Alice au Pays des Merveilles - Lewis Carroll - ebook
Kategoria: Fantastyka i sci-fi Język: francuski Rok wydania: 1865

Alice au Pays des Merveilles darmowy ebook

Lewis Carroll

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Opis ebooka Alice au Pays des Merveilles - Lewis Carroll

Alice au Pays des Merveilles est une ouvre de littérature enfantine écrite par Charles Lutwidge Dodgson, sous le pseudonyme de Lewis Carroll. Le livre foisonne d'allusions satiriques aux amis de l'écrivain et aux leçons que les écoliers britanniques devaient mémoriser a l'époque. Le pays des merveilles, tel qu'il est décrit dans le conte, joue sans cesse avec la logique.

Opinie o ebooku Alice au Pays des Merveilles - Lewis Carroll

Fragment ebooka Alice au Pays des Merveilles - Lewis Carroll

A Propos
Chapitre 1 - Descente dans le terrier du lapin

A Propos Carroll:

Charles Lutwidge Dodgson (January 27, 1832 – January 14, 1898), better known by the pen name Lewis Carroll, was an English author, mathematician, logician, Anglican clergyman, and photographer. His most famous writings are Alice's Adventures in Wonderland and its sequel Through the Looking-Glass as well as the poems "The Hunting of the Snark" and "Jabberwocky", all considered to be within the genre of literary nonsense. His facility at word play, logic, and fantasy has delighted audiences ranging from children to the literary elite. But beyond this, his work has become embedded deeply in modern culture. He has directly influenced many artists. There are societies dedicated to the enjoyment and promotion of his works and the investigation of his life in many parts of the world including North America, Japan, the United Kingdom, and New Zealand. His biography has recently come under much question as a result of what some call the "Carroll Myth." Source: Wikipedia

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Chapitre 1 Descente dans le terrier du lapin

Alice commençait a se sentir tres lasse de rester assise a côté de sa sour, sur le talus, et de n’avoir rien a faire : une fois ou deux, elle avait jeté un coup d’oil sur le livre que lisait sa sour ; mais il ne contenait ni images ni dialogues : « Et, pensait Alice, a quoi peut bien servir un livre ou il n’y a ni images ni dialogues ? »

Elle se demandait (dans la mesure ou elle était capable de réfléchir, car elle se sentait tout endormie et toute stupide a cause de la chaleur) si le plaisir de tresser une guirlande de pâquerettes valait la peine de se lever et d’aller cueillir les pâquerettes, lorsque, brusquement, un Lapin Blanc aux yeux roses passa en courant tout pres d’elle.

Ceci n’avait rien de particulierement remarquable ; et Alice ne trouva pas non plus tellement bizarre d’entendre le Lapin se dire a mi-voix : « Oh, mon Dieu ! Oh, mon Dieu ! Je vais etre en retard ! » (Lorsqu’elle y réfléchit par la suite, il lui vint a l’esprit qu’elle aurait du s’en étonner, mais, sur le moment, cela lui sembla tout naturel) ; cependant, lorsque le Lapin tira bel et bien une montre de la poche de son gilet, regarda l’heure, et se mit a courir de plus belle, Alice se dressa d’un bond, car, tout a coup, l’idée lui était venue qu’elle n’avait jamais vu de lapin pourvu d’une poche de gilet, ni d’une montre a tirer de cette poche. Dévorée de curiosité, elle traversa le champ en courant a sa poursuite, et eut la chance d’arriver juste a temps pour le voir s’enfoncer comme une fleche dans un large terrier placé sous la haie.

Un instant plus tard, elle y pénétrait a son tour, sans se demander une seule fois comment diable elle pourrait bien en sortir.

Le terrier était d’abord creusé horizontalement comme un tunnel, puis il présentait une pente si brusque et si raide qu’Alice n’eut meme pas le temps de songer a s’arreter avant de se sentir tomber dans un puits apparemment tres profond.

