il l’avait apprise. Le paysan ne voulut rien reconnaître et se borna a répéter. « Que Dieu vous garde ! La réponse vient de moi. » On le coucha sur une botte de paille et on le bâtonna si longtemps et si durement qu’il finit par admettre et par reconnaître que c’était Sa Majesté la reine qui l’avait conseillé. Le roi, des qu’il fut de retour au château, alla trouver la reine et lui dit :

– Pourquoi cette conduite, d’une duplicité impardonnable ? Je ne veux plus de toi comme épouse ; tu as fini ton temps ici et tu vas retourner d’ou tu viens, dans ta chaumiere paysanne. Mais a titre de cadeau d’adieu, il lui permit d’emporter avec elle ce qu’elle choisirait comme la chose la plus précieuse et qu’elle aimait le mieux.

– Tres bien, mon cher mari, lui dit-elle, puisque tels sont tes ordres, j’obéirai et je ferai ce que tu dis. Elle se jeta dans ses bras et l’embrassa, en lui disant qu’avant de partir elle viendrait encore prendre congé de lui. Elle prépara bien vite une boisson fortement narcotique et la lui présenta comme le verre de l’adieu. Le roi en but une bonne dose, cependant qu’elle faisait mine d’y tremper les levres, et quand elle le vit succomber au sommeil, elle appela ses serviteurs et se fit apporter une belle et blanche toile de lin, dans laquelle elle l’enveloppa completement ; puis elle leur fit porter ce lourd paquet jusqu’a sa voiture, devant la porte extérieure du palais. Elle emporta le dormeur jusque dans sa chaumiere, ou elle le coucha sur son petit lit de jeune fille, pour l’y laisser dormir jour et nuit aussi longtemps que se prolongea l’effet du narcotique. Lorsqu’il se réveilla, il regarda avec stupéfaction autour de lui, ne comprenant ni ou il se trouvait, ni ce qu’il lui arrivait. Il appela ses serviteurs, apres diverses exclamations de surprise, mais personne ne vint et nul ne répondit. Ce fut sa femme, pour finir, qui arriva devant son lit et qui lui dit : – Mon cher seigneur, vous m’avez commandé et permis d’emporter du château ce que j’aimais le plus et ce que je tenais comme le bien le plus précieux ; et comme je n’aime au monde rien plus que vous, comme je n’ai aucun bien qui me soit plus précieux, je vous ai pris avec moi pour vous garder dans ma chaumiere ! Le roi en eut les larmes aux yeux. – Ma chere femme, lui dit-il, tu es mienne comme je suis tien ! Il la ramena dans le château royal pour y célébrer de nouvelles noces avec elle – et sans doute y vivent-ils encore a l’heure qu’il est.