Code des gens honnetes ou L’art de ne pas etre dupe des fripons - Honoré de  Balzac - ebook
Kategoria: Literatura faktu, reportaże, biografie Język: francuski Rok wydania: 1825

Code des gens honnetes ou L’art de ne pas etre dupe des fripons darmowy ebook

Honoré de Balzac

(0)
0,00 zł
Do koszyka

Ebooka przeczytasz na:

e-czytniku EPUB
tablecie EPUB
smartfonie EPUB
komputerze EPUB
Czytaj w chmurze®
w aplikacjach Legimi.
Dlaczego warto?

Pobierz fragment dostosowany na:

Opis ebooka Code des gens honnetes ou L’art de ne pas etre dupe des fripons - Honoré de Balzac

Ce document, écrit par Balzac a un moment ou il avait du mal a vendre ses romans, se présente comme un mode d'emploi contre le vol et la tromperie. Il est indéniable qu'il s'agit d'un livre de circonstance, dans un genre a la mode a ce moment la. Mais, cela reste du Balzac...

Opinie o ebooku Code des gens honnetes ou L’art de ne pas etre dupe des fripons - Honoré de Balzac

Fragment ebooka Code des gens honnetes ou L’art de ne pas etre dupe des fripons - Honoré de Balzac

A Propos
AVANT-PROPOS

A Propos Balzac:

Honoré de Balzac (May 20, 1799 – August 18, 1850), born Honoré Balzac, was a nineteenth-century French novelist and playwright. His work, much of which is a sequence (or Roman-fleuve) of almost 100 novels and plays collectively entitled La Comédie humaine, is a broad, often satirical panorama of French society, particularly the petite bourgeoisie, in the years after the fall of Napoléon Bonaparte in 1815—namely the period of the Restoration (1815–1830) and the July Monarchy (1830–1848). Along with Gustave Flaubert (whose work he influenced), Balzac is generally regarded as a founding father of realism in European literature. Balzac's novels, most of which are farcical comedies, feature a large cast of well-defined characters, and descriptions in exquisite detail of the scene of action. He also presented particular characters in different novels repeatedly, sometimes as main protagonists and sometimes in the background, in order to create the effect of a consistent 'real' world across his novelistic output. He is the pioneer of this style. Source: Wikipedia

Note: This book is brought to you by Feedbooks
http://www.feedbooks.com
Strictly for personal use, do not use this file for commercial purposes.

AVANT-PROPOS

 L’argent, par le temps qui court, donne le plaisir, la considération, les amis, les succes, les talents, l’esprit meme ; ce doux métal doit donc etre l’objet constant de l’amour et de la sollicitude des mortels de tout âge, de toute condition, depuis les rois jusqu’aux grisettes, depuis les propriétaires jusqu’aux émigrés.

Mais cet argent, source de tous les plaisirs, origine de toutes les gloires, est aussi le but de toutes les tentatives.

La vie peut etre considérée comme un combat perpétuel entre les riches et les pauvres. Les uns sont retranchés dans une place forte a murs d’airain, pleine de munitions ; les autres tournent, virent, sautent, attaquent, rongent les murailles ; et malgré les ouvrages a cornes que l’on bâtit, en dépit des portes, des fossés, des batteries, il est rare que les assiégeants, ces cosaques de l’État social, n’emportent pas quelques avantages.

L’argent prélevé par ces forbans policés est perdu sans retour ; et ce serait un parti précieux que celui de se mettre en garde contre leurs vives et adroites attaques. C’est vers ce but que nous avons dirigé tous nos efforts ; et nous avons tenté, dans l’intéret des gens honnetes, d’éclairer les manouvres de ces Protées insaisissables.

L’homme honnete, a qui nous dédions notre livre, est celui-ci:

Un homme jeune encore, aimant les plaisirs, riche ou gagnant de l’argent avec facilité par une industrie légitime, d’une probité sévere, soit qu’elle agisse politiquement, en famille ou au-dehors, gai, spirituel, franc, simple, noble, généreux.

C’est a lui que nous nous adressons, voulant lui épargner tout l’argent qu’il pourrait abandonner a la subtilité et a l’adresse, sans se croire victime d’un vol.