Soit que le puits fut tres profond, soit que Alice tombât tres lentement, elle s’aperçut qu’elle avait le temps, tout en descendant, de regarder autour d’elle et de se demander ce qui allait se passer. D’abord, elle essaya de regarder en bas pour voir ou elle allait arriver, mais il faisait trop noir pour qu’elle put rien distinguer. Ensuite, elle examina les parois du puits, et remarqua qu’elles étaient garnies de placards et d’étageres ; par endroits, des cartes de géographie et des tableaux se trouvaient accrochés a des pitons. En passant, elle prit un pot sur une étagere ; il portait une étiquette sur laquelle on lisait : MARMELADE D’ORANGES, mais, a la grande déception d’Alice, il était vide. Elle ne voulut pas le laisser tomber de peur de tuer quelqu’un et elle s’arrangea pour le poser dans un placard devant lequel elle passait, tout en tombant.

 « Ma foi ! songea-t-elle, apres une chute pareille, cela me sera bien égal, quand je serai a la maison, de dégringoler dans l’escalier ! Ce qu’on va me trouver courageuse ! Ma parole, meme si je tombais du haut du toit, je n’en parlerais a personne ! » (Supposition des plus vraisemblables, en effet.)

Plus bas, encore plus bas, toujours plus bas. Est-ce que cette chute ne finirait jamais ? « Je me demande combien de kilometres j’ai pu parcourir ? dit-elle a haute voix. Je ne dois pas etre bien loin du centre de la terre. Voyons : cela ferait une chute de six a sept mille kilometres, du moins je le crois… (car, voyez-vous, Alice avait appris en classe pas mal de choses de ce genre, et, quoique le moment fut mal choisi pour faire parade de ses connaissances puisqu’il n’y avait personne pour l’écouter, c’était pourtant un bon exercice que de répéter tout cela)… Oui, cela doit etre la distance exacte… mais, par exemple, je me demande a quelle latitude et a quelle longitude je me trouve ? » (Alice n’avait pas la moindre idée de ce qu’était la latitude, pas plus d’ailleurs que la longitude, mais elle jugeait que c’étaient de tres jolis mots, impressionnants a prononcer.)

Bientôt, elle recommença : « Je me demande si je vais traverser la terre d’un bout a l’autre ! Cela sera rudement drôle d’arriver au milieu de ces gens qui marchent la tete en bas ! On les appelle les Antipattes[1] , je crois — (cette fois, elle fut tout heureuse de ce qu’il n’y eut personne pour écouter, car il lui sembla que ce n’était pas du tout le mot qu’il fallait) — mais, je serai alors obligée de leur demander quel est le nom du pays, bien sur. S’il vous plaît, madame, suis-je en Nouvelle-Zélande ou en Australie ? (et elle essaya de faire la révérence tout en parlant — imaginez ce que peut etre la révérence pendant qu’on tombe dans le vide ! Croyez-vous que vous en seriez capable ? ) Et la dame pensera que je suis une petite fille ignorante ! Non, il vaudra mieux ne rien demander ; peut-etre que je verrai le nom écrit quelque part. »

Plus bas, encore plus bas, toujours plus bas. Comme il n’y avait rien d’autre a faire, Alice se remit bientôt a parler. « Je vais beaucoup manquer a Dinah ce soir, j’en ai bien peur ! (Dinah était sa chatte.) J’espere qu’on pensera a lui donner sa soucoupe de lait a l’heure du thé. Ma chere Dinah, comme je voudrais t’avoir ici avec moi ! Il n’y a pas de souris dans l’air, je le crains fort, mais tu pourrais attraper une chauve-souris, et cela, vois-tu, cela ressemble beaucoup a une souris. Mais est-ce que les chats mangent les chauves-souris ? Je me le demande. » A ce moment, Alice commença a se sentir toute somnolente, et elle se mit a répéter, comme si elle revait : « Est-ce que les chats mangent les chauves-souris ? Est-ce que les chats mangent les chauves-souris ? » et parfois : « Est-ce que les chauves-souris mangent les chats ? » car, voyez-vous, comme elle était incapable de répondre a aucune des deux questions, peu importait qu’elle posât l’une ou l’autre. Elle sentit qu’elle s’endormait pour de bon, et elle venait de commencer a rever qu’elle marchait avec Dinah, la main dans la patte, en lui demandant tres sérieusement : « Allons, Dinah, dis-moi la vérité : as-tu jamais mangé une chauve-souris ? » quand, brusquement, patatras ! elle atterrit sur un tas de branchages et de feuilles mortes, et sa chute prit fin.

Alice ne s’était pas fait le moindre mal, et fut sur pied en un moment ; elle leva les yeux, mais tout était noir au-dessus de sa tete. Devant elle s’étendait un autre couloir ou elle vit le Lapin Blanc en train de courir a toute vitesse. Il n’y avait pas un instant a perdre : voila notre Alice partie, rapide comme le vent. Elle eut juste le temps d’entendre le Lapin dire, en tournant un coin : « Par mes oreilles et mes moustaches, comme il se fait tard ! » Elle tourna le coin a son tour, tres peu de temps apres lui, mais, quand elle l’eut tourné, le Lapin avait disparu. Elle se trouvait a présent dans une longue salle basse éclairée par une rangée de lampes accrochées au plafond.

Il y avait plusieurs portes autour de la salle, mais elles étaient toutes fermées a clé ; quand Alice eut marché d’abord dans un sens, puis dans l’autre, en essayant de les ouvrir une par une, elle s’en alla tristement vers le milieu de la piece, en se demandant comment elle pourrait bien faire pour en sortir.

Brusquement, elle se trouva pres d’une petite table a trois pieds, entierement faite de verre massif, sur laquelle il y avait une minuscule clé d’or, et Alice pensa aussitôt que cette clé pouvait fort bien ouvrir l’une des portes de la salle. Hélas ! soit que les serrures fussent trop larges, soit que la clé fut trop petite, aucune porte ne voulut s’ouvrir. Néanmoins, la deuxieme fois qu’Alice fit le tour de la piece, elle découvrit un rideau bas qu’elle n’avait pas encore remarqué ; derriere ce rideau se trouvait une petite porte haute de quarante centimetres environ : elle essaya d’introduire la petite clé d’or dans la serrure, et elle fut ravie de constater qu’elle s’y adaptait parfaitement !

Alice ouvrit la porte, et vit qu’elle donnait sur un petit couloir guere plus grand qu’un trou a rat ; s’étant agenouillée, elle aperçut au bout du couloir le jardin le plus adorable qu’on puisse imaginer. Comme elle désirait sortir de cette piece sombre, pour aller se promener au milieu des parterres de fleurs aux couleurs éclatantes et des fraîches fontaines ! Mais elle ne pourrait meme pas faire passer sa tete par l’entrée ; « et meme si ma tete pouvait passer, se disait la pauvre Alice, cela ne me servirait pas a grand-chose a cause de mes épaules. Oh ! que je voudrais pouvoir rentrer en moi-meme comme une longue-vue ! Je crois que j’y arriverais si je savais seulement comment m’y prendre pour commencer. » Car, voyez-vous, il venait de se passer tant de choses bizarres, qu’elle en arrivait a penser que fort peu de choses étaient vraiment impossibles.

Il semblait inutile de rester a attendre pres de la petite porte ; c’est pourquoi Alice revint vers la table, en espérant presque y trouver une autre clé, ou, du moins, un livre contenant une recette pour faire rentrer les gens en eux-memes, comme des longues-vues. Cette fois, elle y vit un petit flacon (« il n’y était surement pas tout a l’heure, dit-elle »,) portant autour du goulot une étiquette de papier sur laquelle étaient magnifiquement imprimés en grosses lettres ces deux mots : « BOIS MOI ».

C’était tres joli de dire : « Bois-moi », mais notre prudente petite Alice n’allait pas se dépecher d’obéir. « Non, je vais d’abord bien regarder, pensa-t-elle, pour voir s’il y a le mot : poison ; » car elle avait lu plusieurs petites histoires charmantes ou il était question d’enfants brulés, ou dévorés par des betes féroces, ou victimes de plusieurs autres mésaventures, tout cela uniquement parce qu’ils avaient refusé de se rappeler les simples regles de conduite que leurs amis leur avaient enseignées : par exemple, qu’un tisonnier chauffé au rouge vous brule si vous le tenez trop longtemps, ou que, si vous vous faites au doigt une coupure tres profonde avec un couteau, votre doigt, d’ordinaire, se met a saigner ; et Alice n’avait jamais oublié que si l’on boit une bonne partie du contenu d’une bouteille portant l’étiquette : poison, cela ne manque presque jamais, tôt ou tard, de vous causer des ennuis.