Notre ouvrage aura le défaut de faire voir la nature humaine sous un aspect triste. Eh quoi ! dira-t-on, faut-il se défier de tout le monde ? N’y a-t-il plus d’honnetes gens ? Craindrons-nous nos amis, nos parents ? Oui ! craignez tout ; mais ne laissez jamais paraître votre méfiance. Imitez le chat ; soyez doux, caressant ; mais voyez avec soin s’il y a quelque issue ; et souvenez-vous qu’il n’est pas donné aux gens honnetes de tomber toujours sur leurs pieds. Ayez l’oil au guet : sachez enfin rendre tour a tour votre esprit doux comme le velours, inflexible comme l’acier.

Ces précautions sont inutiles, nous dira-t-on.

Nous savons fort bien que de nos jours on n’assassine plus le soir dans les rues, qu’on ne vole pas aussi fréquemment qu’autrefois, qu’on respecte les montres, qu’on a des égards pour les bourses et des procédés pour les mouchoirs. Nous savons aussi tous les ans ce que coutent les gendarmes, la police, etc.

Les Pourceaugnac, les Danieres sont des etres purement d’invention ; ils n’ont plus leurs modeles. Sbrigani, Crispin, Cartouche sont des idéalités. Il n’y a plus de provinciaux a berner, de tuteurs a tromper : notre siecle a une tout autre allure, une bien plus gracieuse physionomie.

Le moindre jeune homme est a vingt ans rusé comme un vieux juge d’instruction. On sait ce que vaut l’or. Paris est aéré, ses rues sont larges ; on n’emporte plus d’argent dans les foules. Ce n’est plus le vieux Paris sans mours, sans lumieres : il n’y a guere de lanternes, il est vrai : mais les gendarmes, les espions sont de bien autres éclaireurs.

Rendons pleine justice aux lois nouvelles : en ne prodiguant pas la peine capitale, elles ont forcé le criminel a attacher de l’importance a la vie. Les voleurs, en voyant les moyens de s’enrichir par des tours d’adresse sans risquer leur tete, ont préféré l’escroquerie au meurtre, et tout s’est perfectionné.

Autrefois on vous demandait brusquement la bourse ou la vie ; aujourd’hui on ne songe ni a l’une ni a l’autre. Les gens honnetes avaient des assassins a craindre ; aujourd’hui ils n’ont pour ennemis que des prestidigitateurs. C’est l’esprit que l’on aiguise et non plus les poignards. La seule occupation doit donc etre de défendre ses écus contre les pieges dont on les environne. L’attaque et la défense se trouvent également stimulées par le besoin. C’est une question budgétaire, un combat entre l’homme honnete qui dîne et l’honnete homme qui jeune.

L’élégance de nos manieres, le fini de nos usages, le vernis de notre politesse se refletent sur tout ce qui nous environne. Le jour ou l’on a fabriqué de beaux tapis, de riches porcelaines, des meubles de prix, des armes magnifiques, les voleurs, la classe la plus intelligente de la société, ont senti qu’il fallait se placer a la hauteur des circonstances : vite ils ont pris le tilbury comme l’agent de change, le cabriolet comme le notaire, le coupé comme le banquier.

Alors les moyens d’acquérir le bien d’autrui sont devenus si multipliés, ils se sont enveloppés sous des formes si gracieuses, tant de gens les ont pratiqués, qu’il a été impossible de les prévoir, de les classer dans nos codes, enfin le Parisien, oui, le Parisien lui-meme, a été un des premiers trompé.

Si le Parisien, cet etre d’un gout si exquis, d’une prévoyance si rare, d’un égoisme si délicat, d’un esprit si fin, d’une perception si déliée, se laisse journellement prendre dans ces lacets si bien tendus, l’on conviendra que les étrangers, les insouciants, les niais et les gens honnetes doivent s’empresser de consulter un manuel ou l’on espere avoir signalé tous les pieges.

Pour beaucoup de gens, le cour humain est un pays perdu; ils ne connaissent pas les hommes, leurs sentiments, leurs manieres ; ils n’ont pas étudié cette diversité de langage que parlent les yeux, la démarche, les gestes. Que ce livre leur serve de carte ; et comme les Anglais, qui ne se hasardent pas dans Paris sans un Pocket Book, que les gens honnetes consultent ce guide, surs d’y trouver les avis bienveillants d’un ami expérimenté.