Cependant, ce flacon ne portant décidément pas l’étiquette : « poison », Alice se hasarda a en gouter le contenu ; comme il lui parut fort agréable (en fait, cela rappelait a la fois la tarte aux cerises, la creme renversée, l’ananas, la dinde rôtie, le caramel, et les rôties chaudes bien beurrées), elle l’avala séance tenante, jusqu’a la derniere goutte.

« Quelle sensation bizarre ! dit Alice. Je dois etre en train de rentrer en moi-meme, comme une longue-vue ! »

Et c’était bien exact : elle ne mesurait plus que vingt-cinq centimetres. Son visage s’éclaira a l’idée qu’elle avait maintenant exactement la taille qu’il fallait pour franchir la petite porte et pénétrer dans l’adorable jardin. Néanmoins elle attendit d’abord quelques minutes pour voir si elle allait diminuer encore : elle se sentait un peu inquiete a ce sujet ; « car, voyez-vous, pensait Alice, a la fin des fins je pourrais bien disparaître tout a fait, comme une bougie. En ce cas, je me demande a quoi je ressemblerais. » Et elle essaya d’imaginer a quoi ressemble la flamme d’une bougie une fois que la bougie est éteinte, car elle n’arrivait pas a se rappeler avoir jamais vu chose pareille.

Au bout d’un moment, comme rien de nouveau ne s’était produit, elle décida d’aller immédiatement dans le jardin. Hélas ! pauvre Alice ! des qu’elle fut arrivée a la porte, elle s’aperçut qu’elle avait oublié la petite clé d’or, et, quand elle revint a la table pour s’en saisir, elle s’aperçut qu’il lui était impossible de l’atteindre, quoiqu’elle put la voir tres nettement a travers le verre. Elle essaya tant qu’elle put d’escalader un des pieds de la table, mais il était trop glissant ; aussi, apres s’etre épuisée en efforts inutiles, la pauvre petite s’assit et fondit en larmes.

« Allons ! cela ne sert a rien de pleurer comme cela ! » se dit-elle d’un ton sévere. « Je te conseille de t’arreter a l’instant ! » Elle avait coutume de se donner de tres bons conseils (quoiqu’elle ne les suivît guere), et, parfois, elle se réprimandait si vertement que les larmes lui venaient aux yeux. Elle se rappelait qu’un jour elle avait essayé de se gifler pour avoir triché au cours d’une partie de croquet qu’elle jouait contre elle-meme, car cette étrange enfant aimait beaucoup faire semblant d’etre deux personnes différentes. « Mais c’est bien inutile a présent, pensa la pauvre Alice, de faire semblant d’etre deux ! C’est tout juste s’il reste assez de moi pour former une seule personne digne de ce nom ! »

Bientôt son regard tomba sur une petite boîte de verre placée sous la table ; elle l’ouvrit et y trouva un tout petit gâteau sur lequel les mots : « MANGE-MOI » étaient tres joliment tracés avec des raisins de Corinthe. « Ma foi, je vais le manger, dit Alice ; s’il me fait grandir, je pourrai atteindre la clé ; s’il me fait rapetisser, je pourrai me glisser sous la porte ; d’une façon comme de l’autre j’irai dans le jardin, et, ensuite, advienne que pourra. »

Elle mangea un petit bout de gâteau, et se dit avec anxiété : « Vers le haut ou vers le bas ? » en tenant sa main sur sa tete pour sentir si elle allait monter ou descendre. Or, elle fut toute surprise de constater qu’elle gardait toujours la meme taille : bien sur, c’est généralement ce qui arrive quand on mange des gâteaux, mais Alice avait tellement pris l’habitude de s’attendre a des choses extravagantes, qu’il lui paraissait ennuyeux et stupide de voir la vie continuer de façon normale.

C’est pourquoi elle se mit pour de bon a la besogne et eut bientôt fini le gâteau jusqu’a la derniere miette